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27 février 2011

Signature à la librairie "Le Monde d'Arthur" : bilan

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Hier, le bonheur…

Il faut dire que cette première signature avait était plus que convenablement relayée par la presse écrite locale.

 

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Sandrine Gauzaire et ses deux charmantes employées de la librairie meldoise Le Monde d'Arthur ont Mandorisé leur vitrine de façon fort généreuse.

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Je pense que l’on peut difficilement faire mieux.

Tous mes amis meldois sont venus, sans exception (merci Richard, Olivier (et son papa), et toi Raphaël, et toi Nathalie, et toi Christophe… on dirait du Bruel, tiens !)  

Près de 20 livres vendus (il paraît que c’est une performance pour un auteur inconnu… Ah bon !)

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3 journalistes venus m’interviewer (avec poses photographiques pas du tout gênantes) : Le Parisien, La Marne et la-seine-et-marne.com.

Merci, vraiment, aux trois drôles de dames du Monde d’Arthur (seule librairie du centre-ville de Meaux) et en particulier à Sandrine Gauzaire d’avoir pris le risque insensé de m'inviter.P1050006.JPG

 

(Merci aussi pour les œufs Kinder et le champagne de conclusion de journée !).

(Si ça se passe toujours comme ça, une séance de dédicaces, je veux recommencer dans toutes les librairies du monde.)

Edit :

Voici l'article de Patrick Méléo de seine-et-marne.com publié le 27 février.

Et la photo qu'il a prise lors de la séance...

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 L'article publié dans Le Parisien Seine-et-Marne du lundi 28 février 2011.

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L'article publié dans La Marne du mercredi 1er mars 2011.

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25 février 2011

Dédicaces à la librairie "Le Monde d'Arthur" à Meaux!

 

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Demain, samedi, je vais me retrouver dans une situation inédite.

 "On" va m’installer derrière une table, devant un paquet de mes livres et un stylo… et je vais attendre des hypothétiques lecteurs.

Ma première signature officielle se tiendra à la librairie Le Monde d’Arthur à Meaux, de 15h à 18h.

info854_mandor2.JPGC’est 77FM, radio meldoise dans laquelle j’ai officié deux ans, qui m’a organisé cet « évènement ».

Grand merci à Richard Jabeneau !

À ce propos, le patron de 77FM m’a interviewé par téléphone pour la radio et le site 77 infos.

À écouter là !

Se retrouver de l’autre côté de la barrière, interrogé par quelqu’un que je connais très bien, est une bien curieuse expérience.

J’aime bien, en fait.

(Merci aussi à mes amis d'Atome 77 d'avoir relayé l'info!)

24 février 2011

Interview de Matilda-Rose Vignale pour "Les chroniques de Mandor"

Bon, il ne faut pas rigoler. La sortie d’un livre, il faut s’y consacrer à fond. Ne rien laisser au hasard, choisir les meilleurs intervieweurs possible et tenir un discours bien rodé.

Hier, à 16h, dans les locaux de l’agence dans laquelle je travaille, Mixicom, j’ai reçu Matilda-Rose Vignale (avec le soutien de son papa Fred-Eric du même nom).

Matilda-Rose a 4 ans.

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Et elle est la digne fille de son père (entre 1000 activités, créateur de Le Mague.net).

Qui soutient à fond la sortie de mon livre (voir déjà et hier , donc).

 


"Les chroniques de Mandor" par Matilda
envoyé par fvignale. - Rencontrez plus de personnalités du web.

Merci à Matilda-Rose et à Fred-Eric Vignale pour ce délicieux moment frais et original !

 

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Important (voire même primordiale pour la bonne marche de ce monde en déroute):

Pour se procurer le livre facilement, il est trouvable sur le site de la FNAC, sur Amazon et sur le site de mon éditrice.

19 février 2011

Hangar (Antonin Bartherotte): interview et chronique

 

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Le 14 février dernier est sorti le premier album du groupe Hangar. A cette occasion, je suis allé à la rencontre du chanteur de cette formation, Antonin Bartherotte, dans les locaux de sa maison de disque, Polydor/Universal. Le 17 janvier 2011, c’est un jeune homme tranquille, souriant et très poli que je vois arriver dans le bureau où je l’attends en parlant à une de ses attachées de presse. Il a un peu de retard, mais s’en excuse. Nous montons dans une des pièces réservées aux interviews d’artistes (qui sert aussi de salle de détente pour le personnel)...

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Avant de lire l’interview, voici ma chronique publiée dans Addiction, le mag daté du mois de février 2011.

 

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Voici le résultat de notre entretien fort sympathique publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois de février 2011.

 

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Pour terminer, deux clips tirés de ce premier album éponyme.


