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21 mai 2011

Nathalie Six : interview pour "Pas d'enfants, ça se défend"

nathalie six,pas d'enfant ça se défend,interview,mandorNathalie Six est une journaliste littéraire dont je lis toujours les critiques, chroniques et interviews avec intérêt. J’aime son style d’écriture et suis souvent d’accord avec ce qu’elle écrit (et quand je ne le suis pas, elle avance suffisamment d’arguments pour que mon avis ne soit plus tout à fait définitif). La toute jeune maman vient de sortir un livre, Pas d’enfants, ça se défend !. Je sais, c’est paradoxal… et du coup,  l’occasion était trop belle de la mandoriser… Nous nous sommes retrouvés le 4 mai dernier dans mon restaurant habituel. Avant de lire le fruit de mon entretien, je vous propose l’article sur son livre que j’ai écrit pour Addiction, le mag (daté du mois de mars 2011).

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Mandor : Est-ce que tes témoins se sont livrés facilement ?

Nathalie Six : J’ai été franche et directe là dessus, j’allais travestir l’identité de mes témoins.J’ai laissé les vrais prénoms de ceux qui en avaient envie, mais la plupart ont préféré me parler anonymement. Ce qui montre qu’il y a un tabou et un malaise sur ce sujet.

Tu as eu l’idée d’écrire ce livre à l’âge de 29 ans. La trentaine fait réfléchir les femmes (et les hommes) sur la question d’avoir un enfant ou non ?

Moi, ça m’a ramené à des questions que je pensais désuètes. J’ai des frères, mais nous avons été éduqués de la même manière. J’ai une mère qui n’aime pas le mot « féministe », mais qui l’est dans les actes. Elle a toujours bossé, elle bosse encore maintenant. J’ai été élevée avec l’idée que ma vie allait se dérouler comme celle d’un homme. En fait, là, maintenant que je suis moi aussi maman, je n’arrête pas de découvrir des différences. Je trouve par exemple que la maternité en est une. Autour de moi, j’ai des amies entre 32 et 40 ans qui n’ont pas d’enfant et qui me confient leur malaise et leur mal-être là-dessus. Elles ont une pression culturelle, amicale, familiale énorme. Elles me remercient d’avoir écrit ce livre parce qu’elles n’en peuvent plus de cette pression. Leur discours est le suivant : « On n’en peut plus de ces questions indiscrètes, on n’en peut plus de ces gens qui se mêlent de notre vie, on n’en peut plus d’être montrée du doigt, on n’en peut plus d’être considérée comme des anormaux ». Moi aussi ça m’énervait que quelqu’un m’oblige. Si aujourd’hui, je suis moi-même maman, c’est parce que je l’ai décidé, ce n’est pas parce que la pression sociale a fait que je me suis résolue à ça.

Il y a autant de personnes que de raisons de ne pas vouloir d’enfants. Peut-on tout de même trouver une raison commune ?

J’ai écrit le livre pour expliquer justement qu’il y a beaucoup de cas. Bien sûr, il y a au moins deux/trois grandes familles. Il y a ceux qui ont été pendant leur enfance psychologiquement mal traités. Je parle beaucoup de l’enfant intérieur. C’est très important de comprendre que quand ton enfant intérieur n’a pas pu grandir correctement, qu’il a été maltraité, soit par des agressions physiques, soit par des agressions morales ou verbales, il y a une grande difficulté à vouloir procréer. Peur de reproduire un schéma similaire. Mais, je précise tout de même que parmi ces enfants-là, on va en trouver autant qui veulent devenir parents que d’autres qui ne le souhaitent pas. D’avoir ses propres enfants, ça peut être une manière de réparer.

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Les choses ont-elles changé depuis que les femmes peuvent avorter ?

Ca ne fait pas si longtemps que l’avortement est légal.Pour moi, c’est la clé du problème. A partir du moment où tu peux décider de ne plus procréer, que tu peux te protéger, la question émerge.  Avant, même ceux qui n’avaient pas envie d’enfants, c’était comme ça, on assumait. Sinon, il y a de plus en plus de gens qui sont « égoïstes », pas forcément dans le mauvais sens du terme. Ils vont construire un schéma de vie qui leur plait et ils vont se demander pourquoi ils chambouleraient tout ça, alors qu’ils ont réussi à avoir un boulot qui les passionne, à gagner leur vie suffisamment pour pouvoir voyager, à avoir une vie culturellement riche. Ils sont mariés avec quelqu’un qui leur consacre du temps et vice versa… et si un enfant arrive, tout ça va s’effondrer. Les gens sont flippés de se dire que l’enfant va tout détruire.

Les hommes et les femmes qui assument le choix de ne pas avoir d’enfant se sentent quand même « différents ».

Oui, mais il y a aussi des gens qui assument parfaitement. Par exemple, je cite le cas du Belge Théophile de Giraud. Il a inventé la fête des non-parents. Lui, il va au-delà de tout. Il a créé une charte dans laquelle il dit que les non-parents doivent être fiers de ne pas enfanter. Il dit en substance que ce ne sont pas eux les égoïstes. Ils évitent juste à un petit être de devoir se battre, de devoir trouver sa place dans un monde où il n’y a pas de travail, où il y a des guerres tout le temps, de plus en plus de pollutions, de plus en plus de maladies. Effectivement, on peut quand même se poser des questions sur le fait de faire des enfants par les temps qui courent.

nathalie six,pas d'enfant ça se défend,interview,mandorT’es-tu comprise un peu mieux en écoutant les autres ?

