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23 février 2009

Ce samedi à la Fnac Val d'Europe...

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(Photo: Nathalie Desnoix)
... j'animais pour 77FM, une rencontre avec l'auteur de "Un secret", Philippe Grimbert. À ses côtés, il a tenu à la présence de Luc-Michel Fouassier (déjà le héros de ma précédente note) qui a publié son premier livre "Histoires Jivaro", 100 nouvelles de 100 mots.
FNAC LIVE était là pour filmer.
Voici le résultat... 45 minutes réduites à 2x5 minutes.

 Première partie: 5:35

2eme partie: 4:50

Retrouvez plus d'actualité littéraire sur fnaclive: http://www.fnaclive.com

22 février 2009

Un après-midi avec Yves Simon...

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J’ai 41 ans.

Soit.

Mes idoles musicales de jeunesse sont des grands de la chanson française, toujours présents aujourd’hui (sauf, le premier cité, bien sûr et malheureusement).

Balavoine, Goldman, Cabrel, Souchon et…

Yves Simon.

Les chansonniers de la Table Ronde...

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J'aime Yves Simon...

Pour Les gauloises bleues, J’ai rêvé New York, Les fontaines du Casino, Diabolo Menthe, Ma jeunesse s’enfuit, Qu’est-ce que sera demain (une de mes préférées…), Amazoniaque et aussi Je pense à elle tout le temps (avec l’apparition sonore et fugace de Daniel Balavoine)…

 

Pour aussi, La dérive des sentiments (Prix Médicis), Océan, Sorties de nuits, La manufacture des rêves

 

Pour ses chroniques dans Chorus (ma bible qui vient d’ailleurs de lancer une nouvelle version de son site) et aussi pour celles parues dans Libé pendant longtemps…

 

Quand Luc-Michel Fouassier, le président du salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière (et néanmoins nouvel ami) m’a proposé d’aller déjeuner avec Yves Simon, dont il est un admirateur de longue date, vous pensez bien… j’ai accepté.

Au Méditerranée (place de l’Odéon).

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Nous avons beaucoup parlé, beaucoup bu, un peu mangé.

Moments de grâce…

Au bout d’une heure de conversation sur les légendes qu’Yves Simon a connu de près (ses rapports avec Montant, Signoret, Brassens...), anecdotes comme des fulgurances, j’ai demandé l’autorisation de sortir mon magnéto.

Accepté.

Mais la conversation a pris une tournure plus personnelle.

Nous nous sommes racontés nos vies.

Beaucoup de coïncidences étranges avec Yves Simon.

Des connaissances communes très proches ou qui me tiennent à coeur (Jacques Rigaud, la comédienne Corinne Dacla…)

Un même regard sur le monde.

Pareil avec Luc-Michel.

On était bien.

 

J’ai demandé à Luc-Michel Fouassier de m’écrire la façon dont il a vécu cette rencontre…

L’homme est enthousiaste…

Je publie, tel quel.

 

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Un passeur d'humanité

(Ma rencontre avec Yves Simon)

 

Le samedi 14 février 2009 restera gravé à vie dans ma mémoire ! Oh pas la peine de rechercher le journal de ce jour-là  pour y lire les gros titres, vous ne trouveriez pas l'explication. Point de résultat sportif extraordinaire, ni de cagnotte du loto, encore moins de découverte scientifique propre à bouleverser l'humanité.

Bouleversement, il y eut pourtant. De tout mon être. Humanité, j'y fus plongé entièrement, sans restriction.

Que je vous raconte. Mais, attention, aucun mot ne sera assez fort pour transcrire les émotions ressenties ce jour-là. Donc tout ça, faudra le multiplier par dix, par cent, par 10 puissance 12 !

Savez vous que les ordinateurs vont bientôt connaître la picoseconde, c'est-à-dire 10 puissance -12 secondes, un millionième de millionième de seconde...(Jours ordinaires) Combien de picosecondes durant quatre heures ?

Tout est parti du concours de nouvelles que j'organise pour la ville d'Ozoir-la-Ferrière et dont Yves Simon a accepté la présidence du jury. Enfin, pas tout à fait. Tout est parti d'une dédicace que j'ai demandée, un jour de juin 1989, à mon écrivain, chanteur, auteur préféré. Quoique, tout est parti d'un vieux 33 tours vinyl, qu'on avait prêté à mon frère vers le milieu des année 70 et que j'avais dupliqué sur une cassette. Nous nous sommes tant aimés dans les années 70.

