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09 juillet 2012

Pauline Brooks : interview pour son (premier) Taratata!

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Je republie ma chronique/interview sur Pauline Brooks, un de mes récents coups de cœur musical. La jeune femme veut rentrer sérieusement en studio. Avec Vincent-Marie Bouvot (voir plus bas), réalisateur, compositeur, elle souhaite enregistrer un 6 titres sous forme de CD promo, dans son « Unreal World studio ».

Pour l’aider financièrement (en échange de contreparties intéressantes), ça se passe sur Ulule. A l'heure où j'écris cette note, il reste 9 jours et il manque la moitié de la somme requise pour que Pauline puisse accéder au studio.

Précision : Si le projet n'aboutit pas, vos mises vous seront remboursées. Parlez en autour de vous, chaque mise est importante.

Tout est expliqué là !

Pauline Brooks fait partie des artistes que je suis avec beaucoup d’intérêt depuis plusieurs mois. Je trouve son univers original, noir et onirique. Je m’y sens bien.

pauline brooks,paulines gilles,interview,taratata,vincent-marie bouvotRécemment, Pauline Brooks était dans Taratata sur France 2.

La semaine dernière, elle était dans un studio d’enregistrement de Deuil-la-Barre (à 5 minutes de chez moi) avec Vincent-Marie Bouvot (réalisateur / compositeur / arrangeur / musicien, connu notamment pour avoir été l’instigateur principal du succès de Zazie au début de sa carrière). Je suis allé à sa rencontre. Je tombe sur une jeune femme un peu réservée, mais qui s’anime dès qu’on lui parle de son métier de chanteuse, musicienne.

Avant de continuer, voici sa bio signée Frédéric Vignale, très légèrement tronquée parce qu’elle était un peu longue  :

"De ses 10 ans de flûte traversière et solfège, Pauline Brooks a appris et gardé le goût de la discipline et la musicalité, ce qui n'est pas du pipeau quand on est une chanteuse digne de son nom qui est un pseudo.

A Seize ans, elle se lance dans la chanson et se rattrape assez vite, c'est le temps des expériences et elle n'hésite pas à faire le grand écart entre Jeff Buckley et Zazie sans jamais se casser une jambe. Un travail d'équilibriste !

Puis elle monte à Paris, se voit déjà en haut de l'affiche et pour financer son Art elle fait le Porte-manteau de luxe dans la mode tout en faisant des maquettes en parallèle de sa vie de mannequin qui s'ennuie de la superficialité des métiers du beau.

Dès 2006, elle se fait vite repérer dans les réseaux sociaux et autres scènes virtuelles, ce quipauline brooks,paulines gilles,interview,taratata,vincent-marie bouvot l'amène à être sélectionnée pour participer à l'émission « In Live With » avec Elodie Frégé, et rencontre le célèbre mixeur-réalisateur Steve Forward, qui lui propose de mixer le titre "Brille" que Pauline Brooks a écrit et composé. Elle rencontre ensuite le talentueux chef d'orchestre et chanteur Stanislas (un mec bien dans la Place, comme chacun le sait) qui lui propose des titres. Elle choisit alors la chanson "Non merci", sans doute par esprit de contradiction.

Active et dynamique sur le Net, elle continue à se faire remarquer (chose qu'elle fait très bien depuis toute petite) et finira même aux portes de la Star Academy sans y entrer, ce qui n'est pas plus mal pour sa carrière finalement.

En 2008, elle présente, dans l'auditorium de la Sacem, une reprise de la chanson "Nathalie", d'un chanteur mort, accompagnée de ses musiciens, dans le cadre du prix Pierre Delanoë. La même année, elle rencontre le compositeur Rémi Lacroix, avec lequel elle travailla vite sur de nouvelles chansons.

Ainsi se prépare un premier Album Pauline brookesque que le monde de la musique, qui va si mal, attendait. 2011 sera son année, à n'en pas douter. La vague rousse ne fait que commencer."

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pauline brooks,paulines gilles,interview,taratata,vincent-marie bouvotInterview:

Je suis l’évolution de ta carrière depuis quelques mois. Ca bouge beaucoup pour toi en ce moment…

Oui, je suis sur une vague plutôt positive. Je pense que c’est le bon moment pour que mon projet prenne complètement son envol. Tout arrive d’un coup et de belle manière. J’ai d’ailleurs un peu de mal à réaliser.

