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31 août 2011

DJ Abdel: interview de la mort qui tue pour son album Evolution 2011

Aujourd’hui, je vous emmène vers un terrain (glissant, pour moi) dans lequel je ne m’attarde jamais trop. L’univers du hip-hop n’est pas précisément ma spécialité (ou alors, je reste extrêmement discret sur la question) et je me suis laissé dire par moi-même que, je me cite,  « ce n’est pas la musique que j’aime et que j’écoute » (quelle citation magistrale, je m’impressionne).

Il m’arrive cependant de rencontrer des artistes qui évoluent de belle manière dans ce milieu/genre musical… (oui, mon travail rémunérateur l’exige parfois). Quand la rencontre se passe bien, je relaie sur ce blog, or, ma rencontre avec DJ Abdel, le 7 juillet dernier s'est parfaitement déroulée. Rendez-vous chez Kissman, la boite de production qu’il partage avec son pote Jamel Debbouze (présent ce jour-là).

Au revoir à ceux et celles qui n’en peuvent déjà plus ! Revenez demain, le cours normal de ce blog reprendra. Bien à vous !

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Ce que vous allez lire à partir de là, est rigoureusement identique à ce que vous allez trouver ici-même sur MusiqueMag. Surtout, n’appelez pas la ligue de la lutte contre les blogueurs qui font du copié/collé sur les sites musicaux, je suis l’auteur de cette interview (mené de main de maître, il faut l'avouer/le reconnaître humblement/le dire sans lourdeur/le crier sur tous les toits).

mister-you-4e4ea6b5f0f0a.jpgAprès avoir sorti DJ Abdel  à l'ancienne vol 1 et 2 (compilation de classiques funk mixés) en 2001 et 2002, DJ Abdel revient avec un projet inédit : Evolution 2011. Au programme: deux CDs avec un album de nouveaux morceaux où Abdel se présente en tant que compositeur et réunit sur chaque titre les plus grosses pointures du rap : Mister You, Soprano, l’Algérino, Rohff. Le deuxième cd est un album de classiques funk des années 70 mixé par DJ Abdel : A l'ancienne 3. Ce pionnier nous prouve une fois de plus qu'il est, bien plus qu'un DJ. Il est un authentique compositeur et musicien qui n'hésite pas à déborder du champ traditionnel de DJ.

Le concept « à l’ancienne », tu le dois à ton public qui ne t’a jamais lâché depuis 10 ans.

Je suis DJ quoi qu’il arrive, toujours en tournée.  Quand mon public me rencontre, il  me demande toujours : "A quand un A l’ancienne 3 ?" . J’ai profité de la sortie d'Evolution pour ajouter en bonus A l’ancienne 3 ». C’est vraiment un cadeau pour ma fan base. Je suis DJ, il faut que je l’assume. Mais,  je suis aussi compositeur et producteur et aujourd’hui, c’est ça que j’ai envie de mettre en avant. C’est une évolution de la vie, de ma vie…

10 ans sans sortir d’album, c’était une envie viscérale de revenir aujourd’hui avec un disque ?

Déjà, pour faire un disque, on ne peut pas s’improviser compositeur du jour en lendemain. Il y a une période de travail. Je suis autodidacte, je n’ai pas fait de solfège, d’école de musique, de conservatoire. Je fais tout à l’oreille, mais surtout, je travaille en binôme avec un gars qui fait les compos avec moi depuis 15 ans, Yan Aledji. Pendant longtemps, on a travaillé dans l’ombre, on a aussi servi beaucoup de gens, comme Rohff ou Amel Bent. Nous avons même écrit quelques musiques de films. Notre panel musical est très large. Je ne me suis jamais posé de questions sur ma carrière et sur mes choix artistiques. J’ai toujours fait ce qui me plaisait. Aujourd’hui, arriver avec un concept à base de musique funky, alors que tout est electro en ce moment, c’est un signe de liberté et une prise de risque que j’aime.

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Depuis le carton des Black Eyed Peas, le rap se dirige effectivement vers l’electro. Que penses-tu de ce revirement ?

Il faut vivre avec son temps, c’est une évolution de la musique.  Quand on écoute David Guetta, Black Eyed Peas ou même Usher, on sent quand même leurs influences soul, hip-hop sauf que c’est orchestré de façon un peu synthétique. Moi, je ne vais pas te mentir, j’aime beaucoup parce que c’est bien fait et que je suis partisan des choses bien faites.

 Toi, tu restes avec tes valeurs funky. C’est ta musique à toi !

C’est la musique avec laquelle j’ai grandi. C’est la musique qui me parle, qui me donne des sensations. J’ai grandi dans les quartiers nord de Paris et c’est la musique que m’a fait découvrir mon grand frère et les grands de ma cité. Il faut jouer de ses influences. Beaucoup de potes, dont  Jamel, m’on dit que ce serait bien que je fasse un titre à la Guetta. Je réponds que non, que ça ne me ressemble pas. Jouer de la musique qu’on n’assume pas, ça ne fonctionne jamais.

Sur ton album, on retrouve la jeune garde du rap français mais aussi des artistes confirmés.

Mister You, je ne le connaissais pas plus que ça, par contre, je connais bien son parcours. Il a passé pas mal de temps en prison et je trouvais son histoire très intéressante. Quant à Soprano, je respecte beaucoup sa carrière. J’apprécie comment il a évolué, sa façon d’écrire, le fait qu’il ne se contente pas de rapper… il fait réellement de la musique. Je l’ai vu travailler avec moi en studio, il est devenu un grand artiste professionnel. Je suis super fier de lui mais il y a aussi des jeunes que l’on ne connait pas encore et qui vont monter très vite. Leck, Sadek… On me les a fait découvrir et le respect s’est instauré entre nous. C’est une fierté de mettre le pied à l’étrier d’artistes qui ont du talent et un bon esprit. Je ne suis pas Dr Dree, je fais cela tout à fait inconsciemment. Il n’y a que de cette manière inconsciente que cela peut marcher.


Nouveau clip DJ Abdel Feat Mister You &... par MisterYouWoogataga

Tu as eu tous les artistes que tu souhaitais ?

Quasiment, même si parfois, ça a été difficile. Le projet est compliqué, pour certains, il a fallu bloquer pas mal de temps et ça n’a pas été une sinécure. Pour d’autres, ça n’a pas été possible. Ils seront là sur le prochain. La problématique d’un tel projet, c’est le calendrier artistique.

Tu es attendu par la profession et par ton public. Tu es confiant ?

Je suis quelqu’un de très calme et je n’aime pas mettre la charrue avant les bœufs. Il n’y a pas de règle dans la musique. Je ne préfère pas m’emballer. Faire un bel album est déjà très satisfaisant.

