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16 mai 2011

Frédéric Staniland : interview pour Aponi.

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Frédéric Staniland, je l’ai lu parce que je lis la plupart des ouvrages que sort mon éditrice, Laura Mare. Je m’efforce de ne pas « trop » mandoriser ses auteurs (mes collègues, donc). Mais, dans le cas de ce jeune auteur, je n’ai pu m’empêcher de céder à la tentation. Le sujet d'Aponi m’intéressait, l’histoire était bien menée (tant est si bien qu’on ne le lâche pas sans en connaître l’issue). De plus, j’ai rencontré Frédéric Staniland au Salon du Livre de Paris 2011puisque nous nous succédions en dédicaces. Et si humainement, ça fonctionne, j’ai encore moins de mal à donner un coup de projecteur sur un livre.

Et sur un homme.

staniland.jpgPrésentation de l'éditeur

Eté 2012, Jean-Paul, journaliste débonnaire pour Worldnews, se lance dans une enquête peu ordinaire : la fin du monde prévue six mois plus tard, le 21 décembre 2012. Épaulé par son cercle d'amis hétéroclites, un vrai « club des cinq », il n'a que six mois pour aller au bout de ses recherches. Marcel, quant à lui, termine dans l'Aveyron sa quête amérindienne, puisant au cœur de la nature la vérité profonde sur sa vie. Une vérité qui va le dépasser. Au cours de ces deux parcours, drôles et singuliers, un lien va se créer. Mais lequel ? À la croisée de ces deux itinéraires, va naître une légende inattendue. Mais laquelle ? De cette fin du monde annoncée va surgir un espoir. Le 21/12/2012 sera-t-il la fin de notre monde ou le début d'une autre ère ?

frederic.jpgBiographie de l'auteur

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » disait Apollinaire et Frédéric Staniland a bien retenu la leçon du poète. À 14 ans, il découvre la littérature grâce à Marguerite Yourcenar. À 17, il abandonne une section Sport-Etudes, quitte le cocon familial et s'enrichit de Süsking autant que de « Fluide Glacial ». Puis il se passionne pour la musique, travaille dans la tuyauterie industrielle, avant de bifurquer vers l'audiovisuel. Au travers de l'écriture, cet auteur attachant nous fait découvrir toute sa diversité dans cette histoire initiatique. Fidèle lecteur de Christopher Moore et de Fred Vargas, Frédéric Staniland nous livre son premier roman, APONI.

 Frédéric Staniland habite à Lyon. Il s’est arrangé pour venir à Paris. Nous nous sommes retrouvés à « mon » agence le 27 avril dernier.

Frédéric Staniland 27.04.11 3.JPG

Mandor : Ton activité professionnelle a un rapport direct avec celui d'un de tes deux héros, Jean-Paul?

Frédéric Staniland : Oui, en effet. Je travaille à France Télévisions en tant que monteur dans une rédaction nationale qui est à Lyon. On s’occupe de tous les programmes de France 3 Satellite.

-Tu écris en parallèle de ce métier. Considères-tu cette activité comme un loisir ?

-Non, comme un bonheur. Pique-niquer, c’est un loisir, se promener, aussi. Écrire, c’est du travail et je n’y trouve pas la même forme de jubilation. Créer, inventer, écrire, c’est vraiment du bonheur.

-Jean-Paul, le héros est journaliste dans une rédaction qui s’appelle World News. On sent que tu aimes ces ambiances de rédaction.

-C’est un milieu que je connais, que j’aime bien et c’est plaisant à raconter, mais c’est surtout un milieu où il y a plein de personnages différents et donc sources d’inspirations…

-Dans Aponi, l’action se situe à 6 mois de la date fatidique de la fin du monde, selon le calendrier maya, le 21 décembre 2012. Tu explores aussi toutes les autres croyances concernant la fin du monde. Tu y crois en cette fin du monde ?

-Je ne crois pas à cette fin du monde. Je rejoins le deuxième personnage de l’histoire, qui s’appelle Marcel. L’humanité d’aujourd’hui ne me plait pas beaucoup. Le monde occidental tel qu’il est n’est pas exempt de tout reproche. Cette prophétie, si je voulais être totalement honnête, je dirais que ce serait bien qu’elle se réalise. Je suis très heureux dans ce monde-là et tout va bien pour moi, mais au fond, je me dis que si ça arrivait, le monde repartirait peut-être sur d’autres bases.

-C’est peut-être égoïste, mais moi je ne suis pas prêt à me sacrifier pour les générations futures. Je veux dire, complètement disparaître de la surface du monde.

-Et bien, moi si. Mais au fond, la base de mon livre, ce n’est pas la prophétie, mais l’histoire amérindienne. Je me sens plus proche de Marcel que de Jean-Paul. L’histoire de ce type qui se lève un jour en pleine nature et qui entend des coups de feu, des femmes et des enfants crier…

-Marcel poursuit sa quête amérindienne. II doit effectuer des rites pendant 4 ans, une semaine par an. Tu as fait ça toi-même ?

-Non, moi, je n’ai fait ça qu’une nuit. Tous les ans en tout cas, je fais ce camp, parce que ma femme le fait. La culture amérindienne est une culture que je trouve intéressante et respectueuse. Dans ces camps, il y a les quêteurs, ça, c’est l’histoire de Marcel, mais il y a aussi des rites de passage pour les enfants de 7 ans et pour les enfants de 14 ans.

-Les tiens ont fait ces rites ?

