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30 juin 2011

Véronique Biefnot : interview pour "Comme des larmes sous la pluie"

biefnot 1.jpgIl est difficile de s’imaginer que Comme des larmes sous la pluie soit le premier roman de Véronique Biefnot. Son livre est parfaitement maîtrisé : fluide, rythmé, touchant avec la pointe de mystère qui fait que, lorsque l’on a commencé ce roman, il est difficile de ne pas le terminer. On passe de la joie à la tristesse, jusqu’à la note d’espoir finale. Je ne suis pas loin d'estimer que ce livre pourrait être le roman essentiel de l'été 2011.

Le nom de cette auteure belge n’est pas encore entre toutes les lèvres, certes, mais la logique voudrait que cela ne tarde pas. Cette femme talentueuse dans bien des domaines artistiques est très connue en Belgique, pour sa carrière de comédienne et de « metteuse » en scène au théâtre.

Lors d’un rapide passage à Paris, le 8 juin dernier, nous nous sommes donné rendez-vous dans un bar parisien. Véronique Biefnot s’est révélée enthousiaste et d’une rare lucidité sur son nouveau métier d’écrivain…

biefnot couv.png4e de couverture :

Écrivain à succès, Simon Bersic n’en est pas moins fragile et malheureux : il ne parvient pas à surmonter la perte de sa femme. Et si, avec Naëlle, la vie lui offrait une seconde chance ? Rien ne le prédisposait à croiser cette beauté magnétique, l’alchimie et la magie opèrent néanmoins, mais dès qu’il croit la saisir, la mystérieuse inconnue lui échappe. Lorsque les amants se retrouvent au cœur d’un sordide fait divers qui secoue la Belgique, et devrait les séparer, Simon refuse l’inéluctable et affronte l’insupportable.
Implacable scénario, entrecoupé d’énigmatiques séquences où une petite voix enfantine s’élève dans la nuit, recouvrant le récit d’un voile d’ombre, Comme des larmes sous la pluie est un étourdissant thriller amoureux. Haletant, émouvant, ce livre sonde les cœurs et l’inconscient.

L’auteure :

Comédienne, peintre et metteur en scène, Véronique Biefnot vit à Bruxelles.
Comme des larmes sous la pluie est son premier roman.

Véronique Biefnot 08.06.11 1.JPGL'interview:

Pourquoi abordez-vous un sujet aussi fort dans un premier roman ?

C’est mon premier roman. Avant celui-là, j’ai fait pas mal d’adaptations théâtrales, j’ai écrit des scénarios pour la télé, pour le cinéma, des nouvelles… plusieurs fois, les gens qui connaissaient mon écriture m’ont demandé pourquoi je n’écrivais pas un vrai roman. Quand on le dit une fois, deux fois, puis souvent, ça finit par faire réfléchir.Un jour, j’ai considèré que j’étais mûre pour le faire.A partir du moment où j’ai décidé de me lancer dans cette aventure, j’ai chopé ce qu’il y avait autour de moi. Notamment, j’ai vu une femme qui a déclenché chez moi cette histoire. Sans que je la connaisse, elle m’a évoqué un parcours atypique. J’ai tout de suite eu la structure, l’évolution, je lui ai simplement ajouté les personnages annexes.  C’est une histoire d’amour rose et noire, avec beaucoup de parts d’ombres…

Il est question d’abus de pouvoir, d’abus et de séquestrations d’enfants, bref à des histoires fortement liées à la Belgique.

Oui, ce sont des histoires qui ont complètement traumatisées la Belgique, mais ça s’est passé aussi en France, en Autriche et en Allemagne.

Votre héroïne, Naëlle est un personnage « hors la vie ».biefnot 2.jpg

Elle a du mal avec le monde, elle a du mal avec elle, elle a du mal avec les rapports humains. Elle se réfugie dans la lecture. Coïncidence, elle est fan de Simon Bersic. Grâce à une petite voix dans la nuit qui rythme le récit, on comprend au fur et à mesure pourquoi Naëlle estaussi perturbée et à autant de mal à se faire à l’existence.

