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20 novembre 2011

Bertrand Soulier n'est pas Benjamin Biolay!

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Moi aussi, je le fais.

Je me foutrais des baffes quand je cède à cette facilité journalistique.

Quand je m’adonne aux fameuses comparaisons.

Vous savez les : « ce jeune artiste est le nouveau Brel/Goldman/Ferré… » (rayez les mentions inutiles).

Comparaison n’est pas raison.

Je le sais bien.

Mais, comme tous les plumitifs musicaux, je n’y peux rien, je compare. Moyen idéal pour faire comprendre aux lecteurs vers quel univers le nouvel artiste les emmènera.

Récemment, Bertrand Soulier a sorti un deuxième album, Single. (C’est drôle, je sais.)

J’en suis fou. Je ne l'écoute pas en boucle, mais pas loin.

Rien à jeter! Que du bon. Toutes ces chansons de A à Z (de « Patiner » à « Les îles éparses ») sont des bijoux. Je tiens Bertrand Soulier comme l’un des plus grands artistes de notre génération. Et j’en ai marre de lire dans les nombreux articles qu’il est un sous Biolay.

Pas dans le mien. Publié dans Addiction, le mag dans le numéro daté du mois d’octobre 2011.

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Qu’ajouter à ce que j’ai écrit ?

Il y a deux semaines, j’ai quand même décidé de rencontrer le chanteur (que j’avais déjà interviewé pour son premier disque, Discorama). Nous nous sommes donné rendez-vous au Corso de la Place Liszt. Je lui ai fait parler de ses chansons… et puis, en écoutant l’interview, je me suis dit que parler des chansons, de ses chansons, enlevaient de la magie à leur écoute. Et puis naturellement, la conversation s’est portée sur cette technique journalistique qui est celle de comparer les uns aux autres trop sytématiquement… (des baffes, je vous dis!)

DSC01912.JPGComment prends-tu la comparaison systématique avec Benjamin Biolay ?

Les gens vont toujours chercher l’influence la plus proche. « Patiner », par exemple, tu me parles de John Barry, je suis hyper content. Mais, bon, là, je mange beaucoup avec Biolay. C’est curieux, car je pense que dans ce deuxième album, il y a plus de Marvin Gaye que de Benjamin Biolay. Moi, j’aime beaucoup ce que fait Biolay, je connais quelques chansons à lui, mais je n’ai jamais écouté un album à lui en entier. Je ne suis pas du tout imprégné de son univers. Ca me fait marrer quand on me dit que je suis un néo Biolay ou un sous Biolay. Tu vois, dans la vie, je n’écoute pas Biolay comme j’écoute Dylan.

Dans ton premier album, tu étais pénard parce que tu as dit que c’était un best of imaginaire. Tes influences étaient assumées. On t’a laissé tranquille avec les comparaisons.

J’aurais d’ailleurs pu faire un Discorama 2. Là, l’idée était que j’avais une collection de chansons liées à ce que je vivais dans ma vie récente. Des évènements pas toujours gais. J’avais donc besoin de les sortir. J’ai réalisé l’album avec Jean-Louis Piérot. Au passage, je ne sais même pas si, lui, il connait l’œuvre de Benjamin Biolay.

À la limite, s’il fallait choisir des Français, je te placerais plus à côté de Souchon et de Sheller. Tu as le même âge que Biolay, une voix qui n’est pas aux antipodes, c’est aussi peut-être pour cela que la comparaison est facile.

C’est l’artiste de la décennie en France, il a une carrière absolument flamboyante, alors, je ne vais quand même pas coller un procès à ceux qui nous comparent ! (Rires)

C’est peut-être dommage pour toi qu’il existe.

Je vais te raconter la vérité. J’avais fait des démos au début des années 2000 et quand il a sorti son premier album, Rose Kennedy, j’ai entendu « Les cerfs-volants »  à la radio et je me souviens parfaitement m'être dit « merde ! ». Depuis, il a toujours un coup d’avance sur moi! Je trouve qu’on ne parle pas du tout des mêmes choses. Il y a un vrai truc qui est différent entre lui et moi, c’est qu’il y a une vraie urgence dans l’écriture de Biolay. C’est un mec, il lui arrive un truc, il prend un piano et il l’écrit. Moi, pas du tout. Mes textes sont plus réfléchis. Je ne suis pas en train de dire, que c’est mieux, hein, que l’on soit bien clair ! C’est juste différent. Moi, il me faut du temps pour assimiler les choses.

Télérama et Télé 7 jours, deux journaux télé pas franchement destinés au même public te comparent à lui quand même.

Télé 7 jours, c’est carrément entre Biolay et Bashung. J’adore Alain Bashung, mais quel rapport ai-je avec lui ? Sheller, je peux comprendre, mon titre« Vologne », il y a un piano voix. Souchon, c’était à la limite valable pour certaines chansons de l'album Discorama.

C’est lassant/rageant de devoir se justifier sur ses comparaisons ?

A toute chose malheur est bon. Je préfère que l’on me compare à Benjamin Biolay qu’à toutes sortes de gens. Avec le temps, peut-être qu’un jour, un autre artiste aura la malchance de s’entendre dire : « vous êtes le nouveau Bertrand Soulier ».

Toi, tu es moins premier degré que Biolay.

Dans mes chansons tristes, il y a quand même de l’optimisme. Je suis sûr que l’on va s’en sortir un jour. Je ne sais pas comment, mais on va s’en sortir.

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Commentaires

Ah, Mandor ! ;)
Merci !!!
Pour lui, pour moi (parce que je suis comme vous : marre de l'étroitesse de cette seule comparaison avec Biolay) et pour ceux qui ne connaissent pas (encore) Soulier.
Et parce qu'enfin un journaliste fait écho à mon idée sur la question...
Bref, merci. ;)

Maxine

Écrit par : Publiconcert | 20 novembre 2011

Je ne connaissais pas du tout, mais j'aime beaucoup Patiner, en dehors de toutes références...

Écrit par : Fred | 25 novembre 2011

Les commentaires sont fermés.