Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Bab: interview pour la sortie de "Bienvenue à bord" | Page d'accueil | Imany : Interview pour The Shape Of a Broken Heart »

18 juillet 2011

Sophie Adriansen: interview sur un début de carrière littéraire

sophie andriansen,je vous emmene au bout de la ligne,six façons de le dire,interview,mandor

Sophie Adriansen est la Sophie du blog Sophielit (qui connait un bien beau succès depuis deux ans que ce blog (et donc Sophie) donne son avis éclairé sur de nombreux livres). Je ne peux pas le cacher, nous nous connaissons un peu. Pas beaucoup, on se croise, mais souvent (salons du livre et autres soirées littéraires). J’ai même animé une rencontre publique dont le but était de présenter son premier livre (co-écrit avec Rodolphe Macia), Je vous emmène au bout de la ligne.

Elle vient de publier une nouvelle dans le recueil Six façons de le dire au côté d’écrivains qui n’ont plus rien à prouver (Hein ? Quoi ? Qui n’a plus rien à prouver dans ce bas monde?). Le 1er juillet dernier, l’occasion était belle de se retrouver pour faire un premier point sur ses premiers pas dans le monde de la littérature (dans le seul bar ouvert près de mon boulot… certainement pas le plus glamour en tout cas.)

Les deux livres :

livre-je-vous-emmene-au-bout-de-la-ligne-metro1.jpgJe vous emmène au bout de la ligne :

Le métro parisien, ce n’est pas le pont d’Avignon : on y dort plutôt qu’on y danse. Et pourtant, il suffirait d’ouvrir les yeux pour découvrir un monde différent et riche. Rodolphe, conducteur sur la ligne 2, nous y entraîne. Il a derrière lui vingt ans de vie sous terre. Avec drôlerie et gourmandise, il nous raconte ce territoire tel qu’il se livre à l’homme dans la cabine: les créatures qu’il y croise, les rituels qu’il observe, les aventures les plus inattendues qui ébranlent la routine. Entre Nation et Porte Dauphine, faune et flore sont examinées avec un regard tendre et affûté : fêtards, contrôleurs, suicidaires, érotomanes, musiciens ou mendiants...
À Paris, plus de 5 millions de personnes prennent le métro chaque jour. À l’heure de pointe, en fin de journée, 540 trains circulent simultanément sur tout le réseau. Tout le monde semble pressé de remonter à la surface. Et pourtant, les coulisses de ce monde underground ont de quoi fasciner et la mission du conducteur peut parfois s’avérer héroïque. Sophie Adriansen, qui a co-écrit ce livre avec Rodolphe Macia, ne s’y est pas trompée en tombant amoureuse de l’homme autant que de son métier.

Six-facons-de-le-dire_couverture.jpgSix façons de le dire :

Avec Bernard, David Foenkinos signe une comédie hilarante sur la difficulté de retourner vivre chez ses parents après cinquante ans. Nicolas d'Estienne d'Orves, lui, commet Coup de Fourchette, un polar déjanté sur l'univers de la gastronomie, tandis que Yasmina Khadra nous offre La Longue Nuit d'un repenti, un texte engagé sur les grands thèmes qui ont fait son succès. Mercedes Deambrosis a, quant à elle, choisi le genre historique pour aborder la condition des femmes au début du XXe siècle dans son très joli De naissance, et Christophe Ferré le drame psychologique pour nous raconter un amour fou à la veille du 11 septembre : La Photographe qui a reçu le Grand prix de la nouvelle de l'Académie française. Il ne restait plus que la comédie romantique, dont Sophie Adriansen s'est emparée avec brio dans Santé !, pour traiter de l'amour à l'épreuve de l'erreur médicale.

Interview :

Mandor : Tu viens de l’univers des chiffres, plus particulièrement celui de la banque. Comment passe-t-on du monde des chiffres à celui des lettres ?

Sophie Adriansen : Dans la banque, j’étais déjà dans la communication. Je n’étais pas dans une salle des marchés. J’ai créé le journal interne de la filiale dans laquelle j’officiais, je faisais du journalisme d’entreprise tous les mois. Il y avait déjà ce truc de partager. C’est le mot clef de ma vie : partager.

sophie andriansen, je vous emmene au bout de la ligne, six façons de le dire, interview, mandor-Comment as-tu eu l’idée de créer ton blog Sophielit ?