La femme qui parle dans le livre, c’est Nathalie Six, certes, mais en même temps, j’ai voulu en faire un modèle de la trentenaire sans toutefois rentrer dans la sphère de l’intime, qui pourrait me dévoiler.  J’ai mis des choses que j’avais ressenties, ou que j’avais vues dans mon entourage proche. Moi, j’ai toujours voulu avoir des enfants, en revanche, je ne savais pas à quel moment. Je savais que ça bouleverserait ma vie. Maintenant que je suis maman, je peux te confirmer que c’est très difficile de gérer une carrière et une vie de maman. Continuer à bosser, alors qu’il faut aller chercher son enfant tous les soirs à 18h, qu'il se réveille la nuit, qu'il t’empêche de lire comme avant… oui, mon boulot en prend un énorme coup.

Les hommes et les femmes ont-ils les mêmes raisons de ne pas faire d’enfants ?

Souvent, elles se rejoignent. Avant, les hommes, ça les touchait moins, parce qu’un homme qui avait un enfant, il n’allait pas forcément devoir adapter son emploi du temps. Mon grand-père a eu une réflexion que j’ai trouvée très pertinente: « En lisant ton livre, j'ai trouvé que vous étiez une génération très pessimiste. A ma génération, on ne se posait jamais la question car nous savions que nous allions trouver des solutions. On y allait, on fonçait dans le boulot, on fonçait dans la vie. On faisait des enfants et c’est seulement après coup qu’on arrangeait les choses. » Et maintenant que je regarde mon livre avec de la distance, je trouve qu’il a raison.

Oui, c’est un livre générationnel. Ton enquête n’aurait pas eu les mêmes résultats, il y a 30 ans.

On est une génération qui a peur. On a peur pour notre boulot, on a peur pour la planète, pour l’écologie, on a peur des guerres. On pourrait voir les choses autrement en se disant : on va faire des enfants qui, eux-mêmes, trouveront des solutions à tous les problèmes d’aujourd’hui. Et bien, non la tendance générale est de se dire que si on fait des enfants, ils ne feront que grossir le nombre de personnes qui ne vont déjà pas bien.

Comment tu vis le fait de sortir un livre ?

Je suis éberluée de voir que j’ai réussi à mener ce livre jusqu’au bout. J’ai terminé ce livre en même temps que j’ai accouché de mon petit garçon. J’ai un peu accouché de deux bébés en même temps.

Au niveau psychanalytique, c’est intéressant ton histoire…nathalie six,pas d'enfant ça se défend,interview,mandor

(En souriant) Il faut qu’un psy ce penche sur mon cas, tu n'as pas tort. J’ai accouché au sens propre, physiquement, d’un bébé qui est sorti de mon corps. Et j’ai accouché au sens figuré, intellectuellement, d’un livre qui est sorti de ma tête.  Je pense que je me sens complète aujourd’hui. Si j’avais fait l’un sans l’autre, il m’aurait manqué un truc. Du point de vue psychanalytique, je pense que je pourrai l’expliquer à mon fils plus tard. J’avais envie que les choses soient très très claires dans ma tête. Il n’y a pas de doute, je sais pourquoi je suis maman.

Avec ce livre, tu vas devenir une référence sur ce thème là.

Je ne me sens pas une référence, car je ne suis ni psy, ni sociologue de métier et de formation.  En revanche, ma force, c’était d’enquêter et de poser des questions. J’ai parlé de moi de temps en temps pour évoquer la trentenaire qui se pose des questions. Je ne voulais pas jouer à la psy de service parce que j’ai lu trois-quatre livres sur la question.  Je me contente de faire accoucher des gens en leur posant des questions qui les emmènent à se livrer. Tu vois, je viens encore d’utiliser le terme « accoucher »…

Pas d'enfants, ça se défend sur Amazon et sur le site de la FNAC.

Quand Nathalie Six présente elle-même son livre.

20 mai 2011

Buddha-bar : Interview de DJ Ravin et David Visan pour Buddha-bar XIII

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Buddha Bar 13 est mixée par Dj Ravin et David Visan, deux grands habitués de ces compilations envoûtantes et mystérieuses à la fois.  

Et moi, je ne compte plus les mandorisations sur ces compilations (, et par exemple). Le 26 avril dernier, les deux DJs sont venus à ma rencontre dans les studios de MusiqueMag pour une interview.

Voici la version publiée dans Addiction, le mag daté du mois de mai 2011.

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Et la version filmée pour MusiqueMag...

Eux aussi!!! Non, mais c'est tout bonnement pas possible!

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19 mai 2011

Joseph d'Anvers: interview pour Rouge Fer

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Joseph d’Anvers, cela fait un moment que je me disais qu’il fallait que je me retrouve en tête à tête avec lui. La sortie de Rouge Fer m’en a donné la possibilité. Nous nous sommes donné rendez-vous au Zimmer, restaurant de la place du Châtelet, le 10 mai dernier.

Avant l’interview, voici, pour se remettre dans le contexte mon article publié dans le Actu FNAC daté du mois d’avril 2011.

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Joseph d'Anvers 10.05.11 4.JPGMandor: Rouge Fer a été enregistré en deux semaines et dans des conditions particulières…

Joseph d’Anvers : Je considère cet album comme celui des plans B. Les plans que j'avais choisis au départ n'ont jamais pu se faire. J'aurais aimé travailler avec Mario Caldato Jr (producteur de Björk ou Beck) pour la production, de faire 15 jours de pré-prod à Paris avec les musiciens que j’avais choisis, puis d'aller en enregistrement à Paris et aux États-Unis. Rien ne s’est passé comme prévu. Ce sont des histoires de planning, de concours de circonstances, de gens qui sont partis du label, de musiciens indisponibles, etc. Début février 2010, je me suis retrouvé avec un plan B. Au final, je suis très content du résultat. J'avais quand même passé plusieurs mois chez moi à maquetter, à peaufiner les choses. On a arrangé ensemble toutes les maquettes. On aurait pu très bien se planter, mais au contraire, il y a eu une belle alchimie. On a rit, on a travaillé avec légèreté. Bon, il fallait tout de même que je mène la barque, j'étais donc un peu moins insouciant que les autres. On est parti dans l'idée de faire un titre par jour. On s’y est tenu.

