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17 décembre 2010

Mes livres de l'automne 2010 (8) : Amédée Mallock pour "Les visages de Dieu"

Huitième numéro de « Mes livres de l’automne 2010 ». Après Florence Dell'Aiera pour Catharsis, Pierre-Emmanuel Scherrer pour Desert Pearl Hotel, Jérôme Alberola pour Anthologie du rock progressif, Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi pour La petite Malika, Vincent Brunner pour Hendrix, electric life, Jérôme Attal pour Folie furieuse, Erwan Larher pour Qu’avez-vous fait de moi, voici un focus sur le nouveau polar de Mallock, le très classieux et angoissant Les visages de Dieu (JBZ et Cie).

(Même que je suis sur le bandeau du livre, tellement je l'ai apprécié...)

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4e de couverture :

24 décembre, le Père Noël rajuste sa barbe, les sapins clignotent et la neige tombe lentement sur la dernière scène de crime du Maquilleur. Ce tueur en série, hors normes, fait de chacun de ses meurtres une œuvre d’art baroque, sculptant sauvagement les corps et peignant les visages dans des décors d’Apocalypse. Amédée Mallock, commissaire visionnaire au cœur mélancolique, va tenter de résoudre la pire de ses enquêtes, une terrifiante course contre la montre et la mort. Plus il avancera, plus les énigmes et les questions s’accumuleront. Le maquilleur est-il plusieurs? Pourrait-il être immortel ? Le diable croit-il en Dieu ?

Polar mystique, thriller théologique, Les Visages de Dieu croise une formidable intrigue avec une quête vertigineuse dans les abîmes de la barbarie humaine. Superbe et captivant !

L’auteur :

L’auteur (alias Jean-Denis Bruel-Ferreol) a pris désormais le nom de son commissaire, MALLOCK, pour signer ses thrillers et, plus généralement, tous ses travaux de photographe, designer, musicien, romancier et peintre. Sa série policière, Les Chroniques barbares, s’inscrit dans un grand tout où règnent l’art numérique, les livres étranges et les « Morphéographies »… Les Visages de Dieu est le premier de la série, la seconde Chroniques barbare est déjà sortie chez JBZ & Cie, sous le nom de Le Massacre des Innocents.

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Après être allé chez Mallock, il y a quelques semaines, à l'occasion de la sortie de son thriller Le Massacre des Innocents, j'ai cette fois-ci convié, le 26 novembre dernier, ce même Mallock dans la brasserie située à côté du Grand Rex...

Devant un repas pas franchement Dukanien, j'ai posé quelques questions à cet auteur dont je deviens de plus en plus "fan" de livre en livre lu.  

-Je ne comprends pas pourquoi personne ne s’intéresse à Mallock et encore moins à son auteur. Les deux se confondent et ils méritent d’être sous les feux des projecteurs…

-Merci de le dire. Ceux qui ont lu mes deux polars sont souvent enthousiastes. Le problème c’est que personne ne s’est intéressé aux Massacres des innocents… aucun journaliste à part toi, aucun blogueur, aucun site consacré aux polars… personne n’a lu les aventures de Mallock ! Je n’ai aucune visibilité, même de la part des libraires.

-Que tu ne vendes pas, je te le dis franchement, c’est un vrai mystère, pour ne pas dire une parfaite injustice.

-Cela fait 4 ans que c’est comme ça. Personne ne comprend pourquoi ça ne prend pas! Je suis au bord de devenir paranoïaque.

marc_levy-1.jpg-Tu écris des livres de 400 pages avec des intrigues puissantes et noires, servies par une écriture exigeante, mais abordable par tous… ne t’étonnes pas, tu n’es simplement pas dans la mouvance du moment.

-Je sais que tu dis ça avec ironie… mais, je vais te raconter mon challenge de cet été. Lors d’une séance de dédicaces au Cultura de Bordeaux, pour ne pas m’embêter en attendant des hypothétiques lecteurs curieux, j’ai commencé à lire un Marc Lévy et le dernier Amélie Nothomb. Au bout de 5 pages, j’ai constaté que c’était un travail sur le vide, une volonté de ne pas « fatiguer » le lecteur, de ne lui donner que du « pré-mâché » une sémantique dénuée de toute puissance (nuisance de l’esprit) où « Le ciel est bleu, le soleil brulant et la terre… ronde ! ». Au lien de m’énerver par rapport à ça, je me suis contenté designe-amelie-nothomb-L-2-1-.jpg constater qu’il avait compris qu’il s’adressait à des gens qui n’avaient pas toujours la volonté de lire vraiment. Il leur propose un livre d’image simple et enfantin qui ressemble à un livre. Certains lecteurs peuvent être rebuté par ce qui trop compliqué, trop sophistiqué ou trop poétique, ce qui est de l’ordre de la combinaison sémantique… (Allez, je fais mon pédant : C’est ce qu’on appelle en linguistique, l’axe de la sélection par rapport à l’axe de la combinaison. Disons que lorsque l'on fait de la simple prose, on choisit/sélectionne les mots selon leur capacité à se suivre pour former un sens, c'est l'axe de la sélection. Lorsque l'on fait de la poésie on les choisit selon leur capacité à se combiner ensemble, à en multiplier/saturer le sens et les sens, c'est l'axe de la "combinaison"). Dans mes Chroniques barbares, je fais simplement de la prose, comme monsieur Jourdain, mais en faisant appel aux assonances (rimes internes au texte), à l'axe de la combinaison et à d’autres techniques littéraires afin que la forme ait une fonction supplémentaire : catalyser l'émotion. Ou du moins, j’essaie dans la mesure du possible. Ce n’est pas forcément une démarche « intelligente », mais c’est en tout cas une ambition… déraisonnable, peut-être ! Marc Lévy, lui, c’est plus complexe que cela, car tout est complètement vide. De plus, tu calcules l’interlignage, la taille de la typo et tu constates qu’il a écrit un livre grand format, certes, mais de 200.000 signes. Et ils te le vendent 25 euros. L’homme de marketing que je suis dis chapeau ! Avec ses livres, on te la met profond, mais on ne te met pas de vaseline, puisque ça marche bien comme ça… et ça coûte cher la vaseline!

Amédée Mallock 03.12.10 3.JPG-Les esprits chagrins pourraient prétendre que tu es jaloux.

