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22 janvier 2011

Fergus: point de vue objectif et interview destructurée...

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« Né en banlieue parisienne, Stephane Dorey se découvre musicien à Caen et devient bassiste dans plusieurs formations locales nourries au punk et au cold wave. De retour de son service militaire, il se met à la guitare, rencontre Sylvie Hoarau et fondent Topaze.

La musique de Topaze se mute en pop nerveuse et prend un nouveau virage musical sous le nom de Vendetta. Le groupe signe chez Barclay et travaille avec des artistes et des producteurs comme Arthur H, Calogero, Peter Von Poehl , Clive Martin, Dorian, Jérôme Attal... Vendetta se séparera après deux albums.

Stephane Dorey continue alors en solo sous le nom de Fergus, il écrit un album de 11 chansons dont il est le compositeur et l’interprète en collaboration avec Francis Hutin pour les textes.

Le premier album de Fergus « les règles du je » est sorti le 2 novembre 2010 chez Pias… »

J’ai beaucoup aimé cet album.

Je l’ai d’ailleurs chroniqué dans le Addiction, le mag du mois de janvier 2011.

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J’ai rencontré Fergus le 10 janvier dernier dans un bar de la rue Henri Monnier (Paris).

Je l’ai kidnappé avant qu’il n’aille se faire shooter chez un photographe avec La Fiancée pour je ne sais quel canard.

Merci à son attachée de presse, Carine Chevanche, pour m’avoir concocté ce rendez-vous aux petits oignons.

Fergus, s’il est sympathique et attachant, n’est pas précisément l’artiste le plus facile à interroger.

Il n’aime pas l’exercice. Il ne suit d’ailleurs pas forcément une ligne directrice dans la conversation.
Il faut s’adapter, rebondir sur ce que l’on peut et tenter de mener l’entretien au mieux.

Plutôt que de m’arracher les cheveux en essayant de structurer tout ça, je vous propose quelques phrases glanées ici et là pendant l’interview… mais qui explique bien la personnalité et l’œuvre du bonhomme.

En fond musical de ce bar, il y avait du Britney Spears à fond… pas l’idéal pour se concentrer non plus.

 

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-Moi, je compose, je chante et j’arrange seul. J’ai fonctionné par étapes. J’ai commencé par la basse, ensuite, je me suis mis à la guitare, après au clavier er aujourd’hui, c’est le chant que j’apprivoise peu à peu. Ca ne fait que 4 ans que je chante.

Fergus 10.01.11 4.JPG-Je me suis mis à la guitare, parce que la basse, c’est trop limité pour composer. Après Vendetta, j’ai voulu reproduire la même chose. Trouver une chanteuse pour qu’elle interprète mes compositions. Je n’ai trouvé que des chanteuses entre 25 et 30 ans et moi, je leur demandais de faire un bond de 10 ans. Et je voulais aussi une chanteuse qui trouve des mélodies. C’est rare. Avant de trouver Sacha, je n’ai vu que des psychorigides. Une des premières que j’ai essayées était une chanteuse lyrique. Elle s’offusquait quand je lui demandais de chanter de manière plus sexy. Quelqu’un qui rejette sa sensualité et sa sexualité, ça ne m’intéresse pas. Une interprète qui ne souhaite que joliment chanter, il y en a à la pelle.

-Moi, j’ai un chant un peu neutre dans l’album. Sacha a un timbre clair et je trouve que nous sommes complémentaires.

-Avec mon parolier, Francis Hutin, je suis souvent en conflit. Moi, je ne cherche pas les choses longtemps, je suis un instinctif, ça peut déstabiliser. Les gens avec qui je bosse me demandent des explications sur mes décisions artistiques et je suis incapable d’en donner.

-Francis Hutin a su mettre en mots mes idées. C’est amusant parce qu’on ne se ressemble pas du tout. Lui a 50 fergus_regelesduje.jpgbalais, moi 42. Il a de l’expérience et va à l’essentiel, lui.

-Mon travail me parait indicible. Et c’est pour ça aussi que je fais de la musique. Par exemple, je pense qu’une mélodie explique beaucoup plus de choses que les mots.

-Mes héros sont souvent cocus, ils ne sont pas très bien dans leur peau et n’ont pas la bonne place dans le couple.

-Quand j’écoute un disque, j’écoute d’abord l’ambiance et les mélodies. Mais les paroles, ce n’est pas ce que j’écoute en premier. Les paroles sont là pour souligner les ressentis de la mélodie.

- Plus je vieillis, plus je prends mon temps. Je ne veux plus me précipiter. J’ai compris que le temps était malléable.

-Moi, je ne me focalise pas sur les notes, je suis plus focalisé sur la rythmique.

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Tiens, celle-là, je la laisse... vous comprendrez mieux pourquoi les photos prisent par Mandor sont d'une qualité inégalable (et abolument jamais flou).

(Il paraît que photographe est un métier).

-Je ne suis pas un bon communiquant. Je n’aime pas parler de moi et je ne trouve aucun intérêt à parler de moi-même… je ne suis pas un bon vendeur de moi-même en interview.

-C’est difficile de parler de mon album aujourd’hui. Les chansons datent de plus de 3 ans, je suis passé à autre chose, une autre vie.

-Au moment où j’ai écrit ce disque, je n’avais plus de groupe, je n’avais plus de copine non plus, mais je venais d’avoir un enfant. Donc, j’avais un enfant et plus rien. Au fond, c’était le meilleur moment pour écrire des chansons. Quand je suis dans la déprime, le temps s’efface et je suis plus précis dans la mélodie. Je me suis même posé la question : est-ce que je cherchais à être un peu mal pour parvenir à composer ?

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-Raconter le bonheur dans une chanson, ce n’est pas une bonne idée. Tout le monde s’en fout du bonheur dans une chanson.

-Avec les femmes, on est dans le paradoxe. Elles veulent des hommes qui soient protecteurs, gentils et pas machos. Au final, quand tu es trop gentil, elles n’aiment pas ça. Elles veulent aussi des hommes qui ont des couilles.

-J’ai eu une culture groupe pendant 15 ans. A un moment, j’en ai eu marre du groupe. On passe son temps à faire des compromis. Maintenant, même si je joue avec des musiciens, c’est moi qui dirige tout. C’est une équipe, mais qui est à mon service musical et en me respectant, en plus.

-Si on a trop de matériel, on peut se perdre dans la création. À la maison, dans mon home studio, mon matos est très cheap. J’ai un petit Farfisa, qui est un jouet. Ça permet de faire des sons un peu atypiques, du coup je m’en suis servi pour pas mal de chansons. Je n’utilise pas les nouveaux logiciels qui permettent d’obtenir des sons infinis. À utiliser trop de sons différents, ta musique devient impersonnelle, voire même un peu aseptisée.

 

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Merci à Fergus d'avoir accepté de jouer le jeu avec gentillesse. Répondre aux questions d'un journaliste n'est pas un acte naturel. Je le sais bien.

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