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30 janvier 2011

Florent Marchet: interview pour l'album "Courchevel"!

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Florent Marchet 28.09.10 10.JPGFlorent Marchet est un formidable arrangeur et un compositeur surdoué. Il évoque dans son troisième album, Courchevel, la vitrine sociale, l’adulescence, la carrière, la solitude et la mélancolie pot de colle. Il confirme son goût pour le romanesque et les plongées dans les provinces françaises qui lui sont chères. 11 chansons à l'orchestration impeccable, aux mélodies imparables, des fulgurances dans la voix autant que dans les mots. 11 titres, véritables cartes postales pop. Que ceux qui pensent que la chanson française est complaisante, réaliste et bourgeoise, simpliste et molle, revoient leurs préjugés en prenant la piste de Courchevel. Rencontre avec Florent Marchet dans les locaux de MusiqueMag le 28 septembre 2010. Je suis très amateur du monsieur. Je l'avais interviewé en 2004 pour son premier album, Gargilesse, dans un bar en face de Universal. Il débutait en "promo", il était donc timide et réservé. Ce n'est plus le même homme que je vois arriver. Sympa, drôle, avenant et un peu pince sans rire... Bref, très à l'aise. En 6 ans, l'homme a sacrément gagné en assurance.

Sinon, 1000 excuses à Florent Marchet !

5 mois pour mettre en ligne une interview. Le record est battu. (Et pourtant, que j’aime cet album !)

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Mandor : Tu passes de Barclay/Universal à Pias. Par souci d’indépendance ?

Florent Marchet : En fait, l’amorce de l’indépendance avait commencé avec Frère Animal, un projet que je considère presque comme un troisième album, même si c’est un album collectif. Pour des raisons pratiques, on est parti en indépendance, même si ça a été distribué après par Gallimard. J’ai aimé cette expérience d’être totalement libre dans la création et surtout, arriver avec un projet qui est terminé et abouti. J’ai toujours eu une démarche indépendante, même au sein de Barclay, j’ai toujours été très investi à tous les stades de la production d’un album. Moi, au départ, j’étais parti pour faire l’album en équipe, mais en totale indépendance, pas forcément avec un label. J’avais déjà l’équipe, un manager, la promo, un tourneur… donc on ne se sentait pas totalement seul pour rentrer dans la totale indépendance. C’est Pias qui a écouté l’album et qui nous a contactés. Leurs arguments nous ont convaincus. Je ne regrette pas, je suis même ravi et je trouve bien que ce soit fait dans ce sens-là.

Tu es un artiste curieux des autres formes artistiques… ce qui rend ton œuvre hors format « radiophonique ».

J’écoute de la chanson française, mais pas tant que ça. J’écoute beaucoup de musique du monde, de musique anglo-saxonne, de pop et après, je vais me nourrir dans le milieu de la photo et de la littérature. J’ai l’impression que si je n’écoutais que de la chanson, ce serait une sorte de consanguinité qui ferait que le désir ne serait plus trop présent. J’ai vraiment besoin de puiser dans d’autres disciplines artistiques. J’aime les décloisonner en proposant des formats hors formats, justement. Quand on regarde Philippe Katerine avec des formats particuliers qu’il avait même dans ses premiers albums, on se rend compte finalement que Brigitte Fontaine faisait déjà ça dans les années 60. Tu sais, les tubes parfois, ce sont parfois aussi des ovnis. "Marcia Baila" des Rita Mitsouko ou "La douleur" de Camille, par exemple… on les a beaucoup entendus en radio. Donc, je ne désespère pas qu’il en soit de même pour moi.

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Il y a 11 chansons dans ce nouveau disque. Ce sont des espèces de courts-métrages pop !

J’aime bien les formats courts, ça correspond aussi à ma vie aujourd’hui qui est une vie de cinglé. À Paris, on a très peu de temps. Ça fait très longtemps que je n’ai pas lu un gros roman de 500 pages. Et je m’aperçois que je me dirige vers des formats très courts. Je lis aussi beaucoup de nouvelles. J’adore le cinéma, mais je vais aussi beaucoup vers la photo. Il y a un concentré d’émotion dans la photo qui est immédiat et qui est très rapide au niveau de son accès. Pour moi, cet album est vraiment influencé par des photographes comme Martin Parr, Grégory Coutson qui a une approche très cinématographique de la photo.Anthony Goicolea aussi, qui est un peintre et photographe new-yorkais qui m’a énormément influencé sur cet album. Quand je commençais des « starters » de chanson, j’avais en tête l’atmosphère des photos de Goicolea. Je rêvais de travailler avec lui. Via les réseaux sociaux, je suis rentré en contact avec lui et il a accepté de faire la pochette de l’album.

Tu n’écris que sur des thèmes qui te touchent ?

Je suis condamné à ça. Je ne choisis pas les thèmes de mes chansons, je ne cherche pas à faire plaisir au public spécialement. Je pars en général d’un fait émotionnel qui est tel que j’ai besoin d’écrire là-dessus. C’est une façon de se débarrasser d’une angoisse et d’une douleur.

Tu dis que l’inspiration, ce n’est que du désir…

Pour moi, en tout cas, créer des chansons, ce n’est absolument pas un métier. Même si, avec le temps, on se professionnalise, mais à la base, j’écris et compose pour vivre mieux. Le monde tel qu’il est, sans la création, je ne sais pas si  j’arriverais à le supporter autant que je le supporte aujourd’hui. La vie me paraît plus sereine avec ses créations. Pour moi, la clef du bonheur, c’est le fait d’agir. Pour moi, ça passe par écrire, par composer et ce sont souvent des fulgurances. Tout ceci n’est pas une démarche intellectuelle. Une fois que j’écris une chanson, je me demande toujours si je serai capable d’en écrire une autre. La création d’une chanson est toujours mystérieuse.

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Tu as écrit pour pas mal d’artistes, Clarika, Élodie Frégé, Axelle Red, La fiancée. Tu aimes créer aussi pour les autres ?

C’était une envie première. Quand j’ai commencé à démarcher des éditeurs à mon arrivée à Paris, ce n’était pas en tant qu’interprète, mais en tant qu’auteur compositeur. J’avais envie que mes chansons puissent vivre à travers des interprètes et puis, rien ne s’est fait comme je l’avais prévu. Quand j’ai eu mon premier contact avec un éditeur, il m’a dit que la voix qui chantait les chansons était plutôt pas mal. On a donc trouvé un label qui m’a accepté aussi en tant que chanteur. Je ne dis pas que je n’aime pas chanter, mais mon intérêt pour cette activité est venu petit à petit. Les deux premières années, j’ai détesté être sur scène, j’ai détesté chanter devant un public parce que je ne comprenais pas pourquoi. Aujourd’hui, je sais davantage ce que je fais sur une scène et c’est devenu pour moi essentiel, même aussi important que de composer et d’écrire. A l’époque, je n’avais pas compris qu’il y a une forme de création quand on est sur scène. Écrire pour d’autres est fondamental. Cela me permet d’aborder des sujets que je n’aborderais pas moi. J’ai besoin de connaître la carte émotionnelle de l’interprète pour pouvoir me mettre à sa place et devenir son propre filtre et d’écrire des chansons sur mesure qui me ressemblent.

Voici la version de cette interview pour MusiqueMag.

Cadeau: une session acoustique de sa chanson "Courchevel", rien que pour MusiqueMag.

Voici quelques photos de l'acoustique...

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