Vous écrivez d’une manière telle que l’on voit/imagine les scènes.

Moi je viens du théâtre, donc de l’écriture théâtrale, de la pratique des mots. D’ailleurs, quand j’écris, je dis tout haut ce que j’écris. Et je le dis avec les intonations. Je vis complètement mon texte. Mes différents personnages ne parlent pas de la même façon, ils ont chacun leur manière de s’exprimer. Avec ce livre et le prochain que je suis en train d’écrire actuellement, j’éprouve un bonheur et un plaisir jubilatoire d’écriture parce qu’il y a beaucoup plus de liberté que dans une adaptation théâtrale. Dans cet exercice, on est terriblement conditionné par des impératifs, essentiellement matériels. Le manque d’argent, l’obligation d’avoir un minimum de décor, si possible un lieu unique et si possible pas trop de personnages. En écrivant ce roman, j’ai pu enfin me lâcher. Mais je pense que l’habitude de l’écriture théâtrale, avec son rythme particulier, de scènes et d’actes, inconsciemment ou viscéralement, ça se retrouve dans mon livre.

Véronique Biefnot 08.06.11 6.JPG

Faut-il se faire plaisir à soi-même pour faire plaisir aux lecteurs ?

Je crois même que ce n’est pas possible autrement. Quand j’ai commencé à écrire mon roman, jamais, je n’aurais imaginé me retrouver ici, à vous parler de mon roman, avec l’exemplaire, là, sur la table. Je n’avais aucune connexion, je ne connaissais personne de ce milieu, je n’avais même aucune idée de comment ça se passait. Mon idée de base était d’écrire un roman, juste pour écrire un roman. Je me suis lancée dans une histoire que j’aurais aimé lire. Du coup, pour l’écriture de ce qui va suivre, la pression est sans doute plus forte parce que ce ne sera plus pour la beauté du geste, je me sentirai moins libre.

C’est un roman sur l’amour. Sur toutes les formes d’amour.

Il y a la quête de l’inaccessible étoile qui semble vouée à ne jamais aboutir à quelque chose d’épanouissant. Il y a aussi l’amour filial, l’amour d’un couple qui vit ensemble depuis 20 ans, où la tendresse et le respect prennent le pas.

Véronique Biefnot 08.06.11 4.JPGEst-ce qu’en Belgique, on ne vous reproche pas de faire un livre évoquant un sujet qui a traumatisé le pays ?

Il y a eu des livres sur la pédophilie, à tendance sensationnalisme, ce qui n’est pas du tout le cas du mien.J’ai voulu aborder ces problématiques de l’abus de pouvoir et de l’abus d’enfant parce que ça m’a traumatisé aussi. Mon roman n’est pas du tout glauque. Ce qui m’a intéressée, c’est de me questionner sur ce qu’il se passe après. Comment on survit après ce genre d’épreuves ? Pourquoi est-ce que des gens sont amenés à faire ça ? Comment comprendre ? Comment réagir ? Comment s’en sortir ? C’est un travail sur l’espoir et sur le fait que l’on peut modifier son destin. Ce n’est pas parce que les dés étaient pipés à la base que, forcément, on ne peut rien y changer.  Il y a une autre problématique que je voulais évoquer. Qu’est-ce qui fait que l’on est un homme ou que l’on est une femme ? A partir de quel critère on trouve son identité… toutes ces choses-là.

Votre roman n'est pas anxiogène…

J’ai écrit en me demandant ce qui me plaisait et ce qui m’agaçait dans la littérature. Moi, par exemple, je suis agacée quand on est sur une note et que l’on joue que sur cette note là. Dans mon livre, c’est tendu et détendu. C’est noir et rose…

Pour terminer, une vidéo de présentation du livre par l'auteure, elle même...

Commentaires

L'interview que vous avez menée est vraiment passionnante et elle éclaire certains parti-pris du roman.

Écrit par : Anis | 31 août 2012

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