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30 janvier 2009

Spécial Costa-Gavras!

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Le 8 janvier dernier, j'ai passé une heure chez Costa-Gavras, dans le but d'enregistrer une série de magazines sur sa vie, son oeuvre.

77Fm étant la radio partenaire du Festi-ciné-Meaux (qui commencent d'ailleurs cet après-midi), nous avons organisé une semaine spéciale Costa-Gavras...

Mes magazines sont écoutables ici.

(Celui de jeudi comprend des interviews de Jorge Semprun, de Mehdi Charef et de Julie Gavras.)

(Si vous aimez le cinéma engagé et politique, c'est pour vous!)

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Ces deux photos chez le réalsiateur ont été prises par bibi!
(Je sais, ça se voit!)
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Des explications sur cette opération, dans un article sortie avant-hier dans un journal local:

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Pour clore ce premier chapitre sur Costa-Gavras, voici la bande-annonce de son nouveau film, Eden à l'Ouest.


Et trois extraits...




EDIT le mardi 3 février...
Je suis allé à l'inauguration de ce festival vendredi soir.
Costa-Gavras et Jorge Semprun ont été reçu par le maire de Meaux Jean-François Copé...
Ce dernier a remis la médaille de la ville à Costa-Gavras.
J'ai fait quelques photos.
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28 janvier 2009

Régine Deforges et Luc-Michel Fouassier!

 

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L’idée de base était simple.

Réunir un auteur confirmé et un auteur « débutant » autour d’une même table et discuter de l’actualité de l’un et de l’autre.

Tous les mois deux nouveaux invités.

Un peu casse-gueule le concept.

Surtout dans le centre commercial le plus grand d’Europe. A priori (j’en ai des tonnes, des aprioris ), les gens viennent plus pour baguenauder ou pour faire des emplettes que pour s’installer une trentaine de minutes à écouter 3 personnes deviser sur la littérature et son petit monde germanopratin de la fin des années 60 à nos jours.

C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé samedi dernier au Forum des rencontres de la FNAC Val d’Europe.

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Pour cette première, Régine Deforges a « adoubé » Luc-Michel Fouassier.

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La première est venue présenter son dernier ouvrage A Paris au printemps, ça sent la merde et le lilas (éditions Fayard).

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Dans ce livre, elle promène sur l’année 1968 un regard amusé, certes ironique, mais honnête toujours. C’est à cette époque que Régine Deforges est devenue « la scandaleuse », « la polissonne », « la papesse de l’érotisme ». Il faut dire qu’elle a été la première femme éditrice en France… et que son premier livre publié était Le con d’Irène de Louis Aragon. Elle ne compte plus les fois où elle a été condamnée pour, notamment, « outrage aux bonnes mœurs par la voie du livre »… Bref, on peut dire ce qu’on veut d’elle, mais, personnellement, j’ai toujours trouvé que cette femme-là avait des couilles !

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Au côté de Régine Deforges, un nouvel auteur, Luc-Michel Fouassier, né précisément en ce fameux mois de mai 68. Il publie son premier ouvrage, Histoires Jivaro, 100 nouvelles de 100 mots (éditions Quadrature).

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J’ai déjà mandorisé cet auteur, car j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet opuscule. Il est aussi le directeur du Salon du Livre d’Ozoir-la-Ferrière. Luc-Michel Fouassier essuie les plâtres de ces rencontres littéraires originales, car il n’est pas loin d’être celui qui nous en a donné l’idée.

(Et comment j’ai jubilé à l’idée d’être celui qui allait animer « la chose »…)

(Et comment, je compose moi-même les plateaux, en suggérant habilement le nom de certains auteurs qui me tiennent à cœur…)

(J’ai les noms des deux prochains auteurs confirmés, mais je ne dis rien pour le moment.)

(Hors de question que je vous livre ne serait-ce qu’une once d’indice… mais, quand même lui et elle évoquent dans leurs livres respectifs des pages de l’histoire qui me passionnent.)

EDIT LE 1er février 2009:

Voici en ligne l’intégralité audio de l’interview.

A écouter parce que La Deforges, elle ne mâche pas ses mots !

