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16 août 2010

Mes livres de l'été 2010 (7) : Mallock pour "Le massacre des innocents"

Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je ne vais pas faillir à la règle. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il n’y aura pas uniquement ce genre littéraire. Au programme aussi, Héroïc Fantaisy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».

 

Après Thierry Brun pour Surhumain, Samantha Bailly pour Lignes de vie, Laurent Terry pour Usurpé, William Réjault pour Tous ces jours sans toi, Christine Spadaccini pour Le voyage en argentique, Laurent Brard pour Les fils des brûlés, voici mon septième invité, Amédée Mallock pour Le massacre des Innocents (JBZ et Compagnie).

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Résumé de Le Massacre des Innocents :

Premier tome des Chroniques Barbares, le "Massacre des Innocents " est l'histoire d'une épidémie d'un nouveau genre : soudainement, des massacres inexplicables ont lieu partout en France. D'une barbarie atroce, ceux-ci seront de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Que faire quand la personne à côté de vous peut, sans avertissement, devenir un fou dangereux ? Le commissaire Amédée Mallock, héros de cette Chronique barbare et personnage atypique avec ses visions prémonitoires et sa mélancolie collante, va devoir trouver une explication rationnelle à l'inexplicable. Impuissant, il tente d'aider le gouvernement à mettre en place un couvre-feu. Le pays est en quarantaine. Comment arrêter le "Massacre des Innocents " ?

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Qui est l’auteur Amédée Mallock ?

avatar-blog-1159288230-tmpphp5VcgCS.jpeg«Mallock», alias J-D Bruet-Ferreol, né en 1951, est un fou de mots et de visuels. Depuis l’âge de 11 ans, il écrit, peint et photographie, sans discontinuer. Mallock fait partie, en 1980, des tout premiers photographes primés par le Grand Palais dans le cadre du Salon d’Automne. La même année, Bruet-Ferreol reçoit le Prix Spécial du Jury A2 pour son travail photographique sur «la solitude». Ces clins d’œils du destin seront le point de départ d’une longue et fructueuse carrière d’artiste freelance, DA,P1030374.JPG rédacteur-concepteur et créateur de multiples textes et visuels contemporains, tant dans le domaine de la publicité que dans celui de l’art. En 2000, Bruet-Ferreol expose à nouveau au Grand Palais dans le cadre du Salon de la Figuration Critique des peintures en technique mixte. Il reçoit un Prix Stratégie du Design et sort un roman policier : Les Visages de Dieu aux éditions du Seuil. Depuis, il expose régulièrement son travail photographique qu’il signe maintenant et désormais de son nouveau pseudo : Mallock, en compagnie de son complice Gueritot.

En 2009, il sort un grand livre d’art : MOON, exercice de style sur le derrière féminin. Mallock vit aujourd’hui à Paris et s’apprête à sortir 4 opus : Le Massacre des Innocents, la suite attendue de ses « chroniques barbares », BOOB , le pendant de MOON, puis un grand calendrier « lunaire », et enfin, une nouvelle version revue et allongée (director’s cut) des « Visages de Dieu », sa première Chronique barbare. Pour en savoir plus sur lui, vous pouvez vous connecter sur Mallock.fr ou sur son blog.

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Chez lui, superbe appartement d’un quartier qualifié de « littéraire », c’est un Amédée Mallock bonhomme qui m’accueille. Il me fait rentrer et je tombe nez à museau sur son chat. Palsambleu !  Moi qui suis allergique à l’extrême de ces bêtes !

Je lui dis, tout de go.

le chat qui vient de l espace 01.jpgIl me répond que lui aussi, mais que c’est le seul chat au monde qui ne lui donne aucun symptôme de cette nature. Avec Cyrano (c’est son nom), pas d’éternuement, pas de problème pour respirer, pas les yeux qui piquent, qui pleurent, rien de rien.