Hangar en V.O. / Version Originale
envoyé par roymusic. - Clip, interview et concert.



Hangar - En vie, les préliminaires
envoyé par umusic. - Regardez d'autres vidéos de musique.

13 février 2011

"Elle s'appelait Sarah" : rencontre avec des élèves de Provins !

 

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bv000002.jpgJeudi dernier, dans le cadre du Festival Encres Vives/Salon du Livre, à la demande de David Sottiez, j’ai animé une projection-rencontre autour du roman bestseller de mon amie Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah  (éditions Héloïse d'Ormesson) et de son adaptation cinématographique. Cet évènement exceptionnel a permis aux élèves et aux enseignants de Troisième et de Première du Collège-Lycée Sainte-Croix (Provins), d'échanger avec la romancière, Tatiana de Rosnay, la jeune actrice Mélusine Mayance (Sarah dans le film) ainsi qu'avec Arlette Testyler, personne rescapée de la rafle du Vel' d'Hiv' et présidente de l'association Mémoires et Vigilance des Lycéens.

 

Présentation des forces en présence :

 

TATIANA_DE_ROSNAY.jpgTatiana de Rosnay :

Née en 1961, Tatiana de Rosnay est franco-anglaise. Elle est l’auteur de dix romans. Selon Bookseller, elle a été, en 2009, l'auteur français le plus vendu en Europe.

Elle est aussi l’auteur français le plus lu aux Etats-Unis, où Elle s’appelait Sarah figure depuis plus de deux ans sur la liste des meilleures ventes. Les ventes mondiales de Elle s’appelait Sarah et de Boomerang s’élèvent aujourd’hui à plus de 5 millions d’exemplaires.
Rose
, son nouveau roman sort le 3 mars 2011.

 

13568_199248586646_140658126646_3477006_8206009_n.jpgMélusine Mayance :

C'est à la télévision que la jeune Mélusine débute sa carrière d'actrice, en 2008, dans la série Vive Les Vacances. Mais c'est au cinéma qu'elle se fait remarquer du grand public, en 2009, dans le rôle de Lisa, fille d'Alexandra Lamy et belle-fille de Sergi Lopez, dans le film fantastique de François Ozon, Ricky.

En 2010, le cinéaste Gilles Paquet-Brenner lui offre l'un des rôles principaux, aux côtés de Kristin Scott Thomas, dans le drame Elle S'Appelait Sarah.
La même année, elle rejoint l'actrice Pascale Arbillot au casting du téléfilm Un Soupçon D'Innocence, dans lequel Mélusine interprète une enfant tourmentée.

Mélusine Mayance a 12 ans.

 

ACtestyler-048d1.jpgArlette Testyler :

Arlette Testyler est une personne rescapée de la rafle du Vel’ d’Hiv’ (Paris) ainsi que du camp d’internement de Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle est présidente de l'association Mémoires et Vigilance des Lycéens.

Arlette Tesyler et Charles, son mari (A 15 ans, un long martyr le mènera successivement et durant 3 années, dans 7 camps de travail, rattachés aux complexes d'Auschwitz et Gross-Rosen), viennent de publier un livre témoignage : Les enfants aussi ! (éditions Delattre, 2010) Préface de Tatiana de Rosnay / Témoignages recueillis et rédigés par François Fouquet.

 

Voici quelques photos de cette rencontre exceptionnelle. Elles sont signées Marie-Pierre Canapi et Jean-Pierre Mangin.

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Marie-Pierre Canapi, professeur de Français de classe de 1ere.

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Le déjeuner après cette rencontre riche en émotion...

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Remerciements à :

-Tatiana de Rosnay, Mélusine Mayance, Arlette et Charles Testyler pour leur générosité, leur présence solaire et leur "lumière" évidente.

-Marie-Pierre Canapi et Jean-Pierre Mangin pour leurs photos (très belles) et leur gentillesse.

-David Sottiez pour m'avoir permis de vivre ce moment plus important pour moi qu'il peut l'imaginer... (et pour m'offrir sa confiance permanente).

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07 février 2011

Mes livres de l'hiver 2011 (4) : Pierre Pelot pour "Maria"

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Après Mes livres de l’été 2010, Mes livres de l’automne 2010, voici le quatrième numéro de Mes livres de l’hiver 2010/2011. Après les frères Fouassier, Eric et Luc Michel pour leurs ouvrages respectifs, Le Traducteur et Les hommes à lunettes n’aiment pas se battre, Frédéric Mars pour Lennon Paradise, le roman posthume de John Lennon, Bertrand Guillot pour b.a.-ba, voici le nouveau livre de mon écrivain préféré, Pierre Pelot, Maria (paru aux éditions Héloïse d’Ormesson).