Boudiou!

25 janvier 2009

Un point de vue sur le journalisme radio...

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Il y a quelques jours, j'ai répondu à un long (très) questionnaire d’une jeune étudiante en 3e année de licence information et communication à Paris.

Il s’agissait de parler du métier de journaliste radio…

Aujourd’hui, j’ai décidé d’en publier des extraits ici, agrémentés de photos contextuelles. Cette note est comme un cv sommaire traversant ma vie professionnelle de 1995 à nos jours…

 

- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 41 ans, j’ai commencé la radio à l’âge de 17 ans. Pendant longtemps, j’ai été animateur, puis je suis devenu journaliste radio, télé et presse écrite. Je suis spécialisé dans le journalisme culturel.

Actuellement, je suis journaliste/animateur dans une radio basée à Meaux, 77FM, mais je suis aussi responsable des pages “Musique” de deux “consumers”, celui des magasins Virgin (VIRGIN!) et celui des espaces culturels Leclerc (Culturissimo).

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J'ai commencé ma "carrière" officielle de journaliste culturel à RMC en 1995.
J'étais monsieur Chanson Française dans l'émission de Murielle Hess, "L'art du temps".
 

 - Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir journaliste?

C’est venu très tôt, comme une évidence. Je considérais que ce métier allait m’apporter beaucoup. Personnellement et intellectuellement. Ce métier était au cœur de tout ce que j’aimais : lire, écrire, m’informer, informer, partager les mots… Je ne suis jamais revenu de cette illumination, et j’ai embrassé avec passion ce métier. J’aime les gens et le terrain, je suis curieux et j’ai une certaine aptitude à l’écriture. Devenir journaliste, pour moi est synonyme d’un métier rempli de contrastes et de diversité.

 

- Comment définiriez-vous le métier de journaliste radio?

C’est un métier qui permet d’informer les gens de manière claire, concise et ludique. Il faut savoir vulgariser les informations reçues. Le journaliste radio propose à ses auditeurs une information rapide et les contraintes du direct exigent une bonne connaissance des outils techniques et informatiques. Comme ses confrères, il doit veiller à ne pas déformer les propos ou les informations qu'il transmet. Il ne donne pas son point de vue à moins de faire un papier d'opinion.

 

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A Radio Limousin Service (Limoges). Je présentais les flashs et m'occupais de tout ce qui était lié à la culture...
Ici avec Philippe Madelin, excellent confrère, journaliste d'investigation.
 

- Quelle est votre formation?

Je ne suis pas un bon exemple. Je n’ai suivi aucune formation. Je suis ce qu’on appelle un autodidacte. J’ai appris sur le terrain et en écoutant beaucoup et longtemps les professionnels de la radio.

 

- Depuis combien de temps exercez-vous le métier de journaliste radio?

10 ans. Mais, j’ai commencé la radio en 1982… en tant qu’animateur.

 

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A Chérie FM Limoges, en 1996... chronique culturelle. La chronique est un des aspects du journalisme radio les plus difficiles. Intéresser, amuser, vulgariser tout en restant ludique dans un temps très court.

 

- Pourquoi avez-vous choisi ce média ?

Parce qu’on peut tout faire passer avec la voix et j’aime transmettre. C’est un métier exigeant où l’on n’a pas le droit à l’erreur.

 

- Avez-vous réalisé des documentaires pour la radio ? Si oui pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

J’en ai réalisé un nombre incalculable en plus de 25 ans de métier. La démarche principale est d’expliquer le plus simplement possible, mais de manière rigoureusement exacte, le sujet évoqué.

 

- Quel est le niveau d’étude généralement requis pour entamer une carrière de journaliste à la radio ?

Le métier de journaliste requiert une large culture générale. Il existe 12 écoles reconnues par la Convention collective des journalistes. Dans la majorité de ces écoles, il faut compter cinq années d’études après le bac. Le recrutement à l’entrée de ces écoles nécessite au minimum un diplôme de niveau bac + 3, la formation de journaliste dure deux ans. Encore une fois, je suis un mauvais exemple, puisque je n’ai pas reçu de formation.