-Je m’évertue à ne pas devenir amer par rapport à ça. Je constate juste que, quand on met 5 ans à écrire un livre, on est mal barré. Cet été, je me suis lancé un défi personnel. Ecrire un roman plus court en un mois. Je l’ai fait et il s’intitule  La malédiction des Corneille. Il fera partie d’une nouvelle collection : Les petites barbaries. Il est deux fois plus court que mes romans habituels. C’est moins violent et moins dans l’axe de la combinaison.

-Tu ne vas pas devenir médiocre, quand même ?

-Non, rassure-toi. J’ai mis de l’eau dans mon vin et dans mon écriture. Je n’essaie plus de faire en sorte que chaque phrase soit la phrase définitive. J’ai une ambition monstrueuse quand j’écris mes livres. Les petites barbaries sont pareilles que les chroniques barbares, mais en plus diluées.

-Bon, enfin Amédée, tu ne t’es pas assez prostitué dans le monde littéraire germano pratin. Bon sang ! Va déjeuner au Flore ou à La Closerie des Lilas, comme tout le monde !

-Désolé, je suis juste prostitué avec mon ordinateur.

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-Tu travailles sur quoi, là, en ce moment ?

-Je travaille sur deux romans. Les deux prochaines Chroniques barbares. Parallèlement à ça, je finalise un livre qui s’appelle Mélancolie sur mer. Ce sont des morphographies, essentiellement de plage. Se sont des souvenirs de grandes vacances en peintures numériques. J’aimerais bien qu’une galerie s’intéresse à ses peintures et être édité dans le cadre de cette galerie.

Amédée Mallock 03.12.10 2.JPG-Dans Les Visages de Dieu, qui est un thriller théologique, on remarque que le commissaire Mallock, ours misanthrope, peut avoir certaines bienveillances et quelques valeurs chrétiennes, disons... étonnantes.

-J’ai analysé ça, tu as raison. Je ne crois pas en dieu, je déteste la religion et pourtant j’adore complètement les valeurs chrétiennes. Dedans, il y a tout. « Tu ne mentiras pas », aujourd’hui, dans un monde ou tout le monde ment, jusqu’à « tu ne tueras pas » en passant par « ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse. Le problème ce sont les deux transporteurs qui véhiculent ses valeurs : La religion et Dieu.

-Les Visages de Dieu est beaucoup plus violent et gore que Le massacre des innocents. Il y a des descriptions de scènes de crime insoutenables.

-C’est parfaitement volontaire. J’ai voulu que ce soit insoutenable. Je trouverais scandaleux que le lecteur ne soit pas impressionné par les descriptions. La barbarie de l’homme doit être montrée telle qu’elle est. Elle ne doit être en aucune façon fardée. Je ne voulais pas que l’on voit du sang esthétique. Moi, je veux que les gens aient vraiment peur au fond de leur lit. Quand il y a des moments tristes ou poétiques, j’ai envie qu’ils pleurent réellement. Je veux créer des émotions. Toutes les émotions. Je veux que mes lecteurs terminent mes livres épuisés.

-Après avoir lu Les visages de Dieu, j’ai ressenti le besoin irrépressible de lire un Marc Lévy, pour me reposer et aller mieux…

-Ah oui. Tu as voulu un coup de flotte à la place d'un bon Bordeaux ?

 -Pour finir, je te pose la question la plus originale qui soit... pourquoi avoir intitulé ta série « Les chroniques barbares » ?

-Parce que pour moi, la barbarie, c’est ce qui définit l’homme… plus que la parole. Tu prends les animaux, ils ne tuent que pour se nourrir ou se défendre. Le seul animal qui a du plaisir à tuer, c’est l’homme. La seule espèce qui possède en lui une si forte haine qui amène à massacrer, c’est la notre. Quelque part, c’est donc son humanité, la barbarie. Ce n’est pas une vision très optimiste du monde, mais il faut se rendre à l’évidence. Les siècles sont constellés de massacres et on continuera à massacrer, à se conduire comme des ordures et on continuera à prétendre qu’on est né égaux et bons. On n’apprend pas la vérité en grandissant, mais l’hypocrisie. Notre époque va vers le pire. En interdisant, certains comportements, certaines phrases ou certains mots, appelé du même vocable infamant de «dérapage », on retire ce qui s’apparente pour moi, à des soupapes. Il faut redonner à la parole son aspect libertaire et libératoire.

-Tu exagères, tu vas faire réagir certains de mes lecteurs.

-Tu sais, les gens aiment tellement s’indigner ! Il faut comprendre que s’indigner n’est pas digne. Je déteste les trous du cul qui font de leur indignation une vertu.

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Voilà, Mallock, c'est ce personnage qui n'hésite pas à dire ce qu'il pense en se moquant totalement des conséquences... c'est ce qui fait que j'apprécie l'homme. Et c'est aussi ce qui fait que nous sommes devenus vraiment amis. (La Mallock's family, par exemple, est venue sans me prévenir, faire un petit coucou lors de la séance de dédicaces pour l'association des Ptits courageux... comme ça, pour signifier son amitié et sa solidarité...)

Bref, avec Mallock, pas de concession. Sus au "biens pensants" et aux faux semblants ! J'aime quand le discours d'un homme n'est pas lisse (tant que l'intelligence et la bonté pointent leur nez).

Parce que oui, l'auteur Mallock est aussi bourru et ours que son personnage, le commissaire du même nom.

Mais ils sont tous les deux profondément bons et lucides... peut-être un peu trop "à part" et donc mal compris...

Ce qui est certain, c'est que j'aimerais ne pas être le seul journaliste culturel à m'intéresser autant à Mallock.

Pour la seconde fois, je vous incite donc fortement à plonger dans son univers, vous ne le regretterez pas ! (Je met ma petite réputation en jeu... carrément!)

15 décembre 2010

Vincent Baguian : Interview vérité, clips et photos... et une sacrée Java !

