Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Booder à la Fnac Val d'Europe! | Page d'accueil | Ce samedi à la Fnac Val d'Europe... »

22 février 2009

Un après-midi avec Yves Simon...

q-rGjL8Gq6nXXqKbveYHmA.jpg

J’ai 41 ans.

Soit.

Mes idoles musicales de jeunesse sont des grands de la chanson française, toujours présents aujourd’hui (sauf, le premier cité, bien sûr et malheureusement).

Balavoine, Goldman, Cabrel, Souchon et…

Yves Simon.

Les chansonniers de la Table Ronde...

Scan10010.JPG

 

J'aime Yves Simon...

Pour Les gauloises bleues, J’ai rêvé New York, Les fontaines du Casino, Diabolo Menthe, Ma jeunesse s’enfuit, Qu’est-ce que sera demain (une de mes préférées…), Amazoniaque et aussi Je pense à elle tout le temps (avec l’apparition sonore et fugace de Daniel Balavoine)…

 

Pour aussi, La dérive des sentiments (Prix Médicis), Océan, Sorties de nuits, La manufacture des rêves

 

Pour ses chroniques dans Chorus (ma bible qui vient d’ailleurs de lancer une nouvelle version de son site) et aussi pour celles parues dans Libé pendant longtemps…

 

Quand Luc-Michel Fouassier, le président du salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière (et néanmoins nouvel ami) m’a proposé d’aller déjeuner avec Yves Simon, dont il est un admirateur de longue date, vous pensez bien… j’ai accepté.

Au Méditerranée (place de l’Odéon).

Yves Simon 001.JPG

Nous avons beaucoup parlé, beaucoup bu, un peu mangé.

Moments de grâce…

Au bout d’une heure de conversation sur les légendes qu’Yves Simon a connu de près (ses rapports avec Montant, Signoret, Brassens...), anecdotes comme des fulgurances, j’ai demandé l’autorisation de sortir mon magnéto.

Accepté.

Mais la conversation a pris une tournure plus personnelle.

Nous nous sommes racontés nos vies.

Beaucoup de coïncidences étranges avec Yves Simon.

Des connaissances communes très proches ou qui me tiennent à coeur (Jacques Rigaud, la comédienne Corinne Dacla…)

Un même regard sur le monde.

Pareil avec Luc-Michel.

On était bien.

 

J’ai demandé à Luc-Michel Fouassier de m’écrire la façon dont il a vécu cette rencontre…

L’homme est enthousiaste…

Je publie, tel quel.

 

Yves Simon 006.JPG

Un passeur d'humanité

(Ma rencontre avec Yves Simon)

 

Le samedi 14 février 2009 restera gravé à vie dans ma mémoire ! Oh pas la peine de rechercher le journal de ce jour-là  pour y lire les gros titres, vous ne trouveriez pas l'explication. Point de résultat sportif extraordinaire, ni de cagnotte du loto, encore moins de découverte scientifique propre à bouleverser l'humanité.

Bouleversement, il y eut pourtant. De tout mon être. Humanité, j'y fus plongé entièrement, sans restriction.

Que je vous raconte. Mais, attention, aucun mot ne sera assez fort pour transcrire les émotions ressenties ce jour-là. Donc tout ça, faudra le multiplier par dix, par cent, par 10 puissance 12 !

Savez vous que les ordinateurs vont bientôt connaître la picoseconde, c'est-à-dire 10 puissance -12 secondes, un millionième de millionième de seconde...(Jours ordinaires) Combien de picosecondes durant quatre heures ?

Tout est parti du concours de nouvelles que j'organise pour la ville d'Ozoir-la-Ferrière et dont Yves Simon a accepté la présidence du jury. Enfin, pas tout à fait. Tout est parti d'une dédicace que j'ai demandée, un jour de juin 1989, à mon écrivain, chanteur, auteur préféré. Quoique, tout est parti d'un vieux 33 tours vinyl, qu'on avait prêté à mon frère vers le milieu des année 70 et que j'avais dupliqué sur une cassette. Nous nous sommes tant aimés dans les années 70.

Yves Simon 003.JPG

Ce samedi 14 février (délaissant honteusement ma femme en cette St-Valentin) rendez-vous fut pris pour 13 h dans un restaurant proche de l'Odéon, Paris 75, pour une rencontre interview d'Yves Simon, menée par mon ami journaliste François Alquier.

Parking souterrain, proche de la Seine, pour garer ma voiture. Aujourd'hui, je n'ai pas pris Les bateaux du métro. Petit détour par la Rue de la Huchette pour acheter un bijou à ma femme, deux ou trois choses pour elle.

