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22 septembre 2008

Mandorisation champagnisée avec Eric Genetet!

eho_genetetp.jpgPour moi, c’est un exercice extrêmement difficile. Et à chaque fois que cette situation se présente, je ne suis pas très bon. Je le sais, je n’arrive pas à faire semblant.

Interviewer quelqu’un que je connais bien n’est pas ma spécialité.

Lorsqu’il s’agit d’un véritable ami de longue date, encore moins.

Eric Genetet sort un livre. Le Fiancé de la lune.

 

En 6eme, à Freiburg (Allemagne), nous étions (très) amoureux de la même fille.

Marilyne, elle s’appelait.

Quelques années plus tard, nous nous sommes retrouvés de 1992 à 1994 à Strasbourg, lui et moi animateurs à Top Music. On aimait travailler en binome.

Il m’a hébergé chez lui quand j’ai eu quelques soucis de cœur…

Je n’ai jamais oublié qu’il m’a été d’un grand secours moral.

 

Bref, Eric Genetet sort en 2008 un livre.

Il vient d’être sélectionné parmi les auteurs défendus par les magasins Cultura.

Je leur laisse le soin de faire le pitch du livre.

Je ne peux pas passer à côté.

Je l’ai lu, j’ai aimé.

Mais, je l’ai lu en pensant à ce que je connaissais de lui.
Lecture brouillée.

Il m’a appelé, je suis venu.

 

Rencontre, jeudi soir dernier, chez Drouant (dont il est un ami personnel des patrons…)

 

Une table, un micro, du foie gras et une coupe de champagne.

 

eho_genetetc.jpg- Ça m’énerve de lire que c’est ton premier roman. J’ai chroniqué Chacun ton Foreman dans Virgin ! (Mon pote Frédéric Vignal aussi!) Je ne sais pas en quoi ça fait bien d’insister sur le fait que Le Fiancé de la lune est ta première œuvre. Je trouve ça énorme !

 

-On va en parler… L’histoire démarre il y a 3 ans avec un premier livre qui n’est pas vraiment un roman. C’était un récit. Une commande strasbourgeoise, quoi ! Le distributeur n’était pas très performant, aucune autre ville ne l’a eu dans ses librairies. À propos de ton article, je me souviens parfaitement que tu avais écrit que j’étais le nouveau Yves Simon. C’est marrant parce qu’après, j’ai vécu un rêve.

 

-Tu as rencontré Yves Simon, ton idole littéraire de jeunesse ?

 

-Mieux que ça. Pendant un an et demi, je suis venu écrire Le Fiancé de la lune à Paris dans le fameux appartement des éditions Héloïse d’Ormesson. Un jour, au Flore, Gilles Cohen Solal me présente Yves Simon. Je lui offre mon roman, euh… mon récit. Le lendemain, j’y retourne et au moment de partir, je croise Yves Simon et il me dit : j’ai lu ton livre, j’adore ton style.

Yves Simon, le mec qui m’a donné envie d’écrire.

 

-Aujourd’hui que tu as grandi, évolué, tu es toujours aussi fan de cet auteur ?

 

-Oui, mais, je ne l’ai pas relu. Le voyageur magnifique est un livre que je n’oublierai jamais. Il m’a accompagné pendant des années.

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Quel beau gosse ce type! Désormais, il me convoque chez Drouant. Classe...

 

-J’ai un peu parcouru ce que l’on dit de toi sur Internet. C’est assez dithyrambique, mais tout le monde insiste sur ton image de romantique…

 

-Cette image m’embête parce que je ne suis plus ça.

 

-Dans Le fiancé de la lune, qu’est-ce qui rapproche Arno Reyes d’Éric Genetet ?

 

-Des préoccupations similaires, peut-être. L’arrivée de l’enfant, l’angoisse du père, les questions que l’on se pose, la transformation de la relation avec la mère de l’enfant. Ça, c’est personnel, le reste non.

 

-Je suis toujours étonné par ton écriture. Épurée, pas de fioritures… elle ne correspond pas à ce que je connais de toi. Je trouve que tu es un peu plus fou fou dans la vie, malgré ton apparence calme. Cela dit, on ne se voit plus comme avant, tu t’es peut-être assagi.

 

-Ben, j’ai plus de 40 ans, j’ai changé. Mais, je suis quand même un peu d’accord avec toi. Tu sais, ce livre a été écrit avec les tripes, mais édité. C'est-à-dire qu’il y a eu un travail d’édition dessus. Quand j’ai donné ma première version, Héloïse d’Ormesson a écrit quelques notes dessus et elle m’a surtout dit un truc essentiel : tu dois passer une petite couche de vernis dessus. Pour moi, ça voulait dire épurer. Héloïse a fait son travail d’éditrice. Quand tu es sur un texte pendant deux ans, je t’assure, tu n’as plus aucun recul. Tu ne sais plus ce que tu dois écrire… Elle ne m’a rien imposé, elle m’a juste alerté sur des détails, mais j’ai tout pris en compte. J’ai rendu une deuxième version, puis une troisième. Moi, je suis très heureux d’avoir été édité par Héloïse… pas juste publié, je dis bien édité.