Présentation de l'éditeur

Les Vosges sous l'occupation nazie. Maria est institutrice. D'une beauté saisissante, elle coule des jours insouciants avec son mari, Jean, patron du bistrot du coin. Lorsque les maquisards viennent la chercher à l'école devant ses élèves, ils promettent de la ramener bientôt, que tout ira bien… Commence alors le calvaire de Maria. Un calvaire qui durera toute sa vie. Car voilà : Jean est un traître, un collabo, et beaucoup sont morts par sa faute. Pour l'avoir aimé, Maria sera battue, torturée puis violée, avec à jamais gravé en elle la disgrâce et la cruauté de ceux que la France élèvera bientôt au rang de héros. Elle n'en parlera à personne. Cinquante ans plus tard, un jeune homme arrive dans cette vallée par une nuit neigeuse. Il vient rendre visite à l'une des pensionnaires de la maison de retraite. La voix fatiguée d'une conteuse sur les ondes d'une radio locale l'accompagne dans son périple nocturne. Pour ses auditeurs, elle évoque l'histoire de ces terres où gèlent les eaux de la Moselle. Les fantômes du passé planent sur son récit.

Avec Maria, Pierre Pelot revient à sa géographie intime, honorant, dans cette langue percutante et sensible, la mémoire d'une région aussi écorchée que son personnage. Alors que la neige fond et devient boue, visages des résistants et des nazis se confondent. Un roman entre drame intimiste et thriller historique, aux paysages blancs issus d'Un roi sans divertissement de Jean Giono.

 

L’auteur :

Né en 1945 à Saint-Maurice-sur-Moselle où il vit toujours, Pierre Pelot a signé plus d’une centaine de livres, du polar à la SF. Il est l’auteur notamment de L’Été en pente douce, C’est ainsi que les hommes vivent (prix Erckmann-Chatrian), Méchamment dimanche (prix Marcel Pagnol), L’Ombre des voyageuses (prix Amerigo Vespucci) et La Montagne des bœufs sauvages.

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Pour être sincère, je suis un très grand amateur de l’œuvre de Pierre Pelot. Je l’ai rencontré très souvent. (Voir ici ). Le 20 janvier dernier, nous avons déjeuné ensemble dans un restaurant parisien. Il est venu accompagné de sa femme Irma (la reine de la tarte Tatin) et son attachée de presse Audrey Siourd (que je considère plus comme une amie que comme une attachée de presse, elle le sait…). Avant l’entretien en tête à tête avec l’auteur, nous avons passé un très bon moment. Drôle et parfois émouvant. Merci à tous les trois !

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Mandor : Ce n’est pas la première fois que tu évoques cette période-là de l’histoire, mais c’est la première fois que tu as pris le parti de dire que dans aucun des camps, personne n’était tout blanc ou tout noir. En l’occurrence, dans Maria, les résistants ne sont pas exempts de tout reproche.

Pierre Pelot : Si j’avais voulu faire un livre sur la résistance dans les Vosges ou ailleurs, je n’aurais pas choisi cet angle. Ce livre est davantage et avant tout l’histoire de Maria. Il se trouve que pour que son histoire soit son histoire, ça passe par là. Au départ, c’est une histoire vraie. Il y a vraiment eu un salaud qui a dénoncé des maquisards dans un village proche du mien. Ils ont été raflés, embarqués et sur les 60 et quelques, il y en a seulement 20 qui sont revenus… et pas en très bon état. Après cet épisode-là, une deuxième lettre anonyme a dénoncé le type. Il y a une version qui dit que les maquisards l’ont accueilli à la descente du train et l’ont butté. Ils ont embarqué aussi sa femme, qui, au passage, n’était peut-être pas innocente non plus. Elle aurait été violée deux-trois jours avant d’être relâchée. Elle a vécu toute sa vie avec l’opprobre de tous. Elle a eu un fils, elle a tenu un petit café qui faisait épicerie et elle est morte après une vie abominable. C’est tout. Je suis parti de cette histoire réelle pour écrire mon roman.

Portais-tu en toi  cette histoire depuis longtemps?

Je l’avais en tête depuis longtemps, c’est vrai. Mais l’idée de l’écrire a été soudaine. Le déclenchement a eu lieu quand j’écrivais « La montagne des bœufs sauvages ». Dans ce livre il y a plusieurs petites histoires ayant rapport avec les Vosges. Parmi elles, celle de Maria. Des personnes bien avisées ont considéré qu’elle était trop bien, je l’ai donc retiré du livre et je l’ai arrangé pour en faire le roman dont nous parlons ensemble.

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L’opprobre qu’a vécu cette femme a perduré toute sa vie.

