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30 juin 2009
Stéphane Nolhart... à découvrir absolument!
J’ai beaucoup hésité. Je l’invite, je ne l’invite pas ?
Quand même, j’ai préfacé son deuxième livre, Je ne vous voyais pas comme ça (dans laquelle, j’expliquais notamment qu’il m’avait sauvé la vie… à lire ici), le convier à la radio pour l’interviewer pouvait éventuellement passer pour du copinage.

Et puis, je me suis fait la réflexion que, du coup, je n’avais pas vraiment parlé de son livre. Le précédent oui, mais pas son dernier né. Ni sur ce blog, ni à la radio, ni dans mes deux journaux. C’est injuste, car je l’ai vraiment beaucoup apprécié. Vraiment beaucoup. Sous le prétexte qu’il est un ami et que je suis "un peu" impliqué dans cette publication, du coup, je le prive d’éventuels nouveaux lecteurs. Je ne dis pas qu’après cette note et l’interview diffusée sur 77FM (à écouter ici), Stéphane Nolhart (car, c’est de lui dont il s’agit) va voir son chiffre de vente décoller subitement, mais, si quelques personnes supplémentaires pouvaient s’intéresser à ce roman très drôle, j’aurais rempli ma mission. Pas question, donc, que je me taise. Cet homme-là voue sa vie à l’écriture et je suis en adéquation totale avec son style, sa philosophie et son humour permanent (et décapant!).
Et humainement, ce grand gaillard charmeur et charismatique est une crème. Il se montre grand, fort et puissant, je le devine fragile et à fleur de peau. À fleur de peau, j’en suis sûr. Mais, c’est le genre de faiblesse que je connais (pour en être victime) et que j’aime bien chez les autres. Je n’apprécie pas particulièrement les personnes sans failles… ils m’ennuient.
Stéphane Nolhart à tout pour devenir un grand de la littérature française, mais peu de gens du métier le sait encore. Son jour viendra, vous verrez, pour moi, c’est une évidence.
Bref, le 17 juin dernier, je suis allé chercher mon camarade à la gare de Meaux. Direction Crégy-les-Meaux (2 kilomètres… un voyage de dingue !). Je le présente à la dream team de la radio et nous passons directement dans le studio. Je suis toujours gêné d’interviewer quelqu’un que je connais personnellement. Alors, je me mets sur le mode "professionnel". Tout à coup, je me mets à vouvoyer la personne et j’oublie presque que j’ai devant moi un ami. C’est curieux comme sensation, mais ça marche à chaque fois.
Voici quelques extraits de cette interview :
-Quel est votre parcours littéraire ?
-J’ai baigné dans la littérature. J’ai commencé à écrire pour moi dans ma prime jeunesse, puis pour les autres à l’âge adulte. J’ai écrit des biographies, des documentaires et j’ai attendu la quarantaine pour écrire mon premier roman Les Ailes de Giacomo. Ca a fonctionné correctement et, là, je viens de sortir mon deuxième roman.
-Vous préférez écrire pour les autres ou pour vous?
-Pour moi. Un roman, c’est un vrai travail d’écrivain. Émouvoir ou faire rire le lecteur avec des histoires conçues par soi-même est jubilatoire.
-Quelle est la définition de l’écriture "Nolhartienne" ?
- J’ai du mal à répondre à ce genre de question… Humoristique peut-être. Faire rire, ça tient sur une mécanique et sur un style très précis.
-Dans Je ne vous voyais pas comme ça, vous humanisez la mort. Elle s’appelle Catule LAMORT et elle est, je cite, "sensible, pleine d’humour, érudite, touchante, fatiguée, brillante, mélomane et… cruciverbiste." D’où vous est venue l’idée d’écrire sur la mort ?
-Je suis parti en voyage à Édimbourg et je suis tombé sur une petite lithographie du 17e siècle où la mort était assise sur un rocher, complètement déprimée, auscultée par un médecin. J’ai eu un flash avec cette vision. Et si la mort était vivante, si elle avait un vrai souci de santé, que se passerait-il ?
