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04 septembre 2011

Miossec: interview pour Chansons ordinaires

Christophe Miossec est un chanteur qui me touche profondément. Je l’écoute souvent quand j’ai du vague à l’âme et quand j’ai envie d’être triste. Si, vous le savez parfaitement, l’être humain ressent parfois le besoin d’approfondir sa tristesse en écoutant des chansons… Miossec, je suis sûr que ça ne lui ferait pas plaisir de savoir qu’on se plonge dans son œuvre dans le but d’être ému, voire de verser des larmes, d’évacuer le trop-plein de peine.

Mais cet artiste m’inspire cet état (principalement avec ses 4 premiers albums…) Suis-je le seul ? Je n’en sais rien.

Pour la page interview "musique" du Magazine des Espaces Culturels Leclerc, le 7 juillet dernier, je suis allé à sa rencontre dans un hôtel parisien, à l’occasion de la sortie de Chansons Ordinaires. Ce jour-là, j’ai un peu forcé le destin en venant avec une amie auteure (je ne dévoile pas son identité, je ne sais pas si elle le souhaite). L’idée était de lui présenter le chanteur qu’elle cherchait par tous les moyens de rencontrer pour un projet littéraire. La rencontre entre eux s’est idéalement déroulée, mais j’ai reçu un « blâme » de la part de son attachée de presse (qui ne faisait que son boulot). Oui, il fallait me remettre dans le droit chemin, ces coups en douce ne se font pas dans le métier. Le planning prend du retard et les artistes ne sont pas franchement attirés par ce genre de démarche. (En l’occurrence, dans le cas présent, il ne semble pas l’avoir regretté).

Quant à mon entretien en lui-même, j'ai eu devant moi un artiste souriant, disponible et sincère. Il m'a fait sourire parfois. Parce que, oui, Christophe Miossec n'est pas que l'homme sombre et tourmenté qu'on devine dans les paroles de ces chansons.

Voici donc l’interview publiée dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc daté du mois de septembre 2011 (bref, celui qui vient de sortir…).

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Avant de retrouver le bonus mandorien... voici le premier clip tiré de l'album:

Suite de l'interview (non publiée parce que trop long, tout ça, tout ça...):

Le dernier album est toujours le meilleur selon les artistes…

Ce n’est pas forcément de l’hypocrisie de VRP. C’est normal, tu sors d’un processus de création. Généralement, tu en es satisfait, mais ce n’est pas à l’artiste de dire si son disque est bien ou pas.

Dans « Chanson que personne n’écoute », tu évoques les gens qui sont la proie du doute.  C’est ton cas ?

Oui, mais je n’ai pas de doutes douloureux. Par contre,  je suis comme n’importe qui dans son boulot, je peux avoir des doutes sur ma fonction, ma place… ce ne sont pas des doutes déchirants. C’est normal de douter, mais il ne faut pas que ça devienne pénible. Je fais ce boulot-là pour prendre du plaisir, pas pour être un martyre.

Tu m’as avoué que tu n’écrivais jamais dans la souffrance…

Non, dans ce cas là, je suis incapable d’aligner trois mots, j’ouvre un bouquin et je vais voir le malheur chez les autres. Ça fait du bien de savoir que l’autre est plus malheureux… (Rires).

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Y a-t-il des chansons que tu as estimées mauvaises ou non abouties qui ont rencontré leur public?

L’appréciation personnelle, c’est la base, tu sais. Autrement, si c’est l’appréciation du public, on va parler en chiffre de vente et ce n’est pas un critère qui me parle. Bon, par rapport à la maison de disque, l’idée, c’est quand même que ça marche pour pouvoir en faire un suivant. Il faut tout de même éviter le crash complet.

Un artiste doit-il rester mystérieux, pour le moins discret ?

Moi, c’est la télé qui me gêne dans ce métier. Faire la potiche sur les plateaux, ça, c’est la croix et la bannière. C’est quand même bien de ne pas se retrouver assis sur un canapé à écouter des conneries d’autres personnes.

C’est un luxe pour toi d’être indépendant ? J’ai l’impression que l’on te respecte tellement que tu peux faire ce que tu veux.

C’est une histoire économique, tout simplement. Je n’ai jamais signé sur une major et je suis toujours resté dans ma maison de disque initial. Si je reste chez Pias, c’est pour avoir cette indépendance. Je suis monolithique. Si on me donnait des directions à prendre et des directives sur quoi que ce soit, je crois que je m’enfuirais en courant.

Tu aimes écrire pour les autres ?

Oui, récemment j’ai écrit une chanson de marin pour les marins d’Iroise. Comme je ne suis pas un marin expérimenté, j’ai demandé à un ancien bras droit de Tabarly de reprendre mon texte pour que les termes utilisés soient cohérents. C’était de l’assistance technique pour que je ne raconte pas une seule connerie dans ma chanson.

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C’est un exercice de style, donc. Tu as écrit notamment pour Juliette Gréco, chaque fois, c’est une gageure de rentrer dans leur univers ?

Il faut être absolument au service de. C’est un boulot de boutiquier. Il faut choisir des mots spécifiques pour chacun et changer de style d’écriture. Quand tu écris pour les autres, ça te ramène à une bonne réalité que tu as tendance à oublier: il y a beaucoup de textes qui passent à la corbeille.

Un auteur écrit-il toujours la même histoire ?

Écrire pour les autres donne le côté schizo. On est obligé mentalement de se mettre dans la peau de la personne.Quand on écrit pour soi, on est en circuit fermé. On raconte tout le temps juste 3 ou 4 histoires...

Enregistrer des disques, c’est pour laisser une trace ?

J’aimerais bien, mais ce n’est pas moi qui le décide. Laisser une trace, ce n’est pas tangible, tout le monde laisse des traces…

As-tu le syndrome de Peter Pan ?

Non. Tu as vu la gueule que j’ai ? Quand je me vois dans la glace, t’inquiètes, je ne suis pas dupe sur le temps qui passe.

Tu figures sur les albums hommages de deux amis à toi, Jacno et à Bashung. Ce sont deux pertes énormes.

Il y a eux qui sont partis, mais d’autres potes aussi, pas connus. Moi, les enterrements, ça me revigore. Ça pointe vraiment la vie !  Il faut profiter de sa vie au maximum, il ne faut pas la subir.

Quels sont les artistes vivants qui t’impressionnent et dont tu attends le nouveau disque ?

Daho, je crois, sort un disque bientôt. J’aime bien le dernier Biolay. C’est agréable de voir quelqu’un faire de la chanson pas avec de vieilles recettes. Il n’est pas dans la facilité et ça me plait beaucoup.

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Allez, je suis très corporate aujourd'hui... pour terminer voici un petit jeu concours concernant Miossec.

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Commentaires

Toujours aussi excellent Miossec, grand artiste de la chanson française qui dure!

Écrit par : Aurel | 15 septembre 2011

Les commentaires sont fermés.