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30 juin 2011

Véronique Biefnot : interview pour "Comme des larmes sous la pluie"

biefnot 1.jpgIl est difficile de s’imaginer que Comme des larmes sous la pluie soit le premier roman de Véronique Biefnot. Son livre est parfaitement maîtrisé : fluide, rythmé, touchant avec la pointe de mystère qui fait que, lorsque l’on a commencé ce roman, il est difficile de ne pas le terminer. On passe de la joie à la tristesse, jusqu’à la note d’espoir finale. Je ne suis pas loin d'estimer que ce livre pourrait être le roman essentiel de l'été 2011.

Le nom de cette auteure belge n’est pas encore entre toutes les lèvres, certes, mais la logique voudrait que cela ne tarde pas. Cette femme talentueuse dans bien des domaines artistiques est très connue en Belgique, pour sa carrière de comédienne et de « metteuse » en scène au théâtre.

Lors d’un rapide passage à Paris, le 8 juin dernier, nous nous sommes donné rendez-vous dans un bar parisien. Véronique Biefnot s’est révélée enthousiaste et d’une rare lucidité sur son nouveau métier d’écrivain…

biefnot couv.png4e de couverture :

Écrivain à succès, Simon Bersic n’en est pas moins fragile et malheureux : il ne parvient pas à surmonter la perte de sa femme. Et si, avec Naëlle, la vie lui offrait une seconde chance ? Rien ne le prédisposait à croiser cette beauté magnétique, l’alchimie et la magie opèrent néanmoins, mais dès qu’il croit la saisir, la mystérieuse inconnue lui échappe. Lorsque les amants se retrouvent au cœur d’un sordide fait divers qui secoue la Belgique, et devrait les séparer, Simon refuse l’inéluctable et affronte l’insupportable.
Implacable scénario, entrecoupé d’énigmatiques séquences où une petite voix enfantine s’élève dans la nuit, recouvrant le récit d’un voile d’ombre, Comme des larmes sous la pluie est un étourdissant thriller amoureux. Haletant, émouvant, ce livre sonde les cœurs et l’inconscient.

L’auteure :

Comédienne, peintre et metteur en scène, Véronique Biefnot vit à Bruxelles.
Comme des larmes sous la pluie est son premier roman.

Véronique Biefnot 08.06.11 1.JPGL'interview:

Pourquoi abordez-vous un sujet aussi fort dans un premier roman ?

C’est mon premier roman. Avant celui-là, j’ai fait pas mal d’adaptations théâtrales, j’ai écrit des scénarios pour la télé, pour le cinéma, des nouvelles… plusieurs fois, les gens qui connaissaient mon écriture m’ont demandé pourquoi je n’écrivais pas un vrai roman. Quand on le dit une fois, deux fois, puis souvent, ça finit par faire réfléchir.Un jour, j’ai considèré que j’étais mûre pour le faire.A partir du moment où j’ai décidé de me lancer dans cette aventure, j’ai chopé ce qu’il y avait autour de moi. Notamment, j’ai vu une femme qui a déclenché chez moi cette histoire. Sans que je la connaisse, elle m’a évoqué un parcours atypique. J’ai tout de suite eu la structure, l’évolution, je lui ai simplement ajouté les personnages annexes.  C’est une histoire d’amour rose et noire, avec beaucoup de parts d’ombres…

Il est question d’abus de pouvoir, d’abus et de séquestrations d’enfants, bref à des histoires fortement liées à la Belgique.

Oui, ce sont des histoires qui ont complètement traumatisées la Belgique, mais ça s’est passé aussi en France, en Autriche et en Allemagne.

Votre héroïne, Naëlle est un personnage « hors la vie ».biefnot 2.jpg

Elle a du mal avec le monde, elle a du mal avec elle, elle a du mal avec les rapports humains. Elle se réfugie dans la lecture. Coïncidence, elle est fan de Simon Bersic. Grâce à une petite voix dans la nuit qui rythme le récit, on comprend au fur et à mesure pourquoi Naëlle estaussi perturbée et à autant de mal à se faire à l’existence.

Vous écrivez d’une manière telle que l’on voit/imagine les scènes.

Moi je viens du théâtre, donc de l’écriture théâtrale, de la pratique des mots. D’ailleurs, quand j’écris, je dis tout haut ce que j’écris. Et je le dis avec les intonations. Je vis complètement mon texte. Mes différents personnages ne parlent pas de la même façon, ils ont chacun leur manière de s’exprimer. Avec ce livre et le prochain que je suis en train d’écrire actuellement, j’éprouve un bonheur et un plaisir jubilatoire d’écriture parce qu’il y a beaucoup plus de liberté que dans une adaptation théâtrale. Dans cet exercice, on est terriblement conditionné par des impératifs, essentiellement matériels. Le manque d’argent, l’obligation d’avoir un minimum de décor, si possible un lieu unique et si possible pas trop de personnages. En écrivant ce roman, j’ai pu enfin me lâcher. Mais je pense que l’habitude de l’écriture théâtrale, avec son rythme particulier, de scènes et d’actes, inconsciemment ou viscéralement, ça se retrouve dans mon livre.

Véronique Biefnot 08.06.11 6.JPG

Faut-il se faire plaisir à soi-même pour faire plaisir aux lecteurs ?

