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28 novembre 2011

Damien Jourdan: interview pour Orchidées

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Le 7 novembre dernier est sorti le très beau disque de Damien Jourdan, Orchidées (sélection FIP, tout de même...). Un album d’amour. « L'amour et ses angoisses, l'amour comme un risque obligé, cet amour-là, Damien Jourdan en a fait son allié, son confident » nous explique le dossier de presse. Avant d'aller plus loin, voici ma chronique sur l'album, publié dans le Addiction, le mag daté du mois de décembre-janvier 2012.

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(Ici, son MySpace).

Voici le premier clip, "Cette page" (titre assez évocateur de l'ensemble de cet album).

Le 2 novembre, j'ai retrouvé Damien Jourdan au Corso de la Place Frantz Liszt. Pour un café et quelques questions…

DSC01984.JPGInterview :

C’est un disque à l’ambiance douce, mélancolique alors que tu étais batteur dans un groupe de rock. Je remarque ça souvent… dès qu’un membre d’un groupe rock décide de faire un bout de chemin en solo, il délivre une musique plutôt calme.

Je n’étais pas dans le hard non plus. J’ai joué du rock, mais aussi beaucoup de jazz. Ce que j’aime beaucoup, c’est le silence. La batterie, c’est l’instrument qui laisse le plus de silence.  Ce sont des percussions et entre chaque coup, il  y a du silence.

Tes textes sont un peu tristes. Il y a une chanson qui s’intitule « Automne » et je trouve que ça résume bien l’ambiance générale de ton disque.

L’idée dominante, c’est la teinte du disque. Un peu gris, mais en même temps, ce n’est pas du noir et blanc. Si tu regardes de près la pochette, il y a aussi un peu de rose. En tout cas, ce disque n’est pas monochromique. Dans chacune de mes chansons, il y a toujours un passage où il y a une espèce d’espoir, ou plutôt, quelque chose d’un peu lumineux si l’on veut bien faire attention. Nicolas Repac, qui a réalisé le disque, m’a aidé à faire ce travail. Je m’étais enfermé dans un monde musical très très sombre dans lequel  je m’auto satisfaisait. Il m’a permis un peu plus de légèreté.

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Tu n’as pas la même façon d’écrire d’un texte à l’autre. C’est rare de changer son style comme on change de chanson. Je ne comprends pas toujours tout d’ailleurs…

C’est bien.  Ce sont des images et chacun prend ce qu’il ressent. J’aime bien l’idée d’alimenter l’imaginaire de ceux qui m'écoutent. Sur de grandes chansons d’artistes que j’aime bien, j’ai fait plein de contre-sens. J’aime bien l’écriture de Bertrand Cantat, par exemple, et souvent, je me suis trompé sur le sens de certains titres de Noir Désir. Ça ne me dérange pas. L’important, c’est ce que ça provoque. Moi, j’aime beaucoup le son et la musique des mots. Nicolas me reprochait d’écrire plus des poèmes que des chansons. Il m’a fait comprendre que ce n’est pas le même travail.

Tu sais que c’est compliqué pour un jeune artiste de se faire connaître aujourd’hui…

Oui, je le sais parfaitement. Ça fait 5 ans qu’avec Vincent Charmont (contrebassiste), on tourne dans les bars sans que pas grand-chose ne se passe. C’est difficile de jouer devant des gens qui mangent, il faut réussir à capter l’attention, alors que dans mon répertoire, il faut écouter les textes. On a fait tout ce travail patiemment, maintenant je rencontre un peu plus la presse et nous faisons des concerts dans des salles plus appropriées.

Ca te turlupine depuis combien de temps d’être chanteur ?

J’ai toujours été fasciné par ça. Chanter, je trouve que c’est très beau. Quand j’étais batteur, j’ai essayé plein de fois d’être choriste. Le groupe dans lequel je jouais c’est arrêté parce qu’il y avait trop de conflits liés à cela. Dans un groupe, il n’y a qu’un chanteur, où alors, il faut faire les Beach boys… (rires)

Qu’est-ce que l’on ressent sur scène ?

Déjà, on reçoit énormément, mais c’est comme quand on reçoit un bon shoot. On se sent vrai, car il est difficile de tricher sur scène. On est fier de présenter notre travail, bref, on se sent vivant !

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C’est quoi ta culture musicale ? Je ne parle pas de tes influences, mais de ce que tu écoutais quand tu étais plus jeune.

J’ai commencé à écouter de la new wage, puis de la cold wave, du punk et tout ça… ensuite, j’ai écouté beaucoup de jazz et de free jazz et aussi de la chanson française. Et je suis fan de Noir Désir. Chez moi, fan implique que j’ai un mélange d’adulation sans borne et de rejet. Je les ai vu en 1987 au Grand Rex et là, j’ai prix une claque. J’ai compris que l’on pouvait faire du rock avec des paroles sensées et une énergie incroyable.

Pourquoi parles-tu d’amour de manière aussi … triste ?

Souvent, les chansons sont tirées de ses propres expériences et pour moi, ce n’est jamais simple.

Tu ne fais pas de concessions dans ta musique…

C’est l’avantage d’être indépendant, tu n’as aucune pression. Je fais ce que je veux, je suis complètement libre. Je voulais faire quelque chose dont je sois fier et content. J’ai réussi. Ma démarche de réalisation avec Nicolas Repac, c’était  de rendre ma musique populaire, pas dans le sens « variété », mais dans le sens qui peux toucher n’importe qui.

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