Ce troisième album, c’est un mix des deux premiers ?

Quand j’ai fini les prises de son, je me suis vraiment dit que c’était un mélange des deux, effectivement. Dans le premier je voulais rentrer dans des gammes précises de chansons folks, un peu calmes, mais très vite la vague folk est arrivée en anglo-saxon, donc je n’ai plus voulu prendre ce chemin. Dans le second, je suis vraiment parti dans des expérimentations. Pour commencer, humaines, je suis parti au Brésil, à Los Angeles où j'ai rencontré les Beastie Boys, j’ai fait confiance à une jeune artiste, The Rodeo… Du coup, je suis allé un peu dans tous les sens. Je n’ai plus bossé avec les gens avec lesquels j’avais toujours œuvré jusqu’à présent. Attention, je suis très fier de cet album, mais dans ce troisième, j’avais envie de synthétiser les deux précédents. J’ai formé une équipe composée de personnes ayant participé aux deux albums et aux deux tournées, ce qui m’a permis d’avoir un résultat cohérent.

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Tu fais très attention aux sonorités entre la musique et les mots.

Cet album a failli être en Anglais. J'aurais pu céder aux sirènes de la mode, car j’ai plus de facilité à écrire en anglais. Je voulais vraiment me coller aux références que je citais depuis quatre ans. Je n’arrêtais pas de parler de The Kills, de Gorillaz et moi, je chantais guitare-voix en français. Ma maison de disque m’a conseillé de ne pas faire ça, afin que je garde mon identité. Mes proches aussi m’ont tenu ce même discours. Je me suis remis à l’ouvrage et j’ai pensé très fort aux leçons de Bashung. C’est l’album qui m’a donné le plus de travail au niveau de l’écriture. Les deux premiers, c’était presque de l’écriture spontanée, presque automatique… Dans celui-là, il y a la marque au fer rouge de Bashung. Il faut savoir ce que tu veux dire et après, trouver le mot juste pour le dire. Je suis parti en me disant : si 1000 personnes peuvent dire une idée de telle manière, toi tu peux le dire différemment. De manière poétique ou métaphorique, ou alors carrément très frontale. Tout ce travail sur les mots a été pour moi très délicat. J’avais envie d’y accorder une importance particulière.

Tu as la réputation d’être un des meilleurs auteurs de la nouvelle génération…

Je ne savais même pas que les chansons que j’écrivais aller figurer sur un album. Je les faisais pour moi, comme ça, dans mon coin. Le parti pris était d’écrire des chansons. Une fois le texte terminé, je relisais et s’il me plaisait, je mettais la date, le titre et je n’y touchais plus. En studio, je n’ai rien voulu toucher, je n’ai  pas triché. Le deuxième, j’ai un peu retouché quand même… Je me suis rendu compte que j’accordais beaucoup plus d’importance aux textes que j’écris pour les autres que pour les miens. Mes textes perso sont très honnêtes, jamais dans l’impudeur. En écrivant pour d’autres, j’ai compris qu’il fallait que je mette en avant un style. Je suis plus un littéraire qu’un scientifique, mais en travaillant pour d’autres, je me suis vu une espèce d’abnégation et une force de travail que je n’avais pas pour moi même. Pour Rouge Fer, je me suis imposé d’appliquer pour moi-même ce que j’accorde aux autres.

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Raconte-nous un peu ce que tu as appris d’Alain Bashung pour lequel tu as écrit "Tant de nuits" dans son ultime albumBleu Pétrole.

C’est impressionnant. Avec l’idée qu’il allait prendre les phrases telles qu’elles étaient, je l’ai vu se réapproprier mon texte. La musicalité aussi, il a fait ce qu’il a voulu, des phrases découpées d’une certaine manière, Il n’est pas parti dans la direction vers laquelle je serais parti. Bashung, il est comme les gens du cirque. Il fait le grand écart et il sourit.

Tes textes sont plutôt sombres. Tu chantes les désillusions amoureuses, les aspirations à une vie meilleure…les gens ne sont pas super bien dans leur peau dans tes chansons.

Ce que j'aime lire, c'est la littérature américaine contemporaine. J'aime les auteurs qui parlent des "beautiful loosers", les perdants magnifiques. J’aime ces histoires ordinaires de gens qui ne seront jamais des héros et qui dans la vie se battent pour quelque chose. Les gens dont la vie les emmène au bord d’un précipice dans lequel ils se jettent ou pas. Dans mon album, finalement, je ne parle que de ça. Le premier disque, je chantais des relations amoureuses, le deuxième, j’évoquais les maux de l’âme, l’addiction (la drogue, l’alcool, la vie, l’amour). Celui-là, j’ai voulu faire un constat. Ce qui me passionne, c’est la façade qu’on est tous obligés d’avoir en société. Le masque. Tous ces masques que la société nous impose, tous ces désordres qu’on a tous. On a tous connu des drames et pourtant, on continue à vivre, on continue à avoir ce masque… Pourquoi ?

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Tu as une réputation de chanteur intello. Tu aimes être considéré comme un chanteur textuel ?

Je cherche un peu ces appellations. J’aime bien que l’on prenne mes chansons au sérieux. Il n’y a pas d’humour, il n’y a pas de second degré. Dans la vie, j’aime bien me marrer et je suis plutôt optimiste. Dans mes chansons, il n'y a que la part sombre de moi-même que je suis capable d'exprimer. Je suis sensible, un écorché et cette part d’ombre, je sais qu’elle peut m'emmener très loin, donc je l’exorcise. On est sur Terre pour exprimer quelque chose et on veut tous laisser une petite trace. Moi, j’ai une petite fille, quand je ne serai plus là, elle pourra se replonger dans mes trois albums et dans le roman que j’ai écrit et pourra se dire : "Une part de mon père c’était ça !". L’éphémère me fait peur.