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C'est qu'il est fier le bougre!

 

-C’est la première fois que j’entends ce discours en interview. Un écrivain suggère généralement qu’il a tout fait lui-même sans l’aide de personne.

 

-C’est un travail de collaboration. Je le souhaite comme ça, en tout cas.

 

-Ca y est, tu es devenu une star mondiale grâce à ce livre ! Je suis fier d’être ton ami.

 

-Que t’es con ! Toi, par contre, tu n’as pas changé. Toujours ce même sens de l’humour…

 

-Mais, franchement, c’est top classe de dire que tu es écrivain, non ?

 

-J’ai trop de respect pour des gens qui écrivent toute la journée et qui publient des chefs d’œuvres… moi, j’aime bien dire que je suis auteur d’un livre. Je ne suis pas encore écrivain, je le deviendrai peut-être un jour. Je me vois plus devenir écrivain vers la fin de ma vie.

 

-Est-ce qu’être édité dans une maison d’édition reconnue te donne te l’assurance ?

 

-Ca donne confiance. J’ai déjà commencé le troisième et…

 

-Le deuxième tu veux dire. Parce que le premier était un récit, non ?

 

-Euh… oui, le deuxième.

 

-C’est difficile de faire comme si, hein ?

 

-Donc, je viens de commencer le deuxième. Hum !

 

-Bon, il faut que je te dise. J’ai eu du mal à avoir une opinion définitive avec ton livre. Parce que je te connais trop et je n’arrêtais pas de faire des rapprochements avec ce que tu es.

 

-Je te comprends bien. Surtout toi, je t’ai envoyé mes tout premiers textes pourris qui étaient les prémices de ce que je voulais faire.

 

-Ils étaient loin d’être pourris, crois-moi. J’étais déjà même un peu impressionné.

 

-Je vais encore progresser, tu verras. Je suis complètement autodidacte sur la totalité de ce que je fais dans la vie, parce que je ne suis pas allé beaucoup à l’école, je n’ai pas fait d’étude. J’ai appris les choses que je sais aujourd’hui depuis l’âge de 18ans. Je m’en fous, je suis ce que je suis, ça donne une écriture sans code, sans référence. C’est peut-être ce qui permet d’avoir une vraie sincérité.

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Là, c'était lors de l'anniversaire des 3 ans des éditions Héloïse d'Ormesson. Le 16 mars dernier.
Au centre, Isabelle Alonso.

 

-Les histoires d’amour que tu racontes ne sont jamais simples. C’est encore un rapprochement que je fais avec le Eric Genetet que j'ai toujours connu.

 

- Dans la vraie vie, la relation à deux, l’amour, ce qu’on essaie de nous faire croire depuis l’enfance n’est qu’une vaste fumisterie. Je crois profondément que les hommes et les femmes ne sont pas faits pour vivre ensemble. On tente quand même parce que l’idée est pas mal, le tableau est joli. C’est une arnaque et quand on a compris ça, je crois finalement qu’on peut finalement le vivre, parce qu’on l’aborde différemment. On ne cherche pas à être le prince charmant pour une femme ou la princesse pour un homme.

 

-Tes héros cherchent pourtant toujours leur alter ego dans tes romans/récits !

 

-Oui. Dans Le fiancé de la Lune, Giannina est une princesse. Quand Arno la voit, c’est tout de suite l’héroïne de ses rêves.

 

-Paradoxe, donc.

 

-Paradoxe, en effet.

 

-Pourquoi ce titre très énigmatique ?

 

-Depuis que je suis papa, ça fait 4 ans, je me pose une question essentielle parmi d’autres questions essentielles, c’est : jusqu’à quel point on influence la vie de nos enfants? Par nos gestes, nos mots, nos passions. Je me dis que si le papa était totalement passionné par la lune, son fils a de grandes chances d’être passionné également. Ce roman se déroule dans un futur proche. On peut voyager sur la lune. Le fils, Arno, a tout fait pour être un des premiers à être de ce voyage extraordinaire. C’est un lien avec son père. Pour comprendre mieux le titre… il faut lire le roman. Si j’explique pourquoi Le fiancé de la lune, j’en dis déjà trop.

 

-C’est vrai. Selon toi un livre doit-il s’expliquer ?

 

-Non, évidemment. Il doit se ressentir. On lit, on ressent des choses, peut-être qu’on adapte certaines situations à sa propre vie, on peut aussi trouver des réponses à deux trois petites questions de sa vie personnelle en lisant un livre. Pour mon livre, j’espère que des mecs se diront : oui, j’ai un comportement comme ça, peut-être changer quelques bricoles pour être un peu mieux.

 

-Comment réagit ta famille par rapport à ton nouveau statut d’écrivain.