En avance, je traîne dans le quartier des éditeurs. Café de Flore, librairie La Hune. Je suis fébrile. J'ai même un peu peur. François m'appelle sur mon portable. Il m'attend rue de l'Odéon. Je le rejoins. J'ai le trac François. Peur de décevoir, d'être déçu. C'est pas n'importe quoi ce que je vais vivre là, François. Je vais déjeuner avec l'homme qui m'a accompagné  durant plus de trente ans, presque toute ma vie, avec ses chansons, ses romans. L'homme sans qui je n'aurais jamais écrit une ligne. J'ai peur François. Mots rassurants du journaliste chevronné, de l'ami.

Je me retourne. Yves est là, sur le trottoir. Il remonte la rue vers nous. Il me fait un signe de la main, sourire aux lèvres. Il m'a reconnu. Il n'a pas oublié les quelques rencontres au gré des séances de dédicaces au salon du livre, à la Fnac... Yves Simon m'a reconnu ! Il m'a souri ! Regarde-moi, Regarde, regarde camarade de rencontre, tu vois, c'est ma façon de te dire que je t'aime.

Nous rentrons dans le restaurant où Yves a réservé une table. Il est détendu. Ses premiers mots, ses premières pensées sont pour Patrice-Flora, sa compagne. Il l'aime. Et ça fait du bien de le sentir heureux de cet amour. Je ne sais pas pourquoi, j'ai envie de l'embrasser. Cette envie ne me quittera pas de toute la rencontre. Je voudrais tellement lui témoigner mon affection.

Yves Simon 002.JPG

François avait préparé la rencontre, organisé l'interview et puis, très vite, nous nous écartons de ce qui était prévu. Nous parlons comme de vieux amis, tous les trois. Nous n'avons pas commandé de Diabolo menthe. Nous avons attaqué direct avec un vin blanc, Chablis, excellent. Ou Meursault ? Peu importe, il est vraiment excellent.

La conversation n'est plus seulement paroles, échanges de mots, d'idées. C'est plus que cela. Cela tient du partage, c'est Mille aujourd'hui, nous ne rêvons plus New-York, ni l'Abyssinie, nous y sommes. Ma femme Valérie croise Juliet Berto, nous rigolons avec Gérard Depardieu, Corinne Dacla nous sourit avec tendresse. Nous courons dans les forêts Vosgiennes, et dansons, le soir, devant les fontaines du casino. Daniel caresse le ventre gonflé de vie de sa femme. Nous allons le retrouver dans le désert pour lui dire qu'on l'aime. JMG commande un jus de fruit et nous lit un passage de L'inconnu sur la terre. Nous faisons voler des avions en papier.

Yves Simon 004.JPG

Je me prends à imaginer un torrent de montagne qui traverserait le restaurant, au milieu des tables et des chaises, et je nous y vois plonger nos visages. Tout est fulgurant, intense. Nous mêlons nos émotions, nous parlons de l'amour, de la création, de nos envies, de la vie. Parler de la vie avec Yves... Yves vit, là, devant nous et il nous emmène avec lui. Et j'ai maintenant envie que l'on se prennent tous les trois dans les bras.

Nous sommes heureux. Et je ne sais pas pourquoi. Peut-être comme l'impression d'avoir trouvé quelque chose après une longue errance dans des jungles amazoniaques.

Nous ne voulons pas rompre tout cela. Yves nous propose de boire un verre à la rhumerie. Nous acceptons volontiers, tellement heureux que ces instants se prolongent. Nous pensons à nos épouses. Nous nous sentons un peu fautifs. Mais aujourd'hui, grâce à Yves, nous avons en nous comme un supplément d'âme, nous les aimons encore plus.

Yves Simon 008.JPG
Yves Simon 009.JPG

François partira le premier. Je raccompagne Yves jusque devant chez lui, ne mettant pas garé très loin. Nous parlons de l'amour une dernière fois, de celles qu'on aiment. Le tout, c'est de ne jamais se coucher fâchés. C'est ce que m'ont toujours dit mes parents. Yves retient le conseil. Il est content de retrouver Patrice-Flora. Je ne l'ai jamais rencontrée et pourtant, j'ai déjà l'impression de la connaître.

Nous nous embrassons comme deux frères.

Quelque chose passe. De l'humanité.

Il est 17h30. Nous avons existé quatre heures ensemble, proches. Je me demande combien cela fait de picosecondes...

 

Luc-Michel Fouassier

 

Qu'ajouter de plus?

Rien.

Voici son dernier clip en date.