Je sais que tu as eu de grands moments de doutes récemment.

J’ai toujours le sentiment que les gens ne me voient pas avec la musique que je peux donner en ce moment, alors que c’est celle qui me ressemble le plus. Ce que je faisais auparavant était un peu plus « variété »… allons, disons plus pop ! Je me demandais si le chemin que je prenais était dans la bonne direction. C’est donc en plein doute que les choses se sont enclenchées.

Tu travailles toute seule chez toi, tu bidouilles tes ordinateurs, tu crées en solo. C’est difficile de ne pas avoir d’aide ?

Non, au contraire, je suis une solitaire. J’ai besoin d’être dans ma bulle et je m’enferme dedans. Au début, j’ai même eu du mal à mettre mes chansons en avant. J’avais un peu peur d’être jugée. Enfin, en tout cas, pour moi, c’était une étape de faire découvrir mes nouveaux morceaux.

Ton style d’aujourd’hui, s’il fallait le déterminer, je dirais que c’est du trip-hop. Mais, au fond, ce n’est pas que ça…

C’est ça, mais effectivement, il y a des chansons plus jazzy par exemple… de toute façon, je ne veux pas me cantonner à un style en particulier, c’est vraiment suivant l’inspiration.

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Dans tes chansons, tu évoques des héroïnes aux destins brisés. Jean Seberg, Dalida, Sharon Tate

Ce sont des femmes qui me touchent par leur personnalité, leur vécu. Le fait qu’elles soient adulées, adorées et très seules. Ces femmes-là doutaient beaucoup, n’avaient pas confiance en elles. Sur certains points, je me sens proche d’elles et il y a des choses qui sont en résonances avec ma propre vie. Cette envie d’écrire autour de ce thème-là est partie de la découverte des poèmes de Sylvia Plath. Il faut la lire pour comprendre pourquoi j’ai pris cette décision, ce qui est certain, c’est que je ne voulais pas évoquer ce que j’ai vécue moi.  

Parler des autres pour parler de soi-même…

Oui. Dans certaines chansons, j’utilise le « je », d’autres le « tu ». Du coup, on ne sait pas trop qui parle et ça me convient bien ainsi.

Mini-clip de la chanson "Sorry Jean" qui évoque le destin de Jean Seberg
Stéphane Defer (www.rouge-poivron.com) et Pauline Brooks.

Tu écris des chansons quand même très noires…

Oui, je sais. Le paradoxe, c’est que je n’ai pourtant pas envie de montrer uniquement ces côtés-là de ma personnalité et de la personnalité de l’artiste dont je vais parler.

Tu as beaucoup de chansons ?

En chantier, j’en ai pas mal. 8 sont finies et d’autres sont moins abouties.

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Tu es ici à Deuil-la-Barre pour retravailler certains de tes morceaux avec un grand réalisateur et créateur de chansons, Vincent-Marie Bouvot. Comment vous êtes vous rencontrés musicalement ?

Il a écouté mes morceaux sur MySpace il y a un an et au même moment, moi, je lui envoyais un mail. C’était une incroyable coïncidence. Lui, visiblement, avait bien aimé ce qu’il avait écouté, qui était pourtant encore à l’état embryonnaire. Moi, j’avais deviné son amour du son vintage qui correspond à celui que j’apprécie aussi. J’ai un peu avancé sur mes maquettes et il a trouvé ça intéressant. Il a estimé qu’un univers s’en dégageait. Il m’a proposé de travailler sur cette maquette pour me permettre d’avancer sur mon projet d’album. Je voulais un deuxième regard sur mon travail, car il est difficile d’avoir du recul sur ses propres chansons. Il a revu toutes les structures des chansons quand il le fallait. Je travaille de manière très instinctive donc tout n’étaient pas bien structurés. Moi, c’est ce que j’attendais… un retour franc et constructif. Me remettre en question ne me dérange pas. Avec Vincent-Marie, j’avance à vitesse grand V.

Tu es quelqu’un de fier ?

Pas vraiment. Du moment que l’on me parle sans agressivité, je crois que je suis capable de prendre les choses avec philosophie.

Tu fais aussi partie de la sélection des Inrocks.

