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16 juillet 2011

Bab: interview pour la sortie de "Bienvenue à bord"

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Cela faisait un moment que je souhaitais mettre en avant le groupe Bab. Deux des membres sont des ex du groupe Musard (mandorisé ici il y a 3 ans).

bab,bienvenue à bord,mandor,interviewAujourd’hui  Candice (chant, basse) et Guillaume (guitare et batterie aux pieds) jouent une musique, mélange savant de rock, de folk et de chanson, saupoudré de cuivres electro-jazz, mais dont on sent fortement un esprit hérité de la scène alternative. Les deux Bab ont su s’entourer puisque leur premier album Bienvenue à bord a été mixé et réalisé par Erwin Autrique (Louise Attaque, Mano Negra, Alain Bashung) et Laurent Guéneau (Sinsemilia, IAM, Cesaria Evora). Et surtout, c’est Mike d’Inca (le leader de Sinsemilia) qui les a signés dans sa structure personnelle, Echo Productions. Chez AZ/Universal, on croit très fort au potentiel de ce duo à la liberté surprenante.

Voici le teaser de la sortie du disque:

Le 8 juin dernier, je leur donne rendez-vous dans un bar culturel situé à proximité de l’agence pour laquelle j’officie.

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bab,bienvenue à bord,mandor,interviewInterview :

Mandor : Pourquoi le groupe Musard s’est-il arrêté ? 

Candice : Musard a duré 5 ans. Quand humainement, on ne s’entend plus, ce n’est plus la peine de continuer. Ça a vraiment pété entre nous, juste avant la sortie du disque. On était en colère quand on est parti.

Du coup, avec Bab, vous avez changé de style musical.

Candice : Guillaume et moi, on a toujours fait les chansons, même avec Musard. C’est une constante. Dans ce groupe, il y avait du violon, alors, le rock, on ne pouvait pas trop se lancer là dedans, c’était compliqué pour les arrangements. Ce que je peux affirmer, c’est qu’il est fort possible que nous ayons plus de maturité artistique.

Guillaume : Toi, Candice, tu as changé ta manière de chanter, dans le sens où il y a toujours beaucoup de mots, mais il y a plus d’air entre les mots. Bab s’est la suite de Musard, nous allons dans la même direction, mais en étant plus rock.

bab,bienvenue à bord,mandor,interviewBab est même folk rock, je trouve.

Candice : Ça définit bien l’album en tout cas.

Comment travaillez-vous ?

Candice : J’écris les textes, après je trouve des accords. Guillaume, lui, a des musiques qu’ils me proposent. Si elles me plaisent, ce qui est fréquent, on travaille dessus. D’abord, la trame de la chanson pour la musique et ensuite, on fait appelle aux arrangements cuivres. Il y en a beaucoup dans l’album. On adore ça.

Tes textes sont très féminins. Il est beaucoup questions de la vie de couple ou des relations hommes-femmes.

Candice : Il y a beaucoup de gens qui prennent les chansons comme si je n’aimais pas les hommes. En fait, mes textes sont féminins, mais ils ne sont pas sur la vie de couple, ilks sont plus portés sur la relation en général. « J’te dois rien », je ne l’ai pas écrit pour mon petit copain, mais pour une relation humaine qui se sépare.

Tes textes sont quand même très insolents, Candice.

Candice : Oui, effectivement. Il y a un journaliste dans une radio qui m’a dit que j’avais « la vacherie délicieuse ». En fait, on a envie de dire ce que l’on a envie de dire, sans être plat. Ça sort comme ça sort. Moi, dans la chanson française, j’ai envie d’entendre des artistes qui disent des choses ou qui sont un peu en colère, qui sont éperdument passionnés ou amoureux,  avec des vrais sentiments.

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Tu as envie d’aller encore plus loin dans les mots ?

Candice : Oui, là, je cherche encore mes limites. J’aime bien un peu bousculer les convenances. Un soir, on a joué au Réservoir, j’ai chanté une chanson qui parlait des apparences. Il y a plein de gens qui ont été choqués et qui sont partis. Pour moi, c’était une réussite.  Je vois les choses un peu comme les voit Didier Super. C’est autant une réussite que les gens t’aiment que les gens s’en aillent parce que ça les dérange. On a des choses à dire et on n’est pas là pour faire que plaisir. Le but, ce n’est pas que les gens nous aiment, mais c’est de faire passer ce que l’on a à dire.

On vous classe dans quelle catégorie musicale ?bab,bienvenue à bord,mandor,interview

Candice : Ça, c’est un problème. On rentre un peu partout, mais nulle part vraiment. Nous sommes un peu des ovnis. Pour nous, c’est une qualité, mais également un handicap.

Vous êtes passés de Atmosphériques avec Musard a AZ/Universal avec Bab… ça change quelque chose pour vous?

Candice : Notre producteur, c’est le chanteur de Sinsemilia, donc nous restons vraiment dans une ambiance de pur indé.

Guillaume : Pour moi, ça ne change rien. C’est un peu un cliché de s’imaginer que la signature va tout changer. En fait, ça change très peu de choses. D’un point de vue musical, on ne t’oblige pas à faire un style particulier. Notre album, on l’a fait en toute liberté.  On nous fait juste des propositions et nous, on dispose. On ne nous force pas du tout.

Vous semblez donner beaucoup d’importance à l’image. En témoignent vos clips.

Guillaume : Il y a deux clips pour « J’te dois rien ». Le premier est un clip officiel, normal. Le second, c’était juste histoire de réaliser une performance. Un plan-séquence. Je ne voulais aucune coupure.  Finalement, on n’a pas réussi, nous avons fait des coupures et du coup, ça ressemble à un clip. Il y a tout de même plus de 70 musiciens et 300 acteurs qui jouent dans la vidéo. C’est vraiment une perf sur une chanson.

Candice, tu as une forte personnalité. Tu sembles même avec une « grande gueule » ?

Candice : Moi, je suis quelqu’un d’assez gentil, sympa, je ne fais pas de vagues, par contre, quand on m’emmerde, il y a un câble qui se pète. Je ne me laisse pas faire.

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Ça fait 10 ans que vous bossez ensemble.  Ça va ? La cohabitation se passe bien ?

Guillaume : Entre nous, c’est assez naturel. On a chacun nos domaines d’expressions. On communique beaucoup, mais on ne se laisse rien passer.

Candice : On a chacun nos points forts et nos points faibles, mais on est complémentaire. On se donne un regard critique sur ce que l’on fait mutuellement, mais on a chacun vraiment notre place. On ne s’est jamais engueulé.

Guillaume : Moi, par exemple, j’ai une fâcheuse tendance à partir vers des trucs un peu technos, et là, Candice me ramène.

Candice : Guillaume me ramène, lui aussi, sur le droit chemin… et souvent !

Longue route à vous !

Candice : En tout cas, je pense qu’elle sera longue parce qu’on n’est pas près de s’arrêter.

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Pour finir, un extrait de l'album... en version acoustique: "Les jours meilleurs".

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