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25 juin 2009

Sébastien Fritsch revient sur le lieu du crime...

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C’est bizarre, je me souviens plus comment nous nous sommes connus. Je sais juste que nous lisons nos blogs respectifs depuis des lustres (« lustres » en langage 2.0 est au moins égal à 3 ou 4 ans).

Sébastien Fritsch, je ne l’avais croisé « en vrai » qu’une fois, il y a deux ans, en coup de vent, au Salon du livre de Paris… dans une allée.

 

SFrtisch.jpg-Bonjour, vous êtes Mandor ?

-Oui, à qui ai-je l’honneur ?

(D’ailleurs, je me demande toujours comment on peut me reconnaître, je suis pourtant si discret sur mon blog. Vous trouverez bien une photo ou deux de mois, en cherchant bien, mais pas plus. L’ego surdimensionné, très peu pour moi !)

-A Sébastien Fritsch.

-Ah, bonjour, ça me fait plaisir de vous voir. Moi, c’est Mandor.

-Oui, bonjour, moi, c’est Sébastien Fritsch…

-Ça me fait plaisir de vous voir, j’aime bien ce que vous faites.

-Moi aussi.

-Bon, ben, à bientôt alors…

-Oui, c’est ça, à très vite.

                         

Bref, un premier contact enrichissant.

 

1038001814_2.jpgEt puis, j’ai reçu son deuxième livre Le Sixième Crime.

J’ai adoré.

Mais vraiment.

Je l’ai donc mandorisé par téléphone, quelques jours après lui avoir posé un lapin de chez lapin.

Aujourd’hui encore, j’ai honte.

Je raconte tout ici.

 

Bref, après avoir lu son dernier roman en date, Derrière toute chose exquise, j’ai décidé de lui sortir le grand jeu.

L’inviter dans ma radio.

(Enfin, la radio en elle-même ne m’appartient pas, j’y travaille juste… mais c’est une façon de parler. Non, parce que je ne veux pas qu’on dise « Hé ho, l’autre, il dit qu’il a une radio, alors qu’en fait, il est juste employé et »… euh… bref.)

J’ai demandé à Sébastien Fritsch de venir à Meaux.

Cette ville est d’ailleurs citée plusieurs fois dans son livre.

La gare de Meaux, plus précisément.

Mais, le léger détail, c’est que l’auteur habite à Lyon.

Donc, après une enquête d'investigation poussée sur Mappy.com (je suis journaliste d’investigation, il est hors de question que je ne vérifie pas une information majeure), Lyon n’est pas très proche de Meaux.

 

(Remarquez combien un blog tenu par un journaliste professionnel est d’une tenue intellectuelle irréprochable. Excusez-moi de surligner cette évidence, mais sachez que c’est inné. Je n’y peux rien, la rigueur est comme une deuxième peau.)

 

Bon, j’accélère un peu le rythme parce qu’il est possible que certains d’entre vous commencent à s’impatienter.

 

32074779_p.jpgVoici le pitch de Derrière toute chose exquise (copié collé sans remord sur le site de la maison d’édition de Sébastien Fritsch, Pierregord. Un journaliste consciencieux cite ses sources. Ne me remerciez pas, c’est une règle d’or…) :

 

Jonas Burkel, photographe quadragénaire, mène depuis toujours une vie sans à-coups, sans ambition, sans émotion excessive.
Ses journées ne sont qu’un simple assemblage d’habitudes : le confort de son appartement, ses disques d’Oscar Peterson, ses heures de contemplation ou d’errance solitaire dans les rues de Paris et, surtout, les femmes qui se succèdent, au fil des ans, face à son objectif.
Elles aussi, comme le décor, la musique ou la lumière de ses clichés, le rassurent. Et pour cela, elles se doivent de ne jamais varier : toujours jeunes, grandes, brunes, fragiles, elles sont surtout exceptionnellement belles. Belles comme des anges, pense Jonas.
À la différence que les anges, eux, ne meurent pas.

 

Allez hop ! L’interview :

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 - C’est un livre noir.

(Une phrase, pas plus, pour engager la conversation. Court et efficace, chapeau Mandor !)

 

- Oui, comme le précédent. En même temps, il est teinté d’une petite couleur bleue. C’est à la fois un roman noir et un roman d’amour. J’ai, entre mes personnages, des relations qui sont très approfondies et très sentimentales. On décèle ce romantisme au fil des pages. Même s’il y a des descriptions, une ambiance qui est donnée, il y a tous ces sentiments qui sont étudiés et disséqués, je conduis mes lecteurs de façon à ce qu’ils aient envie de tourner les pages.

 

P1000494.JPG- Tu parles de Meaux et nous sommes à Meaux, c’est fou, non ?