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Ce samedi 14 février (délaissant honteusement ma femme en cette St-Valentin) rendez-vous fut pris pour 13 h dans un restaurant proche de l'Odéon, Paris 75, pour une rencontre interview d'Yves Simon, menée par mon ami journaliste François Alquier.

Parking souterrain, proche de la Seine, pour garer ma voiture. Aujourd'hui, je n'ai pas pris Les bateaux du métro. Petit détour par la Rue de la Huchette pour acheter un bijou à ma femme, deux ou trois choses pour elle.

En avance, je traîne dans le quartier des éditeurs. Café de Flore, librairie La Hune. Je suis fébrile. J'ai même un peu peur. François m'appelle sur mon portable. Il m'attend rue de l'Odéon. Je le rejoins. J'ai le trac François. Peur de décevoir, d'être déçu. C'est pas n'importe quoi ce que je vais vivre là, François. Je vais déjeuner avec l'homme qui m'a accompagné  durant plus de trente ans, presque toute ma vie, avec ses chansons, ses romans. L'homme sans qui je n'aurais jamais écrit une ligne. J'ai peur François. Mots rassurants du journaliste chevronné, de l'ami.

Je me retourne. Yves est là, sur le trottoir. Il remonte la rue vers nous. Il me fait un signe de la main, sourire aux lèvres. Il m'a reconnu. Il n'a pas oublié les quelques rencontres au gré des séances de dédicaces au salon du livre, à la Fnac... Yves Simon m'a reconnu ! Il m'a souri ! Regarde-moi, Regarde, regarde camarade de rencontre, tu vois, c'est ma façon de te dire que je t'aime.

Nous rentrons dans le restaurant où Yves a réservé une table. Il est détendu. Ses premiers mots, ses premières pensées sont pour Patrice-Flora, sa compagne. Il l'aime. Et ça fait du bien de le sentir heureux de cet amour. Je ne sais pas pourquoi, j'ai envie de l'embrasser. Cette envie ne me quittera pas de toute la rencontre. Je voudrais tellement lui témoigner mon affection.

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François avait préparé la rencontre, organisé l'interview et puis, très vite, nous nous écartons de ce qui était prévu. Nous parlons comme de vieux amis, tous les trois. Nous n'avons pas commandé de Diabolo menthe. Nous avons attaqué direct avec un vin blanc, Chablis, excellent. Ou Meursault ? Peu importe, il est vraiment excellent.

La conversation n'est plus seulement paroles, échanges de mots, d'idées. C'est plus que cela. Cela tient du partage, c'est Mille aujourd'hui, nous ne rêvons plus New-York, ni l'Abyssinie, nous y sommes. Ma femme Valérie croise Juliet Berto, nous rigolons avec Gérard Depardieu, Corinne Dacla nous sourit avec tendresse. Nous courons dans les forêts Vosgiennes, et dansons, le soir, devant les fontaines du casino. Daniel caresse le ventre gonflé de vie de sa femme. Nous allons le retrouver dans le désert pour lui dire qu'on l'aime. JMG commande un jus de fruit et nous lit un passage de L'inconnu sur la terre. Nous faisons voler des avions en papier.

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Je me prends à imaginer un torrent de montagne qui traverserait le restaurant, au milieu des tables et des chaises, et je nous y vois plonger nos visages. Tout est fulgurant, intense. Nous mêlons nos émotions, nous parlons de l'amour, de la création, de nos envies, de la vie. Parler de la vie avec Yves... Yves vit, là, devant nous et il nous emmène avec lui. Et j'ai maintenant envie que l'on se prennent tous les trois dans les bras.

Nous sommes heureux. Et je ne sais pas pourquoi. Peut-être comme l'impression d'avoir trouvé quelque chose après une longue errance dans des jungles amazoniaques.

Nous ne voulons pas rompre tout cela. Yves nous propose de boire un verre à la rhumerie. Nous acceptons volontiers, tellement heureux que ces instants se prolongent. Nous pensons à nos épouses. Nous nous sentons un peu fautifs. Mais aujourd'hui, grâce à Yves, nous avons en nous comme un supplément d'âme, nous les aimons encore plus.

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François partira le premier. Je raccompagne Yves jusque devant chez lui, ne mettant pas garé très loin. Nous parlons de l'amour une dernière fois, de celles qu'on aiment. Le tout, c'est de ne jamais se coucher fâchés. C'est ce que m'ont toujours dit mes parents. Yves retient le conseil. Il est content de retrouver Patrice-Flora. Je ne l'ai jamais rencontrée et pourtant, j'ai déjà l'impression de la connaître.