Dans ma région, quand on parle de cette histoire, on continue à en parler sous cet angle là. De manière sournoise. Tu sais, il y avait des croix gammées sur sa porte. Elle ne les a jamais effacées. C’est terrible de vivre une vie comme ça. J’ai aussi voulu aussi expliquer qu’à partir du moment où tu te donnes le droit à la justice, forcément ça dérape. Il y a eu plein d’histoires comme ça avec les résistants. Quand eux-mêmes attrapaient des Allemands, ils ne leur faisaient pas de cadeau. Les résistants dont je raconte l’histoire dans Maria, s’ils ont commis ce qu’ils ont commis, je suis à peu près certain que beaucoup d’entre eux, dans la semaine qui a suivi, ont amèrement regretté leurs actes.

Tu penses qu’ils étaient dans une forme d’endoctrinement ?

Je pense qu’il y avait de ça. Certains connaissaient Maria de vu puisqu’ils habitaient pour la plupart dans le même village. Ils n’étaient surement pas des mauvais.

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Ton livre interroge le lecteur sur la possibilité que l’on puisse être tous pourris un jour.

Par la force des choses, je pense que oui.

Dans Maria, tu ne juges jamais les uns ou les autres et tu ne prends pas parti. Te demandes-tu parfois ce que tu aurais fait, toi, pendant cette période trouble de l’histoire ?

Bien sûr. Et je n’ai pas de réponse. Je n’aurais peut-être pas été un héros. Quand tu as la trouille, je crois que l’être humain est capable de faire des tas de choses pas très belles.

Maria a un fils dont on ne sait pas s’il est de son mari ou s’il est issu de son viol collectif. Quoi qu'il en soit, après avoir veillé à ce quelle ne manque de rien et qu’elle s’en sorte financièrement, il l’abandonne.

Oui, mais je trouve qu’il a été un bon fils. Toute sa vie de petit garçon, il a subit ce qu’à subit sa mère. Il a été honnête, bon travailleur et a attendu que sa mère puisse être indépendante pour prendre son indépendance et son envol. S’il n’avait pas rencontré une foraine, donc itinérante, il serait peut-être resté, après tout. À partir de là, en effet, il n’a pas donné beaucoup de nouvelles.

On a l’impression que Maria ne vit pas bien cette séparation, mais qu’elle s’y résout quand même. Elle ne s’appesantit jamais sur elle-même.

C’est pour ça que quelque part elle est digne et admirable. Jamais elle ne geint, mais elle ne perd pas son idée de base.

(Je n’écris pas le reste des propos de Pierre Pelot, car il en dévoile un peu trop sur l’issue de son roman).

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Maria a une passion pour l’histoire et pas seulement pour la Deuxième Guerre mondiale. Elle est devenue l’ « historienne » d’une radio vosgienne. Il fallait que tu trouves un moyen d’expliquer les Vosges et les guerres pour arriver à la Seconde Guerre mondiale et resituer un certain contexte ?

Peut-être au départ oui, peut-être aussi que non. Ce qui lui est arrivé en 44, ça l’a tué en quelque sorte. Le fait de s’être intéressé à l’histoire de sa région, c’est pour elle une façon de retrouver une identité à travers les racines des gens dont elle raconte l’histoire. Il y a un parallèle énorme entre l’histoire des gens et son histoire personnelle. C’est aussi une manière de dire que le bruit et la fureur existent partout depuis toujours.

Dans l’ignominie de toutes ces guerres-là, considères-tu qu’il y en a une plus horrible que l’autre.

Toutes les guerres sont atroces. J’ai décrit dans C’est ainsi que les hommes vivent, la guerre de Trente Ans. Elle ne faisait aucune différence avec la guerre de Bosnie ou celle du Rwanda. J’écrivais ce livre et à la télé je voyais les images… c’était la même chose dans l’ignominie et la sauvagerie. Les premiers camps de concentration, c’était comme la guerre de Sécession. On ne va pas se mettre à faire des échelles dans l’horreur. A partir du moment où les gens se trouvent dans des situations telles, on peut tout attendre d’eux. Aussi bien dans l’héroïsme que dans l’abjecte.

Quand tu étais jeune, entendais-tu des histoires familiales sur cette période-là ?

Mon père n’en parlait pas des masses. Il y avait juste un épisode de sa vie qu’il a raconté une fois ou deux. La façon dont il s’est évadé d’une colonne de types qui étaient embarqués justement pour l’Allemagne. À un endroit très précis, il a sauté au bord du chemin et il s’est évadé avec un autre compagnon d’infortune. Et il n’y a pas très longtemps, j’ai appris qu’il avait participé à la résistance dans la région. Je n’en sais pas plus. Lui ne m’en a jamais parlé. Un jour un type m’a dit : « J’ai quelque chose à te rendre: un révolver que ton père à donné à mon père pendant la résistance ». Comme son père était résistant, j’en ai déduit que le mien l’était aussi. Mon père ne m’en a jamais parlé. Dans la famille, il y avait une espèce de narration généralistique de la chose.