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Vincent Baguian n'est pas un interprète encore très connu. Mais, peut-être l'avez-vous vu en première partie de Zazie? Il est aussi l'un des initiateurs, avec la même Zazie et Jean-Marie Leau, du conte musical Sol en Cirque. Récemment, il s'est brillamment illustré en coécrivant avec Dove Attia la plupart des chansons de Mozart, l'Opéra Rock. "L'Assasymphonie", entre autre, c’est lui. Fort de quatre albums, ce soir et mercredi prochain, vous allez pouvoir retrouver ce chanteur à l'humour décapant et à l'écriture précise dans des concerts "en toute intimité" dans la salle parisienne La Java. Le 25 novembre, interview vérité où l'on constate que le chanteur n'a pas du tout la langue dans sa poche. D’abord, j’apporte à l'artiste une information personnelle.

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Extrait de la conversation :

- Tu sais que je suis mariée avec un arménienne ?

- Ah oui ? Elle s’appelle comment ?

Je dévoile donc son patronyme finissant par an (anciennement ian).

J’ajoute :

-Du coup, depuis que j’ai une fille moitié arménienne, je me suis intéressé à ce peuple et à cette culture.

Vincent Baguian me pose quelques questions. Le sujet l’intéresse. Je dévoile des pans énormes de ma vie privée à cet homme que je ne connaissais pas personnellement 30 minutes avant.

-Emmène ta femme et ta fille en Arménie, je t’assure ! Moi, j’y suis allé il y a deux ans. Ca m’a mis une grosse gifle.

-Tu as toujours vécu en France, toi ?

-Oui. Mais mon père me parlait beaucoup du pays. En tant que 100% arménien, il parlait la langue et me racontait beaucoup l’Arménie. Il avait bâti une Arménie totalement imaginaire, sans jamais la voir, alors que c’était ses racines. Quand j’y suis allé,  j’ai découvert que la nourriture que je prenais comme quelque chose de folklorique quand j’allais voir mes grands-mères arméniennes, c’était le quotidien des gens. Je me suis rendu compte que j’avais la même tête qu’eux. Quand je mangeais quelque part, quand un type me regardait, je me disais que s’il me précisait que nous étions cousins, c’était fort probable. Aujourd’hui, quand je me balade dans la rue à Paris, je ne me sens plus complètement français. Autre anecdote, je suis en voiture,  j’arrive dans un village et je vois marqué Pambag. C’est mon vrai patronyme, Pambaguian. Je me suis senti chez moi tout de suite.

-Tu te sens plus quoi, alors, aujourd’hui ?

-Je me sens Français, très proche des arméniens. Mais, c’est un peu comme si on me demandait lequel de mes deux enfants je préfère. Ce que j’ai compris, c’est que ça m’émeut plus d’être en Arménie qu’en France.

-Tu es revenu changé de ce voyage ?

-Oui. Je suis revenu plus fort. C’est comme si j’avais une situation de repli.

Voici sa chanson en duo avec une chanteuse arménienne, Diane Minassian : Je suis une tombe.


Making Of de "Je suis une tombe" en duo avec Diane Minassian
envoyé par VincentBaguian

Ensuite, je commence ma vraie interview…

Vincent Baguian 25.11.10 2.JPG

Mandor : Parlons de tes concerts à la Java. Ca m’intéresse pour deux raisons. La première, c’est que j’apprécie tes disques depuis le début de ta carrière, la seconde, c’est que ton pianiste, Hugo Renard, m’avait scotché avec son roman « J’aime les filles ».

Vincent Baguian : Ah oui, tu l’as lu ?

Oui, à sa première sortie aux éditions du Rocher.

Tu sais que je le réédite ?

Ah bon ? Belle idée, en tout cas.

En fait, comme je  viens de bien gagner ma vie avec Mozart et que je trouve que le livre de Hugo est phénoménal, qu’il vaut le coup d’exister longtemps,  je me suis arrangé pour le rééditer par mes propres moyens, c'est à dire dans ma propre maison d'édition, "Cul et Chemise". Advienne que pourra. Il ne s’agit pas de faire en sorte que je gagne ma vie en publiant ce livre, juste, je souhaite qu’il ne meurt pas.

Il est vendu à la fin de vos spectacles ?

Exactement, tu es très fort !

En tout cas, l’ambiance est tendue avec lui dans ton spectacle à La Java.

Oui, très. Ce que je peux te dire, c’est que jusqu'à présent, l’humour, je l'employais dans les chansons, pas entre les chansons. Ce que j'aime faire dans les spectacles ce sont des trucs que tu ne peux pas faire à la télévision ou à la radio. Je veux faire voyager les gens. Hier, ça a marché parce que les gens se sont dits : "C’est chaud entre eux, ils s'engueulent". Le principe du spectacle c’est : on joue ensemble, mais on ne s'aime pas.

Dans tes textes, en règle générale, tu ne dis jamais les choses au premier degré. Je me trompe ?

Je pense que je suis un peu comme ça dans la vie. Mais moins. Ils m'ennuient ceux qui se prennent toujours au sérieux. Par exemple, les hommes politiques utilisent toujours les mêmes mots. On ne croit plus à ce qu'ils racontent, ils défendent toujours les mêmes idées, ils ont un langage formaté, donc on ne les écoute plus. Moi, comme j'ai envie que l'on m'écoute, je prends un autre registre. Un jour,  je voulais enregistrer une chanson sur les gens qui tendent la main dans la rue et sur notre attitude par rapport à eux. Dans ma première version je me suis trouvé hyper donneur de leçon, c’était insupportable. J'ai inversé les rôles, je me suis mis dans la peau d'un mec qui ne donne pas. Je suis dans ma Daimler, il y a un enfant qui frappe à mon carreau, et on se dit : "Putain, c'est l'hiver, il faut ouvrir la fenêtre, je crains le froid et le chaud…". Tout d’un coup, on est à la place de tout le monde. Ca fonctionne plus comme ça que quand tu fais le prêtre.


