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30 juin 2009

Stéphane Nolhart... à découvrir absolument!

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J’ai beaucoup hésité. Je l’invite, je ne l’invite pas ?

Quand même, j’ai préfacé son deuxième livre, Je ne vous voyais pas comme ça (dans laquelle, j’expliquais notamment qu’il m’avait sauvé la vie… à lire ici), le convier à la radio pour l’interviewer pouvait éventuellement passer pour du copinage.

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Et puis, je me suis fait la réflexion que, du coup, je n’avais pas vraiment parlé de son livre. Le précédent oui, mais pas son dernier né. Ni sur ce blog, ni à la radio, ni dans mes deux journaux. C’est injuste, car je l’ai vraiment beaucoup apprécié. Vraiment beaucoup. Sous le prétexte qu’il est un ami et que je suis "un peu" impliqué dans cette publication, du coup, je le prive d’éventuels nouveaux lecteurs. Je ne dis pas qu’après cette note et l’interview diffusée sur 77FM (à écouter ici), Stéphane Nolhart (car, c’est de lui dont il s’agit) va voir son chiffre de vente décoller subitement, mais, si quelques personnes supplémentaires pouvaient s’intéresser à ce roman très drôle, j’aurais rempli ma mission. Pas question, donc, que je me taise. Cet homme-là voue sa vie à l’écriture et je suis en adéquation totale avec son style, sa philosophie et son humour permanent (et décapant!).

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Et humainement, ce grand gaillard charmeur et charismatique est une crème. Il se montre grand, fort et puissant, je le devine fragile et à fleur de peau. À fleur de peau, j’en suis sûr. Mais, c’est le genre de faiblesse que je connais (pour en être victime) et que j’aime bien chez les autres. Je n’apprécie pas particulièrement les personnes sans failles… ils m’ennuient.

Stéphane Nolhart à tout pour devenir un grand de la littérature française, mais peu de gens du métier le sait encore. Son jour viendra, vous verrez, pour moi, c’est une évidence.

Bref, le 17 juin dernier, je suis allé chercher mon camarade à la gare de Meaux. Direction Crégy-les-Meaux (2 kilomètres… un voyage de dingue !). Je le présente à la dream team de la radio et nous passons directement dans le studio. Je suis toujours gêné d’interviewer quelqu’un que je connais personnellement. Alors, je me mets sur le mode "professionnel". Tout à coup, je me mets à vouvoyer la personne et j’oublie presque que j’ai devant moi un ami. C’est curieux comme sensation, mais ça marche à chaque fois.

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Voici quelques extraits de cette interview :

-Quel est votre parcours littéraire ?

-J’ai baigné dans la littérature.  J’ai commencé à écrire pour moi dans ma prime jeunesse, puis pour les autres à l’âge adulte. J’ai écrit des biographies, des documentaires et j’ai attendu la quarantaine pour écrire mon premier roman Les Ailes de Giacomo. Ca a fonctionné correctement et, là, je viens de sortir mon deuxième roman.

-Vous préférez écrire pour les autres ou pour vous?

-Pour moi. Un roman, c’est un vrai travail d’écrivain. Émouvoir ou faire rire le lecteur avec des histoires conçues par soi-même est jubilatoire.

-Quelle est la définition de l’écriture "Nolhartienne" ?

- J’ai du mal à répondre à ce genre de question… Humoristique peut-être. Faire rire, ça tient sur une mécanique et sur un style très précis.

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 -Dans Je ne vous voyais pas comme ça, vous humanisez la mort. Elle s’appelle Catule LAMORT et elle est, je cite, "sensible, pleine d’humour, érudite, touchante, fatiguée, brillante, mélomane et… cruciverbiste." D’où vous est venue l’idée d’écrire sur la mort ?

-Je suis parti en voyage à Édimbourg et je suis tombé sur une petite lithographie du 17e siècle où la mort était assise sur un rocher, complètement déprimée, auscultée par un médecin. J’ai eu un flash avec cette vision. Et si la mort était vivante, si elle avait un vrai souci de santé, que se passerait-il ?

-Elle a même des rêves de gloires et veut devenir une star. Quelle imagination fertile !

-Disons que je suis parti de l’idée que personne n’aime pas la mort, qu’on la déteste alors qu’en fait, elle est très utile. Si elle n’était pas là, on serait 200 milliards, je ne sais pas… plus peut-être. Moi, j’ai mis la mort en grève au début de mon roman et le bordel planétaire a commencé.

-Voulez-vous réhabiliter la mort ?