Nous nous embrassons comme deux frères.

Quelque chose passe. De l'humanité.

Il est 17h30. Nous avons existé quatre heures ensemble, proches. Je me demande combien cela fait de picosecondes...

 

Luc-Michel Fouassier

 

Qu'ajouter de plus?

Rien.

Voici son dernier clip en date.

Irène, Irène.

 

 

 

15 février 2009

Booder à la Fnac Val d'Europe!

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Extrait du Parisien de jeudi...
Tout c'est bien passé vendredi soir au Forum de la Fnac Val d'Europe!
Personnage très sympathique, public réceptif, ambiance bon enfant.
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Bientôt la vidéo de cette rencontre.
Le prochain rendez-vous à la Fnac Val d'Europe, (samedi prochain) sera beaucoup plus psycho-littéraire...
(Merci à Nathalie Desnoix de La Marne pour les photos...)

10 février 2009

Suspendus... deFranck-Olivier Laferrère (partie n°2)

l_6b0e8ea2d2d645b29f2d05260bdfde90.jpgSortir les phrases de leur contexte est toujours un jeu dangereux.
Généralement, elles ne reflètent pas l’exacte vérité.
Pourtant, je m’adonne aujourd’hui à cet exercice de style.
J’étais là, bien présent, mais peu disert, lors de cette soirée réunissant Fishturn, Franck-Olivier Laferrère (l'auteur de l'oeuvre théâtrale, Suspendus) et moi.
Un peu crevé.
Mais attentif.
C’était jeudi dernier, au Mantra, juste après la 17eme représentation de Suspendus.
Les réflexions de Franck-Olivier Laferrère sont tirées de la conversation entre Fishturn et lui.
Et ce Fishturn… quel fin intervieweur, psychologue, tireur de vers du nez… mine de rien.
Presque, faudrait que j’en prenne de la graine.
L’observateur auditeur que j’étais ce soir-là vous propose quelques extraits.
Grappillons ensemble…

Sur l’écriture et la littérature :

« Il n’y a pas de concurrence chez les écrivains. La concurrence, elle n’existe que dans la communication. »

« Herman Hesse disait, quand il était au séminaire : « je ne comprends pas… vous nous faites étudier des génies de la littérature, des gens d’exception, qui ont refusé les règles, qui ont tout lâché, qui ont tout fait péter et nous, élèves, quand on veut faire pareil, vous nous interdisez tout ». »

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Franck-Olivier Lafferère et Fishturn en pleine discussion.


« Il y a le piège de l’écriture. Tu as beau te raconter que tu ne maîtrises pas ce que tu écris. C’est faux. Entre la parole et l’acte d’écrire, il y a un geste. Et ce geste, il est le temps de maîtriser les choses. »

« Un écrivain, c’est une personne engagée. Ad litteram, c’est mettre son corps en gage. A partir du moment où tu ne peux pas faire autrement qu’écrire, tu es engagé. La question c’est : est-ce que l’engagement doit se limiter au militantisme ? »

« L’écriture et la littérature, c’est fort, quand ça t’échappe. Moi, j’aime bien cette sensation de ne pas savoir où je vais tout en y allant. »

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Franck-Olivier Lafferère me fait toujours réfléchir...


Sur son propre vécu :


« A 12 ans, je savais que ce serait ça (l’écriture) que je ferais dans la vie. Après, j’ai du me battre contre moi, contre ma famille, contre l’éducation… A 19 ans, j’ai connu une forme de culpabilité. Je me suis dit qu’écrire, ça ne suffisait pas… écrire, c’était dérisoire. J’ai travaillé en collège de zones prioritaires, j’ai fait de l’alphabétisation pour les gitans… »

« A 20 ans, j’ai acheté une ruine que j’ai retapée et j’ai accueilli pendant 8 ans des gens qui avaient des problèmes de toxicomanie, d’alcoolisme, de psychotique. J’étais persuadé qu’on ne pouvait pas s’occuper des autres si on ne s’était pas occupé de soi-même. Mais, dans la réalité, ce n’est pas vrai. Même quand les gens sont bancales, ça fonctionne aussi. C’est un peu comme avec les parents. Si tu as des parents parfaits, tu deviens fou. Si tu en as qui ne le sont pas, il y a des trous et dans ces trous, tu te construis. C’est le message que je voulais faire passer dans ma pièce. »