Vincent Baguian - Ce Soir C'Est Moi Qui Fais La Fille
envoyé par VincentBaguian

C’est le même principe que quand tu as écrit pour Florent Pagny, "Si tu n’aimes pas Florent Pagny". C’est très second degré…

C'est plus premier degré que tu ne le crois. L'histoire avec Florent Pagny, c'est qu'un jour, il y a Calogero qui m'appelle et qui me demande si je veux bien écrire une chanson pour Florent Pagny. Je lui réponds : « Non, je ne connais pas Florent Pagny et ses chansons m'indiffèrent. Je n’ai rien à dire sur lui. ». Et je raccroche. Puis la fonction économique est rentrée en jeu et j’ai fini par accepter en me demandant ce que j’allais bien pouvoir raconter sans me renier. J’ai écrit ce que je pensais de lui. Point. J’ai commencé à écrire : « Oui, je suis dans mon état normal, non, je n’ai pas honte de mon look, c'est du gel, je n’ai pas les cheveux sales »… bref, ce que je pense. Quand je le vois je me demande toujours combien de temps il doit mettre pour se préparer. Son look, ses lunettes jaunes… toujours paraître, ça doit être fatiguant, changer de look pour ne pas avoir la même tête d’une émission à l’autre… Il chante trop fort, aussi, je trouve. Ca me saoule, alors, je l'ai écrit. Je me suis dit que si Florent Pagny était capable de chanter une telle chanson, j'allais l'aimer d'avantage. À la première écoute, il a été un peu étonné. À la deuxième, il a bien aimé.  C'est son précédent label qui lui a conseillé de ne pas la chanter. Pendant quatre ans, cette chanson est restée dans un tiroir. Aujourd'hui, elle sort dans son nouvel album, Tout et son contraire. Mais, bon, il m'a fait changer quelques mots.

Lesquels ?

J’avais écrit : "Je voudrais me vanter d'être  honnête, me voir en héros dans la glace". Il m'a appelé en me disant : "Je ne peux pas chanter ça, parce que je me sens honnête". Il a changé les mots lui-même, ça a donné : "Je voudrais me vanter d’être pas trop bête". Franchement, c'est très peu comme changement.


Florent Pagny - Si tu n'aimes pas Florent Pagny
envoyé par Florent-Pagny

Comment considères-tu ta position dans le métier ? Trois disques, l’album Sol en Cirque avec Zazie, des tas de chansons pour les uns et les autres, Mozart, l’Opéra Rock… Mais tu n’es pas du tout médiatisé.

Je ne choisis pas cette situation. Ce qui ne m'empêche pas de bien le vivre quand mes concerts sont pleins. Mais tu sais, faire de la télé ne m’intéresse pas. Je pense même y être mauvais. À chaque fois que j'en ai fait, ça m'a perturbé. Ce n'est pas possible d'être mauvais à ce point. Faire des sourires à des gens virtuels, je n'y arrive pas et ça ne m'intéresse pas. Je suis super motivé à chaque fois que j'y vais, mais après je me demande : "À quoi bon ?". Mes chansons ne correspondent pas non plus au format radio, donc on m’a rarement diffusé… Mais en concert, je suis bon. Comme je ne passe nulle part médiatiquement, je fais confiance au bouche à oreille,  je produis moi-même mon spectacle et advienne que pourra.

Tu as co-écrit avec Dove Attia, les trois-quarts des chansons de Mozart, l’Opéra Rock. Ça te permet de gérer financièrement ta carrière personnelle.

Tu peux le dire, oui. Ca me permettra aussi de t’offrir le café que nous prenons ensemble.

Tu n’écris pas de la même façon pour des chansons dites "populaires" que pour ton propre répertoire. Tu fais des concessions au style ?

Non, mais ce n'est pas évident d'écrire pour un opéra rock. C'est bien plus compliqué que pour mes chansons. On te donne des musiques qui existent avec des textes en yaourt. On t'explique qu'à tel moment du spectacle, c’est telle personne qui chante et on te dit qu'il faut que ça raconte ça. Ça devient des mathématiques. Quand tu combines le tout, c’est un boulot de dingue. Les gens pensent que c'est léger à faire, alors que c’est tout le contraire. Le nombre de nuits que j'ai passé sur les textes... Je suis parti 15 jours avec Dove Attia dans une maison isolée et nous bossions tous les jours 12 heures sur les textes. On a faillit devenir fou.

Comment es-tu arrivé sur le projet ?

Avant moi, Dove Attia avait vu une quinzaine d’auteurs. Il m'a proposé d’écrire juste un texte sur une musique. On y a passé 15 jours… Et puis après s’être "dompté", il m'a proposé d’écrire le reste avec lui.

Quand tu-as constaté que le spectacle cartonnait, as-tu eu un sentiment de fierté de voir tous ses interprètes chanter tes mots ?

Oui, il y a beaucoup de fierté parce que j’ai réussi à faire passer des choses dans ce spectacle. Par exemple dans "L'Assasymphonie", j'ai un inventé un mot, je ne parle pas d'amour, c’est même plutôt un sentiment un peu noir… Et en faire un tube sans que personne ne s'en rende compte au final, ça me rend heureux parce que c'est ce que je voulais faire. Faire d'une chanson qui n'a rien de "tubesque", un vrai tube. Il y a aussi une chanson qui s’appelle "Victime de ma victoire",  je fais dire à l’interprète : "Je me croyais l’élu, en volant mon histoire, mais je me suis perdu pour gagner, à vaincre sans vertu, on triomphe sans gloire, l'honneur vaut mieux que le trophée". C’est une des chansons qui marchent bien dans le spectacle. Je l'ai écrite en pensant à Nicolas Sarkozy. Ça me fait rire de la voir dans le spectacle. Autre exemple : dans "J’accuse mon père", en l'écrivant,  j'ai pensé à mes filles… 


Mozart l'Opéra Rock - L'Assasymphonie - Clip Officiel
envoyé par MozartOperarock

Il y a des doubles lectures que toi seul et Dove Attia peuvent percevoir…

Oui, mais en même temps, je pense que ça marche parce que les gens se retrouvent et leur inconscient comprend qu'il y a une double lecture.

Tu as hâte de faire un tube en tant qu’interprète ?

Je m’interroge sur la capacité des gens à être ému. J’ai conscience que les chansons de Mozart sont biens, mais je n’oublie pas que leur succès est aussi dû a un outil de marketing phénoménal qui fausse un peu la donne. Les gens qui sont venus voir Mozart en ont eu pour leur argent. Les décors, les costumes clinquants… ils font confiance à ça, il faut que l’argent se voie. Jacques Brel, sans tous ces artifices, délivrait certainement à lui tout seul bien plus d'émotion, mais comme les gens ne font plus confiance à leurs sensations, ils ont besoin qu’on leur montre que l’on ne s’est pas foutu de leur gueule… 

Se produire à la Java, c’est quand même deux extrêmes par rapport à Mozart, l’Opéra Rock

Dove est venu me voir et je t’assure qu'il n'a pas sa langue dans sa poche avec moi. On se fait mutuellement zéro cadeau. Il m'a dit : "Ce que vous faites avec ton pianiste, il faut que vous le poussiez davantage parce que ça va tout casser parce que ça va détourner le stand up. Vous vous moquez de vous, mais les chansons tiennent la route à côté".