Dans un journal, j’ai écrit (voir plus haut) que tu n’étais pas homme à te placer là où l’on t’attend. Es-tu d’accord avec cette affirmation ?

C’est bien vu. Je fuis même les évidences. J’ai écrit des morceaux qui auraient pu être plus grand public, mais que je n’assumais pas complètement. Après le premier album qui avait bien marché, j’aurais pu enchaîner  avec un deuxième album du même tonneau. Je n’ai pas voulu capitaliser là-dessus. Si j’ai choisi ce métier, c’est pour prendre des risques. Dans dix ans, je veux regarder mes disques et en être fier. J’ai horreur de l’ordre, des pouvoirs, des petits chefs… Dès que quelque chose s’installe, j’essaie de fuir.

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6 jours après cet entretien, Jospeh d'Anvers (qui, ma foi, à de saines lectures) se produisait à la Maroquinerie...

Voici  "Las Végas", extrait de Rouge Fer.

Et une session acoustique d'un autre extrait: "Ma peau va te plaire".


Joseph dAnvers - Ma peau va te plaire (acoustic) par ATMOSPHERIQUES

16 mai 2011

RTL2: flash info avec Christophe Dechavanne

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Petit flashback, en passant.

Ce week-end, j’ai retrouvé dans mes archives des CD avec pas mal de flashs infos de ma période à RTL2 (2000 à 2007).

J'y travaillais tous les week-ends et parfois en remplacement dans la semaine.

À l’époque où Christophe Dechavanne animait une émission quotidienne, j’intervenais de temps en temps.

Je me souviens que la première fois qu’il m’a vu débarquer dans les studios, il a voulu me tester pour savoir à qui il avait à faire.

Voici le son d’un flash un peu particulier (le 7 mai 2003). A écouter jusqu'au bout. L’occasion aussi de vous faire découvrir une autre palette de mes activités. (Palette à laquelle je m’adonnerai bien de nouveau… sans lâcher la vie passionnante que je mène déjà, bien sûr. Tant qu'à faire. J'ai toujours été un adepte de cumuls d'emplois.).
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Frédéric Staniland : interview pour Aponi.

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Frédéric Staniland, je l’ai lu parce que je lis la plupart des ouvrages que sort mon éditrice, Laura Mare. Je m’efforce de ne pas « trop » mandoriser ses auteurs (mes collègues, donc). Mais, dans le cas de ce jeune auteur, je n’ai pu m’empêcher de céder à la tentation. Le sujet d'Aponi m’intéressait, l’histoire était bien menée (tant est si bien qu’on ne le lâche pas sans en connaître l’issue). De plus, j’ai rencontré Frédéric Staniland au Salon du Livre de Paris 2011puisque nous nous succédions en dédicaces. Et si humainement, ça fonctionne, j’ai encore moins de mal à donner un coup de projecteur sur un livre.

Et sur un homme.

staniland.jpgPrésentation de l'éditeur

Eté 2012, Jean-Paul, journaliste débonnaire pour Worldnews, se lance dans une enquête peu ordinaire : la fin du monde prévue six mois plus tard, le 21 décembre 2012. Épaulé par son cercle d'amis hétéroclites, un vrai « club des cinq », il n'a que six mois pour aller au bout de ses recherches. Marcel, quant à lui, termine dans l'Aveyron sa quête amérindienne, puisant au cœur de la nature la vérité profonde sur sa vie. Une vérité qui va le dépasser. Au cours de ces deux parcours, drôles et singuliers, un lien va se créer. Mais lequel ? À la croisée de ces deux itinéraires, va naître une légende inattendue. Mais laquelle ? De cette fin du monde annoncée va surgir un espoir. Le 21/12/2012 sera-t-il la fin de notre monde ou le début d'une autre ère ?

frederic.jpgBiographie de l'auteur

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » disait Apollinaire et Frédéric Staniland a bien retenu la leçon du poète. À 14 ans, il découvre la littérature grâce à Marguerite Yourcenar. À 17, il abandonne une section Sport-Etudes, quitte le cocon familial et s'enrichit de Süsking autant que de « Fluide Glacial ». Puis il se passionne pour la musique, travaille dans la tuyauterie industrielle, avant de bifurquer vers l'audiovisuel. Au travers de l'écriture, cet auteur attachant nous fait découvrir toute sa diversité dans cette histoire initiatique. Fidèle lecteur de Christopher Moore et de Fred Vargas, Frédéric Staniland nous livre son premier roman, APONI.

 Frédéric Staniland habite à Lyon. Il s’est arrangé pour venir à Paris. Nous nous sommes retrouvés à « mon » agence le 27 avril dernier.

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Mandor : Ton activité professionnelle a un rapport direct avec celui d'un de tes deux héros, Jean-Paul?

Frédéric Staniland : Oui, en effet. Je travaille à France Télévisions en tant que monteur dans une rédaction nationale qui est à Lyon. On s’occupe de tous les programmes de France 3 Satellite.

-Tu écris en parallèle de ce métier. Considères-tu cette activité comme un loisir ?

-Non, comme un bonheur. Pique-niquer, c’est un loisir, se promener, aussi. Écrire, c’est du travail et je n’y trouve pas la même forme de jubilation. Créer, inventer, écrire, c’est vraiment du bonheur.

-Jean-Paul, le héros est journaliste dans une rédaction qui s’appelle World News. On sent que tu aimes ces ambiances de rédaction.

