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27 juillet 2008

Le préfaceur...

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 Cette photo été prise au salon du livre 2008 et a un sérieux rapport avec cette note.

Jeudi soir, au Chao Ba, en terrasse.

-Je n’ai pas osé te demander parce que tu avais déjà préfacé le livre d’Elisabeth Robert. Je me suis dit que tu n’étais pas du genre à dire oui à tout le monde.

-En effet, mais je dis oui aux gens que j’aime bien et dont la lecture est un ravissement. Allez, fêtons cela, tu veux une 23e bière ?

PLE685106_petit.jpgSouvenez-vous ce que j’avais écrit sur le premier roman de Stéphane Nolhart.

Les ailes de Giacomo, ça s’appelait…

Top là ! Va pour une nouvelle préface !

J’adore ce mec. Son manuscrit m’a laissé baba d’admiration. Quelle érudition! Quel style! Quel humour!

Je ne pouvais faire autrement qu'accepter de participer à cette aventure littéraire hors norme.

Le pitch :

Personne ne vous avait dit que la mort était drôle, érudit, sensible, touchante, fatiguée, communiste, brillante, cruciverbiste à ses heures,  jusque là, le secret était bien gardé.

Je ne vous voyais pas comme ça, le roman de Catule LAMORT est à paraître très prochainement.

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Stéphane Nolhart parle de tout ça sur son blog, dans sa dernière note...

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Sinon, ce matin, j’ai reçu Voyages de toi..., le livre d’Elisabeth Robert. Celui que j’ai préfacé.

J’étais tout ému, dites donc.

Voir son texte, son nom et sa photo sur un ouvrage, ça m’a fait un drôle d’effet.

La preuve.

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Pour en savoir plus (et éventuellement, vous le procurer)…

La quatrième de couv':

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Merci à tous les deux pour votre confiance.

Sans plaisanter, ça me touche beaucoup.

22 juillet 2008

William Baldé... MC solaire!

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"Un matin suspendu
Au fleurs de ton jardin,
Ma main sur ton petit cul,
Cherche le chemin… "

Il y a des chansons qui encombrent des carrières.

Ce tube de l’été (que l’on entend partout) va coller à la peau de William Baldé très longtemps.

Et c’est dommage parce que cet artiste là (qui n’est pas un perdreau de l’année : 43 ans et des années de carrière), vaut largement plus que cette honnête chansonnette.

Son album En Corps Etranger est un bijou reggae, pop, folk, soul.

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La Spöka team m’a arrangé un rendez-vous en deux temps, trois mouvements…

Rares sont les fois où j’arrive à la bourre à un rendez-vous, mais ce mercredi 16 juillet, ce fut le cas. Un quart d’heure de retard, ce n’est pas bien grave. Sauf pour moi. J’arrive dans la pièce où m’attend William Baldé. Il lit tranquillement un journal en m’attendant. Je lui demande de m’excuser.

Il sourit gentiment. Je crois qu’il s’en fout. Cool attitude !

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Je passe sur ses origines : " William est né à Kindia, élevé à Conakry, la capitale guinéenne par sa mère médecin, avant d’être envoyé à Dakar où vit son père, tailleur et styliste, d’origine peule et touarègue. A l’âge de 15 ans il débarque à Paris où il espère devenir avocat, mais bien vite, il fréquente des musiciens bohèmes avec qui il finira par interpréter des succès internationaux sur les marches du Sacré-Cœur, dans le métro et dans les bars ". C’est ce qu’explique, en substance, le dossier de presse.

Bon, je vais vite, parce que parfois, les bios, c’est limite lassant à lire…

l_bd7c93236f2902035a4f590b9d813d64.jpgEn 1996, le sympathique Baldé sort un disque chez EMI avec d’autres musiciens. Ils forment le groupe Yuba. Le public n’est pas au rendez-vous.