-J’ai toujours beaucoup lu et quand j’aime un livre, j’ai tendance à saouler tout le monde avec. J’ai toujours fait en sorte que tous mes proches lisent les livres que j’ai aimés. A un moment donné, je me suis dit qu’au lieu de saouler mes amis, je pouvais aussi mettre mes goûts à disposition afin que même des gens que je ne connaissais pas puissent profiter de mes conseils.

-Le but de ton blog est d’inciter les gens à lire les livres que tu as appréciés.

-Oui, et je n’ai pas de méthode. Au début, mes billets étaient très courts. Je me contentais de donner mon avis positif,  sans trop étayer. Juste une phrase ou deux. Bon, plus on lit, plus on aiguise son jugement, plus on compare les livres, les uns par rapport aux autres. Pour donner envie, il faut faire ressortir ce qui peut toucher les gens en termes d’émotion. Faire ressortir quelque chose d’universelle d’une histoire particulière. J’essaie de faire comprendre ce qui m’a touché de façon à ce que d’autres puissent être touchés par la même chose.

-As-tu des retours des auteurs que tu « critiques » sur ton blog ?

-Cela arrive. Les retours viennent plus naturellement quand les billets sont positifs. C’est facile d’envoyer un message de remerciement.

-As-tu parfois la dent dure ?

-Je dis ce que je pense, en tout cas. Ça me vaut parfois des commentaires injurieux. Pas de la part des auteurs, mais de la part des lecteurs qui, eux, ont aimé. Cela dit, ça m’arrive aussi d’avoir des commentaires injurieux de la part des gens qui ont détesté un livre que j’ai aimé. On ne peut pas convaincre. Mon but n’est d’ailleurs pas de convaincre, mais de proposer, de partager ce que j’ai ressenti.

sophie andriansen, je vous emmene au bout de la ligne, six façons de le dire, interview, mandor

-Quand on parle des livres, on a envie d’écrire, on a envie d’être édité. Toi, tu as déjà deux actualités : Je vous emmène au bout de la ligne d’abord et Six façons de le dire, ensuite.

-J’écris depuis plus longtemps que je tiens mon blog. Pour le premier livre, je trouvais que Rodolphe Macia avait une matière. Un témoignage, on s’en fout, si c’est creux, vide et inconsistant. Le témoignage d’un conducteur de métro proposé aux usagers, et plus largement, au public, était une idée enthousiasmante. La difficulté était d’intéresser le lecteur.

-Tu as réussi parce que l’accueil a été très bon. De la part des critiques littéraires et des lecteurs.

-Je suis assez satisfaite, en effet. Tous les retours sont assez positivement unanimes. Et parce qu’on a eu pas mal de retours de retraités ou de conducteurs en activité qui nous ont remerciés et qui ont eu l’impression qu’on leur donnait la parole avec ce livre. Comme quoi, une trajectoire personnelle peut résonner chez plein de gens. Ce livre a eu chez eux un effet haut-parleur positif.

-Ça t’a fait quoi de voir ce livre la première fois ?

-Ça s’est passé chez l’éditeur, c’était encore un peu « hors-circuit ». Par contre, quand je l’ai vu la première fois au Virgin des Grands Boulevards le jour de sa sortie, au milieu d’autres livres, là, c’est devenu concret. 

sophie andriansen,je vous emmene au bout de la ligne,six façons de le dire,interview,mandor-Dans ton deuxième livre, tu es au milieu de 5 autres auteurs beaucoup plus réputés que toi : David Foenkinos, Mercedes Deambrosis, Christophe Ferré, Nicolas d'Estienne d’Orves et Yasmina Khadra. Par quel prodige es-tu arrivé à ce résultat ?