-C’est un milieu que je connais, que j’aime bien et c’est plaisant à raconter, mais c’est surtout un milieu où il y a plein de personnages différents et donc sources d’inspirations…

-Dans Aponi, l’action se situe à 6 mois de la date fatidique de la fin du monde, selon le calendrier maya, le 21 décembre 2012. Tu explores aussi toutes les autres croyances concernant la fin du monde. Tu y crois en cette fin du monde ?

-Je ne crois pas à cette fin du monde. Je rejoins le deuxième personnage de l’histoire, qui s’appelle Marcel. L’humanité d’aujourd’hui ne me plait pas beaucoup. Le monde occidental tel qu’il est n’est pas exempt de tout reproche. Cette prophétie, si je voulais être totalement honnête, je dirais que ce serait bien qu’elle se réalise. Je suis très heureux dans ce monde-là et tout va bien pour moi, mais au fond, je me dis que si ça arrivait, le monde repartirait peut-être sur d’autres bases.

-C’est peut-être égoïste, mais moi je ne suis pas prêt à me sacrifier pour les générations futures. Je veux dire, complètement disparaître de la surface du monde.

-Et bien, moi si. Mais au fond, la base de mon livre, ce n’est pas la prophétie, mais l’histoire amérindienne. Je me sens plus proche de Marcel que de Jean-Paul. L’histoire de ce type qui se lève un jour en pleine nature et qui entend des coups de feu, des femmes et des enfants crier…

-Marcel poursuit sa quête amérindienne. II doit effectuer des rites pendant 4 ans, une semaine par an. Tu as fait ça toi-même ?

-Non, moi, je n’ai fait ça qu’une nuit. Tous les ans en tout cas, je fais ce camp, parce que ma femme le fait. La culture amérindienne est une culture que je trouve intéressante et respectueuse. Dans ces camps, il y a les quêteurs, ça, c’est l’histoire de Marcel, mais il y a aussi des rites de passage pour les enfants de 7 ans et pour les enfants de 14 ans.

-Les tiens ont fait ces rites ?

-Mes deux filles, oui. Moi, je suis plus romancier que quêteur. Mais dans les camps, les jeunes hommes qui font ce rite de passage doivent monter une journée. Imagine, tu te lèves le jeudi matin, tu  ne déjeunes pas. À midi tu pars dans la nature dans un emplacement précis et tu restes jusqu’au vendredi midi sans boire et sans manger. Quand on fait un camp et qu’un jeune garçon doit effectuer ce rite, il faut que les hommes qui ne sont pas encore passés par cette expérience puissent le faire pour ensuite en parler avec lui. C’est une association, Les plume de l’aigle, qui organise ces camps.

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-Quel est le but de ce livre ?

-Faire passer des messages. Ce qu’il y a d’important à savoir, c’est que dans le monde, il y a un enfant qui meurt de malnutrition toutes les six secondes. Je trouve grave qu’en 2011 ça existe encore. Mon livre remet en question l’humanité, toute proportion gardée, bien sûr. S’il y avait plus d’humanité entre nous tous, déjà le monde serait plus vivable.

-Ton livre se lit comme un polar, mais dans lequel on peut puiser ce que l’on veut. Des philosophies de vie par exemple. Est-ce que tu as eu peur de ne pas être compris en écrivant un livre comme le tien ?

-On n’est pas vraiment compris. En tout cas, quand on me parle du livre, personne ne me parle du message en lui-même.

-Je vais te dire franchement, moi, je me suis dit qu’il rentrait insidieusement dans ma tête. Je ne l’ai pas compris tout de suite. En tout cas, pour un premier roman, je trouve qu’il est ambitieux.

-Quand j’ai écrit ce roman, à aucun moment, je ne me suis douté qu’il allait être édité. Au début tu te dis « j’ai envie de raconter une histoire », et ensuite tu te demandes si tu en es capable. Une fois que tu as le premier contentement, « ça y est, j’y suis arrivé !», tu cherches un éditeur parce qu’après tout, ton livre existe, autant qu’il soit lu par d’autres.

-Tu es déjà en train d’écrire un deuxième livre…

-C’est un livre qui évoque la Deuxième Guerre mondiale. Dans la littérature, il y a deux choses que je trouve très difficiles, c’est de trouver la bonne histoire, je veux dire, intéressante, profonde, plaisante, avec des messages à l’intérieur et puis l’écriture en elle-même. C’est un peu bête à dire, mais moi, à la base, je suis plus un matheux.

-Si tes romans cartonnaient, tu te verrais tout abandonner pour passer ta vie à écrire.

-Non, parce que je suis un humaniste, alors j’aime bien être entouré de gens. Être écrivain à part entière, c’est aussi être solitaire et ça, je ne le peux pas. Je n’aime pas l’idée non plus d’être obligé d’écrire. Dans mon cas de figure actuel, c’est plaisant, tu n’es obligé à rien.

-Est-ce que la morale de ton livre, c’est celle de Luis Ansa ? « Les humains sont pareils à des poissons qui se demanderaient où il y a de l’eau, alors qu’ils sont dedans ».

-Oui, c’est le problème de tout le monde depuis tout le temps. Il faut être optimiste dans sa réalité.

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Bien... un livre qui n'a rien à voir avec le sujet s'est glissé dans cette photo (encore une fois!).

12 mai 2011

Melissa Nkonda: interview et chronique pour "Nouveaux horizons"

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Mon métier me permet de m’intéresser à des artistes vers lesquels je ne me tournerais pas spontanément (je l’ai souvent dit ici). Le 19 avril dernier, je suis allé interviewer la toute jeune Mélissa Nkonda. Une chanteuse dont les textes (certes) ne me touchent pas du tout (question de génération, sûrement), mais dont la voix est exceptionnelle et la musique de belle facture soul Rr'nB.

