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04 juillet 2010

Mes livres de l'été 2010 (2) : Samantha Bailly pour "Lignes de vie"

Chaque année, sur ce blog, je consacre de nombreuses notes estivales sur mes lectures du moment. En cet été 2010, je récidive. Je vais vous présenter un choix de livres lus et appréciés quasi en temps réel. Évidemment exhaustif, le choix. Il y aura quelques livres de la nouvelle collection « Nuit Blanche » dirigée par Denis Bouchain chez Plon. Une collection de thriller 100% français. Mais, il y aura aussi au programme aussi, Heroïc Fantasy, roman épistolaire et roman dit « blanc», donc « normal ».

Après Thierry Brun pour Surhumain , ma deuxième invitée des « livres de l’été » est Samantha Bailly pour Lignes de vie (éditions Volpilière).

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(Samantha Bailly, récemment, au Salon du Livre de Caen)

Voici sa biographie telle qu’elle est proposée par l’auteur sur son site personnel :

Dès la terminale, Samantha Bailly commence à faire parler d'elle en se retrouvant en finale régionale du concours de Plaidoirie pour les Droits de l'Homme 2005, organisé par Amnesty International, pendant laquelle elle défend la cause de la Biélorussie. Puis elle obtient le Prix Alain 2006, prix lycéen national de philosophie. Elle voit la même année ses premiers textes (nouvelles et poèmes) publiés. Actuellement, elle est en Master de Lettres Modernes à l'université de Caen.

Bibliographie :

Romans : Lignes de vie (2010), roman épistolaire, éditions Volpilière.

La Chute des Étoiles, Au-delà de l'Oraison tome II (2010), éditions Mille Saisons.

La Langue du silence, Au-delà de l'Oraison tome I (2009), éditions Mille Saisons.

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(Photo de la couverture : Frédéric Vignale)

L'histoire de Lignes de vie (4e de couverture) :

"Gabrielle et Antoine n'auraient jamais dû se rencontrer et pourtant... une simple lettre anonyme va faire basculer leurs destins.
Le hasard ? La chance ? Tous deux vont découvrir ce que le mot Confidence veut réellement dire. Peut-on s'attacher à un être juste au travers de mots, peut-on changer son chemin pour un inconnu ?
Nous avons tous besoin d'une épaule, mais a-t-on conscience de ce que cela implique ?
De nos jours on communique essentiellement par mail, par SMS. Dans ce livre on redécouvre le plaisir de la correspondance manuscrite, de l'ambiguïté. La peur de se dévoiler, d'oser se rencontrer pour de vrai..."

Ce livre, je l’ai lu avec un peu d’a priori. Un roman épistolaire entre un jeune homme et une jeune femme qui ne se connaissent pas et qui finiront par s’attacher… ça m’a laissé un peu sceptique.

Et puis, j’ai rapidement plongé. Je me suis laissé avoir par l’écriture et l’histoire de ces deux jeunes gens qui vont s’apprivoiser par petites touches habiles et paradoxalement involontaires. Il y a quelques considérations sur l’amour, l’amitié, l’ambigüité des rapports hommes/femmes. Des sujets éternels, universels, aux champs du possible immenses.

J’ai demandé à Samantha Bailly de m’envoyer aussi ses deux romans « Fantasy » avant de la rencontrer. J’aime bien découvrir tous les aspects littéraires d’un écrivain. A la lecture de l’ensemble de son œuvre, je suis convaincu que Samantha Bailly à une belle carrière devant elle. Très belle.

J’ai donné rendez-vous à la demoiselle devant le Grand Rex, le 30 juin dernier. Nous avons réalisé l'interview dans le bar le plus proche.

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couv_ADDO_face_bdef.jpgTon premier roman de genre Heroïc Fantasy, La langue du silence » (1er volet du diptyque « Au-delà de l’Oraison »), tu l’as écrit à l’âge de 17 ans… Créer son propre monde à cet âge là, ce n’est pas courant !

Créer son monde, ce n’est pas le plus difficile. C’est le faire comprendre aux autres qui est compliqué. C’est la raison pour laquelle à chaque début de chapitre, il y a des entrées encyclopédiques. Je donne à chaque fois un aperçu de la société dans laquelle j’invite les lecteurs.

Au début, évidemment, on est un peu perdu et plus on avance dans le roman, plus on entre dans ce monde imaginé. Très facilement, en fait. L’Heroïc Fantasy est-il un genre littéraire difficile à écrire ?

Il y a des codes à respecter. Pas en terme de narration, ni de syntaxe, mais plutôt d’univers… je n’arrive pas à l’expliquer, mais c’est pour moi assez naturel d’inventer ces mondes. Mon mémoire traitait des « représentations de la mort en fantasy »… Dans l’Heroïc Fantasy, ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’il y a tellement de possibles que l’on peut les exploiter en les réinventant indéfiniment.

Tu lisais beaucoup de roman de ce genre ?

Pas plus qu’un autre genre. Pré ado, j'ai adoré La croisée des mondes de Philip Pullman. C'est chute.jpgà ce moment-là que je me suis dit que j’avais envie d’écrire un livre similaire. On est à la fois dans un aspect très divertissant et on apprend beaucoup de choses sur les différentes sociétés d’hier et d’aujourd’hui.