Les artistes doutent tous. Un succès comme Mozart doit te conforter sinon te réconforter.

Mozart me permet de vivre uniquement de mon métier, ce qui n'était pas le cas avant. J’ai reçu d’autres propositions d’écriture pour d'autres, mais je n'y vais pas. On s'épuise si on écrit trop. Maintenant, dans mes journées, je ne fais que ce que veux. Aujourd’hui, quand on me demande si je suis libre tel jour, je peux systématiquement dire "oui".

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Ce qu’il me dira juste sur ses projets dans un futur proche, c’est qu’il va travailler de nouveau avec Dove Attia pour sa prochaine comédie musicale, Les amants de la Bastille. Et qu’il écrit des scénarios de films (dont certains verront le jour en Belgique très vite), parfois seul, parfois avec Maureen Dor.

Ce qui me permet d’enchaîner judicieusement avec la soirée à La Java à laquelle j’ai assisté le mercredi 1er décembre dernier. Maureen Dor était la guest de la soirée… (les photos suivantes ont été prises par bibi, alors, soyez indulgent, merci !)

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Elle n’était pas la seule, il y avait aussi la talentueuse, sensuelle et corrosive Marjolaine Piémont.

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Et aussi Diane Minassian, pour interpréter "Je suis une tombe" (voir clip, plus haut).

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Si vous aimez le tendre, le beau, l’ironique, le drôle, le très drôle, le mordant et l’émotion, ce spectacle est fait pour vous…

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En enfin, le final avec Hugo Renard.

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Ce soir, dès 21h, retrouvez Vincent à la Java pour l’avant dernière date de l’année. En première partie : Marjolaine Piémont. Billets sur place ou en préventes dans les points habituels : Moxity / Digitick / Fnac

La Java : 105 rue du Faubourg-du-Temple, Paris 10.
Métros : Goncourt / Belleville.

14 décembre 2010

Jenifer : article, photos et interview à propos de "Appelle-moi Jen"

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Jenifer a sorti son quatrième album, Appelle-moi Jen, le lundi 29 novembre dernier. Je ne m’attarde pas sur le contenu puisque je vous livre ma chronique écrite pour le magazine des espaces Culturels Leclerc, daté des mois de décembre 2010/Janvier 2011.

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Le 7 novembre 2010, Jenifer nous a donné rendez-vous chez son manager.

Appartement cossu et chaleureux. Elle, mince et chaleureuse. Elle m’assure qu’elle lit souvent MusiqueMag.

Elle est polie.

La jolie niçoise, nouvellement statufiée en cire au Musée Grévin (entre Mireille Mathieu et Claude François, dont il est question dans la vidéo) me semble un peu fatiguée (journées de promo qui s’enchaînent), mais disponible. Elle a parfaitement joué le jeu en répondant aux questions, pas toujours très fines, de la fameuse boite à questions de MusiqueMag.

La photo mandorienne...

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Bonus track :

Jérôme Attal 09.11.10 1x.jpgDans l’interview, Jenifer évoque un de ses auteurs, Jérôme Attal. Il est l'un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard, Florent Pagny, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Michel Delpech, Mareva Galanter, Marie Amélie Seigner, Constance Amiot). Il poursuit de son côté une carrière d’auteur, compositeur, interprète (tendance rock underground). Jérôme Attal est aussi connu pour ses livres poético-romantiques élégants. Les habitués de ce blog le savent bien, c’est un ami. Pour Appelle-moi Jen, il lui a écrit cinq chansons : "La vérité", "L'envers du Paradis", "Le risque", "C'est quand qu'on arrive" et une autre qui sera peut-être dans une nouvelle édition…

J’ai demandé à Jérôme, lors d’un de nos derniers déjeuners, qu’il nous dise ce qu'il pense de Jenifer, jeune femme aux antipodes de son univers musical personnel : "Je ne la connaissais pas du tout. Je l’ai rencontré sans a priori. Elle a été d’une gentillesse et d’une bienveillance rare. Nous étions dans un état de confiance totale et elle m’a donc donné envie de la servir au mieux. Je voulais lui faire quelque chose de terrible, mais dans le bon sens du terme. Il y avait une réelle émulation entre nous. Il était important pour moi de faire un texte dans lequel elle puisse s'abriter, et qu’elle ait la place de donner toute l'émotion requise pour que les gens puissent faire aussi leur vie dans la chanson. Pour résumer, je peux dire que je lui ai fait des textes ouverts, avec failles et respirations, des textes qui prennent beaucoup d'ampleur servis par son interprétation".

Je lui ai aussi demandé quelle est la chanson qu’il préfère parmi celles écrites pour Jenifer: "J'adore "L’envers du paradis". J’ai essayé de lui écrire un texte avec une sobriété poétique dans les mots. Même si elle donne l’image d’une jeune fille très combative, je décèle en elle une fragilité touchante. Je savais que ce texte pouvait infuser en elle et qu’elle allait en faire quelque chose de superbe". Et Jérôme Attal de conclure : "Ce que j’ai aimé aussi chez Jenifer, c’est qu’elle m’a laissé libre. Il y avait beaucoup de confiance entre nous. J’ai senti que je pouvais emmener dans ses chansons qui j’étais".

12 décembre 2010

18 auteurs pour "les ptits courageux" (bilan et photos)

150252_176955462330416_135115753181054_574652_8004217_n.jpgJe ne vais pas revenir sur le but de la journée de dédicaces d’hier, j’ai écrit une note avant-hier sur le sujet

Juste, je rappelle le contexte : 18 auteurs se sont réunis au Café Restaurant « La Place », place d'Italie, pour dédicacer leurs livres. Une partie des bénéfices iront à l'association " Les P'tits courageux " dans quelques jours.