 

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Radio Notre Dame en 97... j'animais la tranche 17h-20h.
C'était un mélange d'infos, d'invités, de lancement de sujets.
Période de ma vie passionnante. J'y ai aussi fait mes premières armes de journaliste littéraire.
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Lors des Journées Mondiales de la Jeunesse en Août 97. Pour RND, j'étais aussi pas mal sur le terrain.

 

- Quelles sont les qualités requises pour ce travail ?

Pour devenir un bon journaliste, il faut avoir une bonne culture générale, mais il faut aussi des qualités d'expression écrite et orale, un esprit créatif, une curiosité toujours en éveil, un esprit d'analyse et de synthèse et une certaine originalité. Il faut aussi être très dynamique. Il faut aussi une forte capacité de travail, de la curiosité, de la ténacité et une honnêteté intellectuelle.

 

- Y a-t-il beaucoup de débouchés dans cette profession ?

Les débouchés sont assez limités dans ce métier qui fascine beaucoup de jeunes. En intégrant une école de journalisme, on a plus de chance de trouver du travail. Mais ces écoles sont très sélectives. Les débouchés se situent surtout à des niveaux bac +4/+5.

 

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Je suis passé par toutes les radios française du groupe RTL.
Parfois, je me suis retrouvé à présenter des flashs dans des endroits improbables...
Ici à  Fun Radio en janvier 2002.
Un vieux dans une radio djeuns. Ca ne collait pas des masses!
 

- Comment est organisé le travail au sein de votre rédaction ?

Chacun fait son travail. La rédaction d'une radio se compose en général d'une majorité de reporters, professionnels de terrain souvent polyvalents et de journalistes « en station » dits flash-men qui font régulièrement le point sur l'actualité. Le reporter mène enquêtes et interviews sur le terrain. L’organisation est décidée en conférence de presse, le matin.

 

- Quelles sont les caractéristiques de l’écriture radio ?

L'improvisation a peu de place dans les émissions informatives. Les textes sont rédigés et lus en " style parlé ". Il ne s'agit cependant pas, forcément, d'écrire comme on parle. Il s'agit surtout de se faire comprendre facilement et en peu de mots. L'écriture radio doit être la plus simple possible. On s'adresse au plus grand nombre, et non à des spécialistes ou à une corporation particulière. Les quatre caractéristiques sont donc : accrocher l'auditeur, aller directement à l'information principale, aller du plus précis au plus large et écrire "simple".

 

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4 ans d'RTL2. Que de bons souvenirs!
J'étais flashman.
Ici en mars 2004 à l'intérieur.
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Là, à l'extérieur lors du Tour de France à la Voile que j'ai couvert pour RTL2 en 2004.
 
 

 

- Qu’est-ce qui permet au journaliste radio de faire la différence avec ses confrères des autres médias dans le traitement de l’information ?

Quel que soit le média, les aspirations des journalistes sont les mêmes : informer le mieux possible, avec des informations les plus justes et sous la forme la plus agréable. Reste que, sur un plan technique, les journalistes de presse écrite, de radio et de télévision travaillent très différemment. Les outils, la façon d'écrire et les contraintes ne sont pas les mêmes. Un très bon journaliste de radio peut se révéler un piètre journaliste de presse écrite ou de télévision... et inversement.

 

- Quelle est la part d’initiative dans le métier de journaliste radio ?

La liberté d'un journaliste tient avant tout à sa hiérarchie, et plus encore... éventuellement, aux actionnaires qui possèdent son média. Certains patrons laissent une entière liberté à leurs journalistes, d'autres sont plus interventionnistes. Cela n'a rien à voir avec le média, télévision, radio ou presse écrite. La part d’initiative est la même dans ces 3 cas.

 

- Un journaliste radio peut-il prétendre à une parfaite objectivité ?

La nécessité d’objectivité est primordiale, mais elle est très subjective. La neutralité des faits exposés est essentielle. On ne peut pas prendre la liberté de raconter ce que l’on s’imagine des sentiments de l’interviewé. Aussi, l’interprétation du journaliste doit-elle se rapprocher le plus possible de la réalité, rendre compte d’un vécu, d’un drame, d’une expérience. On peut se tromper dans son objectivité, mais l’essentiel est d’être le plus sincère et rigoureux possible.