Il se trouve que je suis allé à sa rencontre pour deux des magazines pour lesquels je travaille.

Voici d’abord ma chronique pour le mensuel Addiction, le mag, daté du mois de mai 2011:

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Et mon interview pour le Magazine des Espaces culturels Leclerc, daté du mois de mai 2011:

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La story de Melissa Nkonda:


Melissa NKonda - Story par MelissaNKonda

Son clip, "Nouveaux horizons":


Melissa NKonda - Nouveaux Horizons - Clip par MelissaNKonda

Photos souvenirs…

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Mais que lit-elle???

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11 mai 2011

Empyr: Quizz, session acoustique et photos à l'occasion de la sortie de "Unicorn"

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A l'occasion de la sortie de leur deuxième album, Unicorn, j’ai reçu récemment les membres du groupe Empyr dans les bureaux de MusiqueMag. Avant tout, voici l’article publié dans le journal Addiction, le mag, daté du mois d’avril 2011 (synergie d’entreprise, quand tu nous tiens).

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Maintenant que vous en savez un peu plus sur ce deuxième album, je vous propose l'interview "Quizz" à laquelle j’ai soumis le groupe. De Ken Andrews, leur producteur américain et ses deux groupes (Failure, Year Of The Rabbit) à Mélanie Laurent, en passant par Deftones, Pro Evolution Soccer 10, Les Experts, Jena Lee ou Dexter, les musiciens me donne leur point de vue sur différents thèmes.

Deux photos de l'interview...

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 A présent, Empyr dévoile un second morceau du disque avec "Do It" en version acoustique.

Quelques photos de la session...

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 Empyr sera en concert à la Boule Noire à la fin du mois, le mardi 31 mai 2011.

Bonus: Aux Etats-Unis, leur titre "It's Gonna be" (qui figure sur Unicorn) a été utilisé pour le trailer des Experts Manhattan.


Experts Manhattan: "It's gonna be" du groupe... par TELEOBS

10 mai 2011

Lisa Portelli: interview et session acoustique pour "Le régal"

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Lisa Portelli est une jeune auteur-compositeur-interprète de 24 ans. Je suis sa carrière de près depuis 2007. Je ne vais pas raconter comment j’ai découvert cette artiste, puisque je l’ai déjà mandorisé il y a tout juste deux ans. Quoi qu'il en soit, après des années à se produire dans les bars, à parcourir les tremplins et les festivals, elle arrive enfin avec un premier album "officiel" enregistré par Lionel Gaillardin (Keren Ann, Benjamin Biolay...). Le 7 avril dernier, j’ai demandé à la lauréate de Paris Jeunes Talents 2010 de venir dans les locaux de MusiqueMag pour une session acoustique de sa chanson "Le tableau". J’en ai profité pour lui poser quelques questions sur cet album. A mon avis, l’un des plus beaux de la production discographique française de cette année.

Tu avais déjà un mini-album, mais là, les choses deviennent sérieuses…

Mon premier album était plus une maquette qui m’a permis de faire des concerts. Mais, j'ai un peu de bouteille, donc, ce qui m’arrive en ce moment, j'arrive à le gérer. Avec cet album, je n'ai pas si peur que ça, parce que c’est vraiment le fruit de trois ans de travail et que je suis plutôt contente du résultat. J’ai beaucoup recomposé, trois mois avant de rentrer en studio. Les autres morceaux se sont faits dans l'urgence, mais comme j'avais une vision d'ensemble de ce que je voulais faire, ça n'a pas été un exercice trop difficile.

Lionel Gaillardin a réalisé l’album. C'est un cador.

Entre nous, il y a eu une vraie relation humaine, du coup, j'ai été en totale confiance avec lui et on a travaillé très facilement ensemble. Il a réalisé, mais il a également enregistré… On cherchait les sons de gratte ensemble. Pour lui, j'ai un son de guitare un peu particulier, il voulait que je mette ça un peu en avant. Il m'a aussi donné des conseils pour la voix. J’ai utilisé pas mal de textures de voix différentes. Il n’a pas fait beaucoup d’arrangements, car il a voulu conserver mon univers. Il a trouvé que c’était déjà très riche au niveau des chansons.

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Il y a beaucoup de cohérence dans ton album. J’ai l'impression qu’aucune chanson n’est placée au hasard…

Tu as raison, il y a une histoire dans l'ordre choisi. L'album raconte quelque chose. On commence dans une ambiance très terrienne, blues avec une voix chaude, dans les bas, et on finit dans l'air… Comme si l'esprit s'en allait. Dans la chanson "L’échelle", il y a du mouvement. Je trouve qu'elle est symbolique. Elle représente l'élévation.

Ton album sur scène est beaucoup plus rock que dans la version originale.

Oui. Les clips qui sont sur internet, ce sont des chansons calmes de moi, du coup, on peut s'imaginer que mon répertoire est sage et lent, alors que non. Sur scène, ça peut être complètement déchaîné.

Tu as un côté même provocatrice parfois.

Je ne suis pas toujours provoc. C’est vrai qu'il m’est arrivé de l'être, mais ce n'est pas une arme pour moi. Ce n'est pas un rôle que je me donne, je ne veux surtout pas jouer un personnage sur scène. C'est plutôt une envie de tout donner, un côté brut et sauvage sur scène ! Quand on va voir quelqu’un en concert, ce n’est pas pour voir quelqu’un de la vie de tous les jours.

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Pourquoi ne fais-tu pas un disque carrément rock ?