-Déjà qu’un artiste doute tout le temps, alors, quand on a l’occasion de signer dans une maison de disque et que ça ne fonctionne pas, on se remet forcément en question. Notre album était en wolof (la langue du Sénégal) et en anglais. La personne qui nous a découvert s’en fichait complètement parce qu’il aimait notre travail. A la sortie de l’album, il a été remercié et, dans le même temps, les quotas sur la chanson française sont apparus. La maison de disque n’a pas su trop quoi faire avec nous.

Pas folle la bête, le premier album solo de l’ami William est donc en langue française (à l’exception près de Sayiima lagissé et Yönn-gui, sa chanson préférée du disque…).

-C’était un défi. J’étais tellement vexé par rapport à Yuba que je me suis dis que j’allais travailler comme un fou la langue française, de manière à ne pas avoir honte de mes textes. Il faut dire que j’avais placé la barre très haute. Mes références sont Léo Ferré, Jean Ferrat, Jacques Brel et Edith Piaf. J’aime aussi beaucoup Berthe Sylva.

Je plaisante avec lui en lui suggérant de sortir un jour un disque intitulé : William Baldé chante Berthe Sylva. 

Il se marre.

Il est poli.

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Bref, je persiste à dire qu’il ne faut pas que vous vous contentiez de juger cet artiste sur Rayon de soleil. Il y a des chansons magnifiques comme En corps étranger, Sweet Lady ou Exil.

-J’ai fait des chansons sociales, parfois sombres. Je n’avais pas envie de plomber l’ambiance dès le premier disque. Que le public me découvre avec un titre léger et rigolo, ça ne me dérange pas. Je leur demande juste de faire l’effort d’écouter le reste, d’essayer de me découvrir réellement avec mes autres chansons.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends par Warner que le disque est déjà disque d’or en moins d’une semaine.

N°1 des singles.

Ce qui laisse présager un score plus qu’honorable à la rentrée…

Le clip, objet du délire...

 

Comment William Baldé gère-t-il ce succès (pas si soudain que cela) ?

-Je n’en reviens pas. Heureusement que je fais de la promo, comme ça, je cours tout le temps. Je n’ai pas le temps de réaliser. En fait, ce sont les copains qui me disent qu’ils n’arrêtent pas de me voir à la télé, sur Internet, à la radio. Je pense que pour ne pas perdre la tête quand arrive un truc comme ça, il vaut mieux avoir un peu de vécu professionnel, afin d’avoir un peu de recul. Moi, j’ai eu mes années de métro, de bars... Je relativise donc un peu tout ça.

Il s’arrête, réfléchit puis ajoute.

-Je suis surpris par la réaction de mes 2 filles. Elles m’ont vu des années un peu galèrer pour jouer, mais elles me disent aujourd’hui que ce qui arrive autour de moi est une évidence. Une évidence, elles disent. C’est fou ça ! Je me dis que je ne dois pas m’affoler. Ce succès peut ne pas durer. Le marché du disque étant ce qu’il est, il faut raison garder.

Effectivement, difficile de s’enthousiasmer trop longtemps.

Le sieur Baldé tient à ce que je précise qu’il remercie Christophe Maé.

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Au milieu, ce n'est pas Louisy Joseph.

-Un jour, un mec nous a demandé de chanter avec nous. Je lui avais dit de passer en première partie. Il était étonné parce qu’on n’avait pas écouté sa musique. Je lui avais répondu que s’il tenait à chanter, c’est qu’il savait le faire… 

Vous l’aviez compris, le mec, c’était Christophe Maé. De là est né une amitié et une admiration réciproque.

-Christophe est quelqu’un d’entier. Il aime avoir sa petite famille d’amis. Il m’impressionne. Il est plus jeune que moi et il mène sa carrière de façon éclatante et simple. C’est un bel exemple de réussite.

William Baldé, à la fin de l’interview se prête au jeu des photos mandoriennes.

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Avant que l’on se quitte, il m’avoue :

-Les gamins que je croise dans la rue me demandent si c’est bien moi qui chante " ton p’tit cul " ! Je suis bien obligé de rester à ma juste place.