« Gamin, j’avais déjà conscience que la vision du monde que me présentaient mes parents n’était qu’une vision du monde. Très tôt, j’ai compris que si on voulait comprendre la société, il fallait voir ses marges. J’avais envie de voir des gens qui vivaient des choses intenses, des choses « à la limite ». »

« J’ai écrit un bouquin à l’âge de 17 ans qui raconte une France qui a élu un président extrémiste. 2 meilleurs amis luttent à leur façon. Un par l’écriture de pamphlet, l’autre en posant des bombes. »

Sur des touts et des riens :

« On est 23 millions a avoir Internet, a avoir des blogs, a être censé échanger les uns avec les autres et en fait, on ne se parle pas. On communique vaguement et on se console de la parole de l’autre. On n’écoute pas, on n’entend pas. »

« On dit souvent que c’est l’angoisse de la mort qui fait que les hommes cherchent à vivre au maximum ! Mon cul ! On n’a pas conscience de la mort. C’est l’angoisse de la vie qu’on a. »

En rapport avec la pièce :

« Les personnages sont tous les deux dépassés par quelque chose. Par la mort, l’incompréhension et bien d’autres évènements. L’homme a beau avoir 60 ans, même si on s’attend à ce qu’il soit posé et serein parce qu’il a bien vécu, on se rend compte, au fur et à mesure de la pièce, qu’il a des failles et qu’elles sont énormes. »


« Je voulais démontrer que le savoir ne suffit pas toujours. Tu vas à l’école, tu acquiers des savoirs, ses savoirs vont te permettre de grandir dans la société, de trouver ta place. Mais ça ne suffit pas. Jean-François est exemplaire de ça. Louise aussi. Elle est plus intello que lui, mais ça ne lui donne pas plus de mots pour parler d’elle. »

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A votre avis, début ou fin de soirée?


« Grosso Modo, la république ne s’est pas interrogée là-dessus. On est passé de la charité chrétienne, aux dons, avec ce que cela implique de dettes pour l’autre à la République. Qu’est-ce qu’il se passe pour les enfants de la DASS, pour les mômes qui sont envoyés en famille d’accueil, comment ils s’en sortent ? Peuvent-ils la payer un jour, cette dette? Comment ils s’arrachent à ça ? Je dis dans la pièce que « famille d’accueil » ce n’est pas un métier, c’est un statut. Jean-François ne se rend pas compte de la dette qu’il fait peser sur les gens qu’il prend sous son aile. »

« Dans cette pièce, je sais que tout ne sera pas entendu. Il y a des gens qui sont venus deux/trois fois et à chaque fois, ils ont découvert autre chose dans le texte. Il y a des doubles lectures. »

« J’ai vraiment l’impression que le théâtre c’est le lieu de la littérature et de la psychanalyse. Il y a les choses qui sont perçues directement dans la salle et il y a des choses qui sont dites par l’un et par l’autre qui font leur chemin dans le temps. »

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Franck, le Fish et Mandor

Je ne peux que vous inciter à aller voir Suspendus.

Une pièce de théâtre « engagée », mais très accessible.

Derniers jours : ce mercredi, ce jeudi, ce vendredi et ce samedi !

07 février 2009

Suspendus... de Franck-Olivier Laferrère (partie n°1)

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A cause de Fishturn, je me suis rendu compte que j'étais un piètre critique de théâtre.

Je n'ai même pas respecté la règle d'or n°1.

Le Fish, il me dit, "viens avec moi voir la pièce de Franck-Oliver Laferrère!".

Même pas "s'il te plait!".

C'était quasi un ordre.

(Et je ne veux pas le contrarier, sinon ses muscles gonflent, ils déchirent sa chemise, lui devient tout vert et il hurle AAARRRGGG! en se positionnant comme un sumo avant un combat.)

En vrai, j'ai accepté (jeudi soir dernier) parce que j'aime bien F-O.

Et que ça faisait un moment que je n'avais pas refait le monde avec le poisson tournant qui tourne...

Fishturn et moi le connaissons un peu.

Et sa vision des choses de la vie et de la société actuelle me parle.

Le concept était donc: "Nous allons voir la pièce Suspendus, puis nous allons parler de tout ça au restaurant, autour d'une bonne bouteille."

OK! Sauf que je suis arrivé à 20h15 dans la salle et que la pièce débutait à 19h30.

(La règle d'or n°1 est, au moins, darriver à l'heure...)

J'ai beaucoup aimé le quart d'heure qu'il restait.

