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03 juillet 2010

Yannick Noah en interview: "Frontières" et Stade de France !

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Le mardi 29 juin dernier, la maison de disque m’a invité à écouter six titres du prochain album de Yannick Noah, Frontières, qui sort le 23 août prochain. À l’issue de l’écoute, une interview a été organisée de manière à ce que je puisse écrire des articles pour certains médias dans lesquels je travaille.

Tout commence par mon arrivée à l’Hôtel de Sers. L’attachée de presse m’accueille gentiment puis m’amène dans un salon du 1er étage pour écouter une partie du disque. Tout n’est pas encore finalisé, alors les journalistes se contenteront de 6 titres : « Ma pomme », « No one’s land », « Angela », « Marcher sur le fil », « Hello » (duo avec Asa), « Ca me regarde » et « Frontières ». Une nuée de jeunes filles me montrent comment on met le disque… et me laisse seul (comme le montre cette photo prise avec un retardateur. Je sais, c’est pathétique !).

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Je fais mon travail consciencieusement. Je lis les paroles que l’on a mises à ma disposition en buvant de l’eau plate. (Je ne touche pas au buffet mis à notre disposition…)

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Bref, l’attachée de presse de chez Sony (que je connais maintenant depuis quelques années et dont j'apprécie le professionnalisme) vient me chercher tout sourire… « Alors, tu as aimé ? ».  Je ne sais trop quoi répondre parce qu’après une seule écoute, je n’arrive jamais à me faire une opinion. Musicalement, c’est impeccable en tout cas. C’est parfois funky, reggae, rock, pop… sur scène, ça devrait bien « claquer » !

Je passe un peu de temps à la table du staff Sony en attendant que le précédent journaliste finisse d’interviewer Yannick Noah.

C’est enfin à moi de jouer.

Je ne lui rappelle pas cette nuit chargée d’émotion où nous nous étions rencontrés… il y a13 ans déjà ! L’homme est toujours aussi avenant. Et surtout, il ne mâche pas ses mots.

Nous avons évoqué cet album très rythmé aux messages toujours positifs et abordé quelques sujets moins consensuels (l'interview, dans son intégralité, a déjà été publiée dans MusiqueMag, il y a quelques jours).

Deux chansons évoquent New York : "Ma Pomme" et "Angela". A l’issue de vos deux ans passés là-bas, il fallait que vous rendiez hommage à cette ville ?

Je ne rends pas hommage, je raconte ma vie, ma relation avec mon public nombreux depuis 10 ans. Au début, je leur ai raconté mon métissage, ensuite mes croyances, puis mes rêves… aujourd’hui, je leur raconte ma vie, mon quotidien. Ils savaient tous que j’étais à New York donc, la moindre des choses en revenant, c’était de raconter mon expérience américaine. Vous savez, je tiens compte des envies des gens qui me suivent. Ils souhaitaient que je raconte ce qu’il y a derrière ces deux ans.

(Le clip d'Angela. Il y évoque le souvenir d'Angela Davis, une militante américaine des droits de l'homme. Professeur de philosophie, elle a notamment participé au mouvement des droits civiques aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970, pour donner aux noirs le droit de vote et en finir avec la ségrégation.)

Votre vie new yorkaise a-t-elle changée votre vision du monde ?

On est tous en évolution constante. Partout où je passe, j’observe et j’en tire des leçons. J’ai vécu des moments très forts. Les débats Obama/McCain, l’élection d’Obama, mes moments assis sur le trottoir à regarder les gens passer, mes nuits à Central Park, ma vie en famille avec tous mes gosses… Tout ça, c’étaient des moments très forts. Mais, j’avais aussi des moments de mélancolie où j’avais envie de revenir en France, où je me sentais loin de ma petite sœur ou de ma mère, où mes potes me manquaient.

Ces fameux moments-là ont-ils été source d’inspiration ?

Non, pas vraiment. L’album n’est pas écrit par moi. Je n’ai pas cet investissement psychologique, moral, spirituel lié à la création d’un album. J’appelle mes potes auteurs, je leur demande de m’écrire une chanson sur tel ou tel sujet avec tel ou tel rythme. Maintenant, il faut que je me prépare à être de nouveau Yannick Noah, personnage public. J’ai envie de partager, d’avancer, de donner la pêche aux gens.

Est-ce qu’il faut réellement que vous vous mettiez dans la peau d’un chanteur ?

Oui, ça prend du temps. Celui des répétitions et d’un ou deux concerts. C’est un jeu… C’est un peu un rôle. On devient la chanson, on est un peu acteur de la chanson, on se met derrière elle. On n’est plus du tout dans le quotidien "normal".

Vous travaillez toujours avec la même bande d’auteurs et de compositeurs. Les anciens du groupe Canada (Jacques Vénéruso, Gildas Arzel…)

Il n’y a aucune raison de changer.

Vous n’aviez pas envie de jouer avec des musiciens américains rencontrés sur place ?

Ca ne m’intéresse pas. Ca aurait pu, mais ça n’a pas été le cas. L’équipe avec laquelle je travaille m’a pris dès le départ de mon aventure musicale. Ils avaient des chansons pour moi dans lesquelles ils me montraient tels que j’étais dans la réalité. Quand ils m’ont fait écouter les premières maquettes, j’étais franchement bouleversé. Je ne les connaissais pas, je n’en revenais pas. J’ai envie de travailler avec eux pour toujours.