L’artiste est lucide, il n’en reste pas moins un songwriter inspiré et lumineux. Ses compositions sont riches en harmonies, sophistiquées et très efficaces.

Un mélange de balade au grand air et de voyage intérieur.

J’adore !

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14 juillet 2008

Une Picard, sinon rien!

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L’album de Pascale Picard est sorti il y a deux semaines (le 30 juin).

J’en suis fou.

Ici, son MySpace.

Au début, quand on m’en a parlé, j’ai répondu, intraitable : « Tu sais, moi, les folkeuses, ce n’est pas my cup of tea ».

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je parle British. Ce n’est pas bien malin parce que ça n’impressionne plus personne, de plus, c’est totalement faux !)

Et puis, comme je ne suis pas influençable, je me suis fait envoyer le squeud. J’ai kiffé grave !

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je suis jeune. Ce n’est pas bien malin parce que personne n’est dupe, par contre, c’est totalement vrai !)

(27 ans, j’ai.)

Quand je l’ai écouté, je l’ai réécouté (ainsi, plusieurs fois de suite).

Quelle voix, non de Zeus !

(Oui, il m’arrive de faire croire de manière quasi subliminale que je maîtrise parfaitement la mythologie grecque. Ce n’est pas bien malin parce que ça n’impressionne plus personne, de plus, c’est vrai que je pars 15 jours en Crête à la fin du mois !)

(Ce qui n’a pas un grand rapport avec une note consacrée à Pascale Picard, parce que je ne pars pas avec elle.)

Bref, OK ! donc pour une mandorisation.

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J’aime les symboles.

J’ai été convié dans un hôtel de la place Charles Dullin, à Paris, le 21 juin.

Le jour de la fête de la musique.

La chanteuse et son « band » se produiront sur le plateau Métro, place de la Bastille , le soir même.

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Ces photos de concert n'ont pas été prises à la Bastille (ne pas confondre avec "prise de la Bastille"... Ahem!), mais au Québec.
(je préfère préciser...)

Une (très) ravissante jeune fille de chez AZ m’accueille.

Elle me mène à Pascale Picard, dans le jardin. Pour le moment, elle est seule à une table. L’énergie de la jeune québécoise est communicative. Souriante, positive et un accent à couper au couteau.

Très vite, nous rentrons dans le vif du sujet.

 

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L’album Me, Myself & Us (marrant ça, c’est tout à fait un slogan qui pourrait convenir aux blogueurs…) est sorti au Québec en avril 2007. Le public comme la critique a craqué. Près de 200.000 exemplaires vendus.

Et un méga tube au texte doux amer: Gate 22.

 

Pascale Picard est devenue La révélation pop anglophone de l’année dans son pays.

-Je ne peux pas m’expliquer ce succès. Peut-être que tous les gens qui ont nous ont vu dans des petits pubs québécois ont voulu nous faire plaisir en achetant le disque… en tout cas, nous sommes ravis parce qu’on va pouvoir en faire un nouveau, assurément. Notre maison de disque doit être un peu rassurée.

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Les membres du « band » arrivent tous au fur et à mesure de l’interview. Il s’installe, écoute Pascale, parfois participe. On sent une vraie synergie/complicité entre eux.

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C’est en 2002 que la chanteuse auteur(e) rencontre Mathieu Cantin (guitare), Philippe Morissette (basse) et Stéphane Rancourt (percussions). Ils enregistrent une démo qui atterrit un jour dans une maison de disque, qui les signe immédiatement.

La miss Picard a alors 24 ans.

-Quand j’ai commencé à jouer dans les bars, j’avais 18 ans. J’étais vraiment timide. Je ne disais pas un mot entre les chansons. Avec mes musiciens, dont la plupart sont, scéniquement, beaucoup plus expérimentés que moi, j’ai appris le contact avec le public.

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Aujourd’hui, à 26 printemps, elle explique le processus de création du Pascale Picard band.

-On compose en groupe. J’arrive avec une mélodie, ou Matthieu avec un riff, on jamme, et c’est ainsi qu’une chanson va naître. Ensuite, j’affine sa structure autour du texte.