Je crois même que ce n’est pas possible autrement. Quand j’ai commencé à écrire mon roman, jamais, je n’aurais imaginé me retrouver ici, à vous parler de mon roman, avec l’exemplaire, là, sur la table. Je n’avais aucune connexion, je ne connaissais personne de ce milieu, je n’avais même aucune idée de comment ça se passait. Mon idée de base était d’écrire un roman, juste pour écrire un roman. Je me suis lancée dans une histoire que j’aurais aimé lire. Du coup, pour l’écriture de ce qui va suivre, la pression est sans doute plus forte parce que ce ne sera plus pour la beauté du geste, je me sentirai moins libre.

C’est un roman sur l’amour. Sur toutes les formes d’amour.

Il y a la quête de l’inaccessible étoile qui semble vouée à ne jamais aboutir à quelque chose d’épanouissant. Il y a aussi l’amour filial, l’amour d’un couple qui vit ensemble depuis 20 ans, où la tendresse et le respect prennent le pas.

Véronique Biefnot 08.06.11 4.JPGEst-ce qu’en Belgique, on ne vous reproche pas de faire un livre évoquant un sujet qui a traumatisé le pays ?

Il y a eu des livres sur la pédophilie, à tendance sensationnalisme, ce qui n’est pas du tout le cas du mien.J’ai voulu aborder ces problématiques de l’abus de pouvoir et de l’abus d’enfant parce que ça m’a traumatisé aussi. Mon roman n’est pas du tout glauque. Ce qui m’a intéressée, c’est de me questionner sur ce qu’il se passe après. Comment on survit après ce genre d’épreuves ? Pourquoi est-ce que des gens sont amenés à faire ça ? Comment comprendre ? Comment réagir ? Comment s’en sortir ? C’est un travail sur l’espoir et sur le fait que l’on peut modifier son destin. Ce n’est pas parce que les dés étaient pipés à la base que, forcément, on ne peut rien y changer.  Il y a une autre problématique que je voulais évoquer. Qu’est-ce qui fait que l’on est un homme ou que l’on est une femme ? A partir de quel critère on trouve son identité… toutes ces choses-là.

Votre roman n'est pas anxiogène…

J’ai écrit en me demandant ce qui me plaisait et ce qui m’agaçait dans la littérature. Moi, par exemple, je suis agacée quand on est sur une note et que l’on joue que sur cette note là. Dans mon livre, c’est tendu et détendu. C’est noir et rose…

Pour terminer, une vidéo de présentation du livre par l'auteure, elle même...

28 juin 2011

Elisa Tovati: interview pour la sortie de "Le syndrome de Peter Pan"

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62144_159076024118836_140830849276687_469903_7703162_n.jpgÉlisa Tovati, nous l’avons découvert au cinéma notamment dans La Vérité si je mens 2. Je l’avais vu aussi au théâtre dans Open Bed. Et puis, il y a eu ses deux albums sortis en 2002 et 2006. Succès honorable. La voici qui revient avec Le syndrome de Peter Pan. Je suis ravi de la sortie de cet album parce que la majorité des chansons sont écrites par l’excellent Bertrand Soulier (mandorisé ici et présent un peu là). Elle les chante sur des musiques de Kerredine Soltani et Tryss (les deux musiciens « responsables » du tube de l’été dernier, Je veux de Zaz).

On entend ici et là des violons tziganes, un accordéon des Balkans, une mandoline ou encore un bouzouki… vous l’avez compris, ses origines (père français d'origine marocaine et mère d'origine russe polonaise) ressortent de manière plus flagrante qu’à l'accoutumée. A 34 ans, Elisa Tovati jette un regard candide, mélancolique et amusé sur ces années qui passent. De la joie, de l’amour, de la bonne humeur et pas mal d’espièglerie, c’est ce que cette demoiselle nous offre dans ce joli disque. Elisa Tovati est venue dans les locaux de MusiqueMag pour livrer quelques confidences (parfois même, vraiment personnelles).

Le 31 mai 2011, après l'interview...

elisa tovati,interview,le syndrome de peter pan

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23 juin 2011

Toma: interview pour Les bâtisseurs de France (et un peu plus!)

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toma,les bâtisseurs de france,interviewToma est un chanteur dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à tout récemment, je le confesse. Bon, en même temps, sa première carrière, c’était dans le monde (passionnant pour un gars de ma génération) du reggae Dancehall Français.

Complètement hors cible, Mandor.

Le Toma, version 2011, m’intéresse beaucoup plus.  

Ce n’est plus le même homme.

Chacun évolue. (Ce blog est à haute tenue philosophique. Prosternez-vous !)

Nouveau look, une formule guitare-voix aux arrangements travaillés et un chant contestataire qui vise juste. Plume efficace, verbe frontal et refrain accrocheurs, il livre aujourd’hui « Les bâtisseurs de France ». Toma propose une variété urbaine qui n’appartient qu’à lui. Après avoir écouté 5 titres de son album à venir (et dont la date de sortie n’est pas encore définie), je suis allé à sa rencontre (pour MusiqueMag) sur une terrasse de sa maison de disque,AZ/ Universal.