-Elle a même des rêves de gloires et veut devenir une star. Quelle imagination fertile !
-Disons que je suis parti de l’idée que personne n’aime pas la mort, qu’on la déteste alors qu’en fait, elle est très utile. Si elle n’était pas là, on serait 200 milliards, je ne sais pas… plus peut-être. Moi, j’ai mis la mort en grève au début de mon roman et le bordel planétaire a commencé.
-Voulez-vous réhabiliter la mort ?
-Non, mais je veux la montrer autrement. C’était un pari de vouloir que les lecteurs aiment la mort. Qu’elle les fasse rire, que " personne ne la voit comme ça "… Chez moi, la mort, enfin personnifiée, est drôle, burlesque et fait juste son travail.
-Comment a été reçu le personnage de Catule LAMORT par vos lecteurs ?
-Globalement, je n’ai eu que des retours positifs après lecture de ce livre. Mais j’ai eu aussi un petit pourcentage de lecteurs qui a eu du mal à rire avec la mort. Après, chacun voit les choses à sa façon. Moi, j’ai toujours eu un regard un peu cynique face à la mort. Je préfère en rire avant d’avoir a en pleurer.
-Dans votre prochain roman, vous évoquez un sujet tabou dans le milieu littéraire, je crois.
-Oui, enfin non… j’ai passé pas mal d’années à écrire pour les autres… à travers un livre drôle, je raconte l’histoire d’un nègre littéraire qui se retrouve à la montagne pour écrire un livre pour une dame très particulière. C’est 7 jours de la vie d’un nègre à la montagne. Je tape un peu sur les éditeurs, j’espère que ça ne m’empêchera pas d’en trouver un.
-Écrire, pour vous, c’est une façon de vivre ou de survivre ?
-Les deux mon capitaine, mais c’est aussi une façon d’exister.
-Vous travaillez comment ?
-Je considère l’écriture comme un métier, donc je m’y mets à heure fixe. Par moment, ça met du temps à venir, mais l’inspiration finit par se déclencher. J’ai pensé pendant longtemps qu’il fallait attendre le bon moment, qu’il fallait être prêt… et puis je me suis aperçu qu’à travers des commandes que j’ai eues où les délais étaient très courts, je pouvais sortir plus de pages que je ne le pensais.
-Les romans, par rapport aux biographies, aux documentaires, c’est la récréation ?
-Non, c’est le but du jeu. J’écris le reste uniquement pour pouvoir écrire des romans.
Après cet entretien, Stéphane est resté un moment à la radio à tailler la bavette avec Richard, mon boss. Puis, nous sommes allés au Bureau pour déjeuner ensemble. En terrasse. Moments agréables où nous avons parlé littérature, milieu de l’édition, projets communs éventuels, ami(e)s commun(e)s… c’était presque l’été, la serveuse était séduisante, le rosé commençait à faire son petit effet… et nous étions biens. La vie était belle.
(Et j’espère qu’un éditeur "important" s’intéressera au cas Stéphane Nolhart. Qu’ils lisent, au moins… ils comprendront.)
14:34 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : stéphane nolhart, je ne vous voyais pas comme ça, interview
29 juin 2009
Luc-Michel Fouassier raconte Richard Bohringer...
Luc-Michel Fouassier est devenu un ami. Je l’ai rencontré il y a presque un an car il est l’organisateur du Salon du Livre d’Ozoir-la-Ferrière.
Et auteur aussi.
Je l’ai donc mandorisé là.
Puis ensuite, je l’ai invité deux fois à la FNAC Val d’Europe en bonne compagnie. (Elle et lui).
Et un jour il m’a invité pour un déjeuner mémorable avec un chanteur que j’affectionne depuis longtemps.
Bref, on est devenu ami.
Quand j’ai reçu Richard Bohringer à la FNAC Val d’Europe, il est venu voir.
Ça lui a donné des idées.
Et Luc-Michel Fouassier, quand il a une idée derrière la tête… il la concrétise.
Je lui ouvre les portes pour me raconter, à ma manière, les coulisses de son café littéraire.
