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26 avril 2011

Lionel Emery : interview pour "Et qu'elle ne se relève pas"

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Pour la première fois dans l’histoire de ce blog, j’ai rencontré un auteur pour un livre qui n’est pas encore publié. Le livre de Lionel Emery s’intitule Et qu’elle ne se relève pas. C’est un ami commun (libraire dont l’avis m’est toujours précieux) qui m’a conseillé de m’intéresser à ce manuscrit.

J’ai lu.

Je suis très largement convaincu.

Et je ne comprends pas pourquoi cet écrivain n’a encore trouvé aucun éditeur.

Un livre de cette nature-là manque dans le paysage littéraire français. Il s’agit d’un vrai livre romanesque aux retombées cinématographiques évidentes, je vous assure… Pour moi, c’est un opéra, c’est Shakespeare, c’est un western hollywoodien, mais bien plus encore. Il est notamment question de la conscience de l’humain, du bon usage de la violence, qu’est-ce qu’une femme est capable de faire pour un homme…

En refermant ce manuscrit, j’en avais le souffle coupé. Il fallait que je mandorise l’auteur Lionel Emery. Ce qui fut fait la semaine dernière…

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4e de couverture (qui n’existe pas encore, donc) :

Le 28 juin 1914, à SARAJEVO, l’Archiduc François-Ferdinand d’Autriche est abattu par un homme étrange à l’allure juvénile, Gavrilo Princip, qui tente de se suicider sur place immédiatement après son geste. Arrêté, le meurtrier qui se dit étudiant serbe mourra quatre ans plus tard sans que la vérité n’ait pu être faite sur son identité et ses mobiles réels.

Ce coup de feu, suivi de celui qui tuera Jaurès quelques semaines plus tard, feront basculer l’Europe puis le monde dans la première plus grande guerre de l’humanité. Elle va durer quatre années et coûter dix millions de vies… mais aussi, rapporter énormément et changer, en quelques mois, les axes d’influence en place depuis des siècles.

Qui a fait tirer Gavrilo Princip puis l’assassin de l’artisan de la paix ? Quels étaient les enjeux planifiés de ces attentats ?

Le secret se désépaissit aux Etats-Unis, où, au printemps 1914, une jeune femme, Carroll, assiste au massacre des siens et à l’enlèvement de son enfant.

Aidée par un jeune prêtre aux méthodes radicales et par un vétéran des guerres indiennes désabusé de tout, Caroll part à la recherche de son fils.

Leur quête va les conduire jusqu’à une puissante société occulte et des hommes qui  répandent  le pire aux dépends de tous les autres.

lionel.jpgL’auteur :

Parcours un peu éclectique et chaotique que celui d’un fils de paysan gardant toujours une main dans la terre mais qui passe, et pas toujours impunément, de la cuisine et sommellerie au droit bien sérieux qu’est celui des notaires pour devenir acteur (télévision, cinéma et théâtre y compris sur Inter et France Culture…) et finalement (mais tout ceci se tient et se tient bien…) auteur.

Si la vie est aussi un jeu, Lionel Emery n’en n’a pas choisi qu’un… et ne compte pas s’arrêter là. Aujourd’hui, c’est un roman, son premier qui se présente à l’horizon.

Il y a eu les « personnages en quête d’auteur », il y a un auteur-acteur en quête d’éditeur… mais du bon éditeur… pourquoi le bon ? Le bon, rien que ça, non mais des fois ! Parce que ce livre là est populaire dans le sens original et originaire du terme.

Interview :

Mandor : Ton parcours est particulier…

Lionel Emery : J’ai arrêté les métiers de notaire, puis de sommelier restaurateur parce qu’un démon me poursuivait depuis mes 12 ans. A cause de certains films, je voulais faire l’acteur. Et immanquablement, l’écriture a pris le dessus et est devenu l’axe majeur. Ceci étant, je continuerai à être acteur parce que j’adore ça. J’ai joué au théâtre et dans une vingtaine de téléfilms, 5 films de cinéma avec des rôles plus ou moins conséquents.