 

-Je n’en sais rien. Juste ma mère m’a dit : la prochaine fois, tu éviteras de faire pleurer ta mère. Je ne suis pas dans une famille où on exprime ses sentiments. Tu les connais.

 

-Tu te souviens qu’on s’était dit naguère : le premier qui réussit en littérature aide l’autre !

 

-Oui. Mais tu connais plus de monde que moi dans ce milieu… tu connais même mon éditeur. Si tu écrivais un livre, ce serait un bon début, non ?

 

-Changeons de conversation. Tu es animateur/journaliste, tu connais toutes les ficelles du métier, ça te fait quoi de renverser les rôles ?

 

-Si le journaliste est bon, tu deviens bon. S’il est nul, tu t’embourbes. Parfois, je me demande pourquoi il pose cette question à ce moment là de l’interview et pas un peu plus tard… des détails sans importance. J’ai ma méthode d’interview, mais je tente de me détacher de cela. Ta méthode à toi est bordélique, mais diablement efficace, mon salaud. Tu conversationnes.

 

-Oui, je tente de sortir du traditionnel "question réponse".  Bon, on arrête là, ch'uis nazebroc. C’est épuisant d’interroger un pote…

 

-François, tu me promets d’être super sincère. Pas de flagornerie dans ta note !

 

-Promis, Mandor est un pro. Pas de favoritisme !

 

Pas de favoritisme, ok! mais des images qu'il n'aimerait peut-être plus voir.

Avant cela, voici quelques critiques du livre (beaucoup plus constructives que la mienne!)

Celle de Clarabel, de Daniel Riot, de Rencontresdartistes, d'à lire, d'actualité du livre, de cultura et enfin celle de ma chère amie ecaterina.

Hé hé!

 

Le voici le BONUS TRACK de la mort qui tue!

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Avec le réalisateur Alain Cavalier le 8 novembre 1993 à l'hôtel de la cathédrale.
Strasbourg.
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Avec Dany Brillant à Top Music le 15 février 1994.
Strasbourg.
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Avec Florent Pagny et un nainconnu le 16 juin 1994 à Top Music.
Strasbourg.

Commentaires

J'ai failli croiser la route du rédacteur en chef adjoint de feu téléAlsace (ainsi que celle de Céline Hirsch)...
Bonne chance pour son roman !

Écrit par : Olivier Goujon | 22 septembre 2008

J'ai beaucoup apprécié Eric lors d'une rencontre à l'anniversaire EHO et pas parce qu'il m'a dit que je ressemblais à la fameuse "Maryline"!;))

Et samedi je regardais chez Cultura son livre avec des yeux bien attentionnés, il était bien mis en avant, bravo pour ce second... Oups premier roman!!!
E

Écrit par : E | 22 septembre 2008

1. ton itw est excellente (je suis très contente de mon dernier comm, c'est exactement ce que je te disais !)
2. apres ton billet on se dit que ce garçon est amoureux de l'amour. Grave erreur. Mais c'est pour ça que son livre est si dinguement juste.
3. il fait un temps magnifique ce we aux Sables, alors... :) oui, je sais, tu es surbooké, mais il faut absolument qu'on prenne un café! Ou tu veux, quand tu veux :-)

Écrit par : ecaterina | 22 septembre 2008

@Olivier Goujon: Dommage alors... mais, tu sais, l'homme rebondit toujours très vite. Quand talent il y a...
@E: Il t'a dit que tu ressemblais à Maryline??? On est vraiment pareil, lui et moi...
;o)
@ecaterina: Un café, je suis preneur. Mais, le soir, à partir de 20h...
Bises mademoiselle. Prends soin de mes deux potes!

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 24 septembre 2008

Pffff je crois pas, tu es unique!;)

Écrit par : E | 24 septembre 2008

@E: Allez, tu peux l'accepter ce compliment...

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 26 septembre 2008

Permettez-moi de vs féliciter pour votre roman.En 68, je renonctrais souvent un petit garçon brun en poussette, promené par son papa dans les rues de Nanterre, je ne savais pas à cette époque que j'aurais le plaisir de le lire. Après 40 ans de silence, je vien de retourver un couple d'amis comuns à votre papa - époque des années 60 - et nous avons
évoqués tous nos souvenirs, ns avons beaucoup parlé de votre famille et de votre livre.
Je vous souhaite les meilleurs succès pour vos prochains écrits.
Gisèle

Écrit par : gisèle | 11 mai 2010

Permettez-moi de vs féliciter pour votre roman.En 68, je renonctrais souvent un petit garçon brun en poussette, promené par son papa dans les rues de Nanterre, je ne savais pas à cette époque que j'aurais le plaisir de le lire. Après 40 ans de silence, je vien de retourver un couple d'amis comuns à votre papa - époque des années 60 - et nous avons
évoqués tous nos souvenirs, ns avons beaucoup parlé de votre famille et de votre livre.
Je vous souhaite les meilleurs succès pour vos prochains écrits.
Gisèle

Écrit par : gisèle | 11 mai 2010

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