-Mes deux filles, oui. Moi, je suis plus romancier que quêteur. Mais dans les camps, les jeunes hommes qui font ce rite de passage doivent monter une journée. Imagine, tu te lèves le jeudi matin, tu  ne déjeunes pas. À midi tu pars dans la nature dans un emplacement précis et tu restes jusqu’au vendredi midi sans boire et sans manger. Quand on fait un camp et qu’un jeune garçon doit effectuer ce rite, il faut que les hommes qui ne sont pas encore passés par cette expérience puissent le faire pour ensuite en parler avec lui. C’est une association, Les plume de l’aigle, qui organise ces camps.

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-Quel est le but de ce livre ?

-Faire passer des messages. Ce qu’il y a d’important à savoir, c’est que dans le monde, il y a un enfant qui meurt de malnutrition toutes les six secondes. Je trouve grave qu’en 2011 ça existe encore. Mon livre remet en question l’humanité, toute proportion gardée, bien sûr. S’il y avait plus d’humanité entre nous tous, déjà le monde serait plus vivable.

-Ton livre se lit comme un polar, mais dans lequel on peut puiser ce que l’on veut. Des philosophies de vie par exemple. Est-ce que tu as eu peur de ne pas être compris en écrivant un livre comme le tien ?

-On n’est pas vraiment compris. En tout cas, quand on me parle du livre, personne ne me parle du message en lui-même.

-Je vais te dire franchement, moi, je me suis dit qu’il rentrait insidieusement dans ma tête. Je ne l’ai pas compris tout de suite. En tout cas, pour un premier roman, je trouve qu’il est ambitieux.

-Quand j’ai écrit ce roman, à aucun moment, je ne me suis douté qu’il allait être édité. Au début tu te dis « j’ai envie de raconter une histoire », et ensuite tu te demandes si tu en es capable. Une fois que tu as le premier contentement, « ça y est, j’y suis arrivé !», tu cherches un éditeur parce qu’après tout, ton livre existe, autant qu’il soit lu par d’autres.

-Tu es déjà en train d’écrire un deuxième livre…

-C’est un livre qui évoque la Deuxième Guerre mondiale. Dans la littérature, il y a deux choses que je trouve très difficiles, c’est de trouver la bonne histoire, je veux dire, intéressante, profonde, plaisante, avec des messages à l’intérieur et puis l’écriture en elle-même. C’est un peu bête à dire, mais moi, à la base, je suis plus un matheux.

-Si tes romans cartonnaient, tu te verrais tout abandonner pour passer ta vie à écrire.

-Non, parce que je suis un humaniste, alors j’aime bien être entouré de gens. Être écrivain à part entière, c’est aussi être solitaire et ça, je ne le peux pas. Je n’aime pas l’idée non plus d’être obligé d’écrire. Dans mon cas de figure actuel, c’est plaisant, tu n’es obligé à rien.

-Est-ce que la morale de ton livre, c’est celle de Luis Ansa ? « Les humains sont pareils à des poissons qui se demanderaient où il y a de l’eau, alors qu’ils sont dedans ».

-Oui, c’est le problème de tout le monde depuis tout le temps. Il faut être optimiste dans sa réalité.

Frédéric Staniland 27.04.11 4.JPG

Bien... un livre qui n'a rien à voir avec le sujet s'est glissé dans cette photo (encore une fois!).

Commentaires

Il est trés interressant de découvrir son fils sous un angle qu'on ne connaissait pas et de se dire que la vie nous a fait ce beau cadeau

Écrit par : beroud | 16 mai 2011

J'ai eu la grande chance de faire découvrir "APONI" et Frederic Stanisland a un grand nombre de personnes,(250 environ) avec lors d'une manifestation un auditoire subjugué par ce Monsieur!! on m'en parle encore très souvent. Son livre je l'ai dévoré , impossible de le lâcher avant la fin... on m'avait prévenue!!
Oui, une belle histoire,mais je suis d'accord, avec un formidable message auquel il faut croire pour nos enfants, pouvoir leurs offrir un monde meilleur, n'est ce pas ce que nous rêvons tous?
De temps en temps, n'aimerions nous pas être un peu un Marcel?...croire que c'est possible!
Frederic, nous attendons ton prochain roman et nous ne te lâcherons pas !
Association l'Art est Création et ses visiteurs.
Lylianne Robin

Écrit par : LILY ROBIN | 16 mai 2011

ce qui est extraordinaire en plus de son livre c'est que Fred....que j'ai bien connu il y a ...hummm de nombreuses années .n'a pas changé d'un poil il a toujours ce merveilleux sourire et cette pétillance dans le regard qui rend heureux de le regarder ...et en plus maintenant il vole comme un beau papillon ...( voir première photo de cet article ) vivement le prochain...vol...ume..!!!

je sais pas ce que c'est que URL alors j'ai rien mis ...!!!

Écrit par : Claude GAMBIER | 16 mai 2011

oui, et bien, je suis bien d'accord avec tous les commentaires precedents...j'ajoute juste que j'ai aussi ri en lisant fred, et j'ai aussi pleurè...

Écrit par : marjorie | 16 mai 2011

Fred est dans sa vie , autant à l'aise que dans son 1° roman. Son écriture coule avec un zest d'humour , 3kg de franches rigolades,et une tonne d'amour . Il capte le lecteur et ne le laisse s'échapper qu'au clap du mot :Fin .
Je remercie la vie de m'avoir fait rencontrer ce gendre si pétillant .
Les photos m'ont fait sourire .. dans sa poche il avait la sucette de sa fille . Un naturel qui vous dépasse.
Encore une fois :Bonne chance pour Aponi
Nous attendons avec envie le prochain .. sortira t'il avant 21 /12/ 12 ?

Écrit par : Guittard Claire | 21 mai 2011

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