C’est très dur de faire un disque de rock, surtout en français. Un disque rock, ça s’enregistre en live. En plus, à l’époque où nous avons enregistré je n’avais pas encore mon groupe. Et puis, j’ai beaucoup de chansons atmosphériques qui sont intéressantes aussi. On a voulu plus expérimenter, c’est pour cela que c'est plus pop que rock. Je trouve aussi que c'est intéressant d'avoir ce contraste-là. Que l'album soit différent de la scène. C'est juste une question d’énergie qui n'est pas la même.

Tu as quasiment dix ans de scène, mais tu estimes que tu continues tous les jours à apprendre.

J'ai beaucoup travaillé sur ça, je me suis posé beaucoup de questions. Le "lâcher-prise ", ça prend du temps. Il faut jouer le plus possible devant un public. C'est comme ça que tu deviens de plus en plus naturelle.

Dans tes chansons, on sent bien que tu es une contemplative…

J'adore passer des moments à regarder des choses où on a l'impression qu'il ne se passe rien. Dans la musique, c'est très important d’avoir l'impression qu'il ne se passe rien, alors qu’il se passe tout. Si les gens l’entendent, c’est gagné.

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Quand on te demande de raconter tes chansons, ce n'est pas un peu gênant ?

Même si mes chansons paraissent poétiques, il y a toujours une explication rationnelle que je pourrais éventuellement donner. Il y a toujours un vrai propos, mais il y a aussi beaucoup de mystère. J’aime la notion de flou dans la chanson.

Tu es confiante en ton avenir musical ?

Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas dans une optique de buzz. Mon univers est quand même un peu fort et je pense que ma carrière se jouera sur le long terme. Je ne me fais pas d'illusion sur la vente des disques.

Voici à présent la session acoustique de sa chanson "Le tableau", tirée de son album et réalisée dans les locaux de MusiqueMag.

Et pour finir quelques photos…

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Et la dernière. On ne se refait pas !

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Terminons avec les deux clips de Lisa Portelli tiré de cet album. "Dans l'air" et "L'échelle".


Lisa Portelli - Dans l'air (premier album : 09... par wagramlabel


Lisa Portelli - LEchelle par wagramlabel

08 mai 2011

Signature à la médiathèque Joseph Kessel de Groslay

 Alquier 2.jpgCe qui est bien quand tu sors un livre, c’est que cela permet de remettre une bonne couche d’humilité sur ton ego dégoulinant. Non, parce qu’hier, à la médiathèque Joseph Kessel de Groslay, on ne peut pas dire que la foule en délire se soit précipitée sur le livre de « l’auteur local ». Autant, quand les salons, les rencontres littéraires, les interviews et tutti quanti se passent bien, je me vante allègrement (si, si, je le sais que, parfois, mes doigts sur le clavier sont dirigés plus par ma grosse tête que par mon cerveau), autant, l’honnêteté me pousse à raconter aussi ce que l’on peut considérer ne pas être un grand succès (échec, je n’aime pas écrire ce mot).  

Vendu 6 livres en 4 heures (ce qui me conforte dans l’idée que j’ai fichtrement bien fait de commander 40 nouveaux livres à mon éditrice).

Il est important de préciser à qui j’ai vendu ces 6 merveilleux ouvrages.

A deux amies de ma femme que je rencontrais pour la première fois, à un homme fort sympathique que je connais vaguement (croisé le matin même en sortant de la boulangerie et qui a trouvé amusant de me voir « en vrai » alors qu’une affiche avec ma tronche dessus, annonciatrice de l’évènement interplanétaire de l’après-midi, était scotchée derrière nous), à Marie-Laure Bigand (auteure de chez Laura Mare dont j’aime vraiment tous les livres…) qui est venue me soutenir (ça m’a fait très plaisir) et en a profité pour offrir mon livre à sa meilleure amie (en vrai, je la soupçonne d’avoir eu pitié de moi !) et enfin à deux inconnus de passage (amateurs, sans nul doute, de la grande littérature contemporaine française).

Je remercie en tout cas (et très sincèrement), Cyril Macadré, responsable de la médiathèque, ainsi que toutes les bénévoles qui m’ont tenu compagnie durant ces 4 heures de dédicaces, enfin, ces 4 heures de présence.

Bon, ceci étant, vous n’échapperez pas à mon reportage photo (Prix Pullitzer, je t’attends !).

D’abord, tu arrives et tu te prends pour un grand écrivain…

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Ensuite, on t’installe dans un fauteuil (confortable, il faut bien l’avouer).

(Et on se fait prendre en photo parfaitement surexposée).

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Les représentantes de la culture à Groslay passent te voir (ce que j’ai trouvé fort courtois) et posent avec toi et avec ton livre… À gauche, Fabienne Nicolas (la directrice de la Maison des Loisirs et de la Culture de la ville) et à droite, Odette Pla (responsable de la communication de la mairie de Groslay et intervieweuse de Mandor pour le journal Le Groslaysien).

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Ta collègue préférée (réellement), Marie-Laure Bigand, vient papoter une bonne heure avec toi et du coup, tu ne vois plus le temps passer.

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Tu signes quand même un peu.

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Ta femme et ta fille passent te voir.

-Papa, pourquoi t’es tout seul ?

Pas savoir quoi répondre…

Ta femme rentre à la maison et ta fille reste avec toi… et tue déjà le père en prenant sa place (la coquine).

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Et tu remballes tes livres.

Et ton sac est aussi lourd que quand tu es arrivé.

(Mais les sacs que l'on transporte tout au long de sa vie, c'est toujours lourd à porter, non?)

06 mai 2011

Rencontre avec Eva Lunaba pour "Les coucous"

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Les coucous de Eva Lunaba est le premier ouvrage de la collection « Les belles Nouvelles chez Volpilière ». Cette jeune et dynamique maison d’édition s’attache ainsi à remettre les Nouvelles au goût du jour dans un aspect contemporain. Pas de recueils, chaque ouvrage sera composé d’une seule nouvelle et réalisé par un seul auteur.