Vexé comme un pou, je m'installe à côté de Fishturn et salue (pas du tout embarassé) Franck-Olivier.

Pas l'air con, moi!

Après la représentation, dont je n'ai évidemment pas saisi la substantifique moelle, je peux quand même avouer que notre soirée avec Franck-Olivier Laferrère fut exquise (comme en témoignerons certaines photos...).

C'est Fishturn qui est devenu journaliste.

J'étais présent, mais il m'a remplacé en tant qu'intervieweur.

Ce sera l'objet de ma prochaine note.

Comme, il ne reste que 5 représentations (dont une ce soir), je me contente de vous proposer quelques photos des deux comédiens en pleine représentations, l'histoire en quelques mots et le clip d'annonce de la pièce...

Les deux comédiens sont d'Héléna Soubeyrand et de Jean-Claude Falet.

Les photos sont signées Aurélie Prissette.

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L'histoire (d'après le dossier de presse):
Deux êtres abîmés, deux solitudes contemporaines, une rencontre, le voyage qui les mène ensemble de l'ombre vers la lumière.
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Louise a 20 ans. Digne fille de son époque, elle n'a été privée de rien et dit pourtant manquer de tout. Elle parle d'amour et aime comme elle consomme, s'attache comme elle zappe, s'enthousiasme aussi vite qu'elle se lasse. Le monde n'est pour elle qu'un assemblage de concepts où l'illusion concurrence le cynisme. Malheureuse sans objet, elle n'aura cessé de courir qu'en se heurtant au réel.
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Jean-François avait 20 ans en 1968. Pour lui, le monde a été un terrain de jeu où rien en semblait impossible. Une vie de rires et de libertés, une vie d'amours que la morale semblait enfin tolérer.
Et pourtant...
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Deux êtres suspendus, deux générations, une époque qui s'interroge et se raconte au travers de cette rencontre a priori impossible. 
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Qu'est-ce qu'avoir 20 ans en 2008?
Que peut y comprendre un homme qui les avait en 1968?
Il est homo et engagé.
Elle est cynique et desespérée.
De leurs échanges, pourtant, il naîtra quelque chose...
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Et je rappelle qu'il ne reste plus que ce soir, mercredi, jeudi, vendredi et samedi pour apprécier l'oeuvre théâtrale de Franck-Olivier Laferrère.
Voici donc la bande-annonce...

01 février 2009

Richard Andrieux... lettres et le néant!

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Bon, vous n’allez pas mourir de rire en lisant le deuxième roman de Richard Andrieux.

C’est dit.

Le premier, José, je ne vais pas y revenir, je l’avais beaucoup apprécié, comme le précise ma première mandorisation de l’écrivain.

Moi qui aime la noirceur, je me suis jeté avec avidité dans la lecture de cet Homme sans lumière.

Sans regret.

Le rien à ce point à quelque chose de fascinant.

« Ce roman épistolaire mène le récit du chagrin comme un thriller haletant », explique la quatrième de couverture.

Pas faux.

Mais les lecteurs suivront-ils cette descente  abyssale dans les tréfonds d’une vie terne où il ne se passe pas grand chose ?

La triste banalité du quotidien et la folie cachée des gens, leurs insondables déprimes et dépressions… pas sûr que les lecteurs des Musso-Lévy-Werber-Nothomb se jettent sur ce roman parfois anxiogène.

Je ne vais pas tenter de les inciter à changer d’avis.

Chacun sa bulle.

 

Richard Andrieux est venu à 77FM pour parler de ce livre.

Merci à Anne-Laure, son attachée de presse (et néanmoins personne que j’apprécie beaucoup…) d’avoir accompagné son auteur jusqu’à Meaux.

 

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Mandor : L’homme sans lumière raconte l’histoire, je vous cite « de quelqu’un qui se considère comme un petit homme triste, sans avenir ni passé, un pas grand-chose en quelque sorte ». Pourquoi raconter l’histoire d’un homme de si peu d’envergure ?

 

Richard Andrieux : J’ai eu envie d’écrire un livre sur les sentiments humains les plus intimes et plus encore, de décrire la noirceur de l’âme d’un être, de manière jusqu’au-boutiste. Ce personnage est profondément tourmenté face à ses peurs, face à ses regrets, face à sa solitude. C’est un roman épistolaire sur un homme qui se confie avec honnêteté, par rapport à ce qu’il est.

 

Mandor : Votre héros est incapable d’approcher le bonheur, il vit dans l’ennui et dans la souffrance… dans quel état avez-vous écrit ce livre ?

