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23 octobre 2008

Abd Al Malik: "ça, vraiment... c'est du lourd!"

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l_e5d8d24f2a8942c8b029f67e1032d0a0.jpgDante, le nouvel album d’Abd Al Malik sort le 3 novembre prochain. Il fera date. Le rappeur/poète/philosophe parvient à se renouveler tout en faisant plus fort que son déjà légendaire premier disque Gibraltar. Abd Al Malik dissèque la France sous toutes les coutures et toutes les cultures avec l’aide du pianiste arrangeur de Jacques Brel, Gérard Jouannest et du réalisateur de Serge Gainsbourg, Alain Goraguer. Un album choc, révolutionnaire et brillant.

Je l’ai donc rencontré hier matin. C’est la 4eme fois que je l’interviewe. On ne peut pas dire que l’on se connaît vraiment, juste, on aime bien parler ensemble. Il m’accueille invariablement en précisant aux attachées de presses présentes que je suis le premier journaliste à l’avoir interviewé pour Gibraltar.
Mon fait d’arme ? Mon titre de gloire ?
Je ne sais pas.
Mais j’ai senti que cet artiste était à part.
Il m’avait remué, pour être franc.
C’était au Mac Do de l’Aquaboulevard.
Drôle d’endroit pour une rencontre…

Ici, ma précédente note sur Abd AL Malik.

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Je précise que j’apprécie l’humanité et le talent du monsieur.
Mais je précise aussi que parfois, il m’exaspère.
Trop de name dropping, trop de discours moralisateurs… mais au final, il m’impressionne. Et on ne peut que reconnaître qu’Abd Al Malik fait avancer les choses.
Qu’il est doué.
Et que cet album est énorme.
Je vous le dis. Vous allez entendre parler de ce disque pendant de nombreuses années. Il va devenir un classique. Déjà que Gibraltar… mais alors Dante
(Je ne finis pas ma phrase. Il faut comprendre qu’il enfonce le clou. Spirituellement, musicalement et éthiquement.).

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l_1211e216618342be85cf3a7d053de2dd.jpgMandor : Un duo avec Juliette Gréco, un hommage à Nougaro, un Serge Reggiani samplé, les fantômes de Deleuze, Sartre, Camus, Malraux et Césaire, un conte en alsacien, la plume de sa femme Wallen… votre album est un album d’influences, de références et de passions.

Abd Al Malik : Nous avons un patrimoine qui est merveilleux et pour moi, ce patrimoine ne doit pas rester dans un musée. Devant ses monstres sacrés, l’idée n’est pas de dire qu’on va les égaler, mais qu’il faut être à la hauteur de l’impulsion qu’ils ont donné, tout en faisant son propre bonhomme de chemin. Autour de tous ses fantômes, je tente de trouver ma singularité. Je me nourris de ce patrimoine et j’amène ma touche en restant dans la modernité.

Mandor : Vous souhaitez élever le rap français ?
Abd Al Malik : Je souhaite porter haut et de manière décomplexée l’étendard d’une certaine idée de la culture française, de la culture populaire. J’ai envie de revivifier un état d’esprit et, humblement, en être porteur là où je suis. Avec mon histoire et mon art.

Mandor : Le duo avec Juliette Gréco… « c’est du lourd » ! Je paraphrase votre premier simple qui porte le même titre.

Abd Al Malik : Il y a longtemps que je voulais faire quelque chose avec une rappeuse. Je me suis dit que j’allais prendre la rappeuse la plus subversive et hardcore que l’on a en France depuis un petit bout de temps. Ce qui est fou avec elle, c’ets qu’elle a eu une vie incroyable. Ses amis étaient Boris Vian, Malraux, Sartre et j’en passe. Depuis 3 ans que le fréquente régulièrement, aucune fois, elle ne m’a parlé du passé. Elle est toujours dans le présent. Très actuelle.

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Mandor : Quand vous interprétez Circule, petit, circule, vous pleurez presque… c’est votre côté Brelien qui ressort ?
Abd Al Malik : Ce que j’aime chez Brel, c’est sa capacité à ne pas interpréter, sa capacité à être dans la vie. Dès qu’il arrivait sur scène, les lumières s’éteignaient et il était parti dans son monde. En studio, c’était la même chose. Il vivait ses textes. J’ai ce côté là.

Mandor : Vous évoquez les événements mondiaux de la fin des années 50 aux années 70 ? Pourquoi cette période ?
Abd Al Malik : C’est l’après-guerre. Il y a une sorte de dynamisme. Des héros incroyables vont naître. Autant aux Etats-Unis qu’en France, c’est un foisonnement incroyable, au cinéma, dans la littérature, dans la philosophie.

Mandor :
Avec votre complice de toujours, Bilal, votre musique est moderne. Avec Jouannest et Goraguer, elle est plus « à l’ancienne ».
Abd Al Malik : Je vous arrête tout de suite. La vraie musique est intemporelle. Pour moi, la modernité, c’est l’individu. Il faut juste être en phase avec le monde dans lequel on vit et être en phase avec la société. Il y a toujours quelque chose de l’ordre de l’universelle, de l’ordre de l’intemporalité.