Pourquoi ne tentes-tu pas de chanter toi-même…

Je suis trop timide pour chanter. Je n’y arriverai jamais, je préfère me protéger derrière mes platines. Mes boucliers, ce sont mes platines et ma casquette.

Avec qui aimerais-tu travailler ?

Joey Starr par exemple. On se connait, on se respecte, on s’adore. Je connais toute sa carrière, bien avant qu’il ne soit un rappeur reconnu. Je regrette de ne pas avoir encore travaillé avec lui. Un projet avec lui, Kool Shen, Oxmo Puccino, ce serait géant !

Et à l’étranger, qui t’intéresserait ?

J’aurais bien aimé travaillé avec Jamiroquai par exemple ! Mary J Blidge aussi.


DJ Abdel - CEst Ma Life par umusic

Envisages-tu un concert avec tous tes guests ?

Quand l’album sera lancé, la chose la plus gratifiante qui pourrait m’arriver, c’est de le jouer en live. Un groupe live band avec moi derrière les platines. Monter un gros shows avec tous les artistes, ça n’a jamais été fait en France. Ce serait vraiment bien.

Tu as l’air serein.

Je le suis toujours. Je suis surtout très réservé.

Tu aimes quand on te rappelle tes prestations à Nulle Part Ailleurs ou à la Star Academy?

Mes années Canal, c’était quelque chose de fou ! Quand j’ai fait Star Ac, il y avait un tel monde entre les deux que j’ai arrêté au bout d’une saison.

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29 août 2011

Estelle Penain: interview pour Miami sous les éclairs

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J’ai rencontré Estelle Penain au Salon du Livre de Châteauroux. Nous étions deux des nombreux auteurs invités. Comme elle logeait dans le même hôtel que la petite bande que nous formions avec… (bon, si vous voulez jeter un coup d’œil, c’est ici), la jeune femme a su très facilement s’intégrer à elle. Déjeuner, diner, sortie nocturne, conversations… mais je n’avais pas lu son livre Miami sous les éclairs. J’avais un peu peur d’être déçu et de ne pas oser lui dire ensuite (cela arrive parfois quand on fréquente des auteurs). Mais, récemment, envahi par mon insatiable curiosité, je me suis plongé dans son roman… au début, un peu dérouté, rapidement, j’ai suivi avec plaisir et intérêt les aventures amoureuses de Cristiana. Évidemment, une mandorisation s’est tenue après lecture. Le 25 juillet 2011, Estelle m'a rendu visite à l’agence dans laquelle je travaille... je lui ai posé quelques questions.

est4.jpg4e de couverture :

Après des années à se mentir, cachée derrière des masques pour supporter la vie, Cristiana part à la conquête de sa nature profonde. Au fil des pages et des rencontres, l’amour se métamorphose. Ce livre est le message d’espoir d’une femme ayant pris son destin en main. Un parcours initiatique où l’amour dévoile ses multiples facettes, passant de la noirceur à la clarté de son âme, de la prison de l’ignorance à la liberté d’être. C’est un roman traitant de la quête de soi à travers les relations amoureuses. Un reflet de la génération actuelle, un retour vers des valeurs essentielles.

L’auteur :

Estelle Penain a vu naître son goût de l’écriture dès l’enfance en posant sa plume dans un journal intime, un carnet de poésie et des réflexions sur les sentiments et la société. Puis, elle découvre la radio et anime une émission pendant ses années collège. Diplômée du conservatoire de musique, le piano lui apporte l’expression artistique. Un diplôme littéraire en poche et quatre ans d’université plus tard, la musicienne devient choriste et chante en France et à l’étranger pendant dix ans, passant de scènes prestigieuses à des représentations dans la rue au contact du public. La scène lui apporte de grands moments de bonheur. Elle suit également des cours de théâtre, participe à des ateliers permettant l’expression corporelle et exprime sa créativité lors d’improvisations théâtrales. Elle s’initie ensuite à la réalisation de film et à l’écriture de scénario avec l’ambition d’instruire, de divertir, d’informer.

est3.jpgDans le même temps, Estelle se passionne pour le développement personnel et suit des séminaires, apprend par la lecture les notions de psychologie, de sociologie, de spiritualité, rencontre des médecins parlant de thérapies ouvrant la conscience vers d’autres dimensions et se passionne pour cette quête de soi. Elle suit l’enseignement d’un maître depuis quelques années, apprenant à se servir de techniques de soin. Et également l’enseignement d’un scientifique avec l’approche de la dynamique matricielle et ses techniques de guérison par les sons.

Estelle Penain a écrit un premier roman « Miami sous les éclairs », ainsi que d’autres écrits (scénario, texte théâtral, chroniques, contenus) afin de partager l’enseignement que la Vie lui a offert. Estelle Penain est membre de la Société des Gens de Lettres.

Interview :

Dans ta biographie, il est indiqué que tu écris depuis toujours…  ?

C’est tout à fait vrai ! Petite, ma mère me racontait que je faisais faire des vraies rédactions à des élèves imaginaires et que je passais du temps à écrire sur leurs cahiers et les corriger. Ça m’a occupé bien des après-midi. Il parait aussi que j’écrivais de la poésie. Je serai curieuse de remettre la main sur ces chefs-d'œuvre… 3 petites phrases qui se suivaient et qui rimaient, pour moi, ça en jetait ! Aujourd'hui, j’écris régulièrement avec parfois de grandes vagues d’inspirations alternées par des moments de pause, de réflexion, de lectures. C’est une expérience très prenante qui est aussi matière à remise en question. Être lue, c’est prendre le risque de plaire ou pas et donc d’être critiqué. En ce sens, cela demande de dépasser certaines peurs.

Dans ta vie, j’ai l’impression que tu es allée dans plein de directions différentes.

Pas tant que ça ! J’ai une qualité qui parfois peut être un défaut, je suis très curieuse et j’ai la particularité de vouloir expérimenter ce que j’ai envie de vivre. Je ne veux pas me contenter de lire uniquement, mais je veux vraiment essayer de moi-même. Au début, dans le domaine culturel puis plus tard dans celui du développement personnel. Aujourd’hui, je fais un mixage des deux. Chez n’importe quel artiste, il y a de l’introspection à un moment ou à un autre. Pour un comédien, par exemple, plus tu  te connais, plus tu es à l’aise dans le jeu. J’ai essayé tous les milieux artistiques pour voir où j’étais à ma place. J’ai été chanteuse pendant 10 ans. Chanteuse/choriste, jamais leader à cause d’un manque probant de confiance. C’est mon grand regret d’ailleurs. Il n’est pas exclu que je me remette à chanter dans un groupe un jour prochain.

est2.jpgL’écriture de ce livre a commencé il y a combien de temps…

Il y a quatre ans. Un vrai coup de foudre sentimental a déclenché l’envie d’analyser la relation amoureuse. Tenter de comprendre cette souffrance que l’on rencontre parfois dans les histoires d’amour en était le moteur. L’amour se cultive, se travaille, se cherche, s’apprivoise et aimer cela s’apprend, cela peut prendre une vie…

 « Miami sous les éclairs » raconte une histoire d’amour complètement dingue qui a duré des années et des années. C'est la tienne et donc, dans le livre, celle de Cristiana qui aime Samy.  Il y a beaucoup de toi dans ton héroïne ?

