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24 juillet 2010

Mes livres de l'été 2010 (4) : William Réjault pour "Tous ces jours sans toi"

Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je ne vais pas faillir à la règle. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il n’y aura pas uniquement ce genre littéraire. Au programme aussi, Héroïc Fantaisy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».

 

Après Thierry Brun pour Surhumain, Samantha Bailly pour Lignes de vie, Laurent Terry pour Usurpé, voici mon quatrième invité, William Réjault pour Tous ces jours sans toi (chez Plon).

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(William Réjault dans sa loge et sur son plateau par Antoine Doyen)

William Réjault, je l’ai déjà reçu pour un précédent ouvrage… parce que je suis son travail depuis son premier récit publié. Et que je suis très admiratif de son potentiel imaginatif et de la manière dont il gère sa carrière professionnelle multifonctions.

Voici sa bio officielle (par lui-même).

9782259211246.jpgLa 4e de couverture de « Tous ces jours sans toi ».

« Je suis Marion. J'avais vingt ans en 1992 et j'écoutais sur mon vieux lecteur CD du Jeff Buckley, du Nirvana. Je traînais à la fac en Bensimon et jeans Cimarron. J'ai joué aux cartes jusqu'au petit matin, fait des photocopies à la BU et rêvé de grands voyages en attendant les partiels. J'avais un ami un peu boulet qui n'a cesse d'attirer les ennuis, qui a accumulé les rencontres catastrophiques et les amours malheureuses. Une bande de potes un peu atypiques dont j'ai perdu de vue la plupart des membres. Je voulais partir à New York, mais ce ne fut pas pour moi. Je voulais réussir mes exams mais, ça non plus, ce ne fut pas pour moi. Je voulais trouver le grand amour, ce fut dur. Et puis un jour...

William Réjault a déjà publié plusieurs ouvrages : La Chambre d'Albert Camus, Quel beau métier vous faites !, Maman, est-ce que ta chambre te plaît ? Il est aussi le premier auteur français à avoir écrit un roman-feuilleton sur iPhone. »

J’ai demandé à William de venir me rejoindre, encore et toujours dans la brasserie à côté du Grand Rex. C’était le 16 juillet dernier.

Nous conversons de nos vies et activités personnelles avant que j’enclenche mon magnéto. Puis, au bout d’un moment, je lui dis qu’il est tant que je me transforme en journaliste…

Ce que j’aime chez William Réjault, c’est qu’il répond sans détour et avec une franchise déconcertante à toutes les questions. C’est rare et c’est bon !

 

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Mandor : Au début de « Tous ces jours sans toi », j’ai eu peur que ce ne soit que la simple évocation de l’enfance de ton héroïne, Marion. Il y a une large évocation de la vie de la petite ville de province dans laquelle elle a vécu… j’ai même trouvé que le début était déstructuré, pour finalement parfaitement se structurer.

 

William Réjault : C’est mon premier livre. Il a la fraîcheur et les erreurs d’un premier roman. Mais, celui qui arrive dans 6 mois sera moins naïf. Dans celui-là, je n’avais pas de début, mais j’avais une fin. J’ai essayé de nouer entre eux quelques personnages forts pour fabriquer une seule histoire.

 

M : Tout se tient à la lecture… je t’assure, rien ne m’a choqué !

 

13.07.10 Denis Bouchain 4x.jpgW.R : C’est le travail de mon éditeur, Denis Bouchain (en photo à gauche, mandorisé récemment et publié bientôt, ici même). Il a structuré trois grosses nouvelles pour les mettre dans l’ordre et créer du lien entre eux. Moi, j’avais un monde éclaté, Denis a réuni ce monde. Avec « Tous ces jours sans toi », j’ai fait mes gammes. J’ai appris ce que c’était d’écrire un livre. Hésiter, avancer, revenir, demander à mon éditeur « ça va, ça ne va pas ? ». Avec le suivant, j’ai mis une colonne vertébrale. J’ai écrit le début, la fin, raconté chapitre par chapitre avec une bible avec des personnages, des photos des acteurs, de nombreux rebondissements…

 

: Il n’en reste pas moins que je trouve le style de ton premier roman très original. Les codes habituels d’une histoire romancée n’y sont pas.