Lionel Emery 04.04.11 1.JPG-C’est le fait de lire des scénarios à foison dans le cadre de ton activité de comédien qui t’a donné envie de t’y mettre ?

-Il y a deux choses : j’interprète des personnages pour des pièces radiophoniques de France Inter ou France Culture et je n’ai jamais eu le sentiment de me dire que c’était mal écrit. Au contraire… mais, parfois, je reçois des scénarios pour la télévision ou le cinéma hyper mal écrits et je suis fou de rage. Parfois, quand je tourne, je modifie discrètement mes dialogues et généralement, les réalisateurs me laissent faire. Il faut juste ne pas abuser.

-Comment as-tu eu l’idée de ce roman ?

-C’est un roman d’aventure. Le cadre est celui d’un western, mais ça va beaucoup plus loin. Ce livre pose des questions d’humanisme. Il y a beaucoup de violence et de cruauté, mais le monde est ainsi fait. Je me suis réveillé un matin, à quatre heures, avec toute l’histoire en film accéléré. Après, il a fallu que je me force à ne pas me rendormir. J’ai pris du papier et j’ai écrit ce rêve éveillé. J’ai noté 40 articulations majeures de l’histoire pour que rien ne m’échappe. Ensuite, j’en ai fait un scénario pour un ami réalisateur, puis à d’autres comme Tavernier qui a trouvé ça énorme, mais qui m’a dit qu’il ne pouvait le produire lui-même. Robert Hossen, qui l’a lu deux fois, m’a dit : « T’es fou ! Tu as combien de cerveau ? ». Le producteur Nicolas Vannier m’a dit qu’il avait adoré mais que, tout seul, il ne pouvait pas le produire. Il m’a conseillé de le faire traduire et de l’envoyer aux Etats-Unis. Là-bas, c’est tout à fait le genre de scénario dont les producteurs raffolent. C’est lui qui m’a conseillé d’en faire un roman d’abord. Parce que si le roman existe, le reste suivra…

-As-tu proposé ton roman à des maisons d’édition ?

-Oui,  je me suis fait banané partout, mais je me suis laissé dire que personne ne l’avait lu ou alors, les cinq premières pages. Ils ont dû se dire : "OK ! C’est un Tarantino mélangé à du Sergio Leone et terminé, merci, au revoir !"

-Tu évoques les atrocités contre les indiens…

-Ce sont les services secrets avant l’heure. Ce qu’il faut savoir quand même, c’est que les guerres indiennes ont été créées pour avoir le territoire américain sans les indiens ou alors les garder quelque part dans des réserves. C’est littéralement ce qu’Hitler a fait avec les juifs. Le massacre des indiens, on oublie que c’est le plus grand génocide de l’humanité.

-Il est aussi question des génocides arméniens et juifs…

-Ce livre est un vrai réquisitoire contre la folie des hommes et leurs atrocités. Juste, par le biais d’un roman d’aventures, je tente de mettre en garde. Je crie en substance : « vous n’avez pas encore compris qu’à force de mettre le couvert dans tous les sens, on va tout faire péter ». Je fais une sorte de militantisme par les lettres.

- Ton livre est tristement d’actualité…

-Il s’appelait au départ « Crépuscule » (qui rimait avec groupuscule), et ensuite « D’un monde à l’autre », parce qu’en 1914 et 1918, on est vraiment passé d’un monde à l’autre sur le plan géopolitique. Ce qu’il s’est passé en Allemagne, en Europe ensuite puis aujourd’hui, dans le conflit israélo-palestinien, tout est connecté, tout est lié.

- La rédemption est très présente…_MG_2533.JPG

-On passe sa vie, même quand on n’est pas dans la même extrémité que mes personnages, à être dans la rédemption.

-C’est aussi un livre sur le fanatisme.

