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21 novembre 2010

Mes livres de l'automne 2010 (6) : Jérôme Attal pour "Folie furieuse"

Sixième numéro de « Mes livres de l’automne 2010 ». Après Florence Dell'Aiera pour Catharsis, Pierre-Emmanuel Scherrer pour Desert Pearl Hotel, Jérôme Alberola pour Anthologie du rock progressif, Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi pour La petite Malika, Vincent Brunner pour Hendrix, electric life, voici le déjà multimandorisé Jérôme Attal pour son nouveau roman (dont vous êtes l’héroïne, les filles !), Folie Furieuse (chez Stéphane Million Editeur) 

 

Résumé :

 

L'héroïne du roman doit faire le tri dans sa vie et a besoin du lecteur pour décider de ses orientations.

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Quatrième de couverture : 

 

En ouvrant ce livre, ça va barder ! Dès les premières pages, vous aiderez l'héroïne de ce roman à faire les bons choix dans sa vie amoureuse ! Des dingues, des revenants et une pelletée de chevaliers servants et sans cervelle vous attendent au tournant ! Trouver un mec valable, c'est de la Folie Furieuse ! Au cours de vos aventures, vous vous retrouverez sur la scène d'un concert de rock, dans un side-car avec Charles Bukowski, vous vous battrez à mains nues avec une baby-sitter désinvolte, vous aiderez un vampire à déjouer un complot international. Et bien d'autres choses encore, selon vos choix ! Car c'est Vous qui décidez de votre destin. Après Pagaille monstre, Folie furieuse est le roman qui a besoin de Vous comme Personne !

 

L’auteur :

 

Jérôme Attal est l’un des paroliers les plus prisés de la scène musicale française (Pierre Guimard - Florent Pagny - Johnny Hallyday - Eddy Mitchell - Michel Delpech - Jenifer - Mareva Galanter - William Rousseau - Constance Amiot - Marie Amélie Seigner - Chimène Badi ...). Il poursuit également une carrière d’auteur, compositeur, interprète. Folie furieuse est son quatrième roman.

 

Jérôme Attal 09.11.10 3.JPGLe 9 novembre dernier, j’ai donné rendez-vous à Jérôme Attal dans ma nouvelle « cantine » (le restaurant à côté du Grand Rex).

 

Je ne loupe jamais une sortie de livre de Jérôme. Je le tiens comme une des plus belles plumes de la littérature française. Il le sait. Je ne cesse de lui répéter. Je suis lourd avec lui, mais je m’en moque. Il accepte toujours de venir à ma rencontre (lire ou écouter ou voir, selon les cas de figure, les précédentes mandorisations : pour une présentation générale du monsieur, pour L’amoureux en lambeaux, pour Les Beatles, en rouge et en bleu, pour Le garçon qui dessinait des soleils noirs, pour Journal Fictif d’Andy Warhol et enfin pour Pagaille Monstre.) On commence à se connaître. Je suis moins cérémonieux avec lui et parfois un peu second degré (ce qui n’implique absolument pas un manque de respect, juste une meilleure connaissance du personnage). Voici un long extrait de cette nouvelle rencontre (et pas la dernière).

 

Mandor : Tu as vu, je me modernise, hein ?

 

Très fier de montrer mon nouveau magnéto enregistreur (qui ne m’appartient même pas).

 

Jérome Attal : Oui, il est bien.

 

- J’aimerais que tu sois un peu plus impressionné, s’il te plait !

 

- Non, je vais te dire, je suis plus impressionné par ton physique actuel que par ton matériel ! « Je suis plus impressionné par ton physique que par ton matériel »… je pense que ça peut être un statut facebook impressionnant.

 

- Oui, bon, d’accord, merci. Allez, avant d’évoquer Folie furieuse, on parle de Jenifer img1288776349.jpgd’abord ? Non parce qu’il y a quand même 4 chansons de toi dans cet album (« La vérité », « L’envers du paradis », « Le risque » et « C’est quand qu’on arrive ») et une autre qui sera peut-être dans une nouvelle édition… dis donc, tu dois être pété de thunes !

 

- Ta question est nulle. Je tiens à te le dire. Elle est nulle et ringarde. C’est une méconnaissance gigantesque et totale du terrain et c’est étonnant pour un journaliste spécialisé comme toi.