Cette association de parents d’enfants porteurs d’une facio-craniosténose syndromique (syndrome de Crouzon, Apert, Pfeiffer, …) a décidé de se regrouper en association afin de mieux faire connaître ces pathologies et leur traitement, et venir en aide aux familles en leur apportant le soutien que certains d’entre eux ont manqué lors de la naissance de leurs bambins. Cette jeune association a besoin d’une représentation nationale afin de se faire connaître et ainsi aider au mieux les parents.
La présidente des « P'tits courageux », Héloïse Reichardt-Ogier était là, d’autres parents (dont ma femme et moi) sont restés une grande partie de l’après-midi, avec leurs enfants concernés par ces maladies.

 

J’ai demandé ce matin à Hervé Croenne, initiateur de cette manifestation, ses premières impressions…

 

« C’est une réussite malgré le manque de public. J'ai vu des gens heureux d'être là. Je suis surtout heureux pour les P'tits Courageux car ils repartent avec le sourire et le sentiment que nous avons donné le maximum pour faire de cette journée une réussite. Nous sommes satisfaits des ventes et des dons obtenus lors de cette manifestation… »

Hervé Croenne annoncera dans la semaine les chiffres officiels à Héloïse Reichardt-Ogier, la présidente de l’association « Les p’tits courageux ».

 

Je remercie personnellement tous les auteurs présents.

Ceux qui ne signaient pas, mais qui sont passés transmettre leur solidarité...

Les mamans de l’association et leurs pitchounes.

Et Hervé Croenne.

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De gauche à droite, Karine Carville, Luc Doyelle, Fred Vasseur et sa femme, Brigitte.

En premier plan, Valérie Bettencourt (tu peux la reprendre, mais sans flash, merci!).

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Reflets... (Photo : Jean-Paul Dayan)

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Lucius Von Lucius aka Luc Doyelle présente ses trois romans... (Photo : Elisabeth Robert-Mozannini)

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Valérie Bettencourt, au naturel... (Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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Fred et Brigitte Vasseur. Mari et femme, pour le meilleur et l'écriture...

(Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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Marie Barrillon et monsieur l'organisateur impeccable et performant, Hervé Croenne.

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Thierry Depeyrot de l'association 13 en vues. (Photo : Hervé Croenne)

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Michèle Sébal et ses deux ouvrages : un roman, un recueil de nouvelles (et un sourire permanent).

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Mes deux amis, auteurs de polars, Ingrid Desjours et Thierry Brun (qui vont encore me dire qu'ils ne sont pas beaux sur la photo...) (Laissez! J'ai l'habitude.)

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Les mêmes et, au fond, Armelle Protat Carbonel, dont j'ai fait la connaissance hier...

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Armelle Protat Carbonel et une lectrice... (Photo : Hervé Croenne)

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Ici, Raphael Azad et  Héloïse Cerboneschi.

(Photo : Hervé Croenne)

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Samantha Bailly et son roman épistolaire... (Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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Samantha Bailly et Mandor (Photo: Elisabeth Robert-Mozzanini)

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Florence Dell'aiera et Samanth Bailly (Photo : Jean-Paul Dayan)

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De gauche à droite, Elisabeth Robert-Mozzanini, Sarah Farri et Samantha Bailly.

(Photo Hervé Croenne)

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Charly et les drôles de dames : Léa Jane, Florence Dell'aiera et Sarah Farri (Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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La sympathique, Sarah Farri (Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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De gauche à droite, Valérie Bettancourt, Elisabeth Robert-Mazzanini et Sarah Farri.

(Photo: Hervé Croenne)

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Femmes de coeurs : Florence Dell'Aiera, Sarah Farri, Lea Jane et Elisabeth Robert-Mozzanini (Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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Elisabeth Robert (et sa pose photographique préférée qu'il va falloir songer à arrêter) et Mandor (stoïque)

(Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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Hervé Croenne entouré de Michèle Sebal et Elisabeth Robert-Mozzanini (Photo : Elisabeth Robert-Mozzanini)

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09 décembre 2010

18 auteurs pour "Les ptits courageux" !

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Cette note est un peu plus personnelle qu’à l’accoutumée. Beaucoup d’entre vous le savent (parce que je ne m’en cache pas), ma fille de 5 ans est atteinte d’une maladie génétique : le syndrome de Crouzon. Dans notre malheur, elle a la « chance » de ne pas l’avoir de manière prononcée (ce qui ne l’a pas empêché de subir 3 opérations l’année dernière). Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais sachez qu’une association a été créée par une jeune maman, Héloïse Reichardt-Ogier, dont la fille, Bérénice, a la même maladie. Héloïse, cette femme formidable, a d’ailleurs embarqué ma femme Hilda (devenue responsable publicité de l’association) dans l’aventure des« P’tits Courageux ».

Pour en savoir plus sur l’association, c’est ici.

La page Facebook, là.

P1040363.JPGBref, tout ça pour dire que ce samedi 11 décembre, le romancier Hervé Croenne organise une après-midi de dédicace au profit des « P’tits courageux ».

 Nous avons déjeuné ensemble aujourd’hui.

Je voulais comprendre ce qui a motivé cet acte et ce choix.

-À la base, c'était une après-midi de dédicaces entre amis, juste avant les fêtes avec l’idée de « sponsoriser » une association caritative. Nous n’avions pas d’idée précise sur qui et comment. Mes amis romanciers et écrivains ont quasiment tous dit oui à l’appel. Une des auteurs, Florence Dell’Aiera, a proposé « Les p’tits courageux ». Je suis donc allé voir ce que faisait cette association et surtout ce qu’elle défendait. Je trouvais que c’était une bonne idée de mettre en avant une petite association plutôt qu’Emmaüs ou les Restos du Cœur qui ont, eux, des sponsors beaucoup plus prestigieux. Et, je tiens à dire que parce que cette association débute, ça a mobilisé beaucoup plus de monde.

Je remercie donc ici Florence Dell’aiera d’avoir influencé Hervé. Mais je dis aussi merci aux 18 auteurs présents samedi.

Quelques mandorisés et amis : Florence Dell’aiera, donc, mais aussi Ingrid Desjours, Élisabeth Robert, Samantha Bailly, Thierry Brun et Luc Doyelle.

Quelques auteurs juste croisés, mais fort sympathiques : Sarah Farri, Valérie Bettancourt et Fred Vasseur.

