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02 novembre 2011

Tous buzy: Rencontre Buzy, Kate Elliot et Pierre Faa

 

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Jour : 3 octobre 2011

Force en présence : Buzy, Kate Elliot et Pierre Faa.

Lieu : Bar le Passy à Paris

Organisatrice de la rencontre : Flavie Rodriguez

But de la rencontre : Parler de l’album Tous Buzy avec Buzy et deux des artistes ayant participé à cet album.

Avant de lire l’interview, et pour en savoir plus sur ce projet (que je soutiens à fond), voici mon article sur la question, publié dans Addiction, le mag daté du mois d’octobre 2011.

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INTERVIEW:

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Buzy au milieu de Kate Elliot et de Pierre Faa.

Qui est à l’origine de ce projet ?

Buzy : À la base, il y a plusieurs artistes qui, indépendamment, ont repris quelques-uns de mes succès. L’idée et le résultat m’ont beaucoup plu. J’en ai discuté avec le directeur du studio Unilive et il m’a proposé de monter un « tribute » avec des artistes indépendants qui reprennent certains de mes titres.

Vous êtes la principale intéressée, mais êtes-vous la « directrice » de ce casting musical ?

Buzy : Oui, c’est moi. Mais, à part Pierre Faa, je ne connaissais pas les autres artistes. Si, un peu Kate Elliot. Je l’avais repéré sur MySpace il y a quelques années. Je l’avais même appelé pour lui dire que j’aimais bien ce qu’elle faisait et que je serais intéressée de travailler avec elle pour des textes. Elle m’avait répondu que c’était Daran qui s’occupait de ses titres. Quand il y a eu l’idée de ce « tribute », je l’ai rappelé pour savoir si ça l’intéressait.

Teaser long Tous Buzy from a new emotion on Vimeo.

Pierre, vous, vous êtes carrément ami avec Marie-Claire Buzy depuis des années…

Pierre Faa : On s’est rencontré en octobre 1993, quand je suis arrivé à Paris. On s’est toujours vu depuis. Parfois très fréquemment, parfois moins. Ça fait 18 ans que l’on se connait et il est difficile en peu de mots de résumer notre amitié.

Buzy : Il est ascendant Verseau et moi je suis Verseau. Quand je l’ai rencontré, il faisait de l’astrologie et très brillamment, d’ailleurs. On a le même goût de l’ésotérisme, de l’astrologie et de la musique. Il est aussi graphiste, il a donc fait deux pochettes de disques à moi. J’ai pris deux chansons à lui dans mes albums précédents. Bien qu’il soit moins rock’n’roll que moi, on a une sensibilité qui se répond bien. De toute façon, le rock, c’est une tambouille dans laquelle on met tout et n’importe quoi. Ce qui est sûr c’est qu’il est très indé.

Du coup Pierre, ça ne doit pas être évident de chanter une chanson de quelqu’un que l’on connait beaucoup et qu’on aime ?

Pierre Faa : Effectivement, mais j’ai été porté par l’énergie de Jay Alanski. C’est d’ailleurs grâce à Buzy que je l’ai rencontré pour mon propre album, il était donc logique que je fasse « L’art de ne pas y toucher » avec lui. Si j’avais dû faire ce morceau tout seul, j’aurais peut-être été plus intimidé. J’aurais été certainement plus révérencieux.

pierre faa - l'art de ne pas y toucher from pierre faa on Vimeo.

Certains morceaux sont complètement revisités, d’autres moins…

Buzy : Vous parlez d’"Adrian", je suppose. J’adore le groupe Fancy, mais comme ils m’adorent, ils ont fait un peu de mimétisme involontaire sur la chanson originale. Je n’ai pas insisté non plus pour bien leur demander de prendre la largeur sur ce titre et de le revisiter carrément. C’est aussi leur choix, un parti pris d’être proche de la chanson originale et résultat est très bon, alors cette version à largement sa place sur le disque.

Vous Kate, votre version de "Borderlove", est très largement revisité.

Kate Elliot : Oui, mais je n’ai pas fait le morceau seule. J’ai appelé mon complice de toujours, Nicolas Bergère. On est parti sur le fait d’assombrir le morceau encore plus. On a modifié la réalisation et quelques orchestrations. On était franchement vraiment emballé par le projet et, du coup, on s’est beaucoup amusé. Reprendre du Buzy à pour moi une vraie signification artistique. C’est une vraie fierté cette participation à ce « tribute ».

Buzy : Quand Kate et Nicolas m’ont demandé de venir écouter le résultat en studio. J’ai été vraiment emballée dès la première écoute.

Kate, qu’aimez-vous chez Buzy ?

Kate Elliot: Buzy est l’une des rares artistes féminines que j’aime beaucoup. Ce que j’aime chez elle, c’est cette liberté, cette indépendance, cette féminité assez directe et brute. J’aime sa voix, ses textes et son côté très viril.

Buzy : Oui, et je te retourne le compliment. Moi, j’ai une passion pour les voix graves et l’énergie féminine très puissante. À ce propos, quand on analyse le CD, les filles ont choisi les titres qui avaient le plus d’énergie et les tempos les plus rapides… les garçons, Pierre ou Prohom par exemple, ont choisi des chansons plutôt douces. Pour résumer, j’ai choisi des artistes qui avaient des caractéristiques qui me ressemblaient.

Teaser court Tous Buzy from a new emotion on Vimeo.

