Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Les chroniques de Mandor dans le Lire et le dire sur Fréquence Paris Plurielle | Page d'accueil | Signature à la médiathèque Joseph Kessel de Groslay »

06 mai 2011

Rencontre avec Eva Lunaba pour "Les coucous"

carte_postale_les_coucous.jpg

Les coucous de Eva Lunaba est le premier ouvrage de la collection « Les belles Nouvelles chez Volpilière ». Cette jeune et dynamique maison d’édition s’attache ainsi à remettre les Nouvelles au goût du jour dans un aspect contemporain. Pas de recueils, chaque ouvrage sera composé d’une seule nouvelle et réalisé par un seul auteur.

BN Coucous Envolée des Livres Châteauroux 2-3 avril 2011.jpgL'auteur :

Eva Lunaba magnifie le verbe comme on aime être aimé avec douceur et écoute. A contre courant, elle est et reste une romantique. Tout le monde cherche une belle histoire d'amour, mais personne ne veut la vivre, par égoïsme, peur ou lâcheté. On est pourtant plus vivant quand on meurt d'amour. Eva Lunaba écrit ces histoires d'amour démodées qui vivent sur du papier par défaut...

Dans Les coucous, on découvre à quel point l’amour et la jalousie peuvent amener à bien des pièges. « Audrey aime Maxence, mais aussi les plantes. Son jardin d’hiver vengera son jardin secret, piétiné par un Maxence volage. On y croise satura, ellébore et aconit...».

J’ai rencontré Eva Lunaba lors du Salon du livre de Châteauroux de cette année. J’avais lu son livre et, coup de bol, nous étions dans le même hôtel. Le matin du 3 avril dernier, avant d’aller signer nos ouvrages respectifs, je l’ai mandorisé. Nous étions sortis en bande un peu tard la veille… d’où une admiration sans borne des autres auteurs présents dans l’hôtel constatant que nous nous adonnions à une interview si tôt dans la journée.

16.JPG

Mandor : Peux-tu te présenter en quelques mots?

Eva Lunaba : J’ai fait un cursus littéraire, maîtrise de lettres, un DEA d’information, etc… Depuis 2003, je suis me suis spécialisée dans l’écriture de nouvelles. Ce qui m’intéresse dans cette forme d'écriture, c’est de travailler la psychologie, l’intérieur, les sentiments des personnages, je ne m’attache pas du tout au décor.

Comment as-tu travaillé cette nouvelle finement ciselée ?

Au début, Les coucous faisait 400 pages et après, je l’ai peaufiné, à la virgule, au souffle, à l’écoute. Je fais toujours lire mes textes par plusieurs personnes différentes avec des voix différentes, et à chaque fois, j’écoute la mélodie... J’entretiens mon texte comme un bonsaï. Je coupe, j’élague, branche après branche. J’arrête quand j’estime que le texte n’a retenu que l’essentiel est qu’il est capable de happer le lecteur. Cette nouvelle m’a pris une bonne année.

couv_les_coucous.jpgC’est en lisant Stefan Zweig que tu as eu envie d’écrire des nouvelles.

Oui, c’est exactement ça. La nouvelle est quelque chose de très particulier. Je trouve qu’écrire une bonne nouvelle est jouissif. On va au plus profond de ce que l’on a à dire. Mon travail est vraiment très précis. À la virgule près, je suis capable de t’enlever toute une phrase.

Tu as écrit de nombreux recueils de poésies érotiques ?

C’est une composition sur le sentiment. J’ai essayé de montrer que le sentiment n’est pas forcément lié à une rencontre particulière, des personnes qui se voient. Le téléphone pour Allo ! Ou les mots d’amour, internet pour Intime évidence, l’épistolaire pour Tant que c’est toi, le boudoir, le paravent pour Chaîrami. Je suis même très très très méchante avec mes personnages parce que je fais en sorte qu’ils ne se voient pas. La difficulté, c’est de faire sentir le sentiment pendant toute l’histoire, de le faire vivre, de le faire palpiter, de le faire vibrer. D’utiliser tout ce qui peut être leur sensualité et autre. La subtilité, c’est de provoquer la frustration, même s’ils ne se rencontrent pas, ils auront vécu des sentiments intenses.

La première et la dernière phrase sont-elles les plus importantes dans une nouvelle ?

Oui, mais en premier, c’est le titre. Moi, je veux que le lecteur se demande pourquoi mon livre s’intitule comme il s’intitule. La fin aussi est primordiale. Je dois bien travailler trois mois juste sur la fin.

Es-tu objective sur ton propre travail ?

Je me mets en danger souvent. Pour Les coucous, à la base, c’était pour un concours du magazine Elle. Je savais que je n’allais pas gagner parce que j’étais hors format. Je ne peux pas écrire en me limitant à un nombre défini de signes et là, je n’avais pas respecté cette règle. Le but était simplement d’avoir un lectorat qui n’est pas celui qui me suit depuis 10 années. Avoir un autre retour m’intéressait, un qui n’irait pas forcément dans le sens du poil.

18.JPG

As-tu un public qui te suit ?

Oui, c’est à la fois très sympathique parce que je sais qu’ils seront toujours là, en même temps, ça ne te donne pas ce petit plus qu’il te faut pour te motiver. Là, j’ai changé de maison d’édition. Avec la précédente, j’avais carte blanche pour tout, j’étais même particulièrement chouchoutée… avec Volpilière, j’ai tout à prouver. Elizabeth Robert Mozzanini, avec tact et diplomatie, ne me laisse rien passer et c’est bien.

Les coucous est une nouvelle très caustique. Audrey se rend compte que son mari Maxence le trompe. Une fois que l’on sait cela, que peut-on dire ?

Je peux dire que c’est une nouvelle sur la trahison. La trahison sentimentale. Qu’est-ce que la trahison amoureuse peut engendrer ? Les inconstances à la base et les conséquences qui peuvent découler de cette trahison. Elles peuvent paraître anodines  et pardonnables… mais les lecteurs verront que les conséquences nous emmèneront très loin dans la folie. Je préviens les hommes qui viendraient éventuellement me voir dans les salons du livre où je signe Les coucous, je ne suis pas responsable des recettes qu’il y a dans le livre. Je ne veux pas porter la responsabilité des éventuels prochains meurtres.

Le blog officiel d'Eva Lunaba.

Le blog de La liseuse (Eva lit des extraits de livres).

Commentaires

Je confirme, nous étions tous impressionnés par cette madorisation matinale ;-)))

Écrit par : Marie-Laure | 07 mai 2011

Les commentaires sont fermés.