Voici donc son texte reçu hier soir (à ma demande):
![Richard-Bohringer-web[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/00/01/1362372880.jpg)
7342 minutes
Richard Bohringer au café littéraire d'Ozoir-la-Ferrière
J'ai toujours adoré le tennis. Et cela est peut-être dû à la façon dont on compte les points. Tant que la dernière balle n'a pas rebondi deux fois, il reste toujours un espoir de renverser la situation. Combien de victoires restées célèbres dans les annales après un retard de deux sets à zéro et une remontée fantastique !
Jamais, cependant un match n'a duré 7342 minutes.
De ma rencontre avec Richard Bohringer, je suis sorti épuisé après une tension terrible tout au long d'une semaine qui m'a semblé ne jamais vouloir finir. Mais ça valait le coup. Avec Richard, nous ne nous sommes pas serré la main au-dessus du filet, nous nous sommes pris dans les bras l'un et l'autre.
Que je vous raconte cette semaine. Chronologiquement !
Lundi 8 juin, 15h20.
Sur mon portable, appel émanant des bureaux de Gilles Paris, l'agent de Richard Bohringer. Dernières mises au point avant la venue de Richard au tout nouveau Centre artistique et littéraire d'Ozoir-la-Ferrière, le samedi suivant. En tant que délégué à la gestion de l'événementiel littéraire, j'animerai la rencontre. Je propose de venir chercher Richard sur Paris. Je suis rassuré, la semaine précédente, Richard avait annulé une dédicace qu'il devait faire en province.
A Ozoir, tout le monde se réjouit de sa venue. Les affiches ont fleuri sur les panneaux de la ville. Jean-François Oneto, le maire, est impatient d'assister à la rencontre.
Mardi 9 juin, 10h46.
Nouvel appel. Richard annule toutes ses dates en juin pour quelques soucis de santé. Coup de massue sur ma tête. Je m'étais préparé depuis des semaines, revoyant sans cesse mon interview, depuis toutes ces années que je suis la carrière du bonhomme, j'ai tout lu (de C'est beau une ville la nuit à Bouts lambeaux), tout vu (même L'Italien des roses), tout entendu (ah, les heures de gloires d'Europe 2, le dimanche soir). Tout s'écroule !
J'appelle en urgence le service communication pour qu'on annule tout. Ordre est donné d'imprimer les bandeaux que j'imagine déjà et qui me vrillent le cœur, portant la mention annulé. Nous contactons les médias pour leur annoncer la triste nouvelle.
Mardi 9 juin, 12h39.
Je suis doublement triste. L'événement est annulé certes, mais Richard ne doit pas être en forme. On m'a donné son numéro de portable. J'hésite à l'appeler. Composer le numéro d'un géant comme ça, pour moi qui le voyais à la télé, quand j'étais gamin, sur TF1, au cinéma du dimanche soir, c'est pas rien.
Je tape les dix chiffres sur le clavier de mon téléphone. Je flippe.
La voix mythique de Richard là-bas. Eraillée.
Allo, Richard Bohringer ? Je vous appelle d'Ozoir. Je suis inquiet, ça va ? J'ai appris que vous annuliez vos dates. Je voulais savoir si ça allait, je veux dire, rien de grave...
Et là :
Non, pour toi, je viendrai. Tu prends de mes nouvelles. Alors, je viendrai.
Merci Richard !
Je raccroche. Je n'y crois pas encore. Je suis abasourdi. Tremblant. Vite rappeler les services en mairie.
Mardi 9 juin, 12h46.
Allo ? On relance tout !
Mardi 9 juin, 13h51.
Sonnerie. Je décroche. La voix éraillée. Tu passes me chercher à l'hôtel L... Samedi à midi. OK ?
Merci Richard. Merci.
Mercredi 10 juin, 11h17.
Agence Gilles Paris. Rendez-vous confirmé. Richard tient absolument à venir sur Ozoir. Nous nous en réjouissons et nous excusons pour l'appel d'hier.