 

Richard Andrieux : Ce roman a été très difficile à écrire. Je n’ai pas suffisamment d’expérience dans l’écriture pour avoir une forme de distanciation. J’ai vécu avec ce personnage pendant plus d’un an, ça n’a pas été chose facile…

 

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Mandor : Vous expliquez que votre héros, Gilbert Pastois, « est persuadé que l’homme tient à vivre parce qu’il ne tient pas trop à mourir… ». Jolie formule ! Dans vos deux romans, la mort est très présente. C’est d’ailleurs le seul lien entre les deux romans.

 

(Il ironise sur le fait qu’il n’est pas le seul à avoir peur de la mort.

Je lui demande de développer un peu.

L’explication n’est pas aisée.)

 

Richard Andrieux : La mort est un sujet qui mérite qu’on s’y attarde. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul au monde à avoir des difficultés à l’accepter. L’acceptation de la mort nous renvoie en permanence au sens de la vie. 

 

Mandor : Vous écrivez : « Le malheur, c’est une maladie que l’on se refile de génération en génération… ». Le malheur est donc génétique !

 

Richard Andrieux : Je le pense. On se trimballe des choses de manière ancestrale. Très souvent, les casseroles que l’on traîne peuvent devenir des quincailleries.

 

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Mandor : Gilbert Pastois, c’est un personnage de 64 ans qu’on arrive ni à aimer, ni à détester. J’ai eu beaucoup de mal à avoir une opinion tranchée sur lui.

 

Richard Andrieux : C’est un personnage qui va coucher à travers toutes les lettres qu’il envoie à ce mystérieux destinataire, tout ce qu’il est réellement, avec ce qu’il peut y avoir d’épouvantable, de terrible et en même temps, parfois de beau chez lui. À travers des lettres, on peut aller beaucoup plus loin dans la confidence parce qu’on a le choix des mots, parce qu’on peut avoir du recul par rapport à ce que l’on écrit. Gilbert Pastois pense que le destinataire de ses lettres a une forme de reconnaissance du malheur, ce qui lui permet d’être honnête par rapport à ce qu’il lui écrit. Je pense qu’il y a dans l’existence une forme de reconnaissance, à travers les autres, de certaines douleurs communes, même si ce ne sont pas vraiment les mêmes affres.

 

Mandor : Quels sont les points communs entre les deux histoires de José et de L’homme sans lumière ?

 

Richard Andrieux : Il y a une certaine analogie entre les deux, même si José, à 8 ans et Gilbert Pastois en a 64. Ce sont finalement deux personnages qui rencontrent des problèmes avec leur existence. Je ne pense pas que ces deux personnages soient si éloignés.

 

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Anne-Laure serait-elle en train de méditer sur mes questions ou boit-elle les propos de Richard Andrieux?
Je me pose encore la question aujourd'hui...

 

Mandor : Vous aimez le noir. Écrire la joie et le bonheur, ça n’a pas l’air d’être votre truc !

 

Richard Andrieux : Effectivement, je n’en vois pas l’intérêt ? J’ai une carrière de musicien et je n’ai jamais réussi à écrire des histoires positives. La gaieté, j’ai envie de la vivre, mais je n’ai pas envie de l’étaler sur des pages. Je n’ai pas envie d’écrire sur la frivolité. Pas certain d’ailleurs que je sois doué pour cela.

 

Mandor : Votre 3eme roman est déjà dans votre tête…

 

Richard Andrieux : Oui. Ca se passe au sortir de la guerre d’Algérie en 1962. C’est l’histoire d’un ouvrier qui a eu un accident de voiture et qui va vivre une amitié profonde avec un algérien en France…Je ne peux pas trop en parler encore…Il y aura encore dans ce livre une même couleur que les deux précédents.

Certes, ce sera noir, mais dans ce que j’écris, ce n’est jamais une noirceur sans issue, il y a toujours une lueur, un espoir.

 

En ayant lu L’Homme sans lumière, je suis tenté de lui répondre : ah bon ?

Parce que, quand même, Richard Andrieux raconte l’histoire d’un homme qui, « toute sa vie a cherché une étoile sans jamais la trouver, et à fini par se noyer dans un océan de pénombre au milieu des tempêtes. ».

Voici le podcast de l'entretien, en deux parties:

Première partie (avec, au début, le temps que je règle le son, une superbe imitation d'Edouard Balladur).


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Deuxième partie:


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