Et sinon, hein... la photo (vous pensiez que j'avais oublié?)

toma,les bâtisseurs de france,interview

22 juin 2011

Rodrigue : interview d'un fabriquant d'imaginaire (libertaire)

rodrigue, interview, l'entre-mondes

Je ne me lasserai jamais de découvrir de nouveaux artistes (et par la même occasion, de faire découvrir). Ceux qui tournent depuis quelques années, qui parfois ont déjà un large public (ou pas), mais qui n’ont toujours pas la notoriété qu’ils méritent. Par le biais de son attachée de presse, Flavie Rodriguez, j’ai écouté les deux albums d'un certain Rodrigue, que je ne connaissais pas du tout. Je suis aussi allé voir toutes sortes d’articles et de vidéos le concernant. Et je suis tombé sur une émission d’LCI dans lequel il était invité par Michel Field... l’artiste autant que l’être humain (mais est-ce indissociable ?) m’ont intéressé.

Il n’en a pas fallu plus pour que nous calions un rendez-vous le 13 mai dernier dans un bistrot parisien.

rodrigue, interview, l'entre-mondesVoici la biographie (copié/collé sur sa page Facebook):

Rodrigue, c’est une ode aux illuminés, à l’évasion, à la liberté.
Il a acquis ses lettres de noblesse en concert par un sens audacieux de la mise en scène.
Là, l’artiste interpelle et vient secouer nos âmes pour les éprouver.
De la pop française axée sur « l’idée », rageuse, éléphantesque ou impromptue, dopée à la folie, furieuse, ingénieuse ou ingénue.
Rodrigue est un fabriquant d’imaginaire où pourtant notre réalité ne cesse d’être questionnée en filigrane.
Un premier album en 2008 chez PIAS, une centaine de dates et un dvd sorti en 2009,
Rodrigue soigne maintenant l’éclosion de son deuxième album "L’Entre-Mondes" (sorti le 14 Mars dernier.)
De la chanson rock avec un côté théâtral décalé.

Pour en savoir plus:

rodrigue, interview, l'entre-mondes

Interview:

rodrigue,interview,l'entre-mondesJ’aime bien quand un artiste à son propre univers. Ce deuxième album, L’Entre-Mondes, est la suite logique du premier, Le jour où je suis devenu fou.

Oui, il y a toujours une moitié « pop » et une moitié « chanson à histoire »  qu’on peut assimiler à du conte ou du théâtre. Mais le style s’apparente plus à ce que font les Anglo-saxons que ce qu’on entend dans la chanson française actuelle. J’aime bien raconter des histoires et quand je raconte des histoires, je fais en sorte qu’elles se déroulent comme dans un film. Du coup, je ne m’impose pas de règles de durée ou autres.

Tu as un imaginaire hyper développé. Il te vient de lectures de jeunesse.

C’est vrai que j’ai beaucoup plus d’influences littéraires que musicales. La première chanson de l’album, « Square Morrison », parle d’une troupe de théâtre avant tout, mais il y a plein de clins d’œil littéraires. J’adore Desnos par exemple, Vian aussi, tous les courants surréalistes. À travers des images, ils arrivaient à faire passer des idéesbeaucoup plus dures.

Tu considères que ton travail est proche du surréalisme ?

Pour moi, le surréalisme, ça peut être allié au psychédélisme des années 60/ 70, la deuxième période des Beatles que j’aime vraiment beaucoup. J’aime bien aussi le travail de quelqu’un comme Tim Burton. En fait, je me sens proche des allumés.

Toi, sur scène, tu es complètement barré !

En tout cas, j’espère donner quelque chose de différent. J’aime bien faire dans mes albums quelque chose de très pop, de très cadré et puis monter sur scène avec un costume, une bougie et d’essayer de rentrer en inter action avec le public. J’ai envie qu’à un moment, le spectateur ne soit pas là que pour voir de la musique, je veux leur proposer du spectacle vivant.

Tu as deux formules de spectacle, il me semble…

En fait, j’ai deux spectacles.  Un, un peu « unplugged ». Ce set-là, je l’ancre dans la réalité. J’ai enlevé ce qui était un peu « rêve » et je l’ai plutôt conçu comme un voyage. J’ai un autre set, électrique, celui-là. Là, j’essaie plutôt de rentrer dans l’imaginaire et de donner un lien par rapport aux chansons.

Dans ton nouvel album, il y a une retranscription de ce que tu faisais sur scène…rodrigue,interview,l'entre-mondes

Il y a peu de compromis sur l’album par rapport à une structure radiophonique. Il y a un moment, je veux la rupture parce que pour moi, elle a un vrai sens. Si je ressens quelque chose à faire musicalement, je ne m’interdis rien. J’aime le côté : «  Tiens le pont arrive, mais le pont est totalement différent de la chanson ! ».

J’ai lu tes textes sans musique. Ça le fait bien !

Merci, c’est un compliment. Il y avait une sorte d’introspection dans tous mes premiers textes. Au bout d’un moment, on a envie de parler d’autre chose de plus pertinent, sans être démago non plus.

Au fond, tu es un chanteur libertaire.

Ce terme-là, je le revendique. La liberté est dans tout mon album. Mais si je dois dire quelque chose d’engagé, je n’aime pas le dire frontalement. Souvent, c’est sous le texte, il faut gratter.

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Un artiste sert à rêver, mais penses-tu qu’un artiste sert aussi à faire réfléchir son auditoire ?

Moi, c’est comme ça que j’envisage ce métier. Des chansons doivent au moins exprimer des nouvelles visions du monde, apporter de nouvelles informations pour pulvériser les œillères de tout le monde. L’art apporte des liens entre  les gens, j’en suis persuadé.

Ta conception du métier est originale. Comment te sens-tu dans ce milieu ?