Autant les autres personnages n’ont pas tous existé dans la vie, autant Samy, lui, a vraiment existé. Et effectivement, il y a beaucoup de moi dans Cristiana. Mais, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un roman.

Il est question de la violence physique que peuvent vivre les femmes…

Moi, j’ai vécu la violence chez une personne. Ça m’a suffi, j’ai vu ce que c’était. L’homme qui m’a fait subir ça pourrait être incarné par le Fabio de mon livre, mais pas tout à fait quand même… Bref, j’ai vu des femmes se faire battre et qui ne partent pas. C’est incroyable de rester quand on est malheureux! Qu’est-ce qui fait que tu restes avec quelqu’un alors que tu sais que tu n’es pas heureux ? Moi, j’ai été une victime et j’ai mis un moment à m’en rendre compte. Je suis partie quand j’ai enfin compris ça. Je ne sais pas qui a écrit : « l’âme a profondément horreur du vide ». Si toi, on t’a appris l’amour, à priori, tu as une conscience de l’amour, mais si on ne t’a pas appris, pour toi « aimer », ça peut être la violence. Si tu es né dans une famille qui se tapait dessus, tu auras beau vouloir être aimé normalement, tu as de grandes choses d’attirer vers toi quelqu’un dans ce que tu connais. Donc, effectivement, exister violemment aux yeux de quelqu’un, c’est quand même exister. C’est mieux que rien.

Dans ce livre, tu abordes toutes les formes d’amour.

Mon livre parle d’une rédemption. Donc pour avoir une rédemption, il faut passer par différents stades. Là où il y a beaucoup de mon parcours, ce sont les passages sur les souffrances. Autant ça n’a pas toujours été facile, autant aujourd’hui, ça m’a donné une palette d’émotion que j’ai pu traduire comme ça. Ca n’a pas été tout rose, certes, mais le but n’était pas de m’apitoyer. Je me sers de ces émotions aujourd’hui pour raconter des histoires.

Ton roman est lié au développement personnel. Quand as-tu découvert cette nouvelle forme de philosophie/façon de vivre ?

C’était en 2000, quand j’étais à New York. Là-bas, j’ai rencontré pour la première fois quelqu’un qui travaillait à la fois dans la culture et sur les énergies. Il m’a interpellé et nous sommes devenus amis. Il m’a montré des choses et nous avons commencé à travailler ensemble sur des techniques de méditation. C’est lui qui m’a ouvert la porte. Là, je me suis dit : « Arrête de te plaindre et de te chercher, et tente de trouver des solutions ! ».

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Pour aider les autres, faut-il parfaitement se connaître soi-même ?

Disons qu’on n’est pas thérapeute par hasard. Un bon thérapeute, c’est quelqu’un qui sait qu’il est toujours dans le cheminement et qui ne prétend pas avoir la vérité. Cela dit, tu peux aider les autres, si dans ta vie, tu as trouvé une forme de sérénité. Quand tu as une déontologie, tu as au moins dix ans de travail en analyse et, à priori, avoir suivi des formations. Pour moi, la formation, c’est aussi un art de vivre.

Au fond, pourquoi écrire ?

J’ai envie de raconter des histoires et dans ces histoires, utiliser mon parcours, mon expérience. J’aime bien délivrer des messages et que chacun en fasse ce qu’il veut. Ainsi, j’ai l’impression d’avoir trouvé une façon de servir.

Comment a été accueilli ton livre ?

Je suis toujours preneuse de critiques constructives. Il a déclenché des choses chez certaines personnes. J’aime écrire en me disant que je partage un bout d’expérience. Je le romance, mais dedans, je place mes pensées, ma façon d’envisager la vie, ma « philosophie » personnelle. Je ne suis pas une donneuse de leçon, je ne dis pas que c’est comme ça qu’il faut faire, je me contente juste de transmettre des messages et mon point de vue.

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23 août 2011

Marie-Anne Alizon : chanteuse cherche tourneur!

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Marie-Anne Alizon je l’ai rencontré en tant qu’artiste (pour une première mandorisation en juillet 2007) et nous sommes devenus amis dans la vie depuis.
Elle est chanteuse, musicienne, comédienne (et aussi une des voix féminines d'ARTE TV).
Elle se qualifie comme « une artiste de terrain ». Pas faux.
Sur elle, son parcours, sa musique, son site officiel est assez explicite.
Ici, son MySpace.
De passage (rapide), fin juillet, à Strasbourg, nous avons petit déjeuné ensemble (la dame habite dans cette ville). La photo en témoigne.

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Et nous avons beaucoup parlé de son métier.
Marie-Anne a côtoyé sur scène des personnalités comme Diane Reeves ou Didier Lockwood. Elle a enregistré un CD 9 titres, "Aimer comme on se perd" (avec notamment un hommage à Sting, "J'entends Roxanne au loin", et un hommage à Marcel Carné, "Garance").Un registre détourné pour la scène vers des tonalités plus rock .

Sur scène (je l’ai vu, c’est admirable), elle préfére l'émotion aux effets de style. C’est même avec authenticité et générosité que Marie-Anne Alizon interprète les compositions rock, pop, jazz issues de cet album, entourée en studio ou sur scène de musiciens aguerris. Elle chante en Français (c’est aussi pour cela que je l’aime).

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Mais aujourd’hui, Marie-Anne Alizon aimerait poursuivre sa tournée de concerts.
C’est là que le bas blesse.

Elle (comme beaucoup d’autres artistes talentueux) ne trouve plus de date. Les organisateurs, les salles, les festivals... plus personne ne souhaite prendre de risque avec des artistes encore inconnus.
La frustration la gagne. C’est normal, chanter, c’est sa vie. Communiquer sa passion, son enthousiasme, son œuvre, c’est viscéral. (Pas de pathos, pure réalité!)


Marie-Anne souhaite trouver un tourneur.
Et aussi être parainnée par un artiste reconnu…
Rêvons un peu…
Un Jonasz, un Sheller
Les rencontrer et faire quelques premières parties…


J’aimerais l’aider.

A part lui proposer cet espace pour communiquer, je ne peux rien faire pour elle.
Je sais que certaines personnes du métier passent régulièrement par ici. Alors, on ne sait jamais…
Voici un teaser de concert et une chanson (parmi celles que je préfère...).