-C’est la fabrication des âmes d’enfants par le conditionnement psychologique. Le XXe siècle était très riche de cela, plus que n’importe quel autre siècle. Il n’y a pas de peuple avec une prédilection pour… peut-être une culture, en encore, je n’en suis pas sûr. Le XXe siècle était à son apogée du conditionnement.

-Il y a un peu de toi dans ce roman ?

-Apparemment, oui. Principalement dans les passages qui décrivent la nature, l’agriculture, et dans les passages évoquant la foi. Est-ce que la foi est sérieuse ? Est-ce que Dieu existe ? Je décris l’horreur qui existe réellement et je me demande ou est Dieu dans tout cela. Il faut croire en l’homme en tout cas.

-Tu es dans quel état d’esprit quand tu écris ?

-C’est très étrange, les scènes de rédemption, les scènes où mon héros Franck se rend compte de ce qu’a été sa vie, ça me bouleversait. Un peu comme si j’étais lui. Il y a eu une forme de dédoublement tant je le sens proche de moi. Les scènes qui me bouleversent le plus, ce sont celles de ses remises en causes personnelles, de ses questionnements sur le sens de sa vie, quand il s’enivre tout seul… Son amitié forte avec Garonn, un homme beaucoup plus âgé. Ca aussi me bouleverse. Il y a aussi la montée en amour, l’érotisme immanent entre Carole et Franck, alors qu’ils sont le contraire l’un de l’autre.

-Il y a des scènes de violence très fortes, limite insoutenables!

-Ceux qui ont lu mon livre me le reprochent parfois. En les écrivant, ça m’a fait une chaleur très désagréable dans le corps et parfois même, j’avais les larmes aux yeux. Quand je raconte quelque chose, j’y vais à fond. Je ne veux pas être complaisant. Sans faire de voyeurisme, je voulais que ce soit aussi fort que si j’avais été au milieu de l’évènement.

-Toute cette violence s’explique.

-N’oublions pas que les exactions dont je parle se font par des experts tarés devant des mômes qui ont entre 10 et 14 ans. On leur apprend le détachement. Il y a une grande théorie dans tout ça : Si on enseigne à des enfants que l'on a pris soin de voler ailleurs préalablement, alors qu'ils n'ont plus aucun lien de famille, de culture, de religion et d'attachement au sol, alors qu'ils sont si manipulables, si conditionnés à ne commettre que des atrocités, on finit par en faire des experts, de redoutables experts.( Kmers rouges, jeunesses SS et j'en passe...)... J’évoque aussi en filigrane quelques conspirations. Je ne suis pas dans la théorie du complot permanent, mais je suis toujours un peu méfiant. Il y a beaucoup d’évènements mondiaux, de guerres, dont on apprend 50 ans plus tard des vérités qui ne sont pas celles énoncées à l’époque.

-C’est une forme de lecture engagée…

-Je préfère celle-ci à celle du moment. On ne lit plus que des biographies de jeunes parisiens, pseudo-bourgeois à brushing mal dans leurs converses. Il n’y a quasiment plus rien qui ait un quelconque rapport avec le voyage, l’aventure et la force. Ca me désespère !

-Le mot de la fin…

-Je voudrais que Et qu’elle ne se relève pas soit un roman que l’on lise comme un livre et que l’on vive comme un film. L’exercice de style à part, je voulais que le lecteur ressente aussi bien la chaleur, les odeurs, la soif, la crasse, le bonheur des draps frais que le sang qui sèche sur la peau et la sensualité qui déborde de ce roman.

-Et si un éditeur souhaite te contacter pour ce manuscrit, comment peut-il te joindre?

-Et bien, je suis dans l'annuaire, à Paris, comme sur Facebook à Lionel Emery (attention, il y en a deux !)

(Ou alors, envoyez-moi un message, je transmettrai…)

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Commentaires

Je viens de tomber sur les commentaires du roman "Et qu'elle ne se relève pas", malgré la tristesse du titre, çà donne vraiment envie de le lire. Est ce possible ?Je suis impatiente de le découvrir...
Merci
Aicha

Écrit par : Charik | 08 septembre 2011

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