Je ne fais pas durer ce suspense insoutenable plus longtemps. Moi, non plus, ce chat ne m’a en aucun cas perturbé, il ne s’est pourtant pas privé de se frotter à moi sans cesse…

Ce chat n’est pas un chat. C’est un extra-terrestre venu étudier le comportement des humains directement chez un spécimen. Et quel spécimen cet Amédée Mallock !

(Notez que je ne suis pas peu fier d’avoir démasqué cet être bizarre venu d’ailleurs).

A la demande générale... voici Cyrano !

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Je fais la connaissance de la souriante épouse de l’auteur. Femme sympathique qui exerce la même profession que moi, mais dans un secteur différent. La médecine…

Elle me prépare un bon café que je demande « avec sucrette », ce qui nous emmène vers une discussion devenue fréquente quand j’arrive quelque part ces dernières semaines.

Mon régime.

Je vous épargne les détails. Ce n’est pas très intéressant de savoir que je fonds à vu d’œil depuis deux mois. Vous savez, je prends ça avec recul et ça ne me perturbe pas plus que ça !

(YOUPIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)

Hum !

Au moment où Cyrano se glisse dans mon sac posé à mes pieds, j’enclenche mon magnéto.

 

9782755605945.jpg- Tu considères Le massacre des innocents comme un thriller littéraire…

 

-  Mon livre ressemble à un polar, a le goût du polar, mais n’en est pas un. Le problème du polar, je n’ai pas peur de l’affirmer, c’est que c’est souvent moyennement bien écrit. Ma démarche personnelle est de construire une vraie œuvre littéraire. J’ai de hautes ambitions dans tout ce que j’entreprends. Je veux tirer le lecteur vers le haut en lui faisant passer un bon moment, sans respecter pour autant les codes habituels de ce genre littéraire. Je propose des livres hyper travaillés. Cela fait 15 ans que je travaille sur ces romans. Je dois préciser que la série des Chroniques Barbares partage le format de l’Heptologie (ou Septologie). Dès le départ, j’ai conçu un plan général de l’ensemble afin d’obtenir une parfaite cohérence dans l’évolution des personnages et de leurs sentiments, ainsi que dans les moindres détails matériels de leurs vies. En plaçant chaque aventure dans le cadre d’un « grand tout » se déroulant sur une vingtaine d’années, j’ai souhaité également donner plus d’ampleur, de tension dramatique, d’affectivité et de variété à chacun des épisodes. Rassure-toi, chaque histoire reste totalement indépendante de la suivante, afin que l’on puisse lire les différentes enquêtes, à la suite, mais également dans l’ordre du hasard.

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- Cette septologie, c’est l’œuvre d’une vie ?

 

- Oui, je m’y attèle avec acharnement. Il y a quelques années, Éric Orsenna m’a demandé de venir le voir au Ministère des Affaires Etrangères pour me dire ce qu’il pensait d’un de mes premiers romans (non publié) qu’un ami lui avait passé, Le volcan lunatique. Il m’a dit qu’il était, je cite "sur le cul tellement il s’est régalé à le lire". Mais il a ajouté : « Vous ne serez jamais publié avec un livre comme ça. Vous n’êtes pas connu. Votre livre est un mélange de science-fiction, de fantastique, d'érotisme et de polar. Il y a tout, donc vous n’allez rentrer dans aucune collection, vous allez vous casser les dents, vous allez vous démoraliser et ce sera catastrophique… ». Me considérant comme « tellement taré », il m’a conseillé d’aller dans la rue et de prendre l’inspiration là. Pour lui, c’était suffisant. Alors, je me suis mis à construire mon œuvre, à ma façon. J’aime autant lire Voyages au bout de la nuit de Céline que toute la bibliographie d’Albert Cohen, mais j’adore aussi Thomas Harris. Mon ambition était d’écrire un peu comme eux tous. J’ai eu un mal fou à parvenir à un compromis entre un style littéraire et un style plus narratif.

 

- Le Massacre des Innocents est un livre très accessible.

 

- Oui, je pense être parvenu à écrire un  roman « populaire » de bonne tenue.