Malheureusement, j’ai tendance à être considéré comme assis le cul entre 10 chaises. J’aime bien la chanson, le rock, le théâtre et je ne suis pas typiquement tout ça. Moi, ce que j’aime bien, ce sont les mariages des genres. Mon disque est un disque de partage, que ce soit avec les graphistes ou les musiciens. Il y a même trois textes qui ne sont pas de moi…

Tu casses les barrières comme nul autre.

Avec mon réalisateur, on s’est dit que, soit toutes les chansons allaient être dans le même moule, soit elles allaient toutes être différentes. J’ai trouvé ça beaucoup mieux de donner à chaque chanson son univers. 

rodrigue,interview,l'entre-mondesComment travailles-tu ?

Toutes les chansons ont été enregistrées en même temps, mais j’avais déjà en l’idée que cette chanson-là serait rock, cette chanson-là serait folk, cette chanson-là aurait un univers années 20 et celle-là électro rock. Les textes ont été écrits entre 2007 et 2010.

Les textes ne sont pas frontaux, il y a beaucoup de poésie.

 Je n’aime pas si tout le travail est mâché. Je veux laisser la place à l’imagination. Il faut que l’auditeur fasse le chemin pour aller dans votre univers, pour qu’il soit en adéquation avec l’œuvre de l’artiste.

Quand on te voit, là, tu sembles très sage. Ce n’est pas le même homme que j’ai vu sur scène.

Dans mes chansons, il y a des histoires de clés et de serrures. C’est évident, je cherche à me libérer de quelque chose. J’aime bien être à mi-chemin entre le théâtre et la musique, entre le rock et la chanson.

Tu évoques Peter Pan dans « Square Morrison ». Est-ce qu’il faut avoir le syndrome de Peter Pan pour faire ce métier ?

Il faut avoir une part d’insouciance en tout cas. Il faut être peut-être un peu torturé, avoir des choses à dire, à ressentir, avoir envie de partager ce qui nous indigne. Ca n’a rien à voir avec la jeunesse physique. L’important, ce n’est pas d’être bien dans le monde, c’est d’être bien dans sa peau.

Faut-il que tu sois dans un état particulier pour créer ?

J’ai besoin d’être mal dans ma peau pour écrire et bien pour monter sur scène. La scène c’est vraiment un moment de plaisir. Je ne stresse pas, je n’ai pas peur, j’ai juste envie d’y aller !

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Te sens-tu compris par rapport à ton œuvre ?

J’ai l’impression que je travaille pour toute une discographie. Petit à petit, je rencontre un public qui est intéressé par ce que je fais et ce que je dis. Je n’arrive pas à me dire que j’ai déjà un public, mon public, mais quand même un peu dans le nord. Je suis nordiste.

Y a-t-il des gens qui font le même métier que toi, avec lesquels tu te sens proche ?

Des gens comme Jacques Higelin ou Ange, je ne me sens pas aux antipodes de ce qu’ils font, même si je ne suis pas fan, fan. J’ai en tout cas beaucoup de respect pour eux. Par contre, il y a des gens que j’aime beaucoup, mais qui n’envisagent pas le métier de la même façon que moi. Batlik, par exemple ou encore Thomas Fersen. En rock, j’aime bien Eiffel. Je suis très Beatles, sinon. Dans ma jeunesse, j’étais très les Guns, Metallica, Nirvana… j’ai eu aussi ma période Daft Punk et j’écoutais beaucoup de techno.

Jean-Jacques Goldman a écouté ton album…

Oui par l’intermédiaire d’une fan à moi qui a des liens avec lui. Il a répondu 10 lignes. J’ai beaucoup apprécié ce qu’il a écrit parce que c’est exactement ce que je pense. En gros, il disait : « On ne peut pas savoir ce qu’avait les Beatles ou ce qu’avait les Rolling Stones. La musique n’est pas qu’une question de talent, c’est à un moment réussir à être séduisant et désirable par rapport à l’ensemble de la profession ». Être désirable, c’est peut-être encore ce qu’il me manque aujourd’hui.

Son clip de "Square Morrison"...

Et hop! Rodrigue, en flagrant délire de lecture essentielle!

rodrigue,interview,l'entre-mondes

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21 juin 2011

Quand Nostalgie parle des Chroniques de Mandor!

 

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olivier-louvet-3_281948.jpg"NOSTALGIE : 9h-13h" vous propose la quintessence du son "Nostalgie". Les plus grands artistes de la chanson française des années 50 aux années 80 sont à l'honneur.

Après les matinales d’RTL2 il y a quelques semaines,  c’est donc hier que l’animateur du 9h-13h de Nostalgie, Olivier Louvet, a eu la gentillesse d’évoquer mon livre  Les chroniques de Mandor dans son émission.

Voilà ce qu'il en a dit... en 1mn 30s.
podcast

19 juin 2011

Martin Solveig : interview pour l'album Smash

martin solveig,smash,interview

L’electro n’est pas ma tasse de thé. Mais Martin Solveig, je l’ai toujours trouvé très sympathique. Ses clips m’ont toujours amusé. Je trouvais qu’il avait beaucoup de détachement par rapport à son métier, une autodérision plaisante et une certaine humilité dans les interviews. Aussi quand on m’a proposé d’aller à sa rencontre pour MusiqueMag et Le magazine des Espaces Culturels Leclerc, j’ai accepté avec joie (et même un certain enthousiasme). Rendez-vous avec le DJ star le 31 mai dernier dans les locaux de sa maison de disque Universal. Il nous a reçus (mon caméraman et moi) avec 3 quarts d’heure de retard. (J’étais à deux doigts d’assassiner le précédent journaliste qu’on a dû interrompre plusieurs fois et qui ne s’est pas gêné pour ne pas conclure son (sans doute) passionnant entretien…).

