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18 avril 2011

Marc Louboutin : interview pour "Flic, c'est pas du cinoche"

louboutin par Pierre Emmanuel Rastoin.jpg

(Photo : Pierre-Emmanuel Rastouin)

Marc Louboutin… cela faisait longtemps que j’entendais parler de lui. Je savais de cette personne qu’il était un ancien flic. Un de la vieille école. Un flic ayant vécu son métier comme ceux que l’on voyait au cinéma. Je savais aussi que c’était lui qui avait arrêté le célèbre Michel Vaujour. Il ne m’avait pas échappé non plus qu’il continuait à défendre la cause des policiers d’aujourd’hui sur des blogs et sur Facebook. Un jour, je ne sais plus comment, nous sommes devenus amis Facebook (quelques amis communs, sans doute…). Et nous avons commenté parfois nos pages respectives. Puis, il est venu à une soirée dans laquelle je présentais mon livre. Et donc, nous nous sommes co-appréciés. En tout cas, Marc Louboutin m’a intéressé. On ne peut pas dire que ce soit le type de personne qui laisse indifférent. Et puis, j’aime les hommes de conviction. Et j’aime aussi donner la parole, sans (trop) de coupes, à ceux à qui on offre que très peu d’espace pour s’exprimer. L’occasion était toute trouvée. La sortie de son livre Flic, c’est pas du cinoche (Éditions du Moment). Nous avons donc déjeuné ensemble le 31 mars dernier, magnéto posé sur la table.

Un peu écœuré par le non-intérêt que lui portent les médias ou la mauvaise foi dont il fait l’objet quand on l’interroge (et quand il lit le résultat après publication), Marc Louboutin, a décidé de ne plus donner d’interview. Selon lui, celle-ci était donc la dernière.

flic.jpg4e de couverture :

Au cinéma comme à la télévision, le genre policier ne connaît pas la crise. Mais ces fictions, surgonflées à coups de 9 mm, correspondent-elles vraiment à la réalité ? L’auteur a vécu une partie de sa carrière d’inspecteur dans les années quatre-vingt entre flingages, bavures et infiltrations, dans un milieu parfois peuplé de ripoux et souvent porté sur l’alcool. Pour autant, la vie actuelle des policiers est très loin des clichés véhiculés par les films et les séries. Les flics ne sont pas tous des experts en arts martiaux. « Les interpellations finissent souvent au sol… et le policier se blesse. » Les femmes ne peuvent pas toujours compter sur leurs équipiers. « Une adjointe de quarante-cinq kilos a traîné à l’abri un collègue au fémur brisé alors qu’un grand costaud était parti se planquer. » Leur vie sociale et amoureuse est compliquée. « À l’annonce de notre union, beaucoup d’amis de ma femme l’ont quittée. Comme si nous avions la gale. » Les cellules de garde à vue ne sont pas des décors de ciné.    « La geôle n’est qu’un nid à microbes où sèchent la merde, le sang malade et le glaviot format familial. » Et ces « héros » ont aussi des failles. « Une nuit, j’ai craqué. J’ai décidé d’en finir avec la vie… Je suis rentrée chez moi avec mon arme de service. »

Dans cette enquête inédite, de nombreux policiers se livrent sans concessions ni fausse pudeur, avec humour et parfois désespoir, faisant émerger une réalité très crue : être flic, c’est pas du cinoche.

MARCO-4_3.jpgL’auteur :

Marc Louboutin a été, entre 1985 et 2001, inspecteur puis lieutenant de police, successivement en poste à Paris, Chambéry et Quimper. Spécialiste des interventions de flagrant délit, il a encadré diverses unités (brigade des mineurs, poste ZUP – zones à urbaniser en priorité -, groupe d’intervention et de recherches, unité de traitement judiciaire, groupe de lutte contre les stupéfiants). Titulaire de la médaille de bronze des actes de courage et de dévouement pour l’arrestation en 1986 de Michel Vaujour, Marc Louboutin a rendu cette décoration avec toutes ses lettres de félicitations avant de démissionner en 2001. Journaliste et photographe indépendant depuis cette date, il a lancé en août 2009 un blog sur Facebook, « Le blog de police », qui est une interface de dialogues alimentée par un fil d’actualités sur le thème de la sécurité publique en général.

(Source : Les grandes oreilles).

Marc Louboutain 31.03.11 5.JPG

Interview :

Mandor : J’ai l’image de toi d’un flic des années 80 et 90 que l’on voit dans les films noirs. Dans ton  livre, tu expliques qu’être flic aujourd’hui, ça n’a rien à voir avec l’imagerie décrite dans les films. 