J’ai postulé un peu par erreur. Je croyais que Les inrocks proposaient une plate forme telle que Noomiz ou MySpace. Je pensais que c’était juste pour se présenter, je n’avais pas calculé qu’il y avait un concours autour de ça et que je pouvais être sélectionnée. Ca m’a donné un coup de boost parce que j’étais un peu dans le creux de la vague. J’ai retravaillé complètement une chanson et j’ai tourné un petit clip avec une harpiste pour présenter un peu le projet (voir au-dessus de la question). C’était super d’avoir cette visibilité sur le site des Inrocks.

pauline brooks,paulines gilles,interview,taratata,vincent-marie bouvotEt après, il y a eu Taratata.

Pour leur nouvelle rubrique « Jeunes Talents », ils ont fouiné et m’ont déniché sur le site de Télérama. Ils ont trouvé ce que je faisais suffisamment intéressant pour qu’ils le proposent à Nagui. C’est vraiment le truc qui arrive de manière inattendue. Après quelques jours de suspens, j’apprends que c’est confirmé. Je quitte donc Avignon, pour la capitale enregistrer l’émission. Là, je suis accueillie par Flavien qui me rassure, me donne des conseils, m’explique comment ça va se passer et aussi que Chris Martin, le leader des Coldplay, va m’écouter. Nous avons été super bien reçus, finalement comme les groupes importants. De mon côté, j’ai essayé de bien gérer mon trac… non, parce que je l’avais, crois-moi.


Pauline Brooks- Taratata par notsoblonde

Avec ce Taratata, tu touches du doigt un bout de ton rêve.

Oui, et il faut que je rebondisse là-dessus. Il n’y a pas de raison pour que ça ne continue pas.

Pour voir la prestation de Pauline Brooks à Taratata, il suffit de cliquer ici.

 

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Pauline Brooks travaille avec Vincent-Marie Bouvot, soit. Il était donc pour moi impératif que j'interroge le principal intéressé sur cette collaboration, que j’espère de tout cœur fructueuse. (En fait, je n’en doute pas.)

Comment avez vous pris la décision de travailler avec elle?

Pour l'instant il s'agit plus de créer ensemble, de partager, de se renvoyer la balle à propos des titres en construction, de mettre en place les moyens intellectuels, les réflexes créatifs. Lancer la douce confrontation des imaginaires (assez proches je le crois chez Pauline et moi) et des expériences passées. Tout cela au profit du projet artistique de Pauline. Pour moi la phase du "travail" à proprement parler serait donc plutôt ce moment où, ayant conquis des producteurs, des éditeurs, l'on passe à la production "industrieuse" d'un disque. Il n'y a donc pas ici de "décision". C'est la soif de faire de belles choses qui me pousse. Comme si croiser Pauline sur la route de ma caravane était y trouver un point d'eau. Le but alors et j'y reviens: Faire ensuite que ce petit miracle, ce point d'eau là grandisse en oasis.

Qu'est-ce que vous aimez professionnellement chez elle?

Pauline est habitée. Elle est une excellente musicienne. Une Artiste - Il n'y en a pas autant qu'il y paraît de vrais artistes- elle est capable d'écrire les plus jolies musiques, les plus chouettes chansons qui soient. Et de les chanter et les "porter" artistiquement, tout comme professionnellement, aussi haut et loin que possible. Pour Pauline, cela ne fait aucun doute, la musique est une affaire sérieuse, je ne dis pas "triste" bien au contraire. Car pour elle, je l'ai vu, la bonne musique est une joie. Et cela quel qu'en soit le style affiché, le genre. Je partage totalement ce sentiment. Voilà ce que j'aime chez Pauline.

Comment voyez-vous ou espérez-vous son avenir musical?

Je n'ai pas de visions en général sur l'avenir d'une carrière. Je souhaite seulement que la musique de Pauline passe à la radio. Beaucoup. Souvent. Aussi personnelle et
originale soit elle. Je souhaite que le plus large publique possible entende la meilleure musique possible. Voilà ce qui rend tout le monde heureux: L'artiste et son équipe et tous les auditeurs, les spectateurs, nous: Les gens.

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Après l'interview...

(Grand merci à LaBlonde Musique pour les belles photos dans les loges de Taratata et pour la photo d'ouverture!)

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