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Mandor : Vous m’aviez expliqué pour Gibraltar, que votre écriture venait d’un jet. C’est toujours le cas ?
Abd Al Malik : Oui, plus que jamais. En fait, si dans la vie je suis quelqu’un de très patient, pas dans la musique. Pour écrire et en studio, je ne suis pas du tout patient. Ca marche que si ça vient tout de suite. J’y reviens après pour effectuer quelques retouches, mais la base doit jaillir, tel un rayon de lumière.

Mandor : La plus grande difficulté est de trouver la fluidité ?
Abd Al Malik : La fluidité est quelque chose que l’on veut avoir, mais sans avoir l’assurance de la maîtriser. C’est une méthodologie, une ergonomie de travail. Lorsque tout se passe bien au niveau de l’inspiration, on est tributaire de quelque chose. Il n’y a rien de laissé au hasard et en même temps, tout est hasard. C’est ça la magie de la musique !

Mandor : Vous n’avez pas le trac ? Je veux dire pour la sortie du disque…
Abd Al Malik : Non. Je sais ce que je sais faire. Je ne me pose pas de questions. Je ne suis pas un traqueur de nature. Je n’ai pas peur en général. Que l’on pense ci ou ça de moi ne me dérange pas. On est dans pays libre et chacun peut penser ce qu’il veut. Rien ni personne ne m’empêche d’être qui je suis.

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Hier matin... dans les locaux de Universal Music France.

Mandor : Vous mettez en avant des similitudes  entre hier et aujourd’hui, parfois, en vous prenant en exemple…
Abd Al Malik : Parce qu’un artiste n’est pas à côté ou en périphérie de la société. Il est en plein dedans. Forcément, sa vie personnelle se mêle au mouvement sociétaux. Permettez-moi de citer Gilles Deleuze : Ecrire, c’est se lancer dans une affaire universelle.

Voici le clip de C’est du lourd !

Commentaires

Y-a pas à tortiller : le strasbourgeois, c'est vraiment du lourd ! Avec ou sans choucroute.
Je suis carrément impatient de découvrir l'album de cet artiste de convictions.
J'ai adoré "Gibraltar". J'espère que son nouvel opus sera aussi dantesque que le précédent...

Écrit par : Olivier Goujon | 24 octobre 2008

Merci de me faire découvrir "c'est du lourd". Les paroles sont simples et moralisatrices. Mais vraies. Et puis belle mise en scène et mélodie !

Écrit par : Osmany | 25 octobre 2008

@Olivier Goujon: Il l'est... même plus.
@Osmany: Oui, mais tu verras qu'il y aura des gens pour critiquer la démarche...

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 29 octobre 2008

Il m'avait fallut du temps pour me faire au style Abd Al Malik puis apprécier Gibraltar ...
Ici j'écoute Dante depuis 3 jours, en essayant d'écouter attentivement toutes ces histories dans lesquelles il s'investit et il n'y a pas à dire, il est bel et bien doué
Je m'étais dis que ça ne serait peut être qu'un phénomène et que la suite nous décevrait (j'avais pas trop su aimé Beni Snassen)... mais finalement il a tjrs ses 'putains' d'arrangements, ses textes pleins de référence (enfin rien à voir avec Delerm hein^^), et cette expressionnisme parfois assez bouleversant
J'arrive même pas à lui faire un reproche... pfffff
J'ai beau cherché je sais pas

Écrit par : Lou | 05 novembre 2008

Abd Al Malik c'est vraiment mon artiste et ce depuis ses débuts avec le groupe NAP... et je dois dire que je n'ai jamais été deçu par ce qu'il fait!! "Le face a face des cœurs ", "Gibraltar"," Dante" et même son livre "Qu'Allah bénisse la France " sont purement et simplement des œuvres d'arts ( enfin ceci est mon humble avis ^^).
Pour en revenir a "Dante", c'est vraiment " du lourd", c'est du très haut niveau lyricale, des instrumentales qui accroche parfois au cœur ("le marseillais" avec le sample de Serge Reggiani ou encore "Noce a Grenelle par exemple) ou encore d'autre vraiment jazzy ("Cesaire" ou encore "Le Faqir" ).

Le seul conseil qui je peut donner c'est d'aller l'acheter cet album!!

Écrit par : rk | 05 novembre 2008

c'est infâme, d'une naîveté asolue, d'une crétinerie définitive - finalement, on comprends pourquoi il a été récompensé, il est tellement innoffensif, ce clip, une triste parodie d'un scopitone de jacques brel " je suis un soir d'été "- césaire n'a pas eu le nobel ( il était de loin le plus talentueux de nos poètes) et cet imposteur d'abd al malik a déjà été récompensé par les arts et les lettres avec un album ringard, poussif et indigeant - triste -
malik, c'est la caricature du black intégré, style corneille - en plus intellectuellement déplumé que le pseudo funcky chirakien qui taxait des pièces jaunes - le plan com de gréco m'attrise car j'admire énormément cette grande dame, moustaki avait inauguré ce concept pathétique en laissant joey starr aboyer sur la mélodie exlosée du métèque, juliette - épuisée - inconsciemment las d'unegénération d'auteurs inexistant - fignole son suicide dans une symbolique neutralisation de son myte - dommage pour elle -

Écrit par : didier | 12 novembre 2008

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