Marie-Claire, vous n’aviez pas peur d’être déçue ? Non, parce que c’est difficile de dire à un artiste qui s’investit qu’on n’aime pas trop le résultat…

Buzy : Ça m’est arrivée trois fois. C’est pénible de dire à quelqu’un que je ne prends pas sa version parce que je n’adhère pas au résultat et que ça ne correspond pas au projet global. J’ai beaucoup de chance, j’en ai 15 absolument formidables. Sur 18, c’est une sacrée performance! Il y a un travail de création et d’adaptation magnifique.

Pierre, reprendre un artiste, c’est un exercice de style ?

Pierre Faa: Il faut s’amuser quand on enregistre une reprise. Il ne faut pas être timide. C’est comme quelqu’un qu’on n’ose pas aller voir à une soirée. Allons lui parler, allons boire un verre, et on verra si ça colle ou pas. Il faut parfois aller vers d’autres chansons plutôt que d’aller vers son quant-à-soi musical.

Dans ce projet, l’idée était de n’avoir que des indépendants.

Buzy : Effectivement, le concept de base, pour moi, était d’aider les jeunes artistes indépendants. Et de les pousser. Il y a énormément d'artistes qui ont du talent et que personne ne voit. Les médias ne défendent absolument pas cette catégorie d’artiste qui est entre la variété et la musique un peu plus indé, un peu plus « classieuse », moins populaire. Je trouve que c’est dramatique. Je me suis dit que c’était le moment de montrer qu’il y a là toute une vague d’artistes intéressants et encore méconnus. Quel est l’intérêt que je demande à Miossec de venir chanter une reprise de « Body Physical » ou à Benjamin Biolay de reprendre « Baby Boum ».

C’est novateur. Jusqu’à aujourd’hui, et je crois pouvoir dire dans le monde entier, personne n’a jamais osé sortir un album de reprises par des artistes « émergents ».

Buzy : C’est mon côté un peu « rebelle ». Je savais parfaitement que j’allais me heurter à des remarques du type : « Oui, mais ce n’est pas bankable tout ça ! Il n’y a pas de noms connus ! On n’en veut pas ! » Quand j’ai commencé à démarcher les maisons de disque, c’est d’ailleurs exactement ce que j’ai entendu.

Du coup, c’est une boite de communication, a/n/e, qui s’est lancée dans ce projet.

Buzy : Elle a décidé de trouver un réseau de distribution différent du réseau classique, les bureaux de tabac, et de jumeler ça avec un livre qui s’intitule Vive le rock !. Tout le monde a mis dans ce projet, du talent, du cœur, du temps, une vraie tenue artistique et de la générosité.

C’est aussi un beau pied de nez à l’industrie du disque.

Buzy : Disons que ça m’amuse bien. Si nous arrivons, nous les 15 artistes, à faire en sorte que ça se développe très bien dans les bureaux de tabac, que ça se développe sur la province et que l’on fait un gros tirage, je dois avouer que je serai très contente ! Ça fait 30 ans que je me farcis les labels, 30 ans que j’en chie avec eux, alors, oui, si ça marche, ça me fera du bien…

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Vous avez redécouvert vos chansons grâce à l’interprétation des autres artistes ?

Buzy : Oui. Au début, c’était énorme pour moi. J’ai même versé ma larme tellement ça m’a touché émotionnellement. Je ne le croyais même pas. C’est comme si, soudain, j’étais devenue styliste et que chaque personne avait trouvé le bon vêtement directement. Ce projet est émouvant pour moi.

Marie-Claire, est-ce que dans le métier, vous estimez que vous avez été aimé à votre juste valeur ?

Les médias m’ont adoré quand j’ai commencé et ça a duré pendant 10 ans. Après, peut-être que ma production était moins populaire, en tout cas, je me suis démarquée dans quelque chose de plus indé « underground ». Voilà, c’est mon parcours. Je ne me vois pas aujourd’hui, à 50 ans, chanter « Body Physical », vous voyez.

Pierre Faa: Moi, en tout cas, je trouve que c’est bien que ce disque existe aussi pour faire découvrir l’œuvre d’une artiste que la nouvelle génération ne connait pas forcément. Et il permet de faire découvrir des chansons moins connues, des chansons d’albums, pas forcément des tubes.

Kate Elliot: Moi, je tiens à réitérer ce que je disais tout à l’heure. Je suis très très fière d’appartenir à ce projet. C’est un bonheur de se retrouver comme ça parmi des gens qui font des choses différentes, mais pas aux antipodes non plus. Je trouve les autres artistes formidables. Vraiment.

Buzy : Ça me développe l’envie d’écrire des chansons pour les autres. Même si personne ne connait l’issue de cette aventure collective, elle aura été belle.

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De gauche à droite: Pierre Faa, Marie-Claire Buzy, Kate Elliot et Mandor.

Pour clore cette chronique, replongeons nous dans "les années Buzy"...

Commentaires

tu fais le buzz pour Buzzy donc
(j'aime bien les années Buzzy !)

Écrit par : wictoria | 02 novembre 2011

merci pour ton soutien et ce bon moment..... amicalement Buzy

Écrit par : Buzy | 02 novembre 2011

Marie-Claire,
Merci de votre passage ici. Vous manquez au rock français, je vous l'ai dit. Cette chronique n'est qu'une petite chose... j'aimerais que d'autres suivent.

Écrit par : Mandor | 02 novembre 2011

Les commentaires sont fermés.