 

- À quelles exigences le journaliste radio doit-il se plier pour informer sans

déformer?

Ça rejoint beaucoup la question précédente. Je me contente de dire, qu’il faut informer sans sur informer.

 

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Aujourd'hui, je suis animateur/journaliste sur 77FM à Meaux.
J'anime les tranches Midi-13h et 16h-20h.
Ca m'occupe pas mal.
En plus de ces créneaux "fixes", je conçois et présente pas mal de magazines et de flash infos sur l'actualité locale (souvent cuturel, bien sûr!)
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Avec 77FM, nous sortons aussi beaucoup dans des endroits stratégiques.
Selon où l'actualité nous mène...
 
 

- Comment devrait évoluer la fonction de journaliste dans la perspective multimédia ?

Il va juste falloir savoir utiliser les outils mis à notre disposition aujourd’hui. Depuis que le journalisme existe, les évolutions n’ont rien changé en la façon de travailler, d’enquêter, d’écrire un papier, de parler devant un micro. Les valeurs du journalisme devraient rester les mêmes. J’espère, en tout cas.

 

- Comment voyez-vous l’avenir de la radio ?

J’entends dire partout que le média radio va disparaître si elle ne devient pas numérique. Elle va le devenir, sans nul doute. Personne ne pourra se passer de la radio. Depuis toujours, la radio a été un média d'instantanéité et de proximité. On l'écoute en temps réel et dans un territoire donné. La radio est d'ailleurs le seul média où l'auditeur a l'impression d'être partie prenante d'une conversation avec l'animateur et ses invités. La radio a donc encore une longue vie devant elle.

 

- Comment voyez-vous votre avenir au sein de la radio ?

Je le vois durer longtemps, même si depuis le début de ma carrière, je ne suis jamais sûr qu’il durera longtemps. La notion de carrière toute tracée est quasiment inconnue du vocabulaire du journaliste : Il faut savoir se remettre en question pour rebondir.

 

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Et parfois, il est bon d'être un journaliste radio... pour de faux!
Ici à R2I avec une collègue.
Jouer son propre rôle dans une comédie populaire, c'est un luxe que j'ai apprécié à sa juste valeur.
(Non, vous ne vous en étiez pas rendu compte!!!)
Amusant, en tout cas, comme le destin est parfois taquin...
 

22 janvier 2009

Philippe Labro... la comédie humaine d'aujourd'hui!

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Romancier, journaliste, cinéaste, parolier, actuel vice-président de la chaîne Direct 8… Depuis toujours, malgré toutes ses activités, Philippe Labro trouve le temps d’écrire des romans. Son 19e livre, Les Gens, est une fresque pleine de regards et d’humour sur notre époque.
Il m’a reçu le 16 décembre dernier.
Il y a plus d’un mois.
Philippe Labro m’a demandé l’embargo jusqu’à mi-janvier. J’ai accepté.
Les gens sort le 29 janvier.

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Nous avons parlé également de sa condition d'écrivain et de son point de vue sur les blogs...

Mandor : Longtemps on vous a reproché de parler trop de vous, d’écrire des livres très autobiographiques. Ce n’est pas du tout le cas dans celui-ci…

Philippe Labro : Un écrivain ne doit pas se répéter de livres en livres. J’ai bouclé un cycle de romans autobiographiques, même s’ils étaient « de fiction ». J’y parlais, en effet, de ma jeunesse, de mon métier, de l’Amérique, de ma maladie… c’est fini tout ça. C’est derrière moi. J’ai écrit cette fois-ci une véritable comédie humaine. Les gens se déroulent aujourd’hui à Paris et aux États-Unis. Il y a des univers qui au départ sont parallèles et qui finissent par se croiser. J’ai voulu changer définitivement et radicalement de mon style habituel… Je veux qu’on admette que je suis simplement un romancier et non un type qui se contente de raconter sa vie.

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Mandor : C’est un livre sur le manque d’amour, la solitude avec, en arrière-fond, la société du spectacle.