Marc Louboutin : Tous les films de genre policier, comme ceux d’Oliver Marchal, sont basés sur nos vies de flics dans les années 80. Les réalisateurs se sont contentés, pour se mettre à la page, de remplacer Inspecteur et Inspecteur principal par Lieutenant et Capitaine, alors qu’aujourd’hui, ce sont les gardiens de la paix qui font le boulot… et d’une autre manière. Aujourd’hui, on n’est plus dans la même réalité.

Pour ce livre, tu as interviewé plus de 80 gardiens de la paix, plutôt jeunes. Ils témoignent sur ce dur métier.

Ils racontent l’évolution par rapport à ces films et à ce que j’ai connu moi-même… ceux qui sont rentrés récemment dans la police et qui se retrouvent avec des instructions ahurissantes, alors qu’ils rêvaient d’attraper des délinquants… ils sont un peu dépités, voire écœurés. Il y a de plus en plus de jeunes gardiens de la paix qui quittent la police. Avant, un flic qui démissionnait, c’était une exception.

Toi, tu as démissionné en 2001… quand tu as compris que l’esprit de la police changeait et que tu n’allais plus être bien.

Moi, je suis rentré dans la police pour arrêter des délinquants. À partir du moment où la priorité de l’administration, ce n’était plus ça, j’ai considéré que j’avais fait ce que j’avais à faire. J’ai vécu ma vie de flic comme je m’imaginais ce métier quand je regardais des films policiers. Je ne voulais pas vivre cette profession de manière technocratique. La gestion de population et la gestion de statistiques, très peu pour moi !

metier de chien.jpgTu parles beaucoup de Nicolas Sarkozy dans ce livre et surtout dans le précédent Métier de chien, lettres à Nicolas. Pour toi, c’est lui le responsable de tous ces changements ?

Il a institué un système quand il a été ministre de l’Intérieur, sans doute avec des conseillers qui n’étaient pas très bons. Aujourd’hui, cette administration est devenue un grand n’importe quoi. Les jeunes policiers, ceux qui ont 10 ans de police, ils n’ont connu que Sarkozy. Et, c’est clair, ils ont la nette impression de s’être fait avoir.

Les jeunes que tu as interviewés, te connaissaient-ils de réputation ?

Tu sais, j’ai écrit deux livres, j’ai monté une surface de dialogue qui leur permet de s’exprimer et ils savent que j’essaie de défendre une vision du métier très républicaine. Beaucoup ont lu mon premier livre Métier de chien, lettres à Nicolas, sorti en 2007, juste avant les élections présidentielles. Ce livre est devenu presque culte  parce qu’on ne le trouve plus maintenant. S’est véhiculé, après la sortie de ce bouquin, une sorte de légende parce que, pour eux, je suis l’exemple même de ce que devrait être la police. C’est en tout cas, pour ce genre là de vie, qu’ils sont rentrés dans cette administration.

Pourquoi ont-ils témoigné anonymement ?

Ils ne peuvent pas témoigner sous leur nom. Aujourd’hui, s’exprimer sur la réalité de son métier, ça va tellement à l’encontre du discours politique que ça devient quasiment une démarche partisane politiquement, alors que ce n’est pas du tout leur but. Leur but, c’est vraiment une démarche citoyenne et républicaine, quelle que soit leur opinion politique, souvent de gauche d’ailleurs. Ils partent du principe que s’exprimer fait partie de leur devoir de flic. Le gouvernement considère que s’ils s’expriment, c’est un contre-feu politique, une démarche d’opposition. Du coup, on se trouve dans une position schizophrénique où le policier qui veut parler légitimement de sa condition devient sanctionnable. En gros, ce que veut l’administration, ce sont des fonctionnaires parfaits qui ne disent rien ou qui disent du bien du gouvernement. Si on laissait s’exprimer les policiers, la population comprendrait mieux le malaise qu’il y a dans la police. Et, pour être tout à fait clair, je considère qu’un flic qui arrête de penser, c’est la porte ouverte à n’importe quelle dictature.

Crois-tu que tu déranges le pouvoir ?

Je sais que je suis, entre autres, dans les petits papiers de l’IGS (l'Inspection générale de la police nationale). J’ai des copains de promos qui sont toujours à la DCRI (la Direction centrale du renseignement intérieur) et donc je suis au courant de ce qui peut se dire autour de ma personne … avoir une démarche citoyenne peut conduire à être dans les objectifs de la police. Ça ne cesse pas de m’étonner.

louboutin1990.jpg

Marc Louboutin (à gauche) en 1990.