Pierre Pelot 20.01.11 10.JPGLes critiques, les lecteurs sont tous unanimement touchés par cette histoire.

Parce que cette période de l’histoire est encore proche. On côtoie encore des survivants de cette époque-là.  C’est pour cela que certains auteurs se penchent sur l’histoire de leur grand-père, ce que je trouve parfaitement abject.

Alexandre Jardin, si tu nous regardes !

Non, je ne vois vraiment pas l’utilité de la chose. S’il voulait réhabiliter la mémoire de son grand-père, la façon la plus élégante aurait été de ne pas en faire un livre destinée à la vente. En plus, on ne peut pas dire qu’il écrive particulièrement bien.

Tu es quelqu’un de pudique. Tu ne racontes jamais ta vie. Les plus belles histoires que j’ai envie de raconter ne passent pas fatalement par la mienne. Accepterais-tu que quelqu’un écrive une biographie sur toi.

Hé hé, si ça te dit ! Ça peut être marrant, mais est-ce que c’est intéressant ?

Il y a beaucoup de choses à dire sur ton œuvre, sur ta façon d’écrire, sur les langues que tu as inventées, sur le nombre hallucinant de livres que tu as publiés… Il n’y a pas deux Pierre Pelot en France. Pour terminer cet entretien, revenons sur la petitesse de ce roman. Comme tu nous as habitués à des romans-fleuves ces derniers temps, beaucoup s’en étonnent. Tu sens le moment où il ne faut pas en rajouter ?

Oui. Il y a des histoires qui demandent ça. De raconter de manière courte. J’ai éprouvé le sentiment que ce n’était pas nécessaire d’en rajouter. Je ne voulais pas qu’il y ait un mot de trop. Cette histoire s’est racontée à moi-même comme ça.

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 Et merci aussi à Pierre pour ça!

 (Sortie du livre le 15 février. En prévente ici ou ou sur le site du mon éditrice...)

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Important :

Concernant Maria de Pierre Pelot, écoutez cette interview et l'avis du journaliste...

05 février 2011

Interview dans "Addiction, le mag"

françois alquier,les chroniques de mandor,interview,addictionVoici le premier article concernant mon livre « Les chroniques de Mandor » (sortie le 15 février 2011 chez Laura Mare Éditions).

Alors, bon, je ne vais pas vous prendre pour les buses que vous n’êtes pas. Il s’agit d’une page « Interview » que m’a accordée l’un des magazines pour lequel je travaille, Addiction, le mag (daté du mois de février 2011).

Ma rédactrice en chef, Anne Duval, me l’a gentiment proposé.

200.000 exemplaires, distribués dans tous les Virgin, Carrefour Market, Lina’s et un paquet de commerces de proximité de France et de Navarre… pensez bien que j’ai mis ma déontologie professionnelle au placard.

Un coup de pouce sous forme de rouleau compresseur promotionnel ne se refuse pas.

C’est la rédactrice en chef adjointe, Caroline Diène, qui s’y est collée.

Merci à toutes les deux !

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03 février 2011

La Fouine : interview et chronique pour "Lafouine VS Laouni"

la fouine, laouni, interview, chronique

la fouine,laouni,interview,chroniqueBon, je ne vous raconte pas d’histoire, Mandor et le rap, ce n’est pas vraiment une longue d’histoire. Il m’est arrivé régulièrement d’interviewer des rappeurs et, très franchement, je n’aurais pas l’audace d’affirmer que ce sont mes meilleurs entretiens.

Pas le même monde.

Me manque les codes.

Mais, bon, de temps en temps, ça m’amuse d’en glisser ici.

Ceux qui sont polis et qui savent enlever leurs habits de rappeur devant moi.

La Fouine en fait partie.

A priori, son œuvre n’était pas ma tasse de thé.

Il ne l’est toujours pas.

Mais nous nous sommes bien entendus. Disons qu'il n'a pas joué au caïd devant un journaliste qu'il ne connaissait pas.

Son attachée de presse m'avait prévenu avec insistance: "il est adorable!".

Il l'est.

(Mais, ne le répétez pas, ce n'est pas bon pour son image...)

Voici donc mon article publié dans Le magazine des Espaces Culturels Leclerc daté de février 2011:

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Et l’interview qu’il m’a accordée pour Addiction, le mag, daté de février 2011.

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Et le jeune rappeur a fait un peu de pub pour mon livre… (qui sort le 15 février prochain !)