Philippe Labro : Je me suis beaucoup servi de mes carnets de notes. Je prends constamment des notes depuis l’âge de 15 ans. J’inscris des phrases, des citations, des blagues, des expressions... Le personnage principal du livre, c’est une jeune femme, Maria, une étonnante orpheline polono-américaine, dont la traversée, la saga, l’itinéraire forment la colonne vertébrale du récit. À travers elle et les autres personnages principaux, Caroline, une jeune « working girl » française d’aujourd’hui, Marcus Marcus un producteur de télé, j’ai voulu portraiturer l’univers dans lequel on vit, le monde de l’apparence et la recherche permanente de la reconnaissance. Mes personnages sont cependant tendres, émouvants, pathétiques. Ils sont juste en manque d’amour.

Mandor : En lisant votre livre, j’ai pensé à une chanson de Souchon qui évoque la solitude dans la multitude…

Philippe Labro : Vous avez parfaitement raison. Certains de mes personnages connaissent le succès, la notoriété, mais sont seuls. Ils ont tous vécu une rupture. Ils tentent avec difficulté de se diriger vers la recherche de l’amour, d’un compagnon, d’un complice, d’un ami ou d’un collaborateur. J’ai voulu que ce livre soit construit comme un film. Au début, on voit des séquences parallèles qui nous incitent à nous demander où vont tous ces gens-là. A un moment, on va s’apercevoir qu’il y a quelque chose qui va les réunir.

Mandor
: Dans ces trois destins, finalement, chaque lecteur peut s’y retrouver.

Philippe Labro
: Quand j’ai écrit ce roman, j’ai essayé de faire en sorte que tout le monde soit intéressé par mes protagonistes et leur histoire. Mon obsession est de tenir le lecteur par l’épaule, qu’il veuille tourner les pages et qu’il se demande sans cesse ce qu’il va se passer.

Mandor : Vos personnages sont loin d’être mièvres et faibles. Limite extrême.

Philippe Labro : Je n’ai pas voulu raconter la vie de gens banals et classiques. Moi, par exemple, j’aime Maria. Elle a une espèce de don médiumnique qui fait qu’à l’âge de 17 ans elle juge mieux que vous et moi les êtres humains. Elle voit la vérité. Elle est tellement belle qu’elle a vite compris qu’il fallait qu’elle dissimule sa beauté, sinon elle rendait toutes les autres femmes jalouses et tous les hommes amoureux d’elle. Ce genre de femme parfaite, évidemment, est très rare. C’est aussi ça écrire un roman. Donner aux lecteurs le sens de l’évasion et du rêve en rencontrant des personnages qui n’existent pas. Caroline, elle, est une fille honnête, qui croit en certaines vertus et valeurs, qui a beaucoup de mal à accepter l’idée qu’on parle de sexe comme on parle des voitures. À cause de cela et surtout parce qu’elle s’est fait plaquer sinistrement, elle a du mal à tomber amoureuse d’un homme ou à tomber dans les bras d’un homme alors que la plupart de ses contemporaines font l’amour comme on prend le thé, le matin au petit déjeuner. Quant à Marcus Marcus, le producteur de télévision, bien sûr, il a l’air d’un méchant, mais en fait, il est pathétique, il est malheureux, il se cherche. Il ne s’aime pas, il sait qu’il n’est pas aimé, alors il essaie de se réfugier dans la célébrité et la gloire… Je souhaite que quand les lecteurs lisent les gens, ils les voient.

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Mandor : Malgré leur force apparente, vos héros sont faillibles en bien des points.

Philippe Labro : Ils sont comme vous et moi. Ils sont capables de rompre, de trahir, de tromper… je les ai faits malléables aussi, parce que les événements transforment les gens. La phrase centrale de mon livre est une phrase de Balzac que j’ai mis en exergue au début : « Rien dans ce monde n’est d’un seul bloc, tout est mosaïque ». Ma vision de la vie, c’est ça… une mosaïque.

Mandor : Vous critiquez beaucoup le monde de la télévision et des médias en général.