Tu as quitté la police, il y a presque 10 ans, mais, au fond, tu n’as jamais décroché.

J’ai tourné la page pendant 3 ans. Entre temps, je suis devenu pigiste permanent à VSD. Je m’occupais de sports extrêmes et de tourisme… j’étais très loin de tout ça. Un jour, le rédacteur en chef de ce journal m’a demandé si j’avais encore des contacts dans la police pour écrire un article sur ce que les policiers pensaient de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à ce ministère. Il avait restauré une sorte d’image de la police dans le discours et je pensais donc que les policiers étaient plutôt favorables à Sarkozy. Je me suis bien vite rendu compte, en interviewant une trentaine de policiers dans toute la France, que la culture du chiffre était devenue omniprésente et qu’il y avait déjà des problèmes d’effectifs… J’ai écrit un article et le chef de l’information du journal l’a un peu édulcoré. À l’époque, personne n’avait osé écrire un article mettant un bémol au nouveau et pétillant ministre de l’Intérieur. Ça a fait un gros buzz à l’époque, tant et si bien que, suite à un courrier du directeur de la police de l’époque, je me suis retrouvé viré comme un malpropre de VSD. Et curieusement, j’ai eu le droit à une sérieuse taxation fiscale… Ça m’a mis dans une situation assez compliquée. Je me suis retrouvé dans la rue, au sens propre du terme. Je n’ai eu aucune solidarité de mes collègues journalistes. De toute façon, quand on est un ex-flic, on est toujours un ex-flic. On est toujours plus un flic que ce que l’on devient après. J’ai trouvé ça si injuste que, depuis, j’ai décidé de ne pas lâcher l’affaire. Il ne faut pas chercher mon caractère de breton têtu. Voilà ce qui m’a amené à travailler sur les affaires de police pour différents titres de presse et  à écrire Métier de chien, lettres à Nicolas.

Marc Louboutain 31.03.11 1.JPGPourquoi ce livre ?

Je trouvais un peu étonnant que l’année précédent les élections de 2007, on parle principalement de la sécurité et que finalement, personne ne savait ce que pouvait être une carrière de flic. Donc, j’ai raconté la mienne… de manière extrêmement crue, sous forme de dialogue avec Nicolas, pensant que lui ou son entourage aurait l’intelligence de se poser les bonnes questions. Au final, ça a été exactement le contraire. Deux ans plus tard, après un passage à Complément d’enquête, les librairies ont cessé d’être alimentées de mon livre. Il restait 2500 livres à écouler, on ne sait toujours pas où ils sont. J’ose espérer que monsieur Sarkozy a autre chose à faire que de s’occuper de mon cas.

Il me semble que tu as une mentalité à shooter dans la fourmilière…

Aujourd’hui, malheureusement, il y a une grande partie des journalistes qui ne sont plus du tout curieux. On est dans une période où, pour faire sortir les problèmes, il faut être dans l’outrance. Les politiques s’en servent parfaitement. Il faut juste utiliser les armes de la communication d’aujourd’hui. Je ne fais que m’adapter.

Pour faire parler de ton livre, tu as créé le buzz avec des vidéos de témoignages de policiers qui témoignent filmés de dos sur leurs conditions de travail. Manière d’ouvrir le débat ?

Une fois de plus la presse s’est trompée. On mélange les causes et les conséquences, la forme et le fond. La grosse question de la presse a été « qui est derrière ce collectif de policiers ? », mais personne n’a écouté ce que ces policiers avaient à dire. Il y a un vrai autisme des médias sur la réalité de la police. La grande majorité (pas tous, hein, j’en connais des sérieux), veut servir à leurs lecteurs principalement des bavures, alors que le vrai sujet n’est pas là. Il ne faut pas s’étonner que les seules personnes qui soient à l’écoute et qui parlent de cette réalité, c’est le FN. Alors que les policiers sont majoritairement de gauche, quel paradoxe ! Cela prouve bien la très mauvaise santé de notre démocratie. Les policiers qui ont parlé le disent bien : ils ne sont pas au service d’un parti politique, mais ils sont au service des citoyens. Ils seraient temps de revenir aux fondamentaux.


FPC #4 Epilogue: « Flic c’est Pas du Cinoche » par feeld


FPC : L'ANCIEN FLIC EXPLIQUE SON BUZZ par latelelibre

La police d’aujourd’hui se prête apparemment moins bien à un système narratif de fiction.