Et les autres que je ne connais pas, mais que je vais avoir beaucoup de plaisir a saluer : Brigitte Vasseur, Héloïse Cerboneschi, Armelle Carbonel, Marie Barrillon, Michèle Sébal, Karine Carville, Raphael Azad et Eric Van Hamme.

Ainsi que, une nouvelle fois, Hervé Croenne et Herkule Consulting, bien sûr.

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Venez nombreux ce samedi 11 décembre de 15h à 19h00 au Café Restaurant « La Place ».

Place d’Italie à l’angle de l’avenue de Choisy entre 15h00 et 19h00.

Retrouvez toutes les informations sur : www.auteurs-dedicace.fr

Je tiens à préciser que Héloïse et Bérénice seront présentes. Vous pouvez déjà faire leur connaissance sur cette vidéo...


Le syndrome de Crouzon - Reportage France 3 Alsace

Ma petite famille aussi sera là.

Il y aura donc 18 auteurs et deux "ptites courageuses"...

23:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

07 décembre 2010

Bilan du Salon du Livre d'Ozoir-la-Ferrière 2010

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C'est la seconde fois que j'anime le salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière. L'année dernière, j'y avais pris beaucoup de plaisir (comme je l'expliquais ici). Et bien, cette année aussi, figurez-vous. Toujours aussi fatiguant, mais toujours aussi exaltant. Plus de 40 interviews, un quizz littéraire et 3 tables rondes (interviews approfondies et participatives). Je commence ce port-folio de cette manifestation avec le début du salon. Luc-Michel Fouassier, l'organisateur (et surtout un ami cher) m'avait préparé un quizz littéraire. Je lisais la première phrase d'un "classique" et il fallait deviner le nom de l'auteur et le titre du roman. De brillants érudits ont répondu à quasiment tout. Bravo à eux!

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Sur cette photo, comme sur la précédente, on peut voir Gaëlle Pingault (lisant le roman de Jérôme Cayla, Mathilde) et Pascal Arnaud, le fondateur de la maison d'édition D'un noir si bleu.

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Et le monsieur, là, qui se tient les hanches est Patrick Dupuis, le co-fondateur des éditions Quadrature.

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Ici avec Laurent Luna. Cet écrivain dont j'entends un bien fou un peu partout (et qui vient de signer chez Plon), à ceci de particulier qu'il ne veut jamais faire d'interviews. Je le rencontre sur pas mal de salons et on finit par s'en amuser...

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Valérie Bettencourt est comme Laurent Luna. Pas d'interview. Mais, tous les deux sont des personnes fort sympathiques et nous avons passé de longs moments ensemble lors de ce salon...

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Jérôme Cayla en train d'immortaliser Luc Doyelle et une de ses fans...

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La team de Laura Mare Editions présente à Ozoir ce jour-là : de gauche à droite, Luc Doyelle, bibi et Jérôme Cayla.Salon Ozoir 20.11.10 15.JPG

Georges-Olivier Châteaureynaud (Prix Renaudot 1982, secrétaire général du prix Renaudot) (par Philippe Schroeder).

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Laurent Luna et Mandor (par Philippe Schroeder, sans prévenir).

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De gauche à droite: Astrid Eliard (Prix Ozoir Elles 2010), Vassilis Alexakis (Prix Médicis 97 et Grand Prix du roman de l'Académie Française 2007) et Simonetta Gregio. (Par Philippe Schroeder).Salon Ozoir 20.11.10 32 (2).jpg

Vassillis Alexakis pendant sa table ronde pour débattre de son dernier livre Le dernier mot (les deux photos suivantes : La mairie d'Ozoir-la-Ferrière)

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Après la table ronde, le maire d'Ozoir-la-Ferrière, Jean-François Oneto, raccompagnant Vassilis Alexakis, le tout brillament commenté par Léon Zitrone (par La mairie d'Ozoir-le-Ferrière).

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Avec Vassilis Alexakis (par Philippe Schroeder).

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Pendant la table ronde de Marc Kravetz (journaliste à France Culture et Prix Albert Londres 1980) pour évoquer notamment son ouvrage Portraits du jour (par la mairie d'Ozoir-la-Ferrière).

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Avec Marc Kravetz, après la table ronde.

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Luc-Michel Fouassier (organisateur du salon et brillant auteur) en pleine séance de dédicaces de son dernier ouvrage, Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre.

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Jean-François Oneto (maire de la ville) et sa femme entourent Guy Bedos (par Philippe Schroeder).

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Guy Bedos bien entouré. Victoria Bedos à gauche et Simonetta Gregio à droite, donc (par Philippe Schroeder).

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Victoria et Guy Bedos, complicité père-fille évidente (par Luc Doyelle).

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Guy Bedos tout à fait attentif à l'objectif et votre serviteur (par Philippe Schroeder).Salon Ozoir 20.11.10 28.jpg

Guy Bedos (par Luc Doyelle qui signait ses ouvrages juste en face).

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Astrid Eliard et Guy Bedos attentifs et souriants (par Philippe Schroeder).

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Astrid Eliard (lauréate du prix Ozoir'Elles pour son recueil de nouvelles Nuits de noces) et moi écoutant la cérémonie de sa remise de Prix (par Philippe Schroeder).

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Eric Holder, Luc-Michel Fouassier et la lauréate du concours de nouvelles, Anne Lurois.

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Eric Holder, après sa table ronde (pour l'ensemble de son oeuvre et plus particulièrement ses deux romans, Mademoiselle Chambon et L'Homme de chevet adaptés au cinéma en 2009.)...

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Pour finir, je remercie encore une fois Luc-Michel Fouassier qui persiste à me faire confiance pour l'animation de son salon littéraire. A l'année prochaine, sans doute!

 

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04 décembre 2010

Clarika : interview à propos de ses (premiers) adieux au Palace !

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À l’occasion de ses "premiers" adieux à la scène qui se tiendront ce lundi (6 décembre 2010) au Palace, j’ai rencontré Clarika (pour MusiqueMag). Coïncidence ou pas, le même jour sortira en téléchargement légal son nouveau single interprété avec Mariam Doumbia (du duo Amadou et Mariam), "De fille à femme" (en écoute ici). J’ai souvent interviewé Clarika parce que je suis un fervent admirateur de la dame depuis toujours. (Vous pouvez voir ici un reportage sur sa venue à la FNAC Val d’Europe pour un showcase que j’animais et là, une interview filmée réalisée pour 77 infos, à l’occasion de la sortie de son dernier album, Moi en mieux). Je considère que cette grande dame de la chanson française n’est pas reconnue à sa juste valeur.