 

W.R : Je suis d’accord avec ça ! Au début, j’ai dit à Denis : « ce sera un livre comme un Seinfeld, un livre sur rien. » Il m’a demandé de ne jamais dire ça à un journaliste ! 

 

: Tu as bien fait de me le dire, je ne suis pas un journaliste.

 

W.R : Moi, j’ai l’art de raconter des moments où il ne se passe pas grand-chose. La vie, c’est ça aussi. Pour un évènement extraordinaire, il y a dix évènements où il ne se passe rien.

 

M : Ce à quoi, un journaliste malintentionné pourrait te répondre : est-ce qu’un lecteur a envie de lire un livre sur rien ?

 

W.R : La maison d’édition a pris ce risque, en tout cas. Ils n’ont pas eu l’air terrorisés par cette interrogation. Moi, j’avais envie d’écrire un livre léger.

 

: Un livre léger ? Je ne le trouve pas du tout léger… les histoires d’amour sont quasiment toutes compliquées ! Pierre, par exemple, c’est de la folie ce qu’il vit ! Tu racontes 6 de ses histoires d’amour.

 

W.R : Et encore, on a sabré… Pierre, c’est quelqu’un qui a choisi d’ouvrir toujours la mauvaise porte, alors que  Marion n’en ouvre aucune pendant des années et le jour où elle se décide, c’est une belle histoire. Elle aide longtemps Pierre psychologiquement, mais elle finit par démissionner. Dans un futur livre, les histoires vont se remettre dans le bon ordre. C’est Pierre qui aidera Marion.

 

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M : Marion a des copines qui, elles aussi, ont des histoires d’amour pas simples du tout… Victoire, par exemple, avec son boucher ou le futur président des Etats-Unis.

 

W.R : Les histoires de Victoire sont réelles. C’est une amie à moi qui a vécu cela. Je n’ai fait que raconter en romançant un peu.

 

M : D'ailleurs, « Tous ces jours sans toi » est le premier volet d’une trilogie… tu es certain de la poursuivre chez Plon ?

 

W.R : Qu’importe l’éditeur, pourvu qu’on ait l’ivresse. Je sais exactement ce que j’ai envie de raconter… cette trilogie verra le jour. Il faut juste que je trouve l’endroit où il y a suffisamment d’énergie positive pour que cela se fasse. Denis Bouchain est un garçon exceptionnel avec lequel j’ai eu une très belle relation de travail. Plon est une maison traditionnelle pour un livre qui ne l’est pas.

 

M : William, tu bosses comme un forcené. Tu m’as raconté en off que tu avais aussi écrit un roman policier qui se passe dans une maison de retraite… il y a aussi un roman d’anticipation qui sort bientôt chez Robert Laffont.

 

W.R : On a un ami commun qui est comme ça. Frédéric Mars. Il y a aussi quelqu’un comme Gérard de Cortanze. Nous sommes des stakhanovistes de l’écriture. À la force d’écrire énormément, j’ai enfin compris ce que je voulais raconter. Des romans d’action. Désormais, il y aura deux parties dans mon écriture. Une intime et personnelle. Je vais explorer des choses qui m’arrivent, que je vois ou que j’imagine chez les gens, c’est le cas de « Tous ces jours sans toi », avec un vrai travail de corrections, de relectures, avec des allers-retours éditeur-auteur… Une autre partie d’écriture dans laquelle je raconte ce que j’ai envie de voir sur un écran ou dans un livre et qui, à priori, n’existe pas.

 

M : Dans tes émissions sur le Figaro.fr, à part Tatiana de Rosnay, tu ne reçois pas d’écrivains.

 

W.R : Ça ne m’intéresse pas. C’est toujours malvenu de recevoir des écrivains quand on écrit soi-même des livres.