 

- Ça ne fait pas peur aux éditeurs une septologie ?

 

- Ce leur fait peur et en même temps, ça les rassure sur le phénomène de suivi. Si le premier ne marche pas, peut-être que le deuxième trouvera son public. Par exemple, les deux prochaines aventures du commissaire Mollock et de son équipe devraient paraître en octobre, puis en mai prochain.

 

- Tu signes désormais tes livres Mallock, ton commissaire s’appelle Mallock… ce n’est certainement pas le fruit du hasard. 

 

- Je me suis rendu compte que le personnage de commissaire qui n’avait au début qu’un petit rôle dans un précédent ouvrage est devenu essentiel à mon histoire et surtout, je me suis rendu compte qu’il me ressemblait comme deux gouttes d’eau. Pire encore… que c’était moi. Dans les premières aventures de Mallock, Les visages de dieu (aux éditions Jean-Claude Lattès), j’ai eu un plaisir fou à le mettre en scène. Depuis, il reste et restera mon personnage fétiche et récurrent.

 

- Ton personnage Mallock, il n’est pas seulement intuitif à l’extrême, il est carrément visionnaire.

 

- Il a une capacité exacerbée à prévoir les mauvais coups. Il a d’ailleurs peur de cette capacité là, parce que ça lui rappelle la folie de ses parents. Il y a toujours dans ce livre, des explications aux intuitions de Mallock. Aux lecteurs de les découvrir… j’adore l’idée de jouer avec mes lecteurs.

 

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- Voilà comment tu présentes le commissaire Mallock : « Mallock n’était rien d’autre qu’un brave bougre sentimental avec un caractère de chien, chiant avec des états d’âme. Dur et sensible, violent et pacifique, autoritaire, mais bienveillants, irascible et zen, orgueilleux et simple, Médée était un gros ours paradoxal. ». Le Mallock du livre et le même que le Mallock écrivain ?

 

- Je te le répète, je suis désormais dans l’incapacité de différencier l’un de l’autre. Mon personnage est mon portrait craché.

 

- Son inspiration est facilitée par sa consommation d’alcool, de cigare et d’opium… qu’en est-il pour toi ?

 

- Personnellement, je ne prends pas d’Opium, ni aucune drogue considérée comme illégale, par contre le reste… si j’ai inventé l’opium pour Mallock, c’est pour représenter de manière tangible l’inspiration, c’est tout.

 

- Tu écris à un moment : « Chacun de nous à l’enfer en lui. Juste là, tout prêt, tapi au bord de nos putains de lèvres. » Ce n’est pas rassurant !

 

- Quand je dis l’enfer, c’est à la fois le côté obscur et la folie que chacun à en lui. J’en suis persuadé. Moi, je suis sous anti dépresseur depuis une trentaine d’années. Je suis à la limite de la bipolarité. Je m’en foutais de souffrir, mais quand j’ai compris que je faisais souffrir les gens que j’aime, j’ai décidé de prendre ce problème à bras le corps.

 

- Faire souffrir ta femme et tes enfants, par exemple.

 

-  Cette idée m’est effectivement insupportable. Il y a d’ailleurs un lien avec ce qu’il se passe dans la vie de mon commissaire Mallock. Son fils de 5 ans, Thomas, est mort. C’est pour moi un exutoire de ma peur de perdre un de mes fils. J’ai une peur panique qui leur arrive quelque chose.

 

- Tu dis aussi dans ce roman que le meurtre parfait existe.

 

- C’est une certitude, même si, paradoxalement, on peut dire que le meurtre parfait n’existe pas puisqu’il n’est pas découvert et qu’on n’en parle pas. Un meurtre parfait, c’est comme les petits hommes verts, il n’y a pas de preuves irréfutables, donc, ça n’existe pas. Je suis sûr qu’il y a autant de meurtres parfaits que de meurtres élucidés.