-Non, mais je veux la montrer autrement.  C’était un pari de vouloir que les lecteurs aiment la mort. Qu’elle les fasse rire, que " personne ne la voit comme ça "… Chez moi, la mort, enfin personnifiée, est drôle, burlesque et fait juste son travail.

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-Comment a été reçu le personnage de Catule LAMORT par vos lecteurs ?

-Globalement, je n’ai eu que des retours positifs après lecture de ce livre. Mais j’ai eu aussi un petit pourcentage de lecteurs qui a eu du mal à rire avec la mort. Après, chacun voit les choses à sa façon. Moi, j’ai toujours eu un regard un peu cynique face à la mort. Je préfère en rire avant d’avoir a en pleurer. 

-Dans votre prochain roman, vous évoquez un sujet tabou dans le milieu littéraire, je crois.

-Oui, enfin non… j’ai passé pas mal d’années à écrire pour les autres… à travers un livre drôle, je raconte l’histoire d’un nègre littéraire qui se retrouve à la montagne pour écrire un livre pour une dame très particulière. C’est 7 jours de la vie d’un nègre à la montagne. Je tape un peu sur les éditeurs, j’espère que ça ne m’empêchera pas d’en trouver un.

-Écrire, pour vous, c’est une façon de vivre ou de survivre ?

-Les deux mon capitaine, mais c’est aussi une façon d’exister.

-Vous travaillez comment ?

-Je considère l’écriture comme un métier, donc je m’y mets à heure fixe. Par moment, ça met du temps à venir, mais l’inspiration finit par se déclencher. J’ai pensé pendant longtemps qu’il fallait attendre le bon moment, qu’il fallait être prêt… et puis je me suis aperçu qu’à travers des commandes que j’ai eues où les délais étaient très courts, je pouvais sortir plus de pages que je ne le pensais.

-Les romans, par rapport aux biographies, aux documentaires, c’est la récréation ?

-Non, c’est le but du jeu. J’écris le reste uniquement pour pouvoir écrire des romans.

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Et voici le podcast en deux parties montées de l'entretien.
Première partie:

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Et hop! La deuxième:

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Belle voix, non?

Après cet entretien, Stéphane est resté un moment à la radio à tailler la bavette avec Richard, mon boss. Puis, nous sommes allés au Bureau pour déjeuner ensemble. En terrasse. Moments agréables où nous avons parlé littérature, milieu de l’édition, projets communs éventuels, ami(e)s commun(e)s… c’était presque l’été, la serveuse était séduisante, le rosé commençait à faire son petit effet… et nous étions biens. La vie était belle.

(Et j’espère qu’un éditeur "important" s’intéressera au cas Stéphane Nolhart. Qu’ils lisent, au moins… ils comprendront.)

Commentaires

Ah mince j'étais interessée mais je ne suis pas "un éditeur important" !:))

Sinon j'ai lu "Je ne vous voyais pas comme ça" Il faut préciser que le style est littéraire, que c'est un thème peu ordinaire et qu'il est vraiment très agréable à lire !
Un excellent bon Nolhart mais j'ai hâte de lire le prochain, le pitch me parle beaucoup ! Va savoir pourquoi !;)

Photos très sympas !
Merci pour ce reportage !;)

Écrit par : E | 30 juin 2009

Ah Stéphane, une belle rencontre, une amitié et quelques délires...Bien entendu que j'ai lu ses deux livres et le troisième(chut...)...
Je suis inconditionnel de ce trublion.
Salut l'ami...

Écrit par : Richtoo | 30 juin 2009

Moi non plus j'suis pas un éditeur important, zut alors !
Même si tu n'avais pas encore parlé de ce roman-ci ici, c'est pourtant par ton intermédiaire, même éloigné, sans doute, que de clics en clics j'ai atterri un jour sur le blog de Stéphane Nolhart ... de chez toi à Elisabeth, et de chez elle à chez lui, peut-être bien ... me souviens plus ... ce que je sais, c'est que j'y suis restée ... un bon moment ... et que je me suis souvenue ... un jour, en janvier ... et que j'ai beaucoup aimé Catule Lamort moi aussi, et son auteur. Rire, sourire, second degré, ce n'est pas si fréquent ... même chez les "grands éditeurs" ...

Écrit par : Manue | 30 juin 2009

J'ai le livre dédicacé par Stéphane ;-) ; je le lirai tranquillement durant mes vacances...

Écrit par : Marie-Laure | 30 juin 2009

Merci pour ce super article François, pour ces commentaires qui me touchent :))
Génial, ça fait du bien :)))

Écrit par : stephane | 02 juillet 2009

Les commentaires sont fermés.