(Je vous ai dit que j’avais un problème avec le retard ?)

Bref, voici mon papier publié dans Le magazine des Espaces Culturels Leclerc daté du mois de juin 2011.

martin solweig, smash, interview

Et l’interview filmée pour MusiqueMag.

Un petit concours de chemises?

martin solweig, smash, interview

Un peu de pub?

martin solweig,smash,interview

15 juin 2011

Dominique Dyens: interview pour "Intuitions"

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La question de l’amour dans le temps, voilà un questionnement pour le moins universel.  Les conflits de génération, les équilibres familiaux qui s’effondrent, les fantômes du passé (pas si lisse que ça) qui ressurgissent, les grains de sable qui se glissent dans un quotidien trop beau pour être vrai. Mais aussi, la lassitude, le délaissement, l’usure du couple, l’adultère, les faux semblants… autant de sujets que l’on retrouve constamment dans l’œuvre de Dominique Dyens.

J’aime lire cette auteure.

Nous nous sommes rencontrés le 6 juin dernier, à l’occasion de la sortie de son 5e roman, Intuitions (Editions Héloïse d’Ormesson). Les lecteurs assidus de ce blog  le savent bien, ce n’est pas la première fois qu’elle apparaît ici, mais c’est la première « vraie » mandorisation.

cover dyens.jpg4e de couverture :

Un pavillon cossu dans une banlieue résidentielle, de belles situations, des enfants superbes : les Royer semblent comblés. Mais lorsque leur fils annonce par SMS son prochain mariage, l’image de la famille idéale se fissure. Guidée par une intuition paranoïaque, Nathalie, mère protectrice, décide de mener une enquête sur sa future belle-fille et d’infiltrer son intimité, au risque de faire voler en éclats une vie bien rangée. Car, chez ces gens-là, renoncer à sauver les apparences, c’est se mettre en péril.
Avec un sens aigu du suspense et une délicieuse ironie, Dominique Dyens craquelle le vernis lisse du microcosme bourgeois et épingle ses valeurs et ses bonnes manières.

L’auteur :

Si la femme est le sujet Dominique Dyens, elle n'avait jamais écrit de texte à l'humour aussi débridé que son Éloge de la cellulite et autres disgrâces (2006). Avec Délit de fuite et Intuitions, elle renoue avec le suspense psychologique qui fit le succès de son premier roman, La Femme éclaboussée. Elle vit à Paris.

Dyens-Dominique-06.jpgOn vous considère comme une spécialiste du suspense psychologique. Cela vous convient-il?

Le premier roman que j’ai publié, La femme éclaboussée était déjà du suspense psychologique.  C’est le seul livre dans lequel il y eu un meurtre et donc, où il y a intervention de la police. Mais, en règle général, mes livres ne sont  ni des polars, ni des thrillers. Spontanément, je me suis rendu compte que je faisais quelque chose entre le thriller psychologique et la peinture de société.

Comment définissez-vous votre style ?

Il m’a fallu sortir six livres pour constater que j’ai un style, alors que je croyais que j’écrivais très différemment, d’un livre à l’autre. J’ai toujours trouvé idiot de prétendre que, finalement, un auteur écrit le même livre toute sa vie. Mais avec le recul, je suis obligée de reconnaître que ce n’est pas si éloigné de la réalité. Moi, j’ai des thématiques qui reviennent régulièrement. Je me sens bien dans le drame bourgeois et le drame psychologique.

Vous dépeignez avec beaucoup d’ironie le dérèglement d’un couple. Pourquoi aimez-vous gratter, aller voir ce qui se cache derrière les façades d’un couple?

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fascine. Si on me demandait de faire un vœu, je crois que je demanderais à être transparent un petit moment et savoir comment vivent les gens. Comme tous les romanciers, j’adore observer les gens, imaginer leur vie. Je m’invente complètement des histoires sur les gens que je croise. Je ne m’ennuie jamais. J’aime partir d’une situation lisse, parce que ça cache toujours quelque chose de louche. Un couple qui ne s’engueule jamais par exemple, à mon avis, ce n’est pas sain.

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Le couple Royer implose à cause des non-dits et d’un secret de famille.

Il y a toujours des petits secrets de famille. Dans la mienne, il y en a un qui me concernait, mais je l’ai su très vite dans ma jeunesse et ce n’était pas du tout traumatisant.  Il y a beaucoup de gens qui cultivent les non-dits et les secrets de famille et qui ne se rendent pas compte du mal que ça peut faire, même sur plusieurs générations. Ce n’est pas tant que les gens connaissent la vérité, c’est le fait de sentir qu’il y a une chape de silence et quelque chose qui plane au-dessus de leur entourage. Ils devinent des choses et l’interprétation qu’ils en font est parfois pire que la vérité. Je prône vraiment le dialogue. Je ne prône pas l’explication à tout prix. On n’est pas obligé de tout expliquer, mais dialoguer c’est permettre l’ouverture et d’entendre ce que dit l’autre.

Nathalie et Patrice Royer ne dialoguent pas du tout. Parlez-moi de Nathalie, la mère de famille et l’épouse fragile ?