Tes « Fantasy » sont déjà au programme d’une classe de 5e et d’une classe de seconde… Flattée ?

Oui. Je suis allée dans leur classe deux heures à discuter, c’était très enrichissant. C’étaient des élèves qui n’aimaient pas du tout lire et ils m’ont posé plein de questions. Les professeurs et moi, nous étions ravis de cet échange.

Comment bâtis-tu tes romans « Fantasy » ?

Je commence par la fin. Dans le processus d’imagination, je décide d’écrire un roman qui finit d’une certaine manière et ensuite, je construis un univers autour.

Il m’a semblé déceler des évènements entre deux de tes « royaumes » proches de ce qu’il se passe dans notre monde à nous. Comme le conflit israélo-palestinien… une histoire de territoires occupés.

Quand j’ai écrit ce livre, j’étais en plein dans mes cours d’histoire en terminale. Il y a des influences involontaires. Il faut être réaliste, quel que soit les mondes et les époques, les évènements sont tragiquement souvent les mêmes.

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Ça t’énerve quand on te parle de ton jeune âge ?

Non, ça me flatte et en même temps, c’est ma passion de toujours. J’ai toujours été déterminée à écrire des livres, mais je n’avais pas conscience des difficultés que cela impliquait.

Quand on écrit Lignes de vie, un roman épistolaire moderne et tes deux livres Fantasy… il y a un monde entre les deux, si je puis dire.

Un roman réaliste qui se passe dans notre monde, je trouve ça vraiment très fluide, dans le sens où il se passe des choses que l’on connait, où l’on est dans un terrain connu. En Fantaisy on a un rôle presque didactique. Il faut expliquer aux lecteurs dans quoi il va arriver, les prendre plus par la main.

lignesdevie.jpgParlons de Lignes de vie. Tout d’un coup un livre très contemporain, très près du quotidien. C’est un changement radical de style et d’univers.

L’idée m’est venue et je l’ai écrit d’une traite. C’est une histoire que j’avais construit mentalement et qui allait de soi. C’était très naturel. Une vraie bouffée d’oxygène après un travail littéraire quand même assez rude.

Sans que cela soit péjoratif, c’était un livre plus « facile » à écrire.

Facile, juste dans le sens « naturel ». J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire ce roman épistolaire. L’idée m’est venue parce que je suivais des cours sur « le roman épistolaire au XIXe siècle ». J’ai donc centré une histoire sur deux personnages qui s’écrivent des lettres. Il y a une intrigue qui devient très fusionnelle.

Il y a un peu de Samantha Bailly chez Gabrielle, ton héroïne ?

Dans tous les romans, on impose toujours plus ou moins notre vision des choses, alors, oui, il peut y avoir un peu de moi. Mais, d’abord, je n’ai jamais eu ce genre de relation épistolaire et je tiens à préciser que je ne suis pas une experte en amour… J’ai voulu expliquer comment deux personnes qui se retrouvent à devenir confidents vont avoir leur vie largement influencée et comment ils vont gérer cette relation. La fin de leur correspondance reste très ouverte.

Antoine et Gabrielle n’ont pas compris très vite à quoi ils jouaient sans s’en rendre compte. Il était évident que l’amitié allait prendre une autre tournure.

Quand on est dans une relation, surtout au début, on est vraiment naïf. Ni Gabrielle, ni Antoine ne lisent entre les lignes. Antoine est particulièrement long à la détente pour comprendre les choses. Au final, Gabrielle ne s’en aperçoit pas tout de suite, mais elle son quotidien est embelli. Elle a quitté la routine pour aller vers quelque chose de romanesque.

C’est difficile de montrer la graduation de l’amour qui monte ?

C’est effectivement toute la difficulté. Il faut trouver le bon dosage. Au début, leur conversation est assez banale et peu à peu, ils vont s’accrocher à l’autre et complètement se livrer. Il y a plusieurs intrigues dans l’intrigue principale et des coïncidences qui n’en sont pas vraiment…

Tu écris sur quoi en ce moment ?

Je suis en train de finaliser Métamorphose,  roman "Fantasy" dans lequel je développe un des personnages de mon diptyque, le dénommé Sonax. Et j’écris un autre roman, mais cette fois-ci à quatre mains, avec un auteur de Mille saisons qui s’appelle Nicolas Delong. C’est un livre sur le monde de l’édition et sur l’écriture. Un double point de vue en quelque sorte. Celui d’un auteur à succès et d’un auteur blasé. On s’est bien amusé à écrire cette galerie de personnes que l’on a rencontrées ici et là. 

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La photo mandorienne prise par un serveur (très pressé).
Ce qui est troublant chez Samantha Bailly, c'est qu'elle a un physique d'héroïne de Fantaisy... une beauté diaphane, des yeux bleux azur (bonjour les clichés!). Je laisse partir cette "fée" à sa vie très occupée (études, boulot, écriture...).

Commentaires

Un livre qui m'a surpris agréablement, bien mené mais que j'aurais souhaité plus long...

Écrit par : Jerome | 06 octobre 2010

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