« Pourquoi chante-t-elle en langue anglaise ? » est une question qu’elle ne cesse d’entendre.

Ça ne la dérange pas de se justifier.

-Au Québec, tout le monde chante en Français, c’est donc une façon de se démarquer. Mais, ce n’est pas l’unique raison. En vrai, toute ma jeunesse, je n’écoutais que de la musique en Anglais, c’est donc une question d’influence, il ne faut pas chercher plus loin. Depuis toujours, on me disait que si je ne chantais pas en Français, ça ne fonctionnerait jamais. Je me disais : « Tant pis, si je n’ai pas de succès, c’est comme ça que je le sens, je ne peux faire autrement… ». Quand on suit son instinct, on est parfois récompensé…

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Et oui, le "Pascale Picard band" est un peu joueur!
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Ce disque a un succès si éclatant qu’il ne connaît pas d’équivalent dans l’histoire récente de la musique populaire au Québec. Pascale Picard dessine le portrait sans fard d’une fille à la fois fragile et forte. Elle raconte ce qui la blesse : l’opportunisme et la fausseté.

-La musique m’aide à prendre de la distance par rapport à certaines émotions, pour mieux les apprivoiser. Je n’ai pas composé mes chansons dans l’optique de faire un album à tout prix, mais parce que j’en ai besoin.

Si on lui demande pourquoi un titre si narcissique Me, Myself & Us (« moi, moi-même et nous »), elle répond tranquillement :

-C’est on attitude par rapport à la vie en général : seul, on n’est rien. Et si personne n’est là pour aimer ta musique, tu n’es rien non plus. 

Avec Pascale Picard, la question ne se pose plus. Le public suit en masse. Pour une fois, l’instinct grégaire, je trouve qu’il est justifié. Rallions-nous tous à son panache, la générosité de cette formidable chanteuse va conquérir le monde.

Vous pariez ?

 

 

 

(Pas mal mes photos dans le jardin, isn’t it ?)

(Concernant le titre de ma note, je présente toutes mes excuses à : l’artiste, la maison de disques, ma famille et vous !)

 

Et hop! Un dernier pour la route...

Pascale Picard chante du Portishead: Glory Box.

(Que c'est bon!)

(Vous me dites si je suis trop enthousiaste!)

 

09 juillet 2008

Comment j'ai réussi à m'engueuler avec Dany Boon...

C'était cet après-midi dans le beau village de Montévrain.

Je l'ai quand même mandorisé, mais je n'étais pas content.

Ca se voit d'ailleurs.

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Peut être un peu de ma faute, peut être un peu de la sienne...

Une belle incompréhension, en tout cas.

Demain, des explications sur: "comment se prendre la tête avec le comédien le plus gentil de sa génération".

(avec des guests en sus!)

EDIT Le 10 juillet 2008, 18h15: Les explications:  (parce que vous n'en dormez certainement plus!)

Dany Boon : Après, parce que là je dois me préparer pour tourner une nouvelle scène.

Mandor : Non ? Vous plaisantez là ?

DB : Pourquoi ?

M : Mais parce que vous m’avez dit que vous répondriez à mon interview après que vous ayez déjeuné.

DB : Non, je n’ai jamais dit ça. J’ai dit "peut-être ".

M : Non, vous m’avez dit après le déjeuner.

Dany Boon est à la porte de sa caravane loge. Il tourne à Montévrain des scènes du film De l’autre côté du lit, un film de Pascale Pouzadoux (d’après le roman éponyme d’Alix Girod de l’Ain).

Montévrain est à 17 km de Meaux. Alexandre, (un ancien stagiaire de 77FM) qui habite ce beau village nous a donné l’info qu’aucun autre média ne sait. Dany Boon, Sophie Marceau et Armelle tournent dans son fief (et, initialement, en toute discrétion).

Evidemment, le truc d’aller sur place sans prévenir quiconque pour interviewer les uns et les autres s’est imposé à nous (mon boss et moi !)