Merci à lui.

la fouine,laouni,interview,chronique

Et pour finir, les deux dernier clips tirés de son nouvel album:


LA FOUINE : VENI VIDI VICI (2011)
envoyé par artemis181. - Regardez d'autres vidéos de musique.



La Fouine - Les soleils de minuit [CLIP OFFICIEL]
envoyé par LaFouinevsLaouni. - Clip, interview et concert.

02 février 2011

CharlElie Couture: interview et session acoustique pour Fort Rêveur

 

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(crédit photo Marc dubord http://marcdubord.com/)

CharlElie Couture fait partie de mon panthéon personnel…

 Je l’ai découvert grâce à son album Poèmes rock (1981), puis j’ai enchaîné avec Quoi Faire (1982).

Les albums qui ont suivi, je les ai tous.

Fan de…

(ici, une ancienne mandorisation du sieur Couture).

Le 10 décembre dernier, CharlElie est venu à MusiqueMag (je remercie au passage Rachel Cartier d’avoir organisé magistralement ce rendez-vous) à l’occasion de la sortie quelques mois plus tard de son album Fort Rêveur (sortie le 31 janvier 2011).

Voici d’ailleurs mon article publié dans Le magazine des espaces culturels Leclerc daté du mois de février 2011 (dans les magasins depuis hier…).

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Ce qui m’impressionne chez CharlElie, c’est qu’il a autant de charisme que d’humilité.

Quand il arrive, il ne joue pas la star. Il te tutoie direct, se confie sur ses déboires avec sa précédente maison de disque comme si tu étais son pote de toujours, te raconte sa vie aux States, répète autant qu’il le faut pour que sa prestation soit la meilleure possible.

Pro et bon à la fois !

Et moi, je comprends une fois de plus pourquoi j’apprécie autant l’artiste que l’homme.

Voici l’interview qu’il m’a accordée pour MusiqueMag. L’entretien est focalisé sur sa vision de l'art en général. Il défend notamment la notion de "multisme".

Trois photos de l’entretien.

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Voici la session acoustique de "Quelqu'un en moi", extrait de son nouvel album Fort Rêveur.

Quelques photos de la session…

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Merci à CharlElie Couture d'être ce qu’il est.

Rare.

 

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01 février 2011

Mes livres de l'hiver 2011 (3) : Bertrand Guillot pour "b.a-ba"

Après Mes livres de l’été 2010, Mes livres de l’automne 2010, voici le troisième numéro de Mes livres de l’hiver 2010/2011. Après les frères Fouassier, Eric et Luc Michel pour leurs ouvrages respectifs, Le Traducteur et Les hommes à lunettes n’aiment pas se battre, Frédéric Mars pour Lennon Paradise, le roman posthume de John Lennon, penchons-nous sur l’ouvrage de Bertrand Guillot, b.a.-ba. (aux éditions rue fromentin).

Note de l’éditeur :

9782953353822.jpgEn 2008, Bertrand Guillot pousse la porte d’un cours d’alphabétisation pour adultes, dans le 20e arrondissement de Paris. Il s’apprête à donner son premier cours. Sa motivation est la même que celle de milliers de bénévoles en France : se rendre utile et abandonner les œillères du quotidien. Écrit à la première personne, rythmé par des chapitres courts, B.a.-ba a tout d’un récit d’aventures. Celle d’un « professeur » débutant, tout d’abord. L’auteur est poussé dans le grand bain sans méthode, ni conseils. Après tout, il sait lire, non ? B + A = ba ? Pas si simple. Le costume de « professeur » taille soudain grand face à des « élèves » qui ont bien souvent vécu mille vies et Guillot prend soudain conscience de l’ampleur de la tâche. Le plus sage serait sans doute d’abandonner sur le champ. Il y pense. Pourtant… Sans vraiment se l’expliquer, il va poursuivre ses cours (il en donne toujours aujourd’hui) et vivre un an avec ses élèves, au rythme des joies et des désillusions. Une année dont il a tiré un livre : B.a. -ba.

L’auteur : Bertrand Guillot est écrivain. Depuis 3 ans, il donne des cours d’alphabétisation à des adultes dans le XIXe arrondissement de Paris. B.a-ba est le roman de cette expérience.

Certains d’entre vous le savent, je suis très amateur de la prose de Bertrand Guillot. J’avais lu avec beaucoup d’intérêt son premier roman, Hors Jeu (comme cette première mandorisation du monsieur en témoigne). Et pour tout vous dire, je suis fan de Bertrand Guillot, l’homme. Humble, intelligent, fin, drôle et pétri d’humanité non feinte. Quelqu’un de bien, en somme. (Ne m’engueule pas Bertrand, je l’écris, parce que je le pense.)