 

- Mais, bon sang ! Tu écris pour tout le monde !

 

- Je n’écris pas pour tout le monde. Ce n’est pas parce que l’on est Boulevard Rochechouart qu’il faut utiliser de telles métaphores ! On n’est plus dans les années 80. Personne n’achète plus de disque, donc, j’ai peu de droits d’auteur. On gagne bien sa vie quand on a des singles éclatants, ce que je n’ai pas encore eu. En fait, j’adorerais vivre mieux de ma plume… ça viendra, je travaille pour ça. Enfin, pour moi, l’important, c’est qu’au moins je puisse vivre de mon travail. C’est pareil pour la littérature, à moins d’être dans les « happy few », on ne gagne pas sa vie en écrivant des livres. Tu as l’impression que je fais beaucoup de trucs, mais j’aimerais pouvoir exister encore plus sur cette scène des auteurs.

 

- J’ai l’impression que je te vois tout le temps !

 

- Mais, c’est parce qu’on est des copains.

 

- Non à chaque fois que je reçois un disque d’un poids lourd de la chanson actuelle, je lis ton nom dans les crédits.

 

- Parce que je bosse comme un malade. Mais, je t’assure que par rapport à mon volume de travail, on ne me voit pas beaucoup.

 

5954349953_florent-pagny-tout-et-son-contraire.jpg- Jérôme, tu es toi-même chanteur. Un chanteur rock, voire « underground » et tu écris pour des chanteurs de variété. Ce mois-ci, Florent Pagny, Jenifer, mais il y a eu Chimène Badi, Michel Delpech, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday… Ça ne te pose pas un problème de conscience ?

 

- Mais pas du tout. Il faut écouter les chansons. J’ai l’impression que je suis fidèle à mon style. Dans la chanson de Pagny, « C’est le soir que je pense ma vie », il y a une phrase qui dit "Je ressasse l'azur sous tes paupières mi-closes". C’est quelque chose que je pourrais chanter moi. Je m’adapte un peu à l’interprète, mais j’essaie de faire en sorte que ce soit aussi mon territoire. Je n’ai pas l’impression du tout de faire des chansons « alimentaires » en écrivant pour des interprètes de variété. Au contraire, j’ai l’envie de faire un tout de mon œuvre. Je ne pense pas que les gens qui lisent mes livres se sentent désorientés quand j’écris pour Jenifer, par exemple. J’installe ma patte partout où je passe.

 

- Alors, vas-tu jusqu’à dire que tu es fier d’être interprété par ces artistes populaires?

 

- Je trouve ça génial parce que j’adore écrire des chansons. C’est aussi une affaire de rencontre. D’abord avec des compositeurs, parce que je fais très peu de musique. Je ne résiste pas à une belle chanson. J’adore écouter comment un de mes textes va être mis en musique ou comment une musique va inspirer un texte. Après, j’adore qu’un interprète se l’approprie. Les deux disques importants qui sortent en ce moment, c’est Florent Pagny et Jenifer… ce sont quand même deux interprètes qui donnent une touche émotionnelle aux textes. Ils ont une attitude et, de nos jours, c’est pratiquement aussi important que le texte et la musique. Jenifer et Pagny, c’est la classe ultime de l’attitude dans deux genres différents. Chez eux, il y a de l’ampleur…

 

- Pour revenir à ta propre carrière de chanteur, tu continues à faire des concerts, de temps en temps…

 

- Oui, je fais d’ailleurs un concert de Noël au Bus Palladium, le 18 décembre prochain. J’aimerais bien demander aux gens d’emmener un cadeau de Noël. Un cadeau à pas plus de deux euros, tu vois, pour l’offrir à son voisin pendant le concert. J’adore l’idée.

 

Jérôme Attal 09.11.10 1dd.jpg- Passons à Folie furieuse, le deuxième et dernier tome des livres dont nous sommes les héros. Dans Pagaille monstre, le premier, c’était le point de vue des hommes sur les femmes, cette fois-ci, c’est le contraire ?