Philippe Labro : Je me suis permis de jeter un regard lucide et d’ailleurs auto critique parce que j’appartiens à ce monde, pour le démystifier un peu. Il n’est pas le sujet central du livre, loin de là, mais je continue à le traverser. Je me juge donc, moi-même. Je suis parfois aussi victime d’erreurs et de comportements. Comme la pub, le cinéma, la mode, le journalisme, ce sont des univers où il y a des créatifs. Les héros de mon roman sont donc des âmes sensibles, fragiles, mais ce sont aussi des gens porteurs de grandes ambitions et de beaucoup de vanités et d’orgueil. Ce sont des personnages intéressants qui ne sont pas dans la norme.

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Mandor : Vous portez ce livre depuis longtemps ?

Philippe Labro
: J’avais très envie de créer un vrai courant dans lequel on voit plusieurs bateaux sur les mêmes rivières qui s’en vont on ne sait où… J’avais envie d’un peu d’ambition dans ma vision du monde.

Mandor
: Y a-t-il une morale dans votre livre ?

Philippe Labro
: J’explique que dans la vie, à un moment donné, il faut se trouver sa ligne de conduite et essayer de s’y tenir. Je dis aussi que nous vivons dans un mode chaotique, pour lequel désormais, il y a très peu de repères, de phares, de points fixes et qu’il vaut mieux le trouver en soi ou dans l’amour des autres. Pour trouver de l’amour, il faut en donner. Si vous n’en donnez pas, vous êtes foutu.

Mandor : Écrivez-vous dans la douleur ou dans la joie ?

Philippe Labro : Pour moi, ce n’est jamais douloureux d’écrire. C’est difficile, mais pas douloureux. Je pense qu’on ne peut pas identifier comme une douleur ce qui est une chance. C’est une chance de pouvoir écrire, de savoir écrire et d’aimer écrire.

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Mandor : Vous avez des doutes quand vous écrivez ?

Philippe Labro: La vérité c’est que je suis marié depuis 35 ans avec une femme géniale, intelligente, fine, qui m’aime et qui a un très bon jugement dans la lecture. De temps en temps, en cours d’écriture, je lui parle du roman. Je ne lui montre rien quand j’écris, je lui montre quand c’est fini. Si on commence à montrer ce qu’on écrit pendant la phase d’écriture, là, on tombe dans d’interminables discussions qui ne font que renforcer vos doutes. À un moment donné, il faut accepter ses propres doutes et ne pas s’occuper de celui des autres sinon, on est foutu. Françoise lit une fois que le manuscrit est fini, que je l’ai bien nettoyé, peigné et là, les réflexions qu’elle me fait sont primordiales. Elle a un regard vierge et le regard vierge de ceux qui vous entourent et qui vous aiment est capital, parce qu’ils voient tout de suite ce qui ne va pas. C’est mon 19e livre et j’ai compris que le jugement des autres à une valeur.

Mandor : Vous êtes dans quel état d’esprit avant de sortir un livre ? Un peu d’appréhension, de trac ?

Philippe Labro
: Le trac non, je suis devenu un « routier », comme on dit. Je suis dans la non-quiétude et l’interrogation. Mais, c’est un peu comme quand on lance un bateau sur la mer, il y a un moment donné où il navigue. Mais, vous n’êtes pas maître des vents, ni des marées, ni des courants, ni du temps. Le livre est écrit, ça va sortir, bon… adieu vat ! Je suis fataliste désormais et je suis beaucoup moins préoccupé par la réaction des professionnels et des critiques, je me préoccupe surtout de savoir si les lecteurs de mes livres précédents vont adhérés à celui-ci. Ça, c’est ma vraie question.

Mandor : Le rôle de l’interviewer interviewé, vous l’aimez bien ?

Philippe Labro : Votre question est très judicieuse parce que, justement, en rencontrant des journalistes qui vous interrogent sur votre livre, vous découvrez vous même ce que pensent les autres et surtout des points de vue que je n’avais pas imaginés moi même. Je ne cache pas que j’éprouve un certain plaisir à rencontrer des confrères qui m’interrogent après que j’ai moi-même interrogé beaucoup de gens. Ca m’intéresse de vous rencontrer parce que, ça me rend très humble. Vous vous rendez compte que vous n’êtes pas le seul. La veille, vous avez vu quelqu’un d’autre qui a fait des choses formidables… il faut situer les choses, j’ai fait un livre, basta ! Ce n’est pas non plus, la fin du monde…

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Mandor : Vous allez consacrer beaucoup de temps à la promotion de ce livre. C’est un exercice qui vous intéresse et que vous aimez ?

