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29 octobre 2011

Gérard Lenorman: interview pour "duos de mes chansons"

 

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Dans ma vie d’intervieweur d’artistes, j’aime bien (aussi) rencontrer ceux qui ont bercé mon enfance ou mon adolescence. Ceux que mes parents ou que ma sœur, Florence, plus âgée de 3 ans, écoutaient. Du temps où Mandor cachait encore son faciès, j’avais écrit une lettre à Michel Delpech et raconté une anecdote enfantine sur Salvatore Adamo. Gérard Lenorman, je l’avais déjà croisé en janvier 2004 pour la sortie d’un album enregistré en public. Je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable. Un peu sur la défensive. Cette fois-ci, l’homme à qui je sers la main au Zébra Square de Paris, le 3 octobre dernier, est souriant, épanoui presque...

(Il y a de quoi, depuis deux semaines, il est n°2 des ventes en France (physiques et digitales confondues).

Rapidement, il m’explique qu’il est très heureux de ce projet d’albums de duos, qu’il reprend confiance en lui, que la vie est formidable. Et tous ces articles élogieux qui paraissent sur ce disque... (moi, je signale la lettre à Gérard Lenorman, du pas toujours tendre Gilles Médioni, chef de la rubrique Musique à L'Express)

Je lui annonce au passage que je suis l’auteur de l'article paru dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc daté du mois d’octobre 2011.

Il l’avait déjà lu et me remercie chaleureusement: « On me l’a envoyé, je me demandais qui était ce journaliste si gentil avec moi. La fin m’a beaucoup touché, vous savez ! ».

Avant l’interview, voici l’article en question :

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L’idée d’un album de duos n’était pas une idée qui vous intéressait à priori.

Quand on me l’a proposé, effectivement, j’ai d’abord dit non en expliquant que j’avais encore des choses à faire. D’autres artistes de ma génération l’avaient fait et je n’aime pas rentrer dans un moule. Notez que ceux de Michel Delpech et de Salvatore Adamo, je les trouve excellents. Mais, bon, je ne pensais pas que ce serait très intéressant que je m’adonne, moi, à cet exercice. Et puis les circonstances ont fait qu’à un moment, j’ai rencontré de jeunes artistes, à leur propre demande, et ils m’ont dit ce qu’ils pensaient de moi. Le premier, ça a été Grégoire. J’ai accepté tout de suite parce que je l’avais vu à la télé répondre à une interview dans laquelle il disait que ses références françaises étaient Ferré, Goldman et Lenorman. Ça m’a profondément touché. Moi, vous savez, je pense toujours que je suis perdu, oublié, que je n’intéresse que le public finalement (rires).

Bon, la valeur ajoutée, c’est que ce sont des chansons complètement revisitées.

C’est ça l’intérêt des duos. Quand vous chantez avec Anggun, Patrick Fiori ou Maurane, vous revoyez la copie. Ce n’est plus une chanson de Gérard Lenorman par Gérard Lenorman… il faut savoir ce qu’on en fait avec d’autres interprètes.

Le teaser de l'album.

lenorman.jpgVous m’avez dit tout à l’heure, avant l’interview, que chaque rencontre a vraiment été magique. Presque ému.

Il n’y a pas une rencontre qui a été douteuse, je vous assure. J’ai accepté ce projet à partir du moment où j’ai compris qu’il n’y avait que des gens que j’aime et réciproquement. Ca change tout.

Tous ces « petits jeunes » qui chantent avec vous, vous les suiviez un peu avant ?

Pas vraiment, même si je suis un peu ce qu’il se passe quand même. Quand j’entends une chanson avec une voix et avec un peu d’âme dedans, tout de suite, je cherche à savoir qui est-ce. J’adore la façon de chanter de tous les artistes qui figurent dans le disque. Ce que j’ai remarqué chez eux, c’est que leur but n’était pas de devenir des stars, mais tout simplement de chanter. Du jour où ils ont un succès, ils ne se prennent pas pour je ne sais pas qui. Ils aiment le partage. Je trouve cela formidable.  Je me sens plus proche des jeunes artistes que ceux de ma génération qui souvent se la pètent.

Ce n’est pas vous faire injure que de dire que certains d’entre eux n’étaient pas nés au temps de votre gloire… comment expliquer qu’ils connaissent bien votre œuvre ?

Ce sont leurs parents qui m’écoutaient. C’est ce qu’ils m’expliquent en tout cas.

La présence de Florent Pagny est importante pour vous ?

Tous les artistes présents le sont. Lui, c’est particulier. Un jour il m’a raconté un truc perso, par rapport à sa maman et la chanson Si tu ne me laisses pas tomber. Quand j’ai accepté le principe de l’album de duos, j’ai demandé à ce qu’il vienne la chanter avec moi. Il a été le premier a enregistrer pour ce disque. Ca nous a donné un coup de boost énorme parce que ce qu’il s’était passé entre nous était tellement magique qu’on a trouvé que c’était de bon augure pour la suite. J’ai vu un artiste avec une grande sensibilité, qui fondait avec les mots et avec la musique. En plus, il a une espèce d’humour qu’il porte en lui et qui m’a bien plu. Mon duo avec lui m’a rasséréné et rassuré.