-Les éditions Moteur sont spécialisées dans les nouvelles « prêt à adapter ». Moi, j’ai découvert Émilie Frèche, qui est l’une des deux fondatrices de la maison d’édition et aussi romancière, quand j’étais blogueuse. Un jour, je lui ai demandé si je pouvais essayer de lui envoyer un texte.Moteur manquait de comédies romantiques, je lui en ai donc envoyé une.  Elle n’a pas été convaincue par mon texte. Du coup, quand est arrivé ce projet de compilation, elle savait comment j’écrivais et elle m’a proposé d’en faire partie, avec une contrainte de délais. J’ai accepté sous réserve que je trouve une bonne idée.

-Ta nouvelle est une comédie romantique, certes, mais pas que ça. Je la trouve même sarcastique et  très noire.

-Ah bon ? Mais l’histoire d’amour du couple, Monique et Yann, qui est le fil conducteur de ma nouvelle, se termine bien.

-D’accord, mais il y a beaucoup de messages sous-jacents… Tu as un côté très obscur.

-La principale violence que j’ai dû me faire, c’est de trouver des choses drôles à écrire et de mettre de l’amour aussi. Si je m’écoutais, je n’écrirais que des choses noires. 

-Ta nouvelle est difficile à résumer… ce qui est le cas de toutes les nouvelles en général.

-Il y a dans la mienne tellement de rebondissements que j’ai du mal à en parler. Lorsque je dois la résumer, j’ai toujours envie d’aller jusqu’au rebondissement d’après et, à un moment donné, tout est dévoilé.

sophie andriansen,je vous emmene au bout de la ligne,six façons de le dire,interview,mandor-Tu es en compagnie d’auteurs que tu apprécies vraiment. C’est une belle coïncidence !

-Le livre existe depuis 3 mois et j’ai toujours du mal à croire à cet assemblage de nom sur la couverture. Forcément, c’est hyper flatteur. Les cinq autres sont sortis en petit volume l’année dernière, je les avais donc déjà lus. Je connaissais la qualité des textes, donc j’ai pris ma participation comme un énorme challenge. Émilie Frèche m’a d’ailleurs mis de la pression en me rappelant qu’étant donné la qualité des textes, il fallait que le mien soit à niveau.

-La pression ne te bloque donc pas dans la création littéraire ?

-La pression tu en fais ce que tu veux. Soit elle t’écrase et tu n’avances pas, soit tu décides que tu y arriveras. En même temps, je n’y serais pas arrivée sans l’éditrice qui a fait un vrai boulot d’éditrice. Elle a eu un vrai regard extérieur pour me guider et m’amener au texte final.

-Y-a-t-il  eu beaucoup d’échanges avec elle, beaucoup d’aller-retour du texte ?

-Oui, pas mal. Mais, en même temps, il fallait faire vite, nous étions limitées par le temps.

-Du coup, quand il faut retoucher son texte, est-ce que l’on se remet sérieusement en question ?

-Je me suis dit que l’éditrice à un paquet de romans à son actif, elle a un paquet d’auteurs dont elle a fait sortir des textes en tant qu’éditrice. Moi, je suis apprentie écrivain, juste je ferme ma gueule et j’apprends. En si peu de temps, du coup, j’ai appris énormément. La contrainte de signes à fait que j’ai taillé et retaillé mon texte pour ne recueillir que la substantifique moelle. Émilie Frèche m’a fait grandir sur le plan de l’écriture.

-A quand une histoire longue… un roman quoi ?

-J’en ai écrit plein. Un devrait voir le jour bientôt.

-Tu commences à te faire un nom dans le milieu…

-Oui, mais le combat est rude pour parvenir à ce que je souhaite, parce qu’il y a autant de personnes qui lisent que de personnes qui écrivent. De plus, le milieu de l’édition est un monde impitoyable. Mais, j’avance, pas à pas. Je vais prendre mon temps et j’espère parvenir à aboutir à ce que je veux. Vivre de ma plume en tant qu’écrivain.

sophie andriansen, je vous emmene au bout de la ligne, six façons de le dire, interview, mandor

Commentaires

J'ai vraiment adoré. Je suis allée jusqu'au bout de la ligne et j'ai même fait plusieurs tours. Lorsque j'étais enfant je préférais le métro aux manèges.

Écrit par : Dubroca | 19 juillet 2011

Les commentaires sont fermés.