Philippe Labro : Il faut être honnête avec soi-même. Un écrivain est un peu narcissique. Ce n’est pas qu’il s’aime, mais il s’écoute, il se regarde beaucoup. D’ailleurs, si il ne se regardait pas, il ne pourrait pas écrire parce qu’on va chercher en soi ce qu’on met souvent, dans les autres personnages. Ce n’est pas épuisant, vous savez. Je me refuse à jouer au type blasé, lassé, qui accepte parce qu’il faut bien remplir la formalité de l’interview… non, il faut admettre et aimer dialoguer.

Mandor
: Vous vous moquez un peu des blogs dans Les gens.

Philippe Labro : Il y a blog et blog. Il y a des bons et des mauvais sites. Je ne critique pas, c’est une forme moderne de communication que l’on ne peut pas refuser. Moi, je n’ai jamais pris le temps de faire un blog parce que je pense que ça occupe beaucoup. J’en parlais récemment à un de mes copains, Pierre Assouline, qui a un très beau et bon blog littéraire. Il me disait que ça lui prenait 5 heures par jour. Moi, je ne peux pas. Peut-être changerais-je d’idée un jour…

Pas de petit cours à l'usage des futurs journalistes...

... contrairement à cette note récemment publiée dans laquelle j'avais commenté un article du Parisien (édition Seine-et-Marne) me concernant.

Hier est paru dans l'hebdomadaire La Marne (n°3292) un article sur le même sujet.

Ma participation au film Envoyés très spéciaux.

(D'ailleurs, je le dis au passage, ceci sera ma dernière note sur cette comédie sortie hier...).

(J'ai parfaitement conscience d'avoir été redondant dans cette affaire là!)

(Que voulez-vous, je reste un indécrottable enthousiaste et possède un ego surdimensionné.)

(Je sais, avoir le culte de la personnalité chez les blogueurs, c'est un truc tout à fait rare...)

Bref, je voulais décrypter l'article ici. Mais, en la lisant, j'ai été très déçu de ne rien y trouver à redire.

Toutes les informations données ont été prises en compte.

Très honorablement synthétisées...

Bon, le (ou la) journaliste a poussé le vice jusqu'à mettre au conditionnel l'une d'elles: "Ce dernier (moi, donc) aurait notamment aidé Gérard Lanvin à travailler ses scènes d'homme de radio."

Un (ou une) bon(ne) journaliste doit TOUJOURS vérifier l'info. Il (ou elle) n'a certainement pas eu le temps de joindre Gérard Lanvin pour demander confirmation...

Bref, voici la bête:

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77FM, en effet consacre sa semaine au film.

 

21 janvier 2009

La Bestiole... ce soir en concert!

Redif' d'une note qui date de décembre 2007 (mais quand même largement réactualisée...)

(Je ne suis pas une feignasse!)

(Quand même...)

Et puis, La Bestiole, elle a sacrément bougée depuis...

 

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Voilà, on est sollicité pour animer une soirée rock en Seine-et-Marne (souvenez-vous), on fait son boulot, on papote avec les uns et les autres (artistes, directeur de salle, organisateurs de l’évènement, public…) et on finit par avoir un coup de cœur.

Musical et humain.

Pendant le concert, je regarde les groupes sur scène et un retient particulièrement mon attention.

La Bestiole.

Quand le rock pur et dur rencontre la chanson française.

Un duo qui dégage une énergie folle.

Assis à ma table d’intervieweur, je suis hypnotisé par leur prestation.

3 titres, puis ils descendent me rejoindre pour discuter avec l’animateur Mandor.

(C’était un peu le principe de la soirée…)

-Vous êtes deux, on dirait Les Tambours du Bronx.

(Ce qui n’est pas ce que j’ai réellement dit puisqu’ils ne jouent pas la même musique, mais, je trouve que pour expliquer qu’ils occupent le terrain scénique de manière stupéfiante, c’est une image qui assez parlante. Non ? Ah bon !)