 

- C’est un peu plus compliqué que ça. J’ai une théorie personnelle. J’ai toujours considéré qu’un homme a plus de choix de femmes que le contraire. Il y a plus de femmes pour nous séduire. Une fille tombe quand même sur pas mal d’abrutis. Beaucoup de lourds… et des lâches aussi. Tu as le choix entre Schopenhauer qui dit que « la vie oscille comme un pendule entre le désespoir et l’ennui » et là, la vie amoureuse d’une héroïne peut osciller entre la lourdeur et la lâcheté. L’idée de Folie furieuse, c’est comment une héroïne va pouvoir espérer à une vie sentimentale malgré l’avalanche d’abrutis qu’elle peut rencontrer à chaque coin de rue.

 

- Tu penses connaître assez bien les femmes pour te mettre à leur place ?

 

- Oui.

 

- Tu as passé ta vie à étudier les femmes.

 

- Intelligence avec l’ennemie.  

 

- Comment prennent-elles ton livre Folie furieuse ?

 

- Il y a des femmes qui aiment beaucoup et il y a celles qui sont gênées et qui aimeraient faire d’autres choix que ceux proposés par l’héroïne. Il y a celles que l’héroïne exaspère un petit peu et il y a celles, au contraire, qui adorent parce qu’elles y voient des répercussions avec leur vie actuelle ou leurs souvenirs.

 

- Il faut dire que dès le premier choix, tu mets les femmes dans un embarras immense et Jérôme Attal 09.11.10 4.JPGsymptomatique. Te connaissant, je suis sûr que c’est un fait exprès.

 

- Tout à fait ! Mon héroïne a laissé seul son enfant chez elle pour aller à l‘anniversaire de sa meilleure copine. Le premier choix à faire est donc cornélien : soit elle retourne voir ce qu’il se passe chez elle, soit elle suit ses copines en boîte de nuit. Ce premier choix a tendance à marquer son terrain. Il divise les femmes en deux parties.

 

- Folie furieuse s’adresse à une tranche d’âge particulière ?

 

- J’ai un âge où je peux éventuellement plaire autant aux mères qu’aux filles. Mes livres ont donc cette dimension, malgré moi.

 

- Je reste impressionné par la structure d’un tel livre.

 

- C’est comme le Coca Cola, il y a une recette, mais elle reste secrète. Je regrette juste une chose dans cette aventure passionnante de Pagaille monstre et Folie furieuse, c’est que les gens ont retenu le principe plus que l’aspect littéraire. L’originalité du concept l’a emporté dans l’esprit des gens sur les qualités d’écriture.

 

- Parfois, en faisant mes choix, je me disais que telle phrase était super belle et je trouvais dommage que certains n’ayant pas suivi la même voix ne la verraient pas.

 

- Folie furieuse, l’idéal, c’est de le lire le plus de fois possible. Les chemins s’éclairent et les astuces se révèlent de lecture en lecture.

 

72490_444460385921_654475921_5492791_5879116_n.jpg- C’est utopique, ça, Jérôme. En 2010, les gens ne reviennent pas sur un livre.

 

-Même si, effectivement, les gens manquent de temps pour lire un livre, je t’assure que certains le font.

 

- Quelle différence y a-t-il entre tes deux livres Pagaille monstre et Folie furieuse ?

 

-Dans Pagaille monstre, tu es plus dans la mélancolie du personnage. Dans Folie furieuse, il y

a de l’action tout le temps et c’est beaucoup plus délirant.

 

- Tes deux livres frisent parfois le surnaturel…

 

- Je m’en fous un peu d’être parfaitement crédible. Moi j’écris un peu pour transformer le réel… pour le rendre plus vivable. Plus passionnant de mon point de vue. J’aime quand les auteurs ont un univers amélioré de leur point de vue. Je ne suis pas dans une démarche réaliste parce que j’essaie, déjà dans la vie, de trouver le merveilleux dans les choses ou dans les rencontres.

 

- J’ai entendu dire que L’amour en lambeaux sortait en poche en mars prochain…

 

- Oui. À cette occasion, je vais revoir un peu le texte. Je remercie encore Stéphane Million de me permettre de construire une œuvre.

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Commentaires

J'avais invité les éditions Stéphane Million au salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière en 2009. Jérôme Attal était venu. Un auteur très sympathique, humble ! J'ai lu "Le garçon qui dessinait des soleils noirs". Un bouquin écrit avec beaucoup de sensibilité. J'aurai plaisir à le revoir un jour sur Ozoir !

Écrit par : luc-michel | 24 novembre 2010

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