Je sais pertinemment que, dans ce genre de contexte, rien ne sert de préparer le terrain. Si je passe par les voies officielles, je n’obtiendrai pas d’accord pour faire mon boulot. Les comédiens ont autres choses à faire que de répondre aux journalistes locaux quand ils tournent un film. J’en ai pleine conscience et je le comprends parfaitement.

Mais, voilà, je me suis dit que parfois, il faut y aller au culot.

Je me suis donc rendu sur place hier en tout début d’après-midi. J’ai retrouvé le fameux Alexandre chez lui afin qu’il m’amène sur les lieux du tournage… on y retrouve un de ses sympathiques amis, François-Xavier.

On assiste à une scène du film, maintes fois répétées.

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(Photo de la scène: Alexandre Colonel)

Une heure plus tard, je vais à la rencontre de Dany Boon.

Il me signifie, charmant, qu’il se rend dans sa loge quelques minutes et qu’il viendra répondre à mes questions après.

Un type de la régie, soudain, vient me voir. Il me dit que, non, ce n’est pas possible, Dany Boon n’a pas le temps. Je tente de parlementer avec le monsieur car, c’est lui qui tiendra le rôle de l’obstacle à franchir pour interviewer le comédien. Dany Boon n’a donc pas envie de donner d’entretiens, mais a préféré me le faire savoir par une tierce personne.

Je dis au gars (pas méchant, il fait juste son boulot) que je viens de Meaux, que j’ai fait 40 bornes pour interviewer Dany Boon. Il me regarde me justifier en souriant, puis il m’assène un fort mérité: " Meaux n’est qu’à 17 kilomètres d’ici. " Merde, il est du coin.

Je bredouille un " Enfin, oui, mais je viens du Val d’Oise, là où j’habite ", ce dont le type se contrefout.

Tout ça pour dire que je reste à proximité de la loge du ch’ti. Il me voit et me dit qu’il va déjeuner et que…

Je reprends donc la conversation laissé plus haut.

Dany Boon : Mais, bon sang, ne m’énervez pas, je vais devoir tourner dans quelques minutes, il faut que je reste calme.

Mandor : Je ne veux pas vous énerver, mais je suis là depuis 3 heures et vous reportez toujours à plus tard. Je fais quoi ? Je reste stoïque à vous attendre ? Je ne peux me permettre de rester ici toute la journée.

DB : Personne ne vous oblige à rester.

Là, mon sang commence à bouillir.

M : Je ne comprends pas. Je vous observe depuis ce matin. Vous êtes quelqu’un de très sympathique. Vous parlez aux jeunes qui viennent vous voir, vous signez des autographes, vous posez avec tout le monde, le tout avec le sourire et vous refusez de prendre quelques minutes avec moi.

DB : Vous savez, je suis ENORMEMENT sollicité par les médias en ce moment. Je ne peux pas répondre à tout le monde ! En plus je me suis réveillé à 6 heures du matin !

Je ne sais plus ce que j’ai répondu, mais je crois que nos voix ont augmenté de volume puisqu’une petite troupe s’est formée autour de nous. C’est marrant, quand j’ai l’impression que l’on me prend pour un con (en l’occurrence, pour un petit journaliste sans expérience qui bosse dans une radio sans importance du coin de la rue), je perds tout sens de la mesure et j’oublie qui est en face de moi (vous ai-je raconté mon aventure avec Pascal Obispo?).

M : Je suis très déçu. Vraiment. Vous me faites mariner depuis 3 heures pour rien, ce n’est vraiment pas sympa.

(Mince, moi qui ai tourné avec Anne Marivin, sa postière préférée, interviewé son patron fictif et la femme de son patron, moi qui suis un ami de longue date de l'inspecteur de la poste qui vire son patron fictif…)

DB : Oh, mais ne jouez pas à l’homme pressé, en plus ! Si c’est ça, même plus tard, je ne répondrai pas à vos questions.

Na na na na nè-reu…

Je ne veux pas céder. Il est hors de question que je revienne bredouille à la radio, question d’honneur.