Elle est insatisfaite de sa vie. Son mari ne la désire plus du tout, ne la touche plus depuis des années. Elle n’a jamais été très portée sur la chose, mais avec les années, ses sens s’éveillent.  On sent, en tout cas, que c’est une femme fragile. Dans tous mes romans, il y a et il y aura une femme fragile ou fragilisée par quelque chose dans sa vie. J’aime quand il y a une petite brèche dans laquelle s’engouffrer.

Et Patrice, son mari ?

L’adultère, c’est très romanesque, donc, oui, il a une maîtresse. Il ne se pose pas de questions du moment que les apparences sont sauves. Il est un peu lâche, pas très sensible et égoïste.

Mais est-ce que sa femme l’a rendu heureux ?

Très bonne question. J’aime bien que mes personnages soient complexes. On est tous fait avec plusieurs facettes. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas le seul fautif de cette situation. 

Pourquoi Grégoire, le fils Royer, annonce-t-il son mariage avec Gala par SMS ?

C’est volontaire. C’est une famille qui manque de chaleur et lui, c’est un garçon qui rêve  d’échapper à sa condition. En même temps, comme par hasard, il va rencontrer une fille qui est exactement du même milieu que lui. Il la rencontre à New York, alors que les parents de la jeune fille  habitent à quelques kilomètres de ses parents à lui.

Les doutes et la peur de Nathalie commencent lors du repas de présentation aux parents des deux futurs mariés.

A un moment donné, Nathalie apprend par hasard que les parents de Gala ont habité à Bois-Joli pendant plusieurs années. La famille Mallet de Puysere élude toutes les questions sur cette période.  Elle ne sait pas ce qu’il se passe et surprend le regard de Gala. Ce regard lui fait penser à quelque chose. Elle l’associe clairement au mal et au danger. Cela éveille en elle une terreur profonde. La mémoire de Nathalie n’est pas une mémoire de fait, mais une mémoire de sensation.

dominique dyens,interview,intuitionsVous êtes toujours souriante, charmante, bienveillante à chaque fois que je vous croise. Et vous écrivez des livres très noirs… c’est le paradoxe des écrivains.

Je suis très gaie comme ça, mais je suis quelqu’un de très inquiet de nature. Mes personnages sont toujours borderline. Je suis persuadée qu’on a tous un potentiel de folie en nous et que si on n’a pas une structure personnelle, familiale, amicale… un terrain un peu solide, on peut tous basculer de l’autre côté. Je suis fasciné par la folie.

Avant d’être écrivain, vous exerciez quel métier ?

Quand j’étais jeune, j’étais directrice de la publicité de la presse jeune chez Hachette Filipacchi. Il y avait OK !, Salut, Podium et Jeune et Jolie. J’ai aussi travaillé dans la presse professionnelle, sur les voyages d’affaires, des choses comme ça…  J’ai donc eu une vie professionnelle pendant 17 ans. Un jour, je n’en pouvais plus. J’ai tout lâché. Parfois, on prend des décisions liées à la tranche d’âge dans laquelle on pénètre. Il fallait que j’arrête ce travail, c’était vital, sinon je crevais. Je me sentais devenir vieille. Le marketing et le commerce, c’est un métier qui use jusqu’à la corde. Et puis, au fond de moi, j’ai toujours eu envie d’écrire. Quand j’ai été enceinte de mon troisième enfant, j’ai tenté le coup avec La femme éclaboussée. Et ça a marché.

Comment vivez-vous votre vie de femme écrivain?

Je pense que dans ce métier, on n’est strictement rien. La chose positive, c’est quand on sait que l’on apporte du plaisir aux gens. Dans la vie, il ya les métiers utiles et il y a les métiers inutiles. Quand j’étais dans la pub, je faisais un métier inutile qui ne faisait que susciter les besoins. La question c’est : "quand tu es artiste, est-ce que tu fais un métier utile ?" Après réflexion sur le sujet, j’en ai tiré la conclusion que oui, parce que tu donnes quelque chose. Un jour une femme est venue me voir lors d’un salon du livre et m’a dit : « Écoutez, votre livre m’a sauvé ».  J’étais bouleversé.

dominique dyens,interview,intuitionsDans Thé ou Café, Tatiana de Rosnay a présenté votre livre. Sacré coup de pub !

Extraordinaire ! Ça m’a touché à un point... Je pourrais presque en pleurer en y repensant, c’est idiot. Je sais que Tatiana aime beaucoup ce que je fais et c’est réciproque.  Nous avons des champs très proches dans nos thématiques, dans la façon d’aborder les drames et les femmes que nous évoquons. Avant d’être dans la même maison d’édition, nous suivions nos carrières littéraires respectives, mais nous nous sommes connues assez tard finalement. Ce qu’elle a fait dans Thé ou Café, c’était d’une grande générosité. J’étais bouleversée par cette marque d’amitié. Elle m’a donné quelque chose par cet acte.  Je ne m’y attendais pas du tout. Il y a très peu de gens avec une telle notoriété qui auraient fait ça. Tatiana est resté comme elle était avant le tourbillon Elle s’appelait Sarah, je ne sais pas comment elle fait. Avoir autant les pieds sur Terre et garder autant de simplicité, c’est assez bluffant.

D’autres livres déjà en préparation après Intuitions ?

Là, je vais sortir un recueil de nouvelles pour adolescents chez Thierry Magnier/Actes Sud. Il va s’appeler Par cœurs. J’aimerai aussi beaucoup écrire pour le cinéma. Quant à mon prochain roman, il commence à couver dans ma tête.