Irène, Irène.

 

 

 

Commentaires

La vie ne vaut que pour les belles rencontres...
:)

Écrit par : Christina | 22 février 2009

Très touchant.

Écrit par : E | 22 février 2009

Et pourquoi une fois de plus je n'étais pas invité? Hein? Hein?
:-)
Cela fait plaisir en tous les cas de te voir ému à ce point de votre rencontre.

Who's the next?
Si jamais c'était Dido, Kate Winslet ou Cate Blanchett (Julianne Moore ou Liv Tyler par défaut...mais vraiment par défaut), surtout n'hésite pas à me réserver une petite place à table. Ok?
Bon, sur ces imbécillités, je retourne travailler...

Écrit par : Jean Hartleyb | 23 février 2009

@Jean Hartleyb: Je rappelle que je ne suis pas l'auteur du texte... c'est mon comparse Luc-Michel Fouassier qui a écrit ces belles choses... Je n'ai écrit que l'introduction. Mais, quand même, cette rencontre là m'a remuer pas mal de choses.
Ça va toi, sinon?

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 23 février 2009

J'avais compris que tu n'en étais pas l'auteur banane (je m'emballe!!!), je me fiais aux échanges de regards sur les photos!
Si tu me le permets, je répondrai à ta question par mail.
J'espère qu'on pourra se voir un de ces jours et manger un bout ensemble.
J'ai pu constater en effet que je n'ai pas tout à fait la même faculté que Yves Simon de te couper l'appétit...
;-)

Écrit par : Jean Hartleyb | 23 février 2009

@Jean Hartleyb: Et évidemment, j'écris "m'a remuer pas mal de choses". J'ai le syndrome "Omar m'a tuer"...
Tsss...
Sinon, oui, c'est vrai le regard n'est pas du tout trompeur. J'attends de tes nouvelles.
(Banane toi même!)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 23 février 2009

un pur moment de nostalgie pour ma part ....

Écrit par : Céphée | 23 février 2009

... pas le temps de lire tout de suite tout le billet (travail oblige ...), mais à l'heure du déjeuner, je réparerai l'outrage ! En attendant, merci à toi de me permettre de ramener à ma conscience mon attachement émotionnel à Yves Simon ... bien sûr ses chansons, bien sûr "Qu'est-ce que sera demain", paroles magnifiques à entendre à l'adolescence, poésie et foi en un avenir mêlées, ce qui n'est pas si fréquent ... Mais surtout, surtout, pour moi, Yves Simon, ce sont les livres, découverts enfant et ado, et qui m'ont marquée au fer rouge. Quelques uns en particulier : L'homme arc-en-ciel, Transit-Express (bien sûr), Océans (un monument de ma constuction d'adulte), et La dérive des sentiments. Après j'ai lâché prise, mais j'ai envie de m'y replonger. Merci pour cela ... vraiment ! Je l'ai si souvent croisé, boulevard St-Germain, éternel ado ... entre 20 t 50 ans, ce type-là n'a pas changé de silhouette ... je le voyais chaque semaine, de dos on lui aurait donné 20 ans ...

Écrit par : Manue | 24 février 2009

A LIRE

Écrit par : TCHARTILOGLOU | 23 décembre 2009

A LIRE

Écrit par : TCHARTILOGLOU | 23 décembre 2009

s'il savait à quel point je l'aime, à quel point il est important dans ma vie... (je suis sûre qu'il partirait en courant ! ;-)

Écrit par : ap | 23 octobre 2010

Je viens de réécouter Yves Simon... Beaucoup d'émotions, et des frissons aussi sur "Diabolo Menthe" ou "Qu’est-ce que sera demain ?" qui m'évoquent tant de souvenirs de ma jeunesse ! Et je me rend compte qu'Yves Simon est vraiment un grand artiste ! Merci pour votre témoignage et la vidéo !!

Écrit par : Erwan | 15 août 2012

Belle découverte, votre blog.
Je ne regarderai plus jamais CD'Aujourd'hui sans penser à vous.

Moi aussi, j'aime beaucoup Yves Simon... J'espère qu'il va bien et qu'il nous prépare un prochain album ou un livre.

Écrit par : eMmA | 30 août 2012

Nous partageons la même admiration et le même attachement à Yves Simon, je l'ai croisé souvent mais ne l'ai jamais abordé. Passionnée, voire assoiffée, de rencontres, j'aimerais ajouter celle-là à mon parcours... Heureuse qu'elle ait été si belle pour vous...

Écrit par : Véro Compère | 16 juillet 2013

Les commentaires sont fermés.