À chaque fois que je vous ai rencontré, je vous ai toujours trouvé inquiet.

Mais, c’est parce que je ne suis jamais sûr de moi. Je suis un peu angoissé, un peu soucieux. J’ai toujours été comme ça et ça ne passe pas avec l’âge.

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Quand, j’étais en 6e, j’ai appris Tous les matins d’hiver en cours de musique. Je m’en souviens parfaitement, j’aimais beaucoup cette chanson qui est une grande chanson. Vous devez passer votre temps à écouter ce genre-là de témoignage, non ?

Oui, en effet. Mais, encore une fois, quand on m’offre ce genre de témoignage, je reste sceptique. J’ai tort. J’ai décidé de changer et d’accepter les témoignages de sympathie que je reçois. Être devenu une valeur acquise, c’était un truc auquel je n’avais même pas songé. Il faut que j’arrête de douter de l’existence de l’intérêt que les gens me portent…il faut que j’arrête d’être stupide. C’est surtout émotionnel chez moi. Je peux me bloquer très vite. Pas très bien fini… l’enfant.

Peu de gens s’en rendent compte, mais vous êtes un vrai insoumis. Je l’ai précisé dans l’article que j’ai écrit sur vous, hormis ce disque, pas question de revenir vers le glorieux passé, pas d’émissions télé « hommage », pas de tournées « nostalgiques » avec tout plein de vedettes des années 70…

Je ne suis pas du tout passéiste. C’est pour ça que je n’ai pas accepté ce projet dès qu’on me l’a proposé et que je ne voulais pas les playbacks d’avant. Je ne veux pas non plus d’intégral de mes chansons. De par mes nombreuses scènes, j’ai toujours fait évoluer mes arrangements. Depuis 40 ans, j’ai fait tout un travail sur mes chansons et je sais comment me les réapproprier et les faire évoluer.

Dans le teaser, on voit avec Zaz une sacrée complicité ?

Ça a été un vrai échange de bonheur. Ça se voit, la demoiselle ne triche pas. Elle a son caractère. Je n’ai eu à faire qu’à des artistes qui cherchaient la fusion et qui ont été touchés par ce qu’ils chantaient. C’est extraordinaire ! Chacun est à sa place et chacun cherche à compléter l’autre. J’ai adoré et je suis très fier de cet album.

On peut imaginer un concert avec tous les artistes ?

On y songe, mais ce n’est pas facile à organiser. Ce sont des gens plutôt occupés et il y en a qui ne sont pas forcément sur le territoire.

"Voici les clefs", duo avec Tina Arena.

Je suis content de vous voir heureux. Vraiment.

Je suis heureux, mais surtout très fier. Parce que mon disque est une réussite artistique et dans ma vie professionnelle, c’est mon principal souci. Créer est le but de ma vie, vous savez.

Votre dernier album original date d’il y a 9 ans. En avez-vous un autre en perspective ?

J’ai des choses qui sont prêtes. Quand vous avez fait plus de 300 chansons, c’est difficile de se renouveler. Vous pouvez regarder dans mon répertoire, je ne fais jamais deux fois la même chanson. Ce qui peut sauver un artiste, c’est qu’il lui reste encore un peu de jeunesse, d’envie, de goûts… à ce moment-là, c’est votre musique qui évolue et vos mots. Il faut une nouvelle écriture.

Meddley de quelques grands succès de Gérard Lenorman...

Je sais que vous avez en ligne de mire un certain Benjamin Biolay.

Encore une fois, je doute. Je me dis : « qu’est-ce que je vais embêter ce pauvre garçon, il n’a rien à faire de ma personne. » Et pourtant, je vois bien que c’est un artiste qui est assez ouvert.  La rencontre de nos deux univers serait intéressante. J’y songe.

On parle de la jeunesse éternelle de Julien Clerc… ça peut vous concerner aussi.

Nos vies, ce n’est que du bonheur. Bon, il y a bien quelques prises de têtes, un peu de fatigue, mais il ne faut pas exagérer. Je connais des gens qui aimeraient bien exercer notre métier. Je suis capable de comprendre cela et rester à la mesure de ce qui m’est offert, de l’accepter humblement et de remercier la vie qu’on m’a permis de vivre. Ce qui conserve, c’est l’envie. J’espère que c’est le cas pour Julien. L’envie de rester ouvert, créatif, ne pas ce cantonner à ce qu’on a fait.

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Le 3 octobre 2011 au Zébra Square de Paris.

Et pour finir, allez, hop! On ressort les archives. Ici, lors de notre première rencontre, à l'hôtel Royal Monceau, le 22 janvier 2004.

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