(Il faut impliquer l’invité pour qu’il se sente bien. Le mettre en confiance pour qu’il se dévoile.)

 

- Effectivement, la rencontre entre le photographe quarantenaire, Jonas et la mystérieuse jeune fille fascinée par Oscar Wilde, se déroule à la gare de Meaux. Un matin de février Jonas monte dans le train et il a un coup de foudre. C’est un coup de foudre de plus parce qu’effectivement, il rencontre toujours de très belles femmes. Celle du train de Meaux est très mystérieuse, très absente dans le livre et malgré cette absence, elle s’impose et joue avec Jonas un jeu de séduction  et de frustration qui va bouleverser ses petites habitudes. 

 

- Difficile de ne pas en dire trop.

(Réactivité par rapport à une réponse donnée. Le journaliste doit montrer qu’il s’intéresse au sujet. Et ça tombe bien, car il s’intéresse auP1000510.JPG sujet.)

 

- Comme dans tous romans avec du suspens, il faut pouvoir donner envie de le lire sans trop en dire et sans rentrer trop dans le détail. C'est un exercice difficile que de trouver le juste milieu.

 

-Jonas ne semble pas être bien dans son époque. On a l’impression qu’il l’a subit plutôt qu’il ne la vit.

(Là, le journaliste professionnel analyse le héros et, du coup, impressionne l’invité par une telle puissance de déduction.)

 

-Le roman se situe au début des années 90, mais c’est un homme qui est très attaché au passé, qui n’écoute que des musiques qui ont quelques dizaines d’années et surtout il crée autour de lui une ambiance qui ne doit jamais changer.

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-Il y a un labyrinthe sentimental dans ce roman. L’amour se rapproche de la mort.

(Je reçois un mail qui me dit : Mandor ! Ta gueule !)

 

-Et le labyrinthe dont tu parles est parcouru par toute une galerie de personnages. Jonas et la jeune fille, mais aussi quelques anciennes conquêtes de Jonas qui continuent de prendre une place et dont certaines vont connaître un destin tragique.

 

-C’est ton troisième roman. Tu écris depuis longtemps ?

(Bon OK ! Je ne dis plus rien. Motus…) 

 

-Ça m’a pris tout petit. Quand j’avais une dizaine d’années, déjà j’écrivais. C’est 10 ans plus tard que j’ai pu écrire des projets aboutis qui tenaient debout.

 

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-Tu nous concoctes un nouveau roman en ce moment ?

(… et bouche cousue.)

 

-Oui. Ce ne sera pas un "policier" ni un livre historique. Ce sera une histoire familiale entre Paris, Nancy, d’autres régions et même à l’étranger.

 

-Je sais que tu aimes aller à la rencontre de tes lecteurs.

(Non, parce que ça paralyse le discours, il paraît…)

 

-Oui, j’aime toucher les lecteurs.

(C’est une image les amis. Ne prenez pas tout au premier degré !)

Évidemment, comme je n’écris pas uniquement pour moi, j’apprécie les réactions des gens qui me lisent, discuter avec eux lors des salons du livre, avoir un retour concret de mes écrits.

 

-Tu as déjà un public acquis à ta cause? Des lecteurs fidèles ?

(Ah attendez, je reçois un deuxième mail! « Si tu continues, on file chez Wrath bavasser sur toi ! ». Non, pitié, pas ça !!! J’arrête, j’arrête !)

 

-Il y a des lecteurs qui ont lu tous mes romans et qui me demandent quand le prochain va sortir. Certains me demandent des détails sur les prochaines histoires ou me racontent comment ils ont perçu tel ou tel livre.

 

-Tu as un public plus féminin, je suis certain.

 

-Effectivement, mais c’est parce qu’il y a plus de femmes qui lisent des romans que d’hommes. Peut-être que la touche de romantisme que je distille ici et là les touche plus que le public masculin…

 

-Il y a un style Fritsch, je trouve.

 

-Je le prends comme un compliment. Je préfère que l’on me dise cela plutôt que l’on prétende que mon style ressemble à celui d’untel ou untel. Je ne veux pas être considéré comme un copieur. Je m’applique à avoir mon propre style avec une certaine musicalité, une ambiance, un rythme qui est très important, car il permet d’entraîner le lecteur.

 

-Quels sont tes écrivains préférés ?

 

-Je peux citer pour le mécanisme d’écriture, Agatha Christie, mais mes écrivains préférés sont John Irving, Patrick Modiano, Stefan Sweig, des écrivains très différents. Je dois avoir un amalgame de tout ça qui construit mon style. C’est difficile de se rendre compte.

 

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-Ta plume est alerte, maligne, pleine de chausses trappes, intelligente, mais accessible à tous.