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14 juin 2011

Rachel des Bois : Interview pour la sortie de "Un peu plus à l'ouest"

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Dans les années 90, j'avais beaucoup apprécié la provocante, farouche, et aiguisée Rachel des Bois. 2 albums au compteur et des prix d’importance tels que : Révélation féminine de l’année aux Victoires de  la Musique en 1995, Grand Prix de l’Académie Charles Cros, Grand Prix de la Ville de Paris…etc.

cover rachel.jpgRachel des Bois sort aujourd’hui son troisième album intitulé Un peu plus à l’Ouest. Sa voix s’est faite plus blues et les guitares plus rock. Aujourd’hui, elle chante « la monogamie sans illusion mais sans faiblesse, elle regarde droit au fond des sentiments ». Rencontre avec l’incisive Rachel des Bois, le 9 juin dernier, dans un cagé cuturel parisien, quelques jours avant son concert à la Maroquinerie (mercredi 15 juin 2011).

Pourquoi as-tu décidé de revenir 15 ans après?

C’était vital. J’ai essayé plusieurs fois de revenir, mais à chaque fois, je suis tombée enceinte. C’est un truc de fou ! Après mon deuxième album, quand ça s’est arrêté avec Barclay, je suis revenu 3 ans plus tard, 5 semaines au Sentier des Halles et j’ai beaucoup tourné avec « le chaînon manquant »… 300 dates dans l’année.

Bon, après, il fallait aussi que tu gagnes ta vie correctement.

Oui, c’est pour ça que j’ai commencé à coacher des acteurs qui devaient chanter dans des films. Après, j’ai fait de la formation professionnelle. C’est une époque où je me sentais très équilibrée. Je vivais une vie plus normale que lorsque ça marchait bien pour moi. Et puis, il y a toujours un moment où je commence à avoir une suractivité cérébrale, qui est également le moment où j’ai envie d’aller chanter.  Chanter moi, et pas de faire chanter les autres.

C’est le comédien Pascal  Elbé qui vous a incité à revenir dans le circuit.

Il m’a demandé un jour : « Rappelle-moi pourquoi tu ne chantes plus ? J’ai commencé à avoir le menton qui tremble et j’ai répondu : « Personne ne m’a appelé ». Il a rétorqué : « Rachelle, il faut se multiplier. Si tu ne chantes pas, écrit. Si tu n’écris pas, fais une mise en scène, mais tu as besoin de laisser ta créativité s’exprimer. »  Ce qu’il m’a dit est rentré directement dans le cœur. Parce que lui et Olivier Sitruk sont deux mecs qui m’ont toujours soutenu. S’ils sont tous les deux dans mon clip « Sorry My Love », ce n’est pas pour rien, ce sont mes frères. Après cette réflexion, en tout cas, je suis parti à New York et je suis revenue complètement électrisée, galvanisée. Ensuite, tout est allé très vite.


Pascal Elbe aime Rachel des Bois, et le fait... par Mediaholic

Dans les années 90, il y avait 3 femmes chanteuses guitare voix qui dépotaient : Toi, Clarika et La Grande Sophie. Aujourd’hui, elles sont pléthores, les filles « insolentes » qui chantent. Qu’est-ce que tu en penses ?

Au tout début, quand je me suis fait virer par Barclay, ça m’a ennuyé. J’ai senti une frustration, mais elle n’a pas duré. J’ai senti qu’il ne fallait pas que je bascule vers l’aigreur. Si j voulais refaire ce métier, à aucun moment, il fallait que j’ai de la rancœur envers ce métier. Quand je regardais certaines chanteuses, parfois même primées aux Victoires de la Musique, j’avais l’impression d’avoir ouvert une voie vers laquelle je ne pouvais plus me diriger.

Tu avais l’impression que ton retour était attendu ?

Pour le public d’aujourd’hui, je ne suis pas connu, mais j’ai une belle image.  Il y a un truc qui s’est bonifié avec le temps. Ce n’est pas grave s’il y a autant de temps qui est passé, il y a de jolies choses qui sont restées. Pour mon retour, je ne m’attends à rien et prendrai tout ce qui me tombera dessus.

Ce nouvel album a été élaboré et enregistré avec Kris Sanchez (guitariste du Cri de la Mouche, d’Ultra Orange ou de Tomahawk …)..

C’est une histoire d’amitié entre nous. J’admire son talent depuis longtemps. J’ai été le voir et je lui ai demandé de faire un album ensemble.  Au début, il a un peu rechigné, mais quand je lui ai expliqué quelle direction je voulais prendre, il a accepté. Ce que je faisais avant était rock par l’attitude, pas vraiment musicalement. C’était pop saupoudré de musique de l’est. Mes origines polonaises et tunisiennes ressortaient beaucoup plus qu’aujourd’hui.

rac 2.jpgPourquoi cette direction rock ?

Kris est un guitariste qui compose à la guitare et Gilles Martin (Indochine, Venus, Miossec, Dominique A, Claire Diterzi, dEUS, Hector Zazou), le réalisateur, nous a emmenés dans cette voie. J’ai mis les guitares en avant.

Quand on revient 15 ans après, est-ce qu’on a une pression supplémentaire ?