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Le feeling passe immédiatement. On se revoit (au bar) à l’issue de spectacle et j’annonce à la manageuse du duo (Vanessa) que je compte les revoir pour les mandoriser.

 

Ce qui fut fait.

Une présentation s’impose :

Delphine Labey : Chant, percussions, textes, compositions et arrangements.

Olivier Azzano : Guitares, chants, compositions et arrangements

Stéphanie Labbe : Direction artistique.

Oui, ils ont une directrice artistique.

(Précisons aussi que Delphine et Stéphanie sont aussi comédiennes, mais comme ça n’a rien à voir avec La Bestiole , je n’en parlerai pas…)

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Ils me donnent rendez-vous chez la chanteuse.

Mazette! Un appartement situé à côté du Parc Monceau.

Accueil généreux et sympathique.

Les trois membres du groupe sont là. Bonne ambiance, chaleureuse conversation en off.

Puis en on.

Sanyo TRC-960c, à toi de jouer !

Nous parlons de leur rencontre.

Tout a débuté en 2002.

Delphine m’explique :

-Avant de travailler ensemble, j’avais un projet de chansons latino Jazz. Quand j’ai vu Olivier lors d’un concert, un soir, je me suis dit que l’instinct de ce musicien me plaisait. Nous nous sommes très vite entendus et nous avons travaillé ensemble. Notamment sur mon album solo intitulé Labay. Olivier sait faire sortir beaucoup de choses que j’ai au fond de moi. Si j’ai une tradition chanson française, je ressentais souvent le besoin de sortir mes griffes.

Olivier d’ajouter :

-Tous les deux, dans notre travail, nous sommes dans la réalité, dans la justesse. Nous ne voulons pas être dans la mouvance. Musicalement, nous sortons ce qu’il y a au fond de nous. Delphine et moi nous ressemblons beaucoup intérieurement malgré nos parcours différents, c’est pour ça que ça fonctionne. Elle, c’est Brel et Ferré, moi, les Pixies et les Sex Pistols.

Je trouve que cela résume parfaitement leur univers. Du rock, blues, folk dynamique avec des paroles qui ont du sens.

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La société de consommation, le narcissisme, le travail de mémoire, l’amour (charnel parfois, très même…) et quelques chansons plus légères…

Joli croisement.

Et la voix de Delphine, je l’aime beaucoup. J’y suis très sensible. Je lui dis, elle est gênée.

Recevoir un compliment n’est pas toujours chose aisée.

Constatation évidente… le duo est cohérent.

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Stéphanie Labbe est une des raisons majeures de cet équilibre.

Maillon essentielle de la chaîne pour que tout tourne rond.

-Mon rôle de directrice artistique est de canaliser ces deux personnalités. Je tente de gommer les scories, les fioritures et recentrer tout ça. Je fais aussi un travail de directrice d’acteurs. Le comportement scénique devient primordial.

Je m’aperçois que Delphine et Olivier lui font une confiance absolue.

On sent de l’amitié dans ce trio.

Et une ouverture d’esprit non négligeable.

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Rock'n'roll attitude... Olivier étranglé par Delphine. On y croit. C'est criant de vérité!

Ils viennent de finir le mixage de leur premier disque contenant, à priori, 14 titres. Auto produit, puis ils vont démarcher les maisons de disques.

Car, comme le dit Delphine :

-Pour tourner, ça ne suffit plus d’être des artistes de scène, il faut avoir une actualité discographique. C’est comme ça…

C’est effectivement con, mais, c’est comme ça.

On reste un peu ensemble après l'interview...

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Pas rock'n'roll attitude! (Et Stéphanie qui ne veut pas se montrer. Rester la femme de l'ombre...)

Marrant, pas envie de partir.

Mais route à faire.

On the road again...

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A voir et écouter sur leur site officiel.

Sur leur MySpace.

 

EDIT aujourd'hui:

Ce soir… sur scène.

Au Zébre de Belleville.

(Demain aussi).

Leur premier album officiel sort le 31 janvier.