Dans "Marcher sur le fil", vous rendez hommage à ceux qui, d’une idée portée à bout de bras, décident de changer les choses. Coluche et l’Abbé Pierre, en l’occurrence. 

Je parle des gens qui m’ont motivé, qui me stimulent et c’est aussi une façon de les remercier. Souvent, j’ai l’impression d’être un petit peu trop devant. Beaucoup trop, même. Donc, j’essaie de me remettre à niveau.

Il y a une chanson qui s’intitule "Ca me regarde". Ce n’est pas ce que vous avez envie de répondre parfois à certains journalistes ? On sollicite votre avis sur Sarkozy, sur le comportement des bleus et sur bien d’autres sujets…

Oui, ça m’arrive très souvent, mais je ne le dis jamais. Je pense qu’à un moment, il faut faire face. Quitte à se tromper. Il faut assumer ses convictions. Il y a trop de personnages publics qui se planquent. Je ne veux pas être un planqué. Je fais face. Je ne vous cache pas que j’ai parfois des doutes sur le bien fondé de mes interventions, mais au moins, je dis ce que je pense…

Il n’y a que lorsque l’on vous interroge sur le sport que vous vous sentez légitime ?

(En riant). Ben, oui ! J’étais le meilleur avant ! J’étais capitaine de l’équipe de France de Tennis, on a gagné des coupes… Je sais de quoi je parle. Comme depuis, il n’y a pas eu grand-chose, on sort les vieux.

Noah.jpgA 23 ans vous gagnez Roland Garros, à 50, vous chantez au Stade de France… Quel bilan !

Merci ! Mais, je vous signale  que l’un n’est pas si éloigné de l’autre. Je prépare mon Stade de France comme un véritable tournoi. Encore plus aujourd’hui qu’il y a 15 ans. A 50 balais, il faut que je sois en forme, donc, que je m’entraîne. Ce genre de performance n’est pas naturel à mon âge. D’une partie de la scène à l’autre, il faut couvrir bien 130 mètres en chantant, en dansant et en courant… Ça fait de sacrés kilomètres. Mon objectif est de survoler le Stade de France et provoquer des émotions unique à mon public. Une soirée comme celle-là n’arrive qu’une fois dans sa vie !

Vous savez comme ce concert exceptionnel va se dérouler. Pouvez-vous nous en dire plus?

Non. (Petit sourire amusé). Sur un tel évènement, je peux vous dire qu’il y aura des guests. On a travaillé sur pas mal de choses qui sont en place, mais je ne dévoile rien…

Dans "Frontières", chanson dans laquelle vous aimeriez voir tomber les frontières, j’ai relevé cette phrase : "Infantile utopie ou combat d’une vie". On vous a déjà reproché d’avoir des textes utopiques ?

Je n’ai jamais entendu ça. C’est ce que vous êtes en train de me dire ?

Pas tout le temps, mais parfois…

Je suis un artiste qui a pris le parti de proposer des choses positives. J’essaie de garder l’enfant qui est en moi. Parfois, j’ai envie de m’adresser aussi à eux en interprétant des contes. Mon public est aussi bien composé d’enfants que de grands-parents qui m’ont connu môme quand je jouais au tennis. Pour parler d’une réalité, j’aime bien, dans mes chansons, avoir un côté rêveur. Mine de rien, le message passe.

Est-ce qu’il y a une méthode Coué chez vous ? Il faut dire ou chanter les choses souvent pour qu’elles finissent par se mettre en marche ?

C’est une méthode qui a porté ses fruits. Je pense qu’aujourd’hui, on nous raconte beaucoup de conneries. On essaie de nous diviser beaucoup trop en nous parlant uniquement de choses négatives. On met en avant surtout nos différences. On va parler de la burqa pendant un mois et demi alors que ça concerne une dizaine de personnes. Il y a beaucoup de sujets essentiels dont on ne parle jamais. Moi, j’en parle et tant pis si l’on considère que c’est de l’utopie. De temps en temps, je pense qu’il est important de dire que l’on n’est pas si différent que ça, que l’on peut passer des moments ensemble. A la fin, quand on est cynique à ce point, ça donne les bleus ! C’est la France d’aujourd’hui. On râle, on est nul, on n’est jamais content.

La suite à lire sur MusiqueMag...

A l’issue de l’entretien, photo mandorienne et au suivant ! Une équipe de TF1 pour enregistrer le module « Là où je t’emmènerais ».

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Et voici la version de cette interview publiée dans le magazine des espaces culturels Leclerc du mois de septembre 2010.

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Commentaires

Merci pour cette interview
reste plus qu'à attendre la sortie de l'album :=)

Écrit par : Charly PAITRAULT | 10 juillet 2010

Pas étonnant qu'il soit la personnalité préférée des français. Il a le mérite d'être simple, généreux et impartial. D'autant plus qu'il est connu de toutes les générations de part son tennis ou sa musique.

Écrit par : Mädchen spiele | 20 août 2010

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