J’suis con parfois.

Je reste là avec mon micro dans les mains. Tout le monde me regarde. Je m’attends à ce qu’un service d’ordre vienne me " déloger ".

Et un miracle se produit.

DB : Allez, montez !

J’ai gagné.

Dans sa caravane nous nous expliquons plus sereinement.

Puis je lui pose des questions sur ce nouveau film.

Pas un vrai échange comme j’aime en avoir.

J’étais énervé, lui poli.

Le résultat est écoutable sur ce podcast très court:


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Je suis déçu, c’est vrai. J’aime bien cet artiste. Je crois qu’il n’en peut plus de répondre aux journalistes, de toujours entendre les mêmes questions, que la terre tourne autour de son nombril.

Curieusement, je le sens humble.

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(Un peu après tout ça... Pas rancunier et toujours souriant. Photo: Alexandre Colonel).

Je ne le plains pas, hein… Dany Boon est millionnaire, populaire, heureux en amour… mais je peux comprendre qu’il en ai ras le bol de parler de lui et de son succès.

Ce que je voulais, c’est qu’il soit franc avec moi dès le départ. Qu’il ne me fasse pas poireauter comme un abruti. Que la situation soit plus claire.

Quand j’ai quitté la caravane de Dany Boon, une jeune fille de l’équipe de tournage m’a regardé droit dans les yeux en me disant : " Ce n’est pas très classe ce que vous avez fait. Un forcing comme ça… Pfff ! ".

Grosse conne !

Le régisseur principal, lui aussi, m’est tombé dessus.

-Vous êtes qui ?

Je me présente une nouvelle fois, donc.

-Vous savez qu’il faut passer par moi pour les interviews ?

-Non. Mais, vous, vous me voyez depuis 3 heures avec mon micro à la main et faire des interviews… Vous auriez pu vous présenter à moi.

-Oui, ben, hein, c’est moyen comme façon de faire. Ne recommencez pas !

A ce moment Sophie Marceau passe à côté de nous. J’ai failli m’approcher d’elle pour lui demander une interview, je n’en ai pas eu la force.

Tout le monde m’a fatigué.

Plus d’énergie, même pour déconner.

Je suis retourné à la radio épuisé.

Vraiment.

Si je raconte ça, c’est que ce genre d’anecdotes fait aussi partie du métier.

On peut louper des rencontres.

Un artiste, même avec un cœur gros comme ça, peut ne pas vouloir se faire emmerder par un journaliste parfois un peu lourd quand il veut obtenir quelque chose.

Lourd ou tenace ?

Je ne me sens pas tout à fait fautif. 

Un peu quand même.

(Et puis, pour résumé, il n’y a pas mort d’homme…)

(Je ne vais pas en faire un plat.)

Bonus : Avant ce bordel, j’avais interviewé Armelle. La déjanté Armelle, pourrais-je dire…

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EDIT, le 11 juillet:
Sinon, le résultat de ma formidable investigation (ça va chez vous?) est écoutable ici.

08 juillet 2008

David Salsedo

 

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J’ai raconté ici dans quel contexte j’ai rencontré David Salsedo. Je n’y reviens donc pas.

(Et , j’ai publié mon article paru dans le magazine Virgin.)

Juste, je rappelle que c’était le 23 juin dernier au Door Studios.

Salsedo vient de sortir son premier album solo :Wine and Pasta. Je dis son premier album solo, car il est le leader (et chanteur) du groupe Silmarils.

Un groupe de hardcore, comme leur plus gros succès ne l’indique pas.

 

David Salsedo m’attend au premier étage du Door Studios avec son staff : manager, musiciens et alcool fort.

Il me propose de nous isoler. Ce qui est déroutant, c’est que le type est charmant, poli et pas très rassuré de la prestation qui l’attend.

 

« Pendant les répètes, je me suis rendu à l’évidence… le son est pourri. J’avais les mêmes enceintes dans ma chambre quand j’étais gosse ». 

 