Durant trois jours, je peaufine mes interventions. J'hésite à appeler mon ami François Alquier pour lui demander des conseils. J'y renonce, ne veux pas le déranger, il a tant à faire.
Samedi 13 juin, 11h31.
J'arrive sur Paris, j'essaie d'avoir Richard au téléphone pour lui dire que j'arrive bientôt. Rien. Boîte vocale. A-t-il oublié ? Tout le monde l'attend à Ozoir et si ça se trouve, il a oublié et se trouve loin de Paris à l'heure qu'il est ! J'angoisse.
Heureusement, le fait de trouver une place boulevard St-Germain, juste devant l'église me rassérène. La chance est avec moi.
Samedi 13 juin, 11h45.
Alors que je marche Rue de Seine, pour me rendre au lieu de rendez-vous, j'entends une voix éraillée, à une terrasse. Mon cœur explose. Richard est là. Il prend son petit-déjeuner. Il n'a pas oublié. Nous nous serrons la main.
Samedi 13 juin, 12h02.
Richard claque la portière de la voiture. Je démarre. En route pour Ozoir...
![Bohringer_2[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/01/02/1844848177.jpg)
![Richard_Bohringer_030[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/00/00/1365141788.jpg)
![Bohringer_4[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/02/02/1416024138.jpg)
![Richard_Bohringer_011[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/00/02/1291697916.jpg)
La salle était pleine. Cela a commencé par une standing ovation. Une petite fille a offert une rose à Richard. Très vite, j'ai abandonné mes questions qui m'ont paru trop réfléchies, pas assez spontanées. Richard a été comme un torrent de montagne qui saute au-dessus des mottes de terre, se fracasse sur les rochers mais qui continue quand même son chemin... Il nous a tous emmenés avec lui...
Samedi 13 juin, 17h42.
Rue Mazarine, Richard me demande de le déposer là, presque à l'angle du carrefour de Buci. Nous ne nous serrons pas la main, nous nous embrassons.
Merci Richard.
Cette semaine a duré 7342 minutes et quelques années...
Luc-Michel Fouassier.
![Richard_Bohringer_001[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/01/00/1535552191.jpg)
![Richard_Bohringer_026[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/01/02/2142604064.jpg)
![Bohringer_7[1].jpg](http://www.mandor.fr/media/01/02/622209109.jpg)
07:22 Publié dans Les coulisses du show biz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : richard bohringer, café avec richard bohringer
28 juin 2009
VIRGIN (juin) 14: Bisso Na Bisso
09:59 Publié dans VIRGIN! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bisso na bisso, africa, virgin, chronique
VIRGIN (juin) 13: El Matador
09:46 Publié dans VIRGIN! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : el matador, au clair du bitume, chronique, virgin
VIRGIN (juin) 12: Dancefloor FG Eté/Summer 2009
09:39 Publié dans VIRGIN! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dancefloor fg, étésummer 2009, chronique, virgin
27 juin 2009
SuperProducer E1: D.O.V.E
SuperProducer est une nouvelle web-série hebdomadaire comique parodiant l'univers de la musique.
Explication du MySpace dédié à cette aventure:
"L'industrie de la musique est en train de mourir, seul SuperProducer pourra la sauver. Depuis hier, Dailymotion propose chaque vendredi soir à 18 heures en exclusivité les 5 premiers épisodes de SuperProducer, la série développée par le pianiste et showman Gonzales et son réalisateur fétiche Jonathan Barré.
Gonzales joue le rôle principal, un producteur de musique égocentrique qui règne sur son studio. Il utilise des méthodes «extrêmes» pour transformer un défilé de musiciens improbables en stars. Tout ce qu'il veut, c'est satisfaire son ego et son client, dans cet ordre. Son ingénieur du son, Tommy et son assistante personnelle Linda sont témoins des scènes de maladresse et de la gêne créée, le tout ponctué par des expositions de virtuosité musicale sur une multitude d'instruments".
Le premier épisode me laisse un peu dubitatif, mais je trouve l'idée excellente. Espérons que le monsieur progresse où qu'il s'entoure d'auteurs performants.
17:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : superproducer, gonzales, episode 1, d.o.v.e
26 juin 2009
La question du jour:
Que vont devenir les sosies de Michaël Jackson?
06:36 Publié dans Hommage... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
25 juin 2009
Sébastien Fritsch revient sur le lieu du crime...
C’est bizarre, je me souviens plus comment nous nous sommes connus. Je sais juste que nous lisons nos blogs respectifs depuis des lustres (« lustres » en langage 2.0 est au moins égal à 3 ou 4 ans).
Sébastien Fritsch, je ne l’avais croisé « en vrai » qu’une fois, il y a deux ans, en coup de vent, au Salon du livre de Paris… dans une allée.
-Bonjour, vous êtes Mandor ?
-Oui, à qui ai-je l’honneur ?
(D’ailleurs, je me demande toujours comment on peut me reconnaître, je suis pourtant si discret sur mon blog. Vous trouverez bien une photo ou deux de mois, en cherchant bien, mais pas plus. L’ego surdimensionné, très peu pour moi !)
-A Sébastien Fritsch.
-Ah, bonjour, ça me fait plaisir de vous voir. Moi, c’est Mandor.
-Oui, bonjour, moi, c’est Sébastien Fritsch…
-Ça me fait plaisir de vous voir, j’aime bien ce que vous faites.
-Moi aussi.
-Bon, ben, à bientôt alors…
-Oui, c’est ça, à très vite.
Bref, un premier contact enrichissant.
Et puis, j’ai reçu son deuxième livre Le Sixième Crime.
J’ai adoré.
Mais vraiment.
Je l’ai donc mandorisé par téléphone, quelques jours après lui avoir posé un lapin de chez lapin.
Aujourd’hui encore, j’ai honte.
Je raconte tout ici.
Bref, après avoir lu son dernier roman en date, Derrière toute chose exquise, j’ai décidé de lui sortir le grand jeu.
L’inviter dans ma radio.
(Enfin, la radio en elle-même ne m’appartient pas, j’y travaille juste… mais c’est une façon de parler. Non, parce que je ne veux pas qu’on dise « Hé ho, l’autre, il dit qu’il a une radio, alors qu’en fait, il est juste employé et »… euh… bref.)
J’ai demandé à Sébastien Fritsch de venir à Meaux.
Cette ville est d’ailleurs citée plusieurs fois dans son livre.
La gare de Meaux, plus précisément.
Mais, le léger détail, c’est que l’auteur habite à Lyon.
Donc, après une enquête d'investigation poussée sur Mappy.com (je suis journaliste d’investigation, il est hors de question que je ne vérifie pas une information majeure), Lyon n’est pas très proche de Meaux.
(Remarquez combien un blog tenu par un journaliste professionnel est d’une tenue intellectuelle irréprochable. Excusez-moi de surligner cette évidence, mais sachez que c’est inné. Je n’y peux rien, la rigueur est comme une deuxième peau.)
Bon, j’accélère un peu le rythme parce qu’il est possible que certains d’entre vous commencent à s’impatienter.
Voici le pitch de Derrière toute chose exquise (copié collé sans remord sur le site de la maison d’édition de Sébastien Fritsch, Pierregord. Un journaliste consciencieux cite ses sources. Ne me remerciez pas, c’est une règle d’or…) :
Jonas Burkel, photographe quadragénaire, mène depuis toujours une vie sans à-coups, sans ambition, sans émotion excessive.
Ses journées ne sont qu’un simple assemblage d’habitudes : le confort de son appartement, ses disques d’Oscar Peterson, ses heures de contemplation ou d’errance solitaire dans les rues de Paris et, surtout, les femmes qui se succèdent, au fil des ans, face à son objectif.
Elles aussi, comme le décor, la musique ou la lumière de ses clichés, le rassurent. Et pour cela, elles se doivent de ne jamais varier : toujours jeunes, grandes, brunes, fragiles, elles sont surtout exceptionnellement belles. Belles comme des anges, pense Jonas.
À la différence que les anges, eux, ne meurent pas.
Allez hop ! L’interview :
- C’est un livre noir.