Le 14 janvier 2011, je lui ai donné rendez-vous dans un café proche de l’agence pour laquelle je travaille.

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Mandor : Ton livre, tu l’appelles un « non fiction novel ».

Bertrand Guillot : C’est comme un roman, sauf que la matière dont on se sert est vraie. Il est important de prendre conscience qu’il y a des gens qui vivent à côté de nous et qui ne savent pas  lire.

Tu racontes donc ta première année de vie de « formateur » à des élèves appelés « apprenants ».

Ca fait trois ans que je donne des cours du soir (les ateliers sociaux linguistiques) à des adultes qui ont en moyenne une quarantaine d’années, dans une association du 19e arrondissement. Ils viennent tous du Maghreb ou d’Afrique et sont arrivés en France il y a 5, 10, 15 ans parfois. Tous travaillent, maîtrisent le Français, mais ne savent pas lire.

Quel sacerdoce !

C’est une activité qui me prend 4 heures par semaine (transport compris), alors quand j’entends dire à mon sujet que je suis une sorte de saint, ça me fait doucement rigoler.

Connaissais-tu avant de commencer le nombre d’illettrés qu’il y avait en France ?

Tout le monde sait qu’il y en a 3 millions. Après, il y a des choses comme ça, que l’on sait, mais dont on ne se rend pas compte de la portée dans la vie réelle. Tant que l’on ne s’est pas soi-même projeté dans ce que ça peut signifier que de ne pas savoir lire dans un monde où il n’y pas de sous titre, on ne sait rien.

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Concrètement, c’est quoi les problèmes rencontrés les plus couramment ?

Le truc le plus classique, c’est le type qui vous arrête dans le métro pour savoir si le train va bien Gare de l’Est, alors que l’on est Gare de l’Est ou le type dans la rue avec un papier qui vous demande où est la poste, alors que c’est à côté et que vous le voyez redemander quelques mètres après à quelqu’un d’autre. C’est aussi les gens qui sont obligés de demander à quelqu’un de remplir leur chèque… bref, les exemples sont légions.

Tu ne vois plus du tout la vie de la même façon depuis que tu es formateur.

Oui et non. Quand je suis dans la préparation du cours ou juste après un cours, je vois plus facilement le monde avec leurs yeux. Même si la signalétique à Paris est assez bonne, je me rends compte à quel point il y a des trucs incompréhensibles pour eux. Je ne parle pas des discours, même simplificateurs, des hommes politiques… c’est déjà largement au dessus de leur capacité de conceptualisation, par exemple. 

Tu t’es attaché à tes « apprenants ». Arrives-tu à t’en détacher quand tu rentres chez toi ? Et n’y a-t-il pas un risque de trop s’impliquer dans leur vie privée ?

Je me posais cette question avant de donner ces cours. Pour moi, il y a avait un côté « engagement humanitaire », alors qu’il n’y a rien d’humanitaire dans cette activité. Ce sont juste des personnes qui ont besoin de quelque chose de bien définie, on fait ce que l’on peut pour leur apporter. Eux, ils se définissent comme élèves et vont à l’école et nous, pour eux, nous sommes les professeurs. Ce sont eux qui ont établi ce rôle, peut-être plus que nous. Et pour répondre précisément à ta question, il faut essayer de ne pas trop s’impliquer dans les vies personnelles des uns et des autres… c’est parfois difficile.

Bertrand Guillot 14.01.11 2.JPGTu évoques les différentes méthodes utilisées pour apprendre à lire. Constatation évidente : il n’y a pas de méthode unique.

Tu as sans doute déjà entendu parler des grands débats entre méthode syllabique ou méthode globale dans l’enseignement de la lecture. Avec ta fille Stella, tu verras ça l’année prochaine quand elle passera en CP. Depuis 10 ans, en France pour les gamins, on a arrêté totalement la méthode globale. Pour les adultes, il n’y a qu’une seule méthode qui est prônée par les quelques pédagogues qui s’y intéressent, c’est la méthode globale. Sauf que, à moins d’avoir été spécifiquement formé à ça pendant longtemps, c’est juste impossible d’appliquer une méthode globale de façon suivie. Du coup, pour les formateurs comme nous, il n’y a pas vraiment de méthode officielle. Ceci étant, tous les ateliers d’alphabétisation ont un référent. À l’association, on a une coordinatrice des ateliers qui s’y connait en pédagogie, qui a étudié ce qu’on appelle le FLE (Français Langue Etrangère) et qui nous a donné quelques directions et quelques pistes. On apprend beaucoup sur le tas.