La pression elle était surtout envers les gens qui continuaient à me suivre alors qu’il n’y avait pas d’albums depuis des lustres. Je ne voulais pas les décevoir. Je ne souhaitais surtout pas être où l’on m’attendait.  La seule solution que j’ai trouvée à ça : être pure et ne pas chercher à plaire. Tu ressors de ta cuisine 15 ans plus tard pour dire : « j’ai un truc à dire ! ». Il faut vraiment que ce soit ce que tu as dans les tripes et non essayer de plaire à la masse. Pour moi, il y avait urgence de sortir tout ça, je n’en dormais plus. Je ne pouvais pas faire autrement que de revenir en me retrouvant, ou plutôt, en trouvant la Rachel des Bois d’aujourd’hui. Il a fallu que je mette en avant le côté sauvage qui me caractérise dans la vie. J’ai abandonné le côté « glamour » pour laisser la place à zéro faux semblant, quitte à me faire dégommer.

La presse est unanimement conquise. Même la presse la plus exigeante, Le Monde, Télérama…

Je suis heureuse d’avoir réussi mon pari, tu ne peux pas t’imaginer. La reconnaissance de ses paires, c’est très important.

Rachel des Bois 09.06.11 5.JPGTu es quelqu’un qui doute ?

Je suis le genre d’artiste qui ne cesse de se dire que personne ne l’aime. Je me retrouve souvent comme un bébé. (Rires) Tu vas me prendre dans tes bras pour me consoler dans deux minutes, tu vas voir. En fait, j’avais tout simplement peur que personne n’attende mon retour. J’avais même dit à Yvan Taïeb de Roy Music que je ne voulais plus m’appeler Rachel des Bois. Je voulais m’appeler juste Rachel. Il m’a répondu : « Mais Rachel, le peu que tu as, exploite le ! »

Cet album est notamment dédié à Marie Trintignant et une chanson lui est consacrée.

Je la connaissais bien et la considérais comme une fée clochette. Je l’ai coaché pour un film qui s’appelle Janis et John. Je n’avais pas encore cette activité avant qu’elle insiste pour que je la coache. Je lui ai autant appris qu’elle m’a appris. C’était une femme d’une immense générosité. Je vais jusqu’à dire que je n’aurais pas refondé une famille ou refais un album si je ne l’avais pas eu en exemple. Marie, c’est vraiment une des personnes qui m’a redonné confiance en moi.

Si musicalement, tu as un peu changé de style, côté texte, tu as gardé ton naturel provocant.

Je ne le fais pas exprès. Quand j’écris, j’ai vraiment l’impression d’écrire la chanson d’amour lambda, mais comme je dis ce que je ressens avec ma personnalité. À l’âge que j’ai, maintenant, j’ai conscience d’avoir toujours été une femme libre. C'est-à-dire qu’à la moindre astreinte conjugale ou maternelle, je n’ai jamais compris pourquoi il fallait que je subisse. Pourtant, je t’assure que je pense être une bonne mère et une bonne épouse… je fais le mieux que je peux en tout cas. Je n’ai jamais été adepte des concessions. Tant qu’il y a de la joie et de l’envie, c’est super. À partir du moment où tu commences à faire des efforts, ça devient problématique. Je ne dis pas qu’il ne faut pas travailler une relation d’amour. J’agis comme un homme, mais je suis une femme bien dans son sexe. Dans mes textes, cet état d’esprit doit se ressentir.

Ton concert de mercredi à la Maroquinerie, tu dois l’attendre avec une certaine impatience…

Depuis février de l’année dernière, sur Paris, c’est mon 5e concert et à chaque fois les salles étaient remplies et les concerts des succès. A La Maroquinerie, c’est mon premier concert de sortie d’album. C’est un rendez-vous important avec le public et les professionnels. Je vais être terrorisé avant le concert, mais tout devrait bien se dérouler… c’est à chaque fois comme ça que ça se passe.

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Voici son clip "Sorry My Love", réalisé par Bertrand Jacquot avec Michel Boujenah, Pascal Elbé et Olivier Sitruk.

Deux photos... (merci à Rachelle et à Flavie Rodriguez pour ce délicieux moment!)

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12 juin 2011

Luce: interview pour "Première phalange"

Le 27 avril dernier, je suis allé à la rencontre de l’ultime gagnante de La Nouvelle Star pour les différents magazines et sites internet pour lesquels j’officie.

Nous retrouvons Luce dans un bar de la capitale, Prune. Trop de monde. Nous décidons de réaliser l’interview sur un pont (sous un vent conséquent) du Quai de Jemmapes. Luce est une fille pétillante, fraîche, spontanée et adorable.

Pour commencer, voici ma chronique publiée dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, daté du mois de juin 2011.

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Mon interview, version publiée dans Addiction, le mag, daté du mois de juin 2011...

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Voici la version filmée pour Musique Mag... vous découvrirez une vraie nature, rigolote, attachante (mais pas que ça).

Pour finir, quelques photos prises le 27 avril 2011, quai de Jemmapes...

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Ici avec Kate Herchuez, notre brillante stagiaire MusiqueMag, qui a filmé l'interview...

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Et la petite dernière... (pour la route!)

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11 juin 2011

Tonie Behar : interview pour "En scène les audacieuses!"

Pour en savoir un peu plus sur le milieu de l’industrie du disque (mais pas que)… le roman de Tonie Behar est idéal. J’ai rencontré l’auteure dans les locaux de l’agence pour laquelle je travaille, le 30 mai dernier. Voici l’article publié dans Addiction, le mag daté du mois de juin 2011.

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