(Une phrase, pas plus, pour engager la conversation. Court et efficace, chapeau Mandor !)
- Oui, comme le précédent. En même temps, il est teinté d’une petite couleur bleue. C’est à la fois un roman noir et un roman d’amour. J’ai, entre mes personnages, des relations qui sont très approfondies et très sentimentales. On décèle ce romantisme au fil des pages. Même s’il y a des descriptions, une ambiance qui est donnée, il y a tous ces sentiments qui sont étudiés et disséqués, je conduis mes lecteurs de façon à ce qu’ils aient envie de tourner les pages.
- Tu parles de Meaux et nous sommes à Meaux, c’est fou, non ?
(Il faut impliquer l’invité pour qu’il se sente bien. Le mettre en confiance pour qu’il se dévoile.)
- Effectivement, la rencontre entre le photographe quarantenaire, Jonas et la mystérieuse jeune fille fascinée par Oscar Wilde, se déroule à la gare de Meaux. Un matin de février Jonas monte dans le train et il a un coup de foudre. C’est un coup de foudre de plus parce qu’effectivement, il rencontre toujours de très belles femmes. Celle du train de Meaux est très mystérieuse, très absente dans le livre et malgré cette absence, elle s’impose et joue avec Jonas un jeu de séduction et de frustration qui va bouleverser ses petites habitudes.
- Difficile de ne pas en dire trop.
(Réactivité par rapport à une réponse donnée. Le journaliste doit montrer qu’il s’intéresse au sujet. Et ça tombe bien, car il s’intéresse au sujet.)
- Comme dans tous romans avec du suspens, il faut pouvoir donner envie de le lire sans trop en dire et sans rentrer trop dans le détail. C'est un exercice difficile que de trouver le juste milieu.
-Jonas ne semble pas être bien dans son époque. On a l’impression qu’il l’a subit plutôt qu’il ne la vit.
(Là, le journaliste professionnel analyse le héros et, du coup, impressionne l’invité par une telle puissance de déduction.)
-Le roman se situe au début des années 90, mais c’est un homme qui est très attaché au passé, qui n’écoute que des musiques qui ont quelques dizaines d’années et surtout il crée autour de lui une ambiance qui ne doit jamais changer.
-Il y a un labyrinthe sentimental dans ce roman. L’amour se rapproche de la mort.
(Je reçois un mail qui me dit : Mandor ! Ta gueule !)
-Et le labyrinthe dont tu parles est parcouru par toute une galerie de personnages. Jonas et la jeune fille, mais aussi quelques anciennes conquêtes de Jonas qui continuent de prendre une place et dont certaines vont connaître un destin tragique.
-C’est ton troisième roman. Tu écris depuis longtemps ?
(Bon OK ! Je ne dis plus rien. Motus…)
-Ça m’a pris tout petit. Quand j’avais une dizaine d’années, déjà j’écrivais. C’est 10 ans plus tard que j’ai pu écrire des projets aboutis qui tenaient debout.
-Tu nous concoctes un nouveau roman en ce moment ?
(… et bouche cousue.)
-Oui. Ce ne sera pas un "policier" ni un livre historique. Ce sera une histoire familiale entre Paris, Nancy, d’autres régions et même à l’étranger.
-Je sais que tu aimes aller à la rencontre de tes lecteurs.
(Non, parce que ça paralyse le discours, il paraît…)
-Oui, j’aime toucher les lecteurs.
(C’est une image les amis. Ne prenez pas tout au premier degré !)
Évidemment, comme je n’écris pas uniquement pour moi, j’apprécie les réactions des gens qui me lisent, discuter avec eux lors des salons du livre, avoir un retour concret de mes écrits.
-Tu as déjà un public acquis à ta cause? Des lecteurs fidèles ?
(Ah attendez, je reçois un deuxième mail! « Si tu continues, on file chez Wrath bavasser sur toi ! ». Non, pitié, pas ça !!! J’arrête, j’arrête !)