BN Coucous Envolée des Livres Châteauroux 2-3 avril 2011.jpgL'auteur :

Eva Lunaba magnifie le verbe comme on aime être aimé avec douceur et écoute. A contre courant, elle est et reste une romantique. Tout le monde cherche une belle histoire d'amour, mais personne ne veut la vivre, par égoïsme, peur ou lâcheté. On est pourtant plus vivant quand on meurt d'amour. Eva Lunaba écrit ces histoires d'amour démodées qui vivent sur du papier par défaut...

Dans Les coucous, on découvre à quel point l’amour et la jalousie peuvent amener à bien des pièges. « Audrey aime Maxence, mais aussi les plantes. Son jardin d’hiver vengera son jardin secret, piétiné par un Maxence volage. On y croise satura, ellébore et aconit...».

J’ai rencontré Eva Lunaba lors du Salon du livre de Châteauroux de cette année. J’avais lu son livre et, coup de bol, nous étions dans le même hôtel. Le matin du 3 avril dernier, avant d’aller signer nos ouvrages respectifs, je l’ai mandorisé. Nous étions sortis en bande un peu tard la veille… d’où une admiration sans borne des autres auteurs présents dans l’hôtel constatant que nous nous adonnions à une interview si tôt dans la journée.

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Mandor : Peux-tu te présenter en quelques mots?

Eva Lunaba : J’ai fait un cursus littéraire, maîtrise de lettres, un DEA d’information, etc… Depuis 2003, je suis me suis spécialisée dans l’écriture de nouvelles. Ce qui m’intéresse dans cette forme d'écriture, c’est de travailler la psychologie, l’intérieur, les sentiments des personnages, je ne m’attache pas du tout au décor.

Comment as-tu travaillé cette nouvelle finement ciselée ?

Au début, Les coucous faisait 400 pages et après, je l’ai peaufiné, à la virgule, au souffle, à l’écoute. Je fais toujours lire mes textes par plusieurs personnes différentes avec des voix différentes, et à chaque fois, j’écoute la mélodie... J’entretiens mon texte comme un bonsaï. Je coupe, j’élague, branche après branche. J’arrête quand j’estime que le texte n’a retenu que l’essentiel est qu’il est capable de happer le lecteur. Cette nouvelle m’a pris une bonne année.

couv_les_coucous.jpgC’est en lisant Stefan Zweig que tu as eu envie d’écrire des nouvelles.

Oui, c’est exactement ça. La nouvelle est quelque chose de très particulier. Je trouve qu’écrire une bonne nouvelle est jouissif. On va au plus profond de ce que l’on a à dire. Mon travail est vraiment très précis. À la virgule près, je suis capable de t’enlever toute une phrase.

Tu as écrit de nombreux recueils de poésies érotiques ?

C’est une composition sur le sentiment. J’ai essayé de montrer que le sentiment n’est pas forcément lié à une rencontre particulière, des personnes qui se voient. Le téléphone pour Allo ! Ou les mots d’amour, internet pour Intime évidence, l’épistolaire pour Tant que c’est toi, le boudoir, le paravent pour Chaîrami. Je suis même très très très méchante avec mes personnages parce que je fais en sorte qu’ils ne se voient pas. La difficulté, c’est de faire sentir le sentiment pendant toute l’histoire, de le faire vivre, de le faire palpiter, de le faire vibrer. D’utiliser tout ce qui peut être leur sensualité et autre. La subtilité, c’est de provoquer la frustration, même s’ils ne se rencontrent pas, ils auront vécu des sentiments intenses.

La première et la dernière phrase sont-elles les plus importantes dans une nouvelle ?

Oui, mais en premier, c’est le titre. Moi, je veux que le lecteur se demande pourquoi mon livre s’intitule comme il s’intitule. La fin aussi est primordiale. Je dois bien travailler trois mois juste sur la fin.

Es-tu objective sur ton propre travail ?

Je me mets en danger souvent. Pour Les coucous, à la base, c’était pour un concours du magazine Elle. Je savais que je n’allais pas gagner parce que j’étais hors format. Je ne peux pas écrire en me limitant à un nombre défini de signes et là, je n’avais pas respecté cette règle. Le but était simplement d’avoir un lectorat qui n’est pas celui qui me suit depuis 10 années. Avoir un autre retour m’intéressait, un qui n’irait pas forcément dans le sens du poil.

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As-tu un public qui te suit ?

Oui, c’est à la fois très sympathique parce que je sais qu’ils seront toujours là, en même temps, ça ne te donne pas ce petit plus qu’il te faut pour te motiver. Là, j’ai changé de maison d’édition. Avec la précédente, j’avais carte blanche pour tout, j’étais même particulièrement chouchoutée… avec Volpilière, j’ai tout à prouver. Elizabeth Robert Mozzanini, avec tact et diplomatie, ne me laisse rien passer et c’est bien.

Les coucous est une nouvelle très caustique. Audrey se rend compte que son mari Maxence le trompe. Une fois que l’on sait cela, que peut-on dire ?

Je peux dire que c’est une nouvelle sur la trahison. La trahison sentimentale. Qu’est-ce que la trahison amoureuse peut engendrer ? Les inconstances à la base et les conséquences qui peuvent découler de cette trahison. Elles peuvent paraître anodines  et pardonnables… mais les lecteurs verront que les conséquences nous emmèneront très loin dans la folie. Je préviens les hommes qui viendraient éventuellement me voir dans les salons du livre où je signe Les coucous, je ne suis pas responsable des recettes qu’il y a dans le livre. Je ne veux pas porter la responsabilité des éventuels prochains meurtres.

Le blog officiel d'Eva Lunaba.

Le blog de La liseuse (Eva lit des extraits de livres).