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08 mai 2009

Agnès Abécassis: La grande interview!

Alors bon, j’avais lu consciencieusement son livre. Tout en m’arrêtant parfois pour sourire franchement (voire, soyons fou, bien rigoler !). Comme d’habitude, je m’étais dit avant de commencer Chouette une ride ! que ça n’allait intéresser que les femmes.

Parce que les hommes, hein, les rides, ça ajoute à leur charme !

C’est bien connu.

Agnès Abecassis (mandorisée pour son précédent livre, ici) à l’art de faire rire avec des événements de  la vie quotidienne. Des petites histoires qui deviennent hilarantes sous sa plume.

Donc, j’avais pris plein de notes judicieuses, extrêmement originales et qui allaient permettre de réaliser une interview hors du commun.

(Pour faire simple : mon talent de journaliste au service de la littérature d’aujourd’hui.)

(Un truc à la Pivot/Soljenitsyne… bref, « un grand entretien » bientôt édité par l’INA.)

 

Donc, nous avons tenté de nous donner rendez-vous plusieurs fois.

Sans succès.

(Nous avons tous les deux des agendas à faire pâlir de jalousie Barak Obama, Nicolas Sarkozy, Sylvio Berlusconi et Tatiana de Rosnay réunis.)

Et puis, nous nous croisons au dernier Salon du Livre de Paris.

Le 15 mars 2009 dernier.

(Pour être honnête, je suis passé la voir alors qu’elle dédicaçait à tour de doigts ses ouvrages.)

(Toute l'après-midi, elle a signé non stop...)

 

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-Hello Mandor ! (Agnès est parfaitement bilingue !)

-Bonjour Agnès ! (Pas moi.)

 

Et nous papotons de manière un peu hachée, car ses lectrices s’impatientent.

 

-Comme nous n’arrivons pas à caler un moment pour nous voir, on peut faire la mandorisation tout à l’heure ? Je finis à 16h… tu n’as qu’à venir me chercher et on se met dans un coin tranquille. D’accord, merci à tout à l’heure !

 

Et une nuée de lectrices me chassent du stand en me jetant des pierres.

 

Un coin tranquille au Salon du Livre.

Décidément, Agnès Abécassis à un sens inné de l’absurde.

Bien.

J’ai lu le livre il y a plus d’un mois.

Il est à la maison et mes notes (vous savez, celles qui allaient changer la face du monde de l’interview… et patati et patata) sont dans l’ouvrage en question.

 

agneselle2009.jpg
Pub dans Elle (pleine page).

Je calcule mentalement la probabilité qu’elle et moi parvenions à nous libérer dans les prochains jours.

Je veux dire, pour réaliser l’interview de la mort qui tue (et qui éventuellement pourrait déchirer sa race.)

Aucune probabilité, ni à court, ni à moyen terme.

 

Je reviens donc la chercher à l’heure pile (+10 minutes).

Le coin tranquille est donc le stand d’en face celui de Calmann-Lévy.

 

-Viens, installe-toi à côté de moi. On n’a qu’à faire ça là.

 

Nous voilà donc assis côte à côte face à une pile de livres d’Agnès.

Le stand du Livre de Poche est lui aussi, fichtrement visité.

 

Et là…

 

Je ne sais absolument pas quoi poser comme question.

Je sèche, je cale, je tremble, j’étouffe, je vomis la bière précédemment ingurgitée avec Emmanuelle Urien, je me ressaisi…

…et je parviens à me lancer.

 

- Comment t’est venue l’idée de parler des rides et du temps qui passe ?

 

(La puissance phénoménale de la question. Vous la ressentez ?)

 

Agnès éclate rire.

 

- C’est juste la question qu’absolument tout le monde me pose.

 

- Bon, bon…je passe à une autre question. Est-ce qu’avant de débuter un nouveau livre, tu te demandes « de quoi je vais parler » ? … Agnès, Agnès ?

 

Je ramasse Agnès, écroulée de rire sous la table.

 

- Tu tu tu… as déjà essayé d’écrire un livre ? parvient-elle à extraire de sa bouche entre deux reprises de respiration. Ah ! Tu es marrant quand tu déconnes !

 

- Euh…

 

- Allez, vas-y, je t’écoute.

 

- Hum ! Non, mais j’insiste un peu là. Pourquoi as-tu choisi de parler des femmes qui prennent de l’âge ?

 

- Quand ma fille est entrée en 6e, ça m’a mis un méchant coup de vieux. Là, j’ai réalisé qu’elle devenait concrètement une adolescente avec tout ce que cela implique comme transformation, comme changement d’attitude physique et intellectuelle et que, du coup, ce n’était plus moi la mère adolescente insouciante. Par contre, c’est moi qui allait devenir has been… j’ai réellement pris conscience que le temps passait. Ce « collège blues » a été temporaire, mais il m’a donné l’idée de ce livre.

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Article dans Prima.

 

- Tu as finalement exorcisé cette pseudo angoisse en écrivant Chouette une ride ?