Pour autant, il y a des choses à raconter. Flic, c’est une vraie expérience de vie. Ce sont des gens qui vivent dans un autre monde. Aujourd’hui, ils deviennent un peu les bannis de la société. Ce livre se voulait pédagogique. À part quelques journalistes qui ont fait l’effort intellectuel de le lire, les autres pensent que ça ressemble tellement peu à leur fantasme idéologique du flic. Non, sous chaque uniforme, il n’y a pas de gestapiste en puissance, non, ils ne sont pas tous alcoolos, violents, racistes…

Tu remets en question le métier de journaliste d’aujourd’hui.

Chez les journalistes, il y a un conformisme de faits. Ils cherchent dans l’information ce qui comporte leurs idées préétablies. Ce n’est pas comme ça que j’envisage ce métier. Moi, dans ce livre, je dis la vérité et ne cache rien de la réalité des faits exprimés. Je suis resté dans la ligne droite de ce que j’ai fait pour Métier de chien, lettres à Nicolas. J’ai expliqué exactement ce qu’était un flic. Leur désespérance, la violence avec tout ce que ça implique de dérapage possible. La sécurité, aujourd’hui, c’est aussi comment on gère la violence de la société et comment les acteurs qui sont là pour l’arrêter gèrent cette violence. La gestion de la violence est extrêmement compliquée et n’est pas une science exacte. On parle de la violence à longueur de temps, mais personne ne sait ce que c’est. Dans la rue, c’est la loi du plus fort. Le Code pénal, il n’existe pas dans la rue. Tout ça, c’est bon pour les intellos qui discutent à la télévision.

Tu racontes dans ton livre que toi aussi, dans ta jeunesse, tu aurais pu basculer du mauvais côté. Qu’est-ce que tu es devenu flic plutôt que voyou ?

Déjà, quand j’étais plus jeune, je ne me suis pas fait choper pour les conneries que j’ai faites. Entre 16 et 18 ans, j’ai perdu des potes. L’un d’eux est mort dans une cage d’escalier. Ça permet d’avoir un certain recul. Et puis, tu sais, j’ai été élevé avec les bouquins de Kessel, de Lartéguy (notamment, Tout homme est une guerre civile) et de Schoendoerffer. Ça me paraissait plus utile d’utiliser cette énergie que j’avais et cette violence intrinsèque au service d’autres choses que l’argent. Je suis donc devenu militaire. Je n’ai jamais été un bon financier, moi. Il ne faut pas oublier que les voyous, ce sont les pires des capitalistes.

Il y a un côté Zorro en toi. Défendre la veuve et l’orphelin…

Oui, il y a un peu de ça. Il faut être un peu idéaliste pour rentrer dans la police. Encore plus aujourd’hui d’ailleurs. A mon époque, on était idéaliste, mais a on pu faire le métier pour lequel on était payé, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Tu racontes dans le livre, la difficulté de pouvoir se servir de son arme en service.

Aujourd’hui, le policier qui fait  usage de son arme, le temps que la légitime défense soit établie, il peut être suspendu, être mis en garde à vue, bref, avoir de sérieux problèmes. Il est traité comme un voyou. Moi, je n’ai pas connu ça. À mon époque, un mec qui avait un flingue, on tirait, point, basta, c’était réglé. Quelque part, je trouve ça logique. Je ne vois pas quel droit idéologique on peut donner à quelqu’un de normalement constitué de se promener avec une arme s’il n’en a pas le droit. C’est une menace implicite pour les gens. Aujourd’hui, j’entends des tas de bobos gauchistes, les intellos de Saint-Germain des Près, souvent des gens qui sont loin d’être des imbéciles, qui par des moyens détournés, arrivés à faire croire insidieusement que les flics sont d’extrême droite, alors que la réalité, c’est que les composantes globales de la police, syndicalement, sont plutôt à gauche. Ça me désespère un peu parce que c’est un manque flagrant d’analyse. Ils sont dans une espèce de formatage dans lequel ils ne comprennent pas que la violence n’est pas une vue de l’esprit. Moi, j’ai ramassé des collègues qui se sont fait tirer dessus… moi-même, j’ai tiré sur des gens. Je pars du principe que la légitime défense, elle est déjà constituée dans la défense de la société. Il y a une immense injustice par rapport à ça. Plus les discours d’un gouvernement sont durs avec la sécurité, plus il y a une peur de la bavure qui pourrait tacher le discours sécuritaire et plus les flics sont contrôlés. C’est une espèce de fumisterie intellectuelle.

La police se fait cracher dessus de toute part, expliques-tu.