 

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M : Je récapitule toutes tes activités. Depuis que tu n’es plus infirmier, tu es devenu écrivain, journaliste, intervieweur de personnalités culturelles et rédacteur du blog de Zazie. Tiens, à ce propos, raconte-nous comment tu es arrivé dans ce projet.

 

23695_1422864658271_1432368360_31115182_7018225_n.jpgW.R : J’ai été contacté par Universal qui m’a demandé : « est-ce que ça vous intéresse de travailler avec Zazie pendant une durée assez longue parce qu’elle a un projet énorme ?». Elle a effectivement, 49 titres à venir qu’il faut expliquer et raconter. Il faut aussi proposer des choses sur les coulisses de l’album et ceux de la promo, bref alimenter son blog au quotidien. Elle a lu « La chambre d’Albert Camus », nous nous sommes rencontrés et aujourd’hui, nous travaillons ensemble. C’est une femme qui est encore plus généreuse qu’elle ne le laisse paraître à travers l’écran. C’est vraiment une très très belle personne qui n’a pas peur de prendre des risques. Se mettre en danger, elle considère que c’est être normal.

 

: Ce que j’aime c’est que ce blog est sincère. Il est bien indiqué que c’est William Réjault qui alimente le blog de Zazie, avec sa collaboration.

 

W.R : Elle serait bien incapable d’affirmer que c’est elle qui s’en occupe, elle est trop sincère. Quant à moi, la plus grande hypocrisie serait que je dise : je connais très bien cette artiste et son œuvre et je vais vous en parler tous les jours. C’est faux. Moi, je suis fan des Beatles et de Paul Mc Cartney, mais de Zazie, je ne connaissais que 5 chansons. L’idée c’était de dire : « je découvre comme tout le monde au fur et à mesure, mais avec juste un peu d’avance. » On apprend certaines choses d’elle que personne ne verra jamais dans aucun autre média. Ce blog existe pour faire plaisir aux gens.

 

M : Tu es toujours dans des « coups » novateurs. Outre ce blog original, tu es aussi à l’origine du premier roman interactif et participatif à lire uniquement sur l’iPhone, Le Chemin qui menait vers vous. Tu aimes te démarquer de ce que font les autres ?

 

W.R : Le meilleur conseil qu’une dame m’a donné un jour, c’est : ferme ta gueule et bosse ! Je ne me pose donc aucune question. On verra ce que j’aurai fait comme travail dans 15 ans.

 

M : Sans aller si loin, tu te vois faire quoi d’ici 3 ans ?

 

W.R : J’aimerais écrire un livre qui soit adaptable sur scène et j’aimerais le jouer avec une actrice dont je parle dans « Tous ces jours sans toi ».  Un livre qui sortirait à la rentrée littéraire et qui serait joué au théâtre dans le même temps. C’est le challenge que je me suis donné pour mes 40 ans. Là, j’en ai 37. Je suis très pudique et plutôt réservé. L’idée de parler en public me fout extrêmement mal à l’aise, je veux donc faire quelque chose qui me permette d’aller à contre-courant de mon naturel.

 

: Écrire des scénarii pour le cinéma…

 

W.R : Oui. Évidemment, ça fait partie des projets que j’aimerais voir aboutir. Le livre d’anticipation qui sort en février chez Robert Laffont, je l’ai écrit pour qu’il soit vu sur un écran… j’écris des choses que j’ai envie de voir, je te le répète.

 

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Ensuite, nous abordons des sujets qui ne doivent pas être publiés. J’appuie donc sur la touche STOP de mon magnéto. Pour conclure, je précise que la lecture de « Tous ces jours sans moi » peut-être un peu déstabilisant au début, mais, il faut insister, car c’est finalement un vrai ravissement.

Un vrai ravissement, si on se donne la peine de lire un livre… différent.

Commentaires

@ William : merci pour la mention ;-) Et si Denis veut bien me passer ton roman, il fera sans doute partie de mes lectures de cet été !

@ Mandor : François, j'espère que les soucis s'éloignent un peu et que le ciel estival s'éclaire pour toi. A bientôt

Écrit par : Fred | 30 juillet 2010

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