 

21 août 2011

Annabelle Léna: interview pour A tort ou à raison

annabelle lena,a tort ou à raison,interview

« Cette fille là, mon vieux, elle est terrible » chantait naguère, le chanteur à texte, Johnny Hallyday, dans les années 60. Annabelle Léna, c’est l’impression qu’elle me donne. Une frimousse d’ange, mais des textes torturés à l’écriture particulièrement noire et explicite. Son thriller, A tort ou à raison, est implacable, prenant et n’épargne personne. Forte personnalité, franchise et humour corrosif, il me semblait intéressant de lui poser quelques questions pour tenter de comprendre qui se cache derrière Annabelle, la rebelle.

annabelle lena,a tort ou à raison,interview4eme de couverture :

 

Prise d’otages dans un entrepôt.

La violence et l’incompréhension s’abattent sur le quotidien d’innocents.

Ce que veulent les malfrats ? La libération de compatriotes retenus à l’étranger.

Entre forces de l’ordre et bandits, le duel s’envenime. Une femme étrange est coincée dans ce cauchemar. Son corps et son esprit doivent s’adapter pour survivre : prendre le parti de ses ravisseurs ?

Pourquoi pas, si cela permet d’éviter le bain de sang…

Oubliez la morale à travers les pages de ce thriller nerveux. Lorsque le monde bascule, on ne peut que basculer avec lui.

annabelle lena,a tort ou à raison,interviewL’auteur :

Annabelle Léna est née en juillet 1979 à Marseille, par une journée particulièrement chaude et sans mistral. Elle grandit à la campagne où, à l’abri d’un saule pleureur, elle s’assoit et rêvasse des heures durant. Après des études bien ennuyeuses, elle devient contrôleur de gestion mais trop d’histoires se bousculent dans sa petite tête en réclamant à sortir. Annabelle se fâche alors avec les chiffres pour acheter un stylo quatre couleurs et écrire. Écrire, encore écrire. Elle fait ainsi la fortune de certaines papeteries et remplit ses tiroirs de feuillets fiévreusement raturés. Très vite elle est publiée en revue avec des nouvelles nerveuses. Puis elle décide de se consacrer à l’écriture de son premier roman À tort ou à raison. Plus qu’un thriller, ce roman est une course effrénée entre folie et criminalité. Le narrateur y est atypique, tantôt externe, tantôt interprète des personnages. Le ton est incisif ; certains disent, assassin. Désormais Annabelle habite Gardanne, entourée de ses histoires et de ses lectures. Plus les années passent, plus elle parle à ses chats mais à part ça, vous verrez, c’est quelqu’un de très fréquentable.

Interview :

-L’idée d’« À tort ou à raison » est partie d’un soir où tu regardais le journal télévisé. L’appétit coupé et une envie « de vomir ou d’écrire ». Raconte-nous ce qu’il s’est passé exactement.

Un journal télévisé comme les autres, malheureusement. Un sujet sur une jeune fille qui était allée trop loin pour être aimée ou pour être populaire certainement. Ça m’a filé mal au ventre. Marre de voir des filles conditionnées qui se sentent libres et épanouies en se foutant à poil ou en ne respectant plus leur corps. Henri-Frédéric Blanc a écrit dans Cloaque « Bordel de Dieu, mes biens chères sœurs, quand comprendrez-vous que ce sont de vieux vicelards vermoulus qui façonnent votre cervelle, et qu’ils ont intérêt à vous transformer en truies ? ». C’était ce que j’avais sous les yeux, encore une fois. Ras-le-bol. Je ne vis pas dans le monde du 20 heures. Du moins, je refuse qu’il soit ma réalité. Alors, j’ai tiré ce fait divers à l’extrême. La pression des magazines féminins, j’en ai fait la pression d’un gun sur la tempe d’une femme et voyons ce que ça donne.

-Tu dis qu’« À tort ou à raison est une course folle dans un monde fou ». Hormis l’histoire fil rouge de ton livre, c’est aussi une charge contre la société actuelle en général et les médias en particulier. C’était important pour toi d’exprimer ton point de vue sur la question avec véhémence ?

Oui. Je me suis dit qu’il fallait choisir entre humour et violence pour faire réagir. Et en fait, cette histoire, je l’ai sentie plutôt dans un registre violent. Comme c’est un sujet qui me scandalise, je ne pouvais pas masquer ma révolte. Ça se traduit par une écriture très nerveuse.

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-Tu as répondu à une question posée par un journaliste que « ce thriller est un coup de poing pour réfléchir à la différence ignoble qui existe entre résignation, conditionnement et consentement ». La frontière est mince entre les trois ?

C’est émouvant, c’est mon premier « Tu as dit que… ». Bref ! Oui, la frontière est mince, très mince. Quand une jeune fille pose nue sur le net, il y a de fortes chances, à mon avis, pour qu’elle ne soit pas consentante. Être consentante, c’est être armée pour réfléchir et décider or aujourd’hui beaucoup de filles sont lobotomisées par les clips vidéos, les magazines, etc. Il FAUT être parfaite physiquement, être performante sexuellement, etc. Je ne suis pas d’accord avec cette vérité et je pense qu’obéir à ça n’est pas du consentement, mais plutôt une sorte de conditionnement pervers ou une résignation pour être aimé.

-Ce thriller est un huis clos psychologique très nerveux. Tout commence avec une prise d’otage dans laquelle Angèle se trouve impliquée. Présente-nous ton héroïne…

Certains diront qu’Angèle est une pauvre fille, mais elle est trop seule, tout simplement. En fait, c’est une idéaliste. Les rapports humains l’ont tellement déçue qu’elle s’est résignée à sa solitude. C’est sa faille, les autres. Alors, elle s’est créée des mondes parallèles où elle peut vivre avec eux, sans qu’ils ne la blessent plus.

-« Suffisait d’être dans un autre monde pour que les gens bien souhaitent le mal… l’entrepôt était un monde aberrant ». Est-ce que tu considères que chacun peut basculer « de l’autre côté »?

Tout à fait. Ce bouquin c’est aussi un peu pour oublier les « moi, j’aurais fait ça ». Sous pression ou dans un contexte particulier, personne n’est à l’abri d’agir d’une manière contraire à ce qu’il aurait aimé être. Les leçons de courage, c’est beau en théorie, mais la vie, c’est pour de vrai. Donc il me semble que l’indulgence et l’humilité seraient des choix intelligents.

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-Dans l’horreur et l’aberration de la situation, tu explores les méandres du cerveau humain. Comment t’es-tu projetée les réactions d’Angèle ?

Sans trop de difficulté, car je suis fascinée par les mécanismes du cerveau. J’ai éprouvé beaucoup de sympathie pour ce personnage. J’ai juste essayé de la penser humaine, avec ses erreurs, ses contradictions et ses illusions.