Tu ne vas pas me dire que ce n’est pas la réalité ! Les flics continuent à bosser, parce qu’ils ont conscience que, globalement, quand ils agissent, ils sont des victimes et ces victimes-là ne constituent pas une entité. Ce sont de vraies victimes. Aujourd’hui, on est méprisé par la société. Il y en a beaucoup qui se demande si ça vaut le coup de se faire tuer pour une société qui ne nous aime pas.

marc louboutin,flic c'est pas du cinoche,interviewTu es devenu pote avec Michel Vaujour. Tu l’as arrêté et mis une balle dans la tête quand même !

Nous nous sommes dédicacés nos livres respectifs. Lui m’a signé : « Après s’être échangé des balles, on s’échange des livres ! ». Il sait pertinemment que les choses étaient claires. Tu prends une arme, tu vas sur la voie publique, tu tombes sur les flics, c’est le premier qui tire qui a raison. Tous ces journalistes donneurs de leçons, ils peuvent penser ce qu’ils veulent, mais ils sont à des années-lumière de la réalité. Il faut qu’ils lisent Flic, c’est pas du cinoche et ils seront ce qu’est la réalité de la vie de flic. Michel Vaujour, quand on l’a arrêté, il y a quand même eu 50 coups de feu de tirés à 3 heures de l’après-midi, porte de Bagnolet. Ça tirait dans tous les sens, c’est un miracle qu’aucun civil n’ait été touché. Mais au fond, je préfère de loin un voyou qui me tire dessus qu’un journaliste qui me crache dessus et qui ne me donne pas le droit de répondre.

Marc Louboutain 31.03.11 4.JPG

Après le déjeuner et l'interview...

Le lendemain de cette interview Marc Louboutin s’envolait pour la Bolivie pour une durée indéterminée. Un ras le bol général, une envie de régénérer, de voir autre chose. Il se demande s’il ne va pas s’y établir…

Bonne chance pour sa nouvelle vie!

Pour terminer, voici une page de publicité, offert par Marc Louboutin...Il vous conseille ce livre absolument passionnant!!!

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Commentaires

C'est une belle interview, mais pourquoi la Bolivie?

Écrit par : Thalasso | 18 avril 2011

@Thalasso :
De passage rapidement à l'occasion d'une possibilité de connexion à Sucre pour deux jours
Pour être exact (sur la Bolivie) ce périple termine un cycle de prospection plus large d'éventuelle expatriation en Amérique du Sud avec ma compagne.
Mais je crois que pour le moment c'est encore le Chili qui emporte ma préférence, notamment dans sa partie la plus au Sud...;-)
A suivre.

@François : Merci de cette publication (et des coupes...;-) Cette interview étant très bien retranscrite, les choses étant dites, pourquoi dès lors multiplier les autres interventions ? J'ai accordé le même genre d'entretien à une grande chaîne cryptée, diffusion prévue en juin apparemment. Voilà." Cela c'est fait." comme dit l'adage populaire. IL est temps pour moi de passer à autres choses, de donner la priorité à ma famille et aux fictions et finalement "Après moi le déluge...."
Amitié
Marc

Écrit par : Marc Louboutin | 18 avril 2011

Merci pour cet excellent interview!!!!
Il est tout de même triste de constater qu'aujourd'hui, aucun journaliste ne s'intéresse vraiment à la réalité de notre métier et que seules les "bavures policières" attirent leur regard.
Marc Louboutin a su nous donner la parole comme vous, vous le faites pour lui ici, ce qui n'est pas des moindres.
La politique actuelle étant de se valoriser à l'aide et à coup de statistiques, beaucoup d'entre nous baissent les bras et ne voient plus qu'un métier à revenus alimentaires. La vocation devient une utopie et l'injustice de plus en plus pesante.
La Police et les Policiers vont mal mais personne ne s'en préoccupe. Les citoyens français se soucient plus de leur porte feuille que de leur République sans parfois même sans rendre compte.
On ne recrute plus non plus de gardien de la paix (ou très peu) et si cela continue, nous allons nous retrouver des policiers "couches culottes" sans cervelle!! Est ce eux que les citoyens veulent pour assurer leur sécurité???
Merci beaucoup à Marc pour ce qu'il a fait et pour ce qu'il continue à faire, je lui souhaite une bonne continuation dans sa retraite méritée!!!!!

Écrit par : Marianne | 19 avril 2011

Marc est une personne qui offre un regard lucide dans un contexte de faux-semblants. Etre vrai est dérangeant. Il dénonce....il rend compte....Chapeau bas ! Et bon voyage !

Écrit par : Lefeuvre | 24 avril 2011

très bon billet

Écrit par : unouveaucompte | 11 août 2011

Les commentaires sont fermés.