 

-J’espère ne pas être rébarbatif. Il faut écrire en ce faisant plaisir. Je reste accessible sans faire de concessions, sans vouloir simplifier ni mon écriture, ni mon histoire.

 

-Tu t’organises comment pour écrire ?

(Ça va ? Vous êtes là ? Non, parce que j’aimerais bien continuer à vous donner des cours de journalisme littéraire. Je peux ?)

 

-Je suis enseignant, donc théoriquement, ça me laisse du temps libre, mais comme c’est ma première année, ça me prend beaucoup de temps pour préparer mes cours. À côté de ça, j’ai une famille nombreuse et il faut aussi que je m’en occupe. C’est donc trois pôles de ma vie que je tente de concilier pour pouvoir écrire.

 

-La première version de Derrière toute chose exquise date de 1992. Tu n’as cessé de la remodeler. 

(Par exemple, on ne tutoie pas l’invité. On exclut le lecteur sinon…)

 

-Pour moi un roman se conçoit sur plusieurs années. Un roman, ce n’est pas juste s’asseoir devant une feuille de papier, c’est concevoir, agencer les différents personnages, caractères, situations…les lieux, après on peut commencer à écrire.

 

-Un écrivain est-il un suceur d’âme ?

(Poser des questions originales, fortes, inédites, troublantes est un point important de ce métier, surtout lorsque c’est pour clore un entretien…)

 

-Oui. On prend autour de nous les différents personnages et caractères que l’on peut observer. En tant qu’écrivain, on n’invente rien. Il faut juste tenter de métamorphoser des ressentis en histoires, de préférence à rebondissements et pas portées sur sa petite personne.

 

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Après ce brillant entretien, j’ai emmené Sébastien Fritsch au Bureau de Meaux (comme je le fais souvent avec les invités qui se déplacent jusqu’à moi). En terrasse. Et nous avons refait le monde, le milieu littéraire et la blogosphère tout en dévorant de bonnes salades meldoises.

Sans aucune médisance, car Sébastien Fritsch n’est pas du genre à jacasser sur son prochain.

Malheureusement…

Merci à lui d’être venu de si loin et d’avoir absolument ben joué le jeu.

(Et je conseille à tous de lire Le 6eme crime et Derrière toute chose exquise. Vous ne le regretterez pas, foi de Mandor !)

(Ici, Sébastien Fritsch raconte son rapide passage à Meaux...)

L'interview diffusée sur 77FM est à écouter ici.

Commentaires

Ce qui ne gâche rien c'est que Sébastien est un garçon adorable !
Et sinon très sympa le cours subliminal !:)

Écrit par : E | 25 juin 2009

la saison bat son plein, votre blog regorge de saltimbanques jamais lassent de votre bonne humeur et de votre fantaisie toujours prête, mais ne comporte toujours rien sur mon ouvrage " La fête du colonel moutarde à Dijon", dont les spécialistes disent pourtant le plus grand bien. Je ne blague pas, j'aime votre blog, il est enrichissant pour qui veut élever un peu son QI. Ma troisième femme avait l'habitude de m'emmener à la comédie française pour la même raison. Mais je vous demande de parler de mon livre prestement avant que les conséquences de cette navrante omission ne soient adaptées par un scénariste de film d'horreur ou par un auteur de vos amis. je compte sur vous.
Bien amicalement.

Louis-Bernard Delavant-Perrier.

Écrit par : Louis Bernard Delavant-Perrier | 25 juin 2009

j'ai ecris un livre trop bien avec les 8 doits qui me restes. je n'ai plus mes majeurs qui sont usé a force de les dresser. je conte sur vous pour assurer ma gloire et mes ventes de mon roman pour lequel je cherche un editeur prestigieu. juste quelque mots sur mon roman qui est genial : il parle de moi depuis tout petit jusqu'a aujourdhui. je dit tout. c'est vraimet genial. j'espere que je pourrai aussi etre interrogé a meau dans votre radio que je ne connai pas. vous avez l'air d'etre serieu ce qui est important pour me faire reussir dans mon projet. je vou envoirez mon roman pour que vous le liser. vous pourrez peut etre m'aider a trouvez un editeur pour que je suis publié. merci. je trouve votre blog trop bien.

Écrit par : gérard poussette | 25 juin 2009

j'ai rencontré Sébastien à Lyon l'année dernière, très sympathique, pas encore lu, il faudra que je m'y intéresse sérieusement :-)
J'aime beaucoup les parenthèses ;-))

Écrit par : Marie-Laure | 27 juin 2009

Trot biain Gérare Pousssette !

faux le lir poure le croirre !

Écrit par : Jean-Sébation Evier | 01 juillet 2009

Les commentaires sont fermés.