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15 octobre 2011

Franck Thilliez: interview pour "Vertige"

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Le 30 septembre dernier, j’ai rencontré l’auteur de thriller, Franck Thilliez. Mes amis auteurs de la même catégorie m’en ont toujours parlé de manière dithyrambique. Ma connaissance de cet écrivain se limitait à la lecture de La Chambre des morts et La forêt des ombres. Que j’avais adoré. Un choc même. Il faut avoir lu ces deux romans glaçants et effroyables pour comprendre ce que je veux dire. Le terme « roman noir » n’a jamais été autant de circonstances. Mais, j’en étais resté là. En sachant que je devais l’interviewer pour Le magazine des espaces culturels Leclerc, j’ai lu son dernier né, Vertiges. Je déteste faire ça, comparer, mais là, je me lance. Franck Thilliez n’est pas loin d’être le Stephen King français. Balancez-moi des pierres, ce que vous voulez, mais Thilliez m’impressionne tout autant que l’auteur américain. C’est dire…

Pourtant, quand il arrive au Terminus Nord, tout juste sorti de son train, il est souriant, avenant, modeste et simple. Une heure de conversation que je n’oublierai pas.

Avant l'interview pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, voici le trailer (réalisé par mes amis de eXquisMen).


Book Trailer long - Vertige - Franck Thilliez... par eXquisMen

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franck thilliez,vertige,interview,addictionLe petit bonus mandorien...

Je reviens à ce que vous me disiez au début de l’interview… cette idée d’avoir toujours un livre d’avance. C’est amusant, c’est une réflexion que me font les écrivains de thriller, pas vraiment ceux de la littérature dite « blanche ».

Quand je finis un livre, alors que je sais qu’il ne sortira que dans un an, je ne peux pas m’empêcher de m’angoisser sur ce que sera le prochain. Tant que je ne connais pas la substance du livre suivant, ça me stresse, je ne suis pas bien. Une fois que j’ai l’idée, c’est bon, je peux me reposer et laisser murir tout ça dans ma tête. Il peut se passer trois mois sans que la matière ne vienne, mais j’en profite pour regarder des documentaires sur les sujets choisis. Alzheimer, par exemple, tout ce qui touche à la mémoire… Quand j’ai l’idée, c’est comme si j’avais déjà écrit le roman. Le reste après, c’est juste du travail. Jusqu’à présent, je faisais des romans policiers, avec des enquêtes, une trame scientifique, mais j’adore aussi écrire les récits à suspense, qui font un peu peur… quand j’étais jeune, je lisais beaucoup Stephen King.

C’était quoi le déclic pour écrire Vertige ?

J’adore les récits de l’extrême. Ca me fascine.les gens qui sont capables d’aller au-delà de leur propre limite. La survie dans les conditions extrêmes est un sujet inépuisable. Ma grosse documentation, c’était vraiment les récits d’alpinistes, ils m’ont toujours passionné.

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Pourquoi ça vous fascine tant les limites de l’être humain ?

Dans tous mes romans, je cherche à essayer de comprendre ce qu’il y a dans le cerveau des gens. Je parle de la mémoire, de psychiatrie, de l’évolution de l’homme et j’en profite pour essayer de comprendre comment tout ça marche. J’ai eu une enfance complètement normale. Cela étant, tous les tueurs en série disent cela. En tout cas, je ne veux pas analyser le pourquoi du comment avec un psy, j’aurais trop peur de gâcher mon processus créatif. Ce dont je suis certain, c’est que toutes les images accumulées de mon enfance de mes lectures et des films que j’ai ingurgités devaient sortir par un moyen ou par un autre. C’est l’écriture qui s’est imposée à moi. Plus on garde en soi ce qui nous ronge, plus on peut franchir des limites répréhensibles… moi, j’ai tout lâché en écrivant mes thrillers.

Vous êtes sur la scène littéraire depuis 10 ans maintenant. Vos livres sont chaque année très attendus. Vous êtes flatté « d’avoir la carte »?

Oui, bien sûr. C’est rassurant de savoir qu’il y a un public de base relativement important qui va me suivre systématiquement. Maintenant, d’un livre à l’autre, mes ventes fluctuent. Le contexte économique du milieu de l’édition étant ce qu’il est, je me sens privilégié d’être là où j’en suis. Si je continue à faire le boulot, les lecteurs seront sans doute encore là. Plus on écrit, plus on se dit qu’il faut continuer à assurer, se renouveler, ne pas faire deux fois le même livre.

La Ligue de l'Imaginaire est un collectif de dix auteurs français : Bernard Werber, Henri Loevenbruck, Maxime Chattam, Olivier Descosse, Erik Wietzel, Patrick Bauwen, Laurent Scalese, Eric Giacometti, Jacques Ravenne et vous. Parlez-nous de cette ligue…

En faisant beaucoup de salons, on a été plusieurs à constater que nous étions finalement assez isolés. Il y avait un aspect même concurrentiel assez développé.  Avec certains auteurs, on s’est senti quelques affinités parce qu’on se ressemble. On a les mêmes sources, les mêmes racines, on écrit des livres qui ne sont pas aux antipodes les uns des autres, on aime les livres des autres. On s’est vite demandé pourquoi nous ne monterions pas un petit groupe. Vous dire exactement, ce qu’on y fait est un peu difficile. On a des projets d’écriture en commun, on se voit, on mange ensemble, bref ça existe.

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Parlons cinéma, après La Chambre des morts, à priori, c’est La forêt des ombres qui va être adapté.

Gaumont avait pris les droits à l’époque de la sortie du livre. L’option est retombée, du coup quelqu’un d’autre a repris les droits en juin dernier. Il veut le tourner directement en anglais. Il est question aussi d’une adaptation de Syndrome E.Ca bouge, mais j’ai compris avec le cinéma que tant que rien n’est tourné, il fallait se méfier.

Voir en images ses propres mots, ce doit procurer une sensation étrange.

Surtout que moi je suis venu à la littérature grâce à des sensations de cinéma. C’est assez jouissif de savoir qu’une cinquantaine de personnes travaillent sur ton idée, qu’il y a des acteurs qui ont aimé le texte, que je vois des décors créés par mon imagination… parfois je trouve que ça devient un peu surréaliste.Il y a dix ans, jamais je n'aurais pu imaginer une telle évolution autour de mes écrits.

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 Après l'interview, le 30 septembre 2011...

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