Nous sommes nombreux à penser ainsi.

Hop ! Interview express…

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Mandor : C’est quoi cette histoire de "premiers" adieux à la scène ?

 Clarika : C'est une plaisanterie. C’est la dernière date et on a voulu marquer le coup. J’ai trouvé ça rigolo de faire un truc autour des adieux qui commencent et qui ne s’arrêtent jamais. Dans le spectacle, je me traite d’icône, donc, je pars du principe que toute icône se doit de faire ses adieux.

 À quoi devons-nous nous attendre lors de ce concert exceptionnel ?

C'est le concert de la tournée, mais évidemment, il y a aura des évènements non prévus et quelques surprises. Je vais faire aussi un medley de tous mes "tubes"… On est allé piocher des trucs que seulement les fans de base connaissent, je parle de ceux qui me suivent depuis le premier album.

l_cacf2c65f72a45538efb76b3dccdabcd.jpgParlez-nous de la première partie de votre concert.

Ça va déménager avec le groupe Electroboy 80. Ce sera un retour aux années 80 grâce à leurs reprises déchainées, revisitées, rock, techno, on ne sait plus, mais c'est surtout à ne pas manquer, énergie et bonne humeur...

Dans votre parcours il y a cette particularité que vous ne vendez pas vos albums en masse, mais que vos concerts sont toujours pleins à craquer.

D'album en album, les ventes sont croissantes, donc ça me rend un peu sereine. Dans la mesure où un album en emmène un autre, que je sens qu’il y a un public qui grandit dans les salles, tout va bien ! En plus, je vends assez de disques pour être suffisamment crédible auprès de mon entourage professionnel. C’est vrai que je ne suis pas une grosse vendeuse, mais je suis quand même bien installée. Moi, ma peur, c’est plutôt de ne plus avoir d’inspiration.

Vous vous demandez parfois : "Est-ce que je serai capable de faire un nouvel album ?"

C'est exactement ça ! Les deux premiers albums, on les fait un peu dans l’insouciance et après, ça commence un peu à se corser, car il ne faut pas redire les mêmes trucs. Forcément, on revient toujours vers les mêmes thèmes : l’amour, la séparation… Il faut trouver un autre moyen d’en parler. Bizarrement, avec l'expérience, on devrait considérer qu’écrire une chanson, c’est de plus en plus facile. C’est tout le contraire.

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Vous écrivez tout le temps des chansons ?

Clairement pas. Les tournées, c'est l’histoire de l'album qu’on vient de faire, je trouve donc difficile de se projeter vers de nouvelles histoires. Quand j'arrête une tournée (130 dates, à peu près, entre deux albums), pour retrouver l'inspiration, il faut que je me pose un peu, que je reprenne tout à zéro.

filleafemme.jpgVous sortez un single d’une chanson qui figure sur votre dernier album, Moi en mieux. Mais, cette fois-ci  interprété en duo avec Mariam Doumba (de Amadou et Mariam).

Je me suis toujours dit que cette chanson méritait d’être chantée avec une autre représentante de la gent féminine. Avec Jean-Jacques Nyssen (pygmalion et "homme de sa vie" de Clarika), on a cherché plusieurs pistes et on a fini par considérer que l’univers de Mariam convenait parfaitement au morceau. Elle nous a dit qu’elle appréciait beaucoup le texte et que le thème la touchait. Elle et moi, c’est une rencontre entre deux univers différents. On aimait bien l’idée que ce soir Mariam seule qui chante, sans Amadou. De toute façon, ils sont tout de même indissociables. Il était là lors de l’enregistrement. Pour Amadou, c’est une expérience assez nouvelle, de se mettre plus en avant. La chanson a été réarrangée. C’est un mélange de nos deux cultures respectives.

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Vous êtes très partageuse, musicalement parlant. Vous interprétez très souvent des duos…

Ce sont souvent des questions d’opportunités, de hasard total ou d’invitations qui m’ont été faites. Quand Jonasz t'invite, tu ne dis pas non, par exemple. Avec Mariam pour ce single et avec Bernard Lavilliers aussi, c’est nous qui sommes allés les chercher.

Vous devenez une artiste qui compte, une artiste qui d’album en album devient de plus en plus reconnue.

Même si ma notoriété publique est assez lente, depuis que je suis dans le métier, elle est en constante progression. J’ai une vraie reconnaissance du métier, des critiques et des artistes, c’est ce qui me rassure pas mal. Certaines personnes me considèrent comme un espèce d'électron, moi, je ne me sens pas du tout marginal.

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En fouinant sur Internet, j’ai essayé de trouver des articles négatifs sur vous et votre œuvre. Je n’ai rien trouvé de la sorte.

Tant mieux, tant mieux (rires). C’est souvent très gentil, autant pour mes concerts que pour mes disques.

Pourquoi n’y-a-t-il jamais eu de captation de vos concerts en CD ou en DVD ?

Les "live" représentent "peanuts" pour les maisons de disque. On ne peut pas dire que ce soit leur priorité. Ceci étant, personnellement, je ne suis pas fan des albums live. Je me rends compte que je préfère écouter les albums studios.

Avec La Grande Sophie et Rachel des Bois, vous faites partie des toutes premières chanteuses rock "qui ont des choses à dire" de la scène française. Toutes les trois, vous avez ouvert une grosse brèche.  Aujourd’hui, vous suivez la carrière de quelle chanteuse ?

J'aime beaucoup Yael Naim qui vient de sortir son deuxième album. J'aime aussi des artistes à voix comme Cat Power et Feist, cette lignée pop folk. Dans les Françaises, j'apprécie La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Émilie Loizeau, des chanteuses comme ça…

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Je remercie Patricia Téglia pour l'organisation sans faille de la rencontre... et pour ces "sensationnelles" photos de l'interview prises par elle-même avec un iPod (il me semble).

On termine avec le clip de "Bien Mérité", extrait du dernier album de Clarika, Moi en mieux.


Clarika - Bien Mérité
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