 

- C’est comme ça que je fonctionne, j’exorcise. J’exorcise mes angoisses et comme j’ai beaucoup d’angoisses, j’ai beaucoup de matières.

 

- C’est un sujet grave les rides qui se pointent ?

 

- Non, c’est un sujet ridicule qui peut prendre des proportions ridicules. Quand tu vois des nanas de 30 ans qui se font injecter du Botox, c’est ridicule. J’ai aussi des copines de mon âge qui oublient parfois leur date de naissance, qui la rétrécisse un peu…Moi, personnellement, ça ne me dérange pas d’avouer que j’ai 23 ans.

 

- ? ? ?

 

- C’est de l’humour Mandor. Pfff… t’es lourd…

 

- Non, sérieusement, je trouve que c’est une chance de pouvoir vieillir, de pouvoir regarder grandir ses enfants… alors, effectivement, il y a des désagréments esthétiques, mais si tu ne te laisses pas aller, ça se combat tout ça.

 

- Tes lectrices se sentent concernées par ce thème ?

 

- Oui, à des degrés divers. Il y a des femmes de 50 ans qui sont bien dans leur peau et des jeunes filles de 20 ans qui se mettent des plâtres de crème antirides tellement elles ont peur d’avoir un trait d’expression.

 

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- Ton héroïne est écrivain de polar. Tu donnes quelques exemples de ce qu’elle écrit. Et du coup, on s’aperçoit que tu pourrais toi même écrire ce genre littéraire.

 

- Merci, c’est gentil. D’abord, j’adore les thrillers, ensuite, c’est une façon de faire comprendre que je déteste qu’on dise que je ne suis qu’un auteur de "chick lit". Je déteste ce terme et cette réduction. Je ne suis pas blonde, j’écris de la comédie, ce n’est pas évident d’écrire de la comédie, la preuve, je peux aussi m’amuser à écrire du thriller. Dans aucun des genres, je ne me prends au sérieux, mais je n’aime pas qu’on dévalorise mon travail. Je répète que la comédie n’est pas un sous genre. C’est un genre. Point. Il y a de la daube et de l’excellence dans tous les styles.

 

- C’est de la faute aux méchants journalistes !

 

- En tout cas, les lecteurs n’ont aucun complexe à lire mes livres. Au contraire, ils aiment rire. Offrir un rire, c’est offrir un peu de bonheur.

 

tele%207%20jours%202009.jpg
Article dans Télé 7 jours.

- Ce livre, c’est aussi pour remonter le moral de tes lectrices ?

 

- C’est fait surtout pour dédramatiser. C’est une façon de remettre les choses à leur place. Ce sujet-là n’est pas grave, on peut en rire.

 

- Moi, j’adore lire tes livres. J’en apprends beaucoup sur les femmes et vraiment, je me marre souvent.

 

- Tu sais que j’ai beaucoup d’hommes qui me lisent. Je dois avoir un quart de mon lectorat qui est masculin. 

 

J’interromps là l’interview. Trop de lectrices (et deux trois lecteurs) attendent leur signature. Je sens que si je persiste à ne pas rendre Agnès Abecassis au peuple, le peuple va me pendre haut et court.

lecteurs%20ldp%202009%201.jpg

Je préfère m’éclipser.

(Enfin, disons que nous avons aussi pris un peu de temps pour faire les clichés suivants.)

(D'un naturel et d'une aisance déconcertante...)

(Pivot et Soljenitsyne possèdent le même genre de photo, m'a-t-on dit...)

 

15.03.09 Salon du Livre 2009 Agnès Abecassis et moi 4.jpg
15.03.09 Salon du Livre 2009 Agnès Abecassis et moi 3.jpg

Note de l’auteur : Agnès, quoi, j’ai mis deux mois pour écrire cette note ???

Pour Frédéric Mars/Ploton, j’entame mon 5eme mois…

 

Commentaires

Mandor, tu es trop trop génial.
(je suis re-écroulée de rire en te lisant, bravo !) :)))

Écrit par : Agnès A. | 08 mai 2009

Super sympa, cette interview :) Et les photos sont à croquer ! Par contre, c'est Chick lit, pas chick list (parce que là, ça fait un peu check list, et, ben, euh... pourquoi pas, au fait ?).
Bon, du coup, je sais quel livre je vais commencer tout à l'heure dans le train, moi :)

Écrit par : Vanessa | 08 mai 2009

@Agnès A.: Des moments comme ceux ci, il fallait que je prenne mon temps pour raconter...
;o)
A la prochaine interview pour le prochain livre, hein?
(Mais, euh... pas au salon, please!)
@Vanessa: J'ai corrigé. Merci à toi!

Écrit par : Mandor | 08 mai 2009

J'adore ses livres. Loin d'être un sous genre, sa littérature détend les maxillaires ce qui est, de nos jours, une bonne chose !

Écrit par : Nath | 10 mai 2009

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