 

(Note de Mandor : Hé hé ! Mallock croit que je n’ai pas compris que son chat venait d’une autre planète… Tsss…)

 

- Quand tu écris un livre, comme un comédien qui vient de finir un film avec un rôle fort, tu as du mal à en sortir ?

 

- Non, parce que je planche immédiatement sur le livre d’après. Je suis même impatient de terminer un roman, puisque le suivant m’appelle déjà. C’est juste mon côté perfectionniste qui fait que j’ai du mal à me dire qu’un livre est vraiment terminé. A chaque relecture, de constantes corrections. À un moment, il faut être raisonnable et s’arrêter. Moi, j’ai un mal fou.

 

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- Tes tableaux, ta musique et tes livres… ces activités sont primordiales et indissociables à ta vie ?

 

- Je suis avant tout écrivain, mais je n’écris pas que des livres. J’écris des images et de la musique. Je suis né avec ces trois enfants. La littérature, la photo et la musique me revitalisent. Dès le matin, il faut que je crée. Si je ne crée pas, je suis très mal. Il faudrait que je double ou triple mes anxiolytiques. 

 

- Quelle est ton ambition littéraire ?

 

- Ce qui me ferait le plus plaisir, c’est que mes lecteurs me disent un jour qu’un de mes livres est un des vingt qu’ils emmèneraient dans une île déserte pour le relire. Je veux marquer les gens qui me lisent… et que ma morale de vie leur plaise. Elle est proche de celle de Cyrano (de Bergerac, pas le chat extra-terrestre !)

Pour être sincère, nous avons conversé très longtemps, j’ai dû tailler à la hache afin que cette interview respecte le format habituel de ce blog. J’espère que Mallock ne m’en voudra pas. Il m’a ensuite fait visiter sa demeure en me faisant l’honneur de me présenter quelques-unes de ses toiles, dont voici des détails (pris avec mon appareil Panasonic Lumix DMC-FS7, c’est dire si la qualité de ses clichés est impressionnante de précision et d’exactitude…).

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Mallock m'a ensuite offert son fameux Moon. Il s'agit tout à la fois d'un livre d’art et d'un recueil de photos érotiques. Mallock et son complice Gueritot ont voulu concevoir la première anthologie de la fesse féminine, sous la forme d'un "beau livre". Il me l'a dédicacé.

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Moon est un superbe ouvrage avec des photos (qui ne laissent pas indifférents tout hétéro normalement constitué) dont voici un échantillon dans ce petit clip. Régalez-vous, c'est de l'art !


MOON Mallock et Gueritot
envoyé par A-Mallock. - Films courts et animations.

Nous avons eu du mal à nous séparer, alors que je n’avais qu’une heure à consacrer à cet auteur, je suis resté près de deux heures. Pas envie de partir, sacrément envie de continuer à parler.

Rendez-vous est pris à la rentrée, sans micro, mais avec plus de temps…

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Commentaires

Super interview avec de très belles photos (comme ça, j'en ai une nouvelle de Cyrano qui ne me regarde même pas quand je viens soit dit en passant : je suis jalouse !!!!!)

Écrit par : Sylvie GAUCHET | 16 août 2010

Ca donne envie de le lire ce bouquin ! Ah bah mince, déjà fait. Bon, il arrive quand le suivant, on a dit ?

Écrit par : Bertrand | 16 août 2010

Vite vite, quelle chance je n'ai plus rien à lire!

Écrit par : Gwenaëlle | 16 août 2010

Psssssssst, mon cher Mandor, la première version des "Visages de Dieu" (version bien plus courte que celle sortie récemment (après cette interview), l'avait été aux éditions du "SEUIL" quoique j'ai rien contre Lattéssssss :) :) :)
Et histoire de tout bien clarifier (:) hi, hi) les "Visages de Dieu" que je viens donc de ressortir se déroule avant le "Massacre des innocents"…
J'suis un grand gars tout simple en fait :-D

Écrit par : mallock | 05 avril 2011

Les commentaires sont fermés.