-Il y a des lecteurs qui ont lu tous mes romans et qui me demandent quand le prochain va sortir. Certains me demandent des détails sur les prochaines histoires ou me racontent comment ils ont perçu tel ou tel livre.
-Tu as un public plus féminin, je suis certain.
-Effectivement, mais c’est parce qu’il y a plus de femmes qui lisent des romans que d’hommes. Peut-être que la touche de romantisme que je distille ici et là les touche plus que le public masculin…
-Il y a un style Fritsch, je trouve.
-Je le prends comme un compliment. Je préfère que l’on me dise cela plutôt que l’on prétende que mon style ressemble à celui d’untel ou untel. Je ne veux pas être considéré comme un copieur. Je m’applique à avoir mon propre style avec une certaine musicalité, une ambiance, un rythme qui est très important, car il permet d’entraîner le lecteur.
-Quels sont tes écrivains préférés ?
-Je peux citer pour le mécanisme d’écriture, Agatha Christie, mais mes écrivains préférés sont John Irving, Patrick Modiano, Stefan Sweig, des écrivains très différents. Je dois avoir un amalgame de tout ça qui construit mon style. C’est difficile de se rendre compte.
-Ta plume est alerte, maligne, pleine de chausses trappes, intelligente, mais accessible à tous.
-J’espère ne pas être rébarbatif. Il faut écrire en ce faisant plaisir. Je reste accessible sans faire de concessions, sans vouloir simplifier ni mon écriture, ni mon histoire.
-Tu t’organises comment pour écrire ?
(Ça va ? Vous êtes là ? Non, parce que j’aimerais bien continuer à vous donner des cours de journalisme littéraire. Je peux ?)
-Je suis enseignant, donc théoriquement, ça me laisse du temps libre, mais comme c’est ma première année, ça me prend beaucoup de temps pour préparer mes cours. À côté de ça, j’ai une famille nombreuse et il faut aussi que je m’en occupe. C’est donc trois pôles de ma vie que je tente de concilier pour pouvoir écrire.
-La première version de Derrière toute chose exquise date de 1992. Tu n’as cessé de la remodeler.
(Par exemple, on ne tutoie pas l’invité. On exclut le lecteur sinon…)
-Pour moi un roman se conçoit sur plusieurs années. Un roman, ce n’est pas juste s’asseoir devant une feuille de papier, c’est concevoir, agencer les différents personnages, caractères, situations…les lieux, après on peut commencer à écrire.
-Un écrivain est-il un suceur d’âme ?
(Poser des questions originales, fortes, inédites, troublantes est un point important de ce métier, surtout lorsque c’est pour clore un entretien…)
-Oui. On prend autour de nous les différents personnages et caractères que l’on peut observer. En tant qu’écrivain, on n’invente rien. Il faut juste tenter de métamorphoser des ressentis en histoires, de préférence à rebondissements et pas portées sur sa petite personne.
Après ce brillant entretien, j’ai emmené Sébastien Fritsch au Bureau de Meaux (comme je le fais souvent avec les invités qui se déplacent jusqu’à moi). En terrasse. Et nous avons refait le monde, le milieu littéraire et la blogosphère tout en dévorant de bonnes salades meldoises.
Sans aucune médisance, car Sébastien Fritsch n’est pas du genre à jacasser sur son prochain.
Malheureusement…
Merci à lui d’être venu de si loin et d’avoir absolument ben joué le jeu.
(Et je conseille à tous de lire Le 6eme crime et Derrière toute chose exquise. Vous ne le regretterez pas, foi de Mandor !)
(Ici, Sébastien Fritsch raconte son rapide passage à Meaux...)
07:55 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sébastien fritsch, derrière toute chose exquise, le 6e crime, interview, 77fm, meaux
24 juin 2009
Michel Delpech... passe à la télé.
07:56 Publié dans Le p'tit plus de Cultur...issimo | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : michel delpech, sexa, chronique, culturissimo
Un Vian de nostalgie...
07:15 Publié dans Le p'tit plus de Cultur...issimo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : boris vian, on n'est pas là pour se faire engueuler!, chronique, culturissimo