Un livre sur l’alphabétisation, ça peut paraître rébarbatif, mais il n’en est rien. Au contraire, c’est passionnant, ludique et il y a pas mal de moments souriants dans ton livre.

Ce n’est pas calculé pour attirer le chaland, je t’assure. Les ateliers en eux-mêmes comportent plein de moments drôles. Les apprenants sont drôles parce que finalement, quand il y a 10 adultes dans une même salle, on a tous envie de rire un peu. Ce n’est pas le « souk », ce n’est pas le concours de blague… on travaille, c’est d’ailleurs épuisant pour eux d’apprendre à lire. Évidemment, j’ai plus insisté sur les moments marrants que sur les moments tragiques. J'ai pris la réalité, sans la changer et j'ai construit le livre comme un roman, pour qu'on ait envie de lire la page suivante.

Que peut faire la société française pour améliorer les choses en matière d’alphabétisation ?

Il y a deux questions. Il y a d’abord l’illettrisme qui concerne les gens qui ont été scolarisés en France et qui ne savent pas lire et l’analphabétisme qui concerne plus les migrants. En France, on fait comme si c’était deux problèmes différents. Pour l’illettrisme, il y a plein d’associations et des fondations qui donnent des sous et qui financent des programmes pour la prévention de l’illettrisme. Pour les migrants, il y a des centres sociaux et quelques associations, qui ont besoin d’un peu d’argents supplémentaires. Pas grand-chose d’ailleurs, mais un peu quand même. Globalement, le plus important, ce serait que l’on fasse en sorte qu’à la sortie du CP, un maximum de gamins sache lire parce que ce n’était absolument pas le cas.

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La langue française évolue. Le langage SMS, tout ça… qu’en penses-tu dans le cadre de ton activité ?

L’évolution de la langue ne me pose aucun problème. Avec les apprenants, les gigantesques difficultés, c’est l’orthographe. Mais, à la limite, on s’en fout de l’orthographe. Au début de l’année, ils connaissaient l’alphabet jusqu’à N et ils ne savaient pas mettre deux lettres ensemble, alors, tu vois, l’orthographe…. Je leur disais bravo quand ils parvenaient à écrire un mot de plusieurs syllabes qui phonétiquement donnait le mot qu’ils cherchaient.

D’ailleurs, tu parles de la bascule. Tu dis que c’est le moment le plus émouvant de ton engagement.

C’est clairement le moment le plus fort de l’année. Après un mois où ils ne progressaient plus, je me suis rendu compte que sur une BD, ils avaient compris l’histoire sans lever les yeux à chaque syllabe pour vérifier si je validais leurs réponses. C’est vraiment un moment exceptionnel. Après, il y a de grandes questions qui restent : des questions de vocabulaire, de compréhension sur la durée parce qu’on ne s’en rend pas compte, mais c’est super physique de lire quand on ne sait pas lire. Ils lisaient beaucoup beaucoup mieux en début de cours, qu’à la fin.  Et parfois, il y en a qui s’endorment sur la table. C’est un gigantesque effort auquel ils n’ont jamais été habitués.

Tu n’as pas peur de devenir le porte-parole des gens qui luttent contre l’illettrisme ?

Je ne veux surtout pas apparaître avec une auréole et je suis un peu emmerdé quand on me dépeint comme un saint. Je le répète, je ne consacre à cette activité que quelques heures par semaines. Je n’ai pas beaucoup de parole à porter et il n’y a pas de revendications à faire. Si on peut donner à plus de gens l’envie d’être bénévole dans des associations de cette nature, ça ferait du bien. L’autre idée que j’aime bien, qui était l’autre pan involontaire du livre, c’est de donner vie à des gens dont on entend toujours parler sous un angle statistique ou sécuritaire.  Il y  a même des gens très bien que je connais, et qui ont lu le livre, qui sont toujours persuadés que les gens dont je parle sont sans papier. Parce que : adultes, africains, travaillants, on allume la case « travailleurs sans papiers ». Bon, ben, ces gens, ils ont des papiers. Ils travaillent, il y en a même un ou deux qui sont français. Je me rends compte qu’écrire sur les Abdoulaye, Amadou, Amah, Bah, Cheikhou, Hakim, Ibrahima, Khadija, Lyès, Mamadou, Mohammadou, Moumen, Nabil, Philomène, Sadio, Sambou et autres Tombon dont je parle dans le livre, sans que ce soit militant, ça à l’air assez exceptionnel. Ça sort des cadres et c’est très bien.

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A lire également : l'excellente chronique d'Audrey Pulvar sur b.a.-ba de Bertrand Guillot.

Sur le site de la librairie Buveurs d’encre, on parle aussi (et joliment) de son nouveau livre, à l’occasion de son passage dans la dite librairie le jeudi 10 février prochain.