-Est-ce qu’on peut dire que tu combats les atrocités par les atrocités (littéraires) ? (Le mal par le mal quoi !) / La folie pour contrer la folie des hommes… j’ai lu ton livre avec ce sentiment. Qu’en penses-tu ?

Oui, combattre la folie par la folie pour qu’elle saute aux yeux. C’est vraiment gnangnan de dire ça, je sais, mais le monde devient fou et ça paraît normal… L’habitude rend aveugle. J’ai juste placé ce qui est, je trouve, notre quotidien un cran au dessus sur l’échelle de la violence. Et d’un coup, les choses se révèlent.

-Il y a de la violence psychologique et physique. Ça t’énerve si je te demande comment une jeune femme comme toi peut écrire/décrire tous ses actes horribles…

Non. C’est une question très fréquente vu mon petit gabarit et mon, paraît-il, grand sourire. Puisque je voulais emmener le lecteur dans cet enfer, il fallait d’abord que j’y entre. Et puis, j’ai mon côté obscur, de toute évidence. Même si, le côté « cervelles qui explosent », ce ne ne sont pas les passages que j’ai préféré écrire.

Ceci étant, on ne se connait pas, si ça se trouve, tu es une sérial killeuse dans la vie ! 

Promis juré, je ne tue en série que les araignées. D’ailleurs si certaines lisent ces quelques lignes je vous préviens que je vais vous biiiiip avec un biiiiiiip dans le biiiip !!!!

-C’est aussi un thriller sur le fameux binôme : pouvoir/domination. Là, c’est dans une situation extrême, mais dans une moindre mesure, ça se passe comme ça dans la vie en général, non ?

Tout à fait. Tout est question d’équilibre et de déséquilibre dans les rapports humains. Sous domination, sous influence, jusqu’où peut-on aller ? Comment tombent les limites, cette sécurité qui nous donne bonne conscience (moi, jamais je…). Jamais vous… ? En êtes-vous si sûrs ?

-Angèle est « une professionnelle de changement de monde ». Elle s’est créé son propre univers. Elle navigue entre les deux à chaque mauvais moment de sa vie. Est-ce qu’Annabelle a aussi deux mondes ?

Heureusement, Annabelle possède des millions de mondes pour échapper à la / sa réalité.

-Parlons de ta passion pour l’écriture. Tu as chopé le virus à quel moment de ta vie ?

Très très tard ! Je suis du genre rebelle et j’ai détesté le français pendant toute ma scolarité. Après le Bac, quand on a arrêté de m’obliger à lire, je m’y suis mise et ça a été une réelle découverte. J’ai dévoré tout ce qui me tombait sous la main. Et puis, un jour, j’ai pris un stylo et j’ai essayé. C’était il y a dix ans. Depuis, ça a pris le pas sur tout. Maintenant c’est devenu « il faut que j’écrive », un besoin comme un autre.

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-Quels genres de nouvelles écrivais-tu dans les revues ?

En nouvelles, je suis assez « diversifiée ». Ça peut aussi bien être du suspens, du conte et parfois même de l’humour ! Bon… mon humour à moi, mais de l’humour quand même ! Sur des textes plus longs, va savoir pourquoi, c’est systématiquement des histoires sombres. Évidemment, on retrouve pas mal de mes textes sur mon blog www.annabellelena.com/ (ça va, ça se voit pas trop que je me fais de la pub ?)

-Peux-tu nous présenter la maison qui t’édite (Piaf)?

Je suis chez Eastern Éditions. C’est une petite maison créée en 2010 par Sébastien Bouchery pour miser sur des jeunes auteurs. Quel que soit leur genre littéraire, l’ambition est que chacun puisse raconter son histoire, à sa manière, tel que lui-même aurait aimé la lire, partager les fictions, les mémoires, les passions. Il y a un site web pour tout savoir : http://www.eastern-editions.com/ (mais, oui, je suis toujours discrète avec ma pub, là…)

-Je déteste faire des interviews par mail. J’aime la rencontre, la vraie, la physique. Je ne sais pas pourquoi j’ai cédé. Te rends-tu compte de la chance incommensurable que tu as ?

Vi, bien sûr mon grand seigneur Mandor mais d’ailleurs vous le désirez de quelle couleur, le marbre, pour la statue en votre honneur ?

Moi aussi j’aurais préféré une vraie rencontre, mais que veux-tu, je suis une fille de la campagne. Je ne suis pas prête encore émotionnellement à parler à un Parisien, en vrai. Et au final, je me rends compte que, l’interview écrite laissant plus de temps à la réflexion, elle permet d’aller plus en profondeur. Bon en fait, faudrait que tu ne fasses plus que ça !

 

L'avis du Point.fr

19 août 2011

Nicole Dubroca: Interview pour La petite fille qui voulait Remourir

La petite fille qui voulait Remourir est un très beau roman de Nicole Dubroca (Morey Editions). J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre qui touche profondément l’âme. Un parfum d’enfance, un brin de surnaturel (qui n’en est pas forcément), des personnages attachants, la petite histoire dans la grande histoire… une interview s’imposait.

Nicole Dubroca a joué le jeu le plus sincèrement possible, sans rien éluder. Disons donc qu’elle m’a offert là une jolie interview/confession. Merci à elle !

9791900150124.jpgL’histoire :

Une ferme landaise durant la seconde guerre mondiale. Mariane, petite fille de deux ans, est confiée par ses parents aux soins d’une grand-mère austère. Proche de son grand-père, elle tissera un lien secret avec cet homme réfléchi et modeste qui comprendra très vite qu’elle possède un don extraordinaire. Il lui apprendra les choses simples de la vie et l’aidera à trouver un équilibre entre ses perceptions et les petits bonheurs terrestres.

La petite fille qui voulait Remourir relate les ressentis d’une enfant surprenante et d’un monde secret dont elle seule à l’accès. Elle seule ? Pas si sûr. Quel enfant avons-nous été ? Qu’avons-nous gardé de notre enfance et des extraordinaires capacités que nous avions peut-être ? N’y a-t-il pas autour de nous, aujourd’hui encore, une petite fille qui voudrait Remourir ?

184335_1714096784944_1613917047_1603488_7420148_n.jpgL’auteur :

Professeur des écoles puis enseignante dans le secondaire, Nicole Dubroca décide un jour de se consacrer à l’écriture romanesque pour d’autres lecteurs que ses élèves. Cette femme étonnante et passionnée s’inspire de ses propres expériences extrasensorielles.

La petite fille qui voulait Remourir fait partie de sa vie. Témoigner par l’écriture du bonheur ressenti au contact de l’Extraordinaire avec les lecteurs qui se retrouveront en Mariane est l’un de ses plus grands souhaits : « nous avons tous des capacités extraordinaires, il suffit juste d’être attentifs aux petits messages venus d’ailleurs. »

Interview :

«  La petite fille qui voulait Remourir » est votre premier roman. Portiez-vous en vous cette histoire depuis longtemps ?

«  La petite fille qui voulait Remourir… » est mon premier roman édité. Par contre j’ai dans mes tiroirs des dizaines de petits cahiers à carreaux d’écoliers remplis de contes, nouvelles et romans à terminer. La suite de « La petite fille …» est tapée, corrigée, prête à éditée. Cette histoire je la porte en moi depuis la naissance de ma première petite fille qui va bientôt avoir 15 ans. Trois autres enfants sont venus depuis me conforter dans l’idée d’écrire, non pas un roman mais une suite d’histoires qui leur parleraient de leurs racines landaises, de leurs arrières grands-parents, de la rude vie de métayers. Et Mariane a pointé le bout de son nez, toujours aussi curieuse et malicieuse : « Et moi, tu ne parles pas de moi, n’oublie pas que je suis toi. » Comment lui résister ? Il m’en a fallu du temps avant de trouver le style du roman qui laisserait croire au lecteur que Mariane est la narratrice. Ce livre-là, je l’ai détricoté une dizaine de fois avant d’être à peu près satisfaite de la forme à lui donner.

Votre héroïne Mariane, a des dons. Elle est différente. « Si elle fait attention, elle est capable de percevoir l’état des gens qui l’entourent, leur inquiétude, leur joie, leur tristesse et aussi à quoi ils pensent. » Elle sait aussi quand quelqu’un va mourir ou vivre longtemps ou arriver dans l’instants, bref, elle sait.

Mariane a des dons, comme beaucoup d’enfants. Je dirais qu’elle est dotée d’une sensibilité différente, due, peut-être, au fait qu’elle vit en pleine nature au milieu des arbres et des animaux, sans contraintes. C’est elle qui choisit d’aller à l’école. Elle apprend à lire toute seule. Elle se promène où elle veut. Elle est en communication permanente avec la terre et le ciel. Peut-on parler de supranormal ? Est-ce que les enfants ont la faculté de « savoir » très tôt ? Est-ce que les contraintes de la vie, l’éducation des parents, la sociabilisation à outrance effacent tous ces « savoirs » venus d’ailleurs ? Il m’arrive de le croire.

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Mariane est dotée d’une mémoire phénoménale. Comme si son cerveau était capable de tout enregistrer, et de restituer au moment voulu. Une surdouée en somme ?

Surdoué, précoce, haut potentiel, les qualificatifs sont légion pour désigner les enfants dont les capacités intellectuelles dépassent la norme établie. J’ai rencontré dans ma carrière d’enseignante nombre de parents qui prétendaient que leurs enfants étaient surdoués et demandaient qu’ils passent  au niveau supérieur. Ils avaient tous des capacités intellectuelles plus élevées que la moyenne mais ils étaient rarement « surdoués ». Les vrais « surdoués » sont, pour beaucoup, en échec scolaire. Le système n’est pas fait pour eux. Ils s’intéressent à tout et possèdent une mémoire impressionnante, une culture générale hors du commun qu’ils vont piocher dans des livres, des émissions de télé (internet de nos jours est la « bible » des enfants précoces) ou encore auprès d’adultes bienveillants qui prennent le temps de les écouter et de leur enseigner leur savoir. Ils sont difficiles à cerner et d’un tempérament anxieux et solitaire. Il faut gagner leur confiance et toujours les rassurer. Ils sont dotés d’un humour décapant. Je suis persuadée que Pierre Desproges en faisait partie. Ce type d’enfant est souvent en souffrance. Leur empathie est infinie cependant ils ont beaucoup de difficultés à s’adapter à la société et à ses préceptes. Pour en revenir à Mariane, elle a eu beaucoup de chance d’avoir eu un grand-père aussi aimant et prévenant. Je le soupçonne d’avoir été, lui aussi, un « surdoué ».

207281_1796666969147_1613917047_1719193_4460166_n.jpgVous êtes-vous inspirée de vos propres expériences extrasensorielles et si oui, précisément quels sont vos dons à vous ?

J’imagine que vous avez déjà compris que toutes ressemblances entre l’auteure et son héroïne ne sont pas fortuites. Mes perceptions extrasensorielles je les ai prêtées à Mariane tout en lui en rajoutant quelques unes. Que dire de mes propres perceptions ? Comme je n’ai pas souhaité les développer, elles sont restées à l’état embryonnaire mais elles me rattrapent souvent et au moment où je m’y attends le moins. Elles se présentent sous forme de flashs, de rêves prémonitoires ou tout simplement de pressentiments. Celle qui m’a le plus marquée est ce que les américains appellent  une NDE (Near Death Expérience) ou, pour faire simple, une sortie du corps. Hospitalisée d’urgence, j’ai fait une syncope qui m’a expédiée dans une autre dimension. Lors de ce voyage fabuleux j’ai éprouvé et recueilli des « sentiments » hors du commun : de l’AMOUR à l’état pur. Quand je suis revenue à la réalité, j’ai demandé combien de temps avait duré mon malaise. « Quelques minutes m’a-t-on répondu. » J’avais eu l’impression d’être restée absente bien plus longtemps. Je n’ai rien dit. Plusieurs mois se sont passés, après que je me sois mise à lire tout ce qui avait un rapport avec mon expérience, pour que j’ose la raconter autour de moi. Etonnamment, tout le monde avait entendu parler de NDE, sans trop y croire. À ceux qui me disent, à présent, que ce n’était qu’une hallucination, je réponds en souriant, que des hallucinations de ce style j’aimerais en avoir toutes les semaines. À quoi bon essayer de convaincre. J’ai vécu cela et je l’ai reçu comme un cadeau. C’est une grande chance que d’avoir tutoyé le domaine de la mort. La vie prend une dimension différente lorsqu’on est débarrassé de cette angoisse existentielle.

Pensez-vous que les hommes n’exploitent pas assez toutes les capacités de leur cerveau ? Que nous avons tous des dons inexplorés ou que c’est tout simplement une loterie de la vie ?

Les scientifiques semblent avoir démontré que nous n’utilisons que 10 à 20% des facultés de nos cerveaux. Il reste une sacrée place pour tous les dons à exploiter. Je suis persuadée qu’à notre époque, dans les pays dits « développés », les humains ont perdu le vrai sens de la vie. J’entends par là, le goût de regarder, d’écouter, de réfléchir, de créer. Ils sont tirés vers le bas, par les médias, la téléréalité et autres stupidités. Certaines contrées lointaines ont conservé, par tradition, ces savoirs venus d’une lointaine époque transmis de génération en génération. Je pense effectivement que nous avons tous en nous des « territoires » inexplorés. Il n’est pas impossible qu’une minorité ait conservé dans leurs chromosomes un potentiel que les autres n’ont pas. Je ne crois pas au hasard.

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La vraie grand-mère de l'auteure qui est aussi la grand-mère de Mariane dans le roman (photo personnelle de Nicole Dubroca).

La famille de Mariane doit garder ce secret. Quand on a ce genre de dons, pourquoi ne faut-il rien divulguer à l’extérieur.

Dans les années 40 l’église avait encore une grande influence sur les âmes humaines. Il ne faisait pas bon voler la vedette au Dieu tout puissant. Si l’on s’en réfère à l’époque de l’Inquisition toutes pratiques qui étaient considérées comme surnaturelles sans appartenir à la religion étaient assimilées au culte du diable. Aussi fallait-il peu de chose, voire rien du tout, pour être accusé de sorcellerie et périr sur un bûcher. Ces condamnations étaient peut-être encore présentes dans les mémoires collectives. De nos jours, des charlatans ont trouvé un bon créneau pour gagner de l’argent. Il vaut mieux s’en méfier.

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La vraie maison des Landes où s'est située l'action (photo personnelle de Nicole Dubroca).

Mariane réfléchit en permanence sur la guerre, la vie, la mort. Ce sont des sujets qui vous touchent particulièrement ?

Mariane est née le jour où les troupes allemandes ont envahi la France. Son oncle Edmond, le frère aîné de son père, a été tué sur la ligne Magino un mois après sa naissance. La mort, la guerre étaient des mots familiers et mystérieux qu’elle entendait depuis sa toute petite enfance. En parler était un sujet tabou. Les questions qu’elle posait à sa grand-mère étaient toujours éludées, elle n’obtenait pas les réponses qu’elle désirait. « L’oncle Edmond était monté au ciel, auprès du Bon Dieu. »,   « La guerre, c’était la faute des « sales boches. » Or, les boches n’étaient pas sales mais plutôt gentils, du moins celui qui lui avait offert un cadeau et lorsqu’elle était « monté au ciel » elle n’avait pas vu le Bon Dieu. En ce qui me concerne c’était encore pire, mon grand-père paternel était mort à la guerre à Verdun, et ma grand-mère, deux ans plus tard, emportée par la grippe espagnole. Ils avaient 24 ans. Ma mère, pupille de la nation, ne s’est jamais remise de ce traumatisme. J’ai mis beaucoup de temps à me débarrasser de cette angoisse d’abandon qui était la sienne et qu’elle m’avait transmise. J’avoue que, même aujourd’hui, j’ai du mal à regarder un film de guerre. Le livre de Tatiana de Rosnay, « Elle s’appelait Sarah », m’a bouleversée. Je n’ai pas pu me décider à aller voir le film. Pour la mort c’est différent, mon NDE m’a complètement libérée. Pendant cinq années, j’ai participé, à titre bénévole, à l’accompagnement de personnes en fin de vie dans une unité de soins palliatifs. Les malades et leurs familles étaient traités humainement, physiquement et moralement. J’ai énormément appris. Il se passe des choses étonnantes dans les tout derniers instants d’une vie. Par manque de personnel et d’argent ces unités sont en voie de disparition. Je ne sais que penser de l’euthanasie, mais mon point de vue a beaucoup évolué à ce sujet.

227468_1842919085421_1613917047_1783300_2534774_n.jpgMariane est souvent déçue par les grandes personnes. Leurs mensonges, leurs violences… Elle préfère, parfois se murer derrière une fausse indifférence qui l’aide à se maintenir en vie. Pourquoi refuse-telle d’affronter la souffrance ?

Là, je crois qu’il faudrait faire appel aux écrits de Françoise Dolto. Les enfants ont plusieurs moyens d’affronter la souffrance dont les plus courants sont, soit de se renfermer dans une bulle protectrice, de se créer un univers qui les apaise, soit de faire preuve d’agressivité et de décharger leur colère. Ces attitudes ne sont d’ailleurs pas propres aux enfants. Beaucoup d’adultes agissent ainsi. Dans le domaine de la souffrance Mariane n’est pas exceptionnelle. Elle se protège comme elle peut.

Quand Mariane est désespérée, elle voudrait « remourir » et que la grande lumière vienne la chercher. Dites-vous que quand on a des dons de cette nature, on est plus fragile que les gens dits « normaux ».

Mariane, du fait de sa précocité est une enfant hypersensible, une petite éponge qui absorbe tous les événements heureux ou malheureux de son entourage. Elle peut être très joyeuse ou complètement désespérée. REmourir, pour elle, ne signifie pas qu’elle veuille mettre fin à ses jours. Elle voudrait repartir dans l’astral pour y retrouver l’homme bleu qui, croit-elle, l’a abandonnée. Elle se demande même s’il a existé. Les retrouvailles avec ses parents l’ont profondément déçue. Elle se sent déracinée, les grands arbres lui manquent, son grand-père lui manque. Elle est privée de tout ce qui alimentait ses perceptions. Le contact avec la nature est primordial pour les personnes qui possèdent des capacités extrasensorielles. Elles ont besoin de se « recharger » pour ne pas tomber malades. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai cessé de fréquenter ce milieu très particulier.

L’action se situe lors de la Deuxième Guerre mondiale période trouble de l’histoire. Dans votre livre, les soldats allemands ne sont pas forcément tous méchants et les résistants pas tous exempt de reproches. L’occasion de préciser que le monde n’est pas manichéen ?

Si tous les événements relatés dans mon roman ne sont pas réels, l’épisode où Hans offre une paire de sandalette à Mariane a bien eu lieu. Je ne peux pas dire que je m’en souvienne vraiment mais on me l’a raconté tant de fois que j’ai souhaité en faire état. C’est une si belle histoire. La relation entre Mado et un officier allemand, je ne l’ai apprise que bien plus tard. Elle m’a émue. Ils se seraient rencontrés en temps de paix, ils auraient pu vivre leur amour au grand jour. Ils ne se sont jamais revus et j’imagine que pour lui, comme pour Hans, la guerre s’est arrêtée sur le front de l’est .La bataille de Kourks, en Ukraine entre juillet et aout 1943 a couté la vie à plus de 1 500 000 allemands. Qui peut dire de quel côté étaient « les gentils » et les « méchants » ? Quant aux exactions perpétrées par certains prétendus résistants à la libération, elles sont loin d’être glorieuses. «  Quelle connerie, la guerre ! »

Parlons littérature. Quels sont vos auteurs fétiches et vos livres de chevet ?

J’ai lu énormément de livres depuis mon adolescence. Il m’est très difficile de faire un choix. Mes livres fétiches, ceux que j’emporterais sur une île déserte, sont à coup sûr : Les fleurs du mal, Cyrano de Bergerac, Belle du seigneur, L’œuvre au noir, Manuel du savoir vivre à l’usage des rustres et des mal polis et toute la série des Rougon-Macquart. Tout ceci me résume assez bien je crois. Mes livres de chevets varient en fonction de mes coups de cœur du moment. Facebook m’a procuré de très jolis surprises ces derniers temps et ne voulant vexer personne, je n’en citerai aucun. Je dirai simplement que je me suis régalée en lisant deux thrillers décapants, une nouvelle saisissante, un joli roman rempli d’humour qui évoque la vie au quotidien d’une famille recomposée et un récit qui m’a permis de revisiter Paris d’une autre manière. Comprend qui peut (sourire). Je ne voudrais pas clore ce chapitre sans évoquer Tatiana de Rosnay dont j’ai lu tous les livres. Une belle personne. 

Racontez-nous comment vous avez rencontré avec votre éditrice, Florence Dell’aiera.

En décembre 2009 j’avais envoyé un manuscrit (pas celui de «  La petite fille… ») pour participer à un concours et je cherchais les blogs de personnes qui participaient à ce même concours. Je suis tombée sur celui de Forence et très vite nous avons sympathisé. Malgré notre différence d’âge nous avons beaucoup d’idées communes dans de nombreux domaines. Ni l’une ni l’autre n’avons été retenues comme finalistes. Florence a décidé de s’auto-éditer, je l’y ai encouragée. Elle a monté sa maison d’édition  Morey éditions et son roman « Catharsis » est paru en mars 2010. Une sacrée performance. Par la suite, elle s’est jetée à corps perdu dans cette entreprise qui la passionnait. Fin 2010 elle m’a proposée d’éditer mon roman qui est sorti en juin 2011. Une belle histoire que notre amitié.

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Pouvez-vous me parler du livre que vous écrivez avec elle ?

Au départ, « Catharsis », le roman de Florence, devait être le premier tome d’une série fantastique. Son entreprise lui laissait peu de temps à consacrer à l’écriture. Elle m’a demandé si j’acceptais de coécrire le deuxième tome. J’ai tout de suite accepté, l’aventure me tentait. Nous nous sommes rencontrées pour la première fois en juillet et nous nous sommes mises au travail : quinze jours à mettre au point la structure du roman et à nous interroger sur la suite à donner en fonction des événements qui avaient précédés. Nous avons décidé qu’une partie de du livre se situerait en Angleterre à l’époque où le christianisme l’emportait sur le paganisme, la tradition celtique. Parallèlement l’empreinte du passé aurait des répercutions sur les personnages de notre temps. Dans ce travail nous sommes complémentaires. Florence est dotée d’une belle imagination que je tempère parfois afin de rendre crédible une histoire « Extra-Ordinaire ». L’alliance de la jeunesse et de la sagesse en somme. (Sourire)

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Florence Dell'aiera, coïncidence (?) a elle aussi été mandorisée...

12:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

16 août 2011

Allain Leprest: mort d'un artiste majeur de la chanson française

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Je me souviens d’une conférence de rédaction pour le magazine Virgin.

C’était en novembre 2005.

Comme à l’accoutumée, la petite bande de journalistes que nous étions devait défendre les artistes que nous voulions chroniquer dans ce qui était à l’époque un hebdo.

Je m’évertuais, semaine après semaine, à proposer à mon rédac-chef des chanteurs français qui débutaient ou des artistes inexplicablement peu médiatisés. Pour être honnête, à l’époque, j’y parvenais souvent. Cette fois-ci, je savais que, dans la semaine, sortaient simultanément les deux nouveaux disques d’artistes majeurs de la chanson française, Allain Leprest et Romain Didier. Je dis majeur, ce n’est pas un effet de style. C’est une réalité. Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, les amateurs de bonnes chansons (qualifiées de manière réductrice de « réalistes ») savent que j’ai raison.

Aujourd’hui, j’ai appris le suicide de l’un des deux.

Allain Leprest.

57 ans.

Il s’était battu courageusement contre le cancer (il était en rémission) et il a finalement choisi de se donner la mort, alors qu’il était en vacances à Antraigues-sur-Volane.

Je suis triste.

Je cite mon confrère Michel Kemper sur son blog aujourd’hui : « Pour ceux qui savaient la beauté de son verbe et la force de sa voix, un monument s'est effondré. Méconnu du grand public, mais adoré de ses pairs, Leprest façonnait depuis plus de vingt-cinq ans une chanson d'exception, qui alliait la virtuosité de l'écriture à la limpidité des sentiments. Une poésie, digne des recueils reliés, qui touchait droit au cœur. Même Nougaro, plutôt avare en compliment sur ses compagnons chanteurs, ne pouvait que s'incliner : « Leprest est l'auteur le plus flamboyant que j'ai rencontré sous le ciel de la chanson française »... »

Mon rédacteur en chef a finalement accepté que je fasse un (bien trop court) papier pour le journal. J’ai contacté le producteur de Romain Didier et d’Allain Leprest, Didier Pascalis et nous avons, ensemble, organisé une rencontre au Zébra Square, l’après-midi du 10 novembre 2005. Une rencontre qui a duré une heure. Je ne mets plus la main sur l’enregistrement. Cet échange entre Leprest et Didier était passionnant. Ce soir, je regrette la perte de cette joute verbale.

Le jour dit, je suis arrivé à 14 heures. Allain Leprest était déjà là avec Didier Pascalis. L’alcool avait déjà coulé à flot. Du coup, en attendant Romain Didier, j’ai bu aussi.

Quand ce dernier est arrivé, nous avons continué, mais en parlant/devisant/échangeant sans relâche.

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Voici le « petit peu » que je suis parvenu à publier, entre un sujet sur Rohff, Tina Arena et System of a Down (c’est une lutte, vous savez, que de parvenir à parler d’artistes de la sorte dans un magazine de cette nature).

Virgin daté du 30 novembre 2005.

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Des pensées sincères et profondes pour la famille d’Allain Leprest, pour ses amis, artistes ou non.

Y'a rien qui s'passe

Donne-moi de tes nouvelles

Et pour finir, Allain Leprest avec ses amis Romain Didier, Jamait, Daniel Lavoie, Hervé Vilard, Olivia Ruiz , Mon Coté Punk, Nilda Fernandez, Jehan, Agnès Bihl, Jean Guidoni, Loïc Lantoine, en concert au Bataclan en 2009...


Allain Leprest et ses amis en concert au... par jmvignau

08 août 2011

Mandor est...

... en vacances.

Besoin de décrocher un peu quelques jours.

Reposer ses neurones fragiles (et fatiguées).

Faire le point.

Prendre des décisions importantes.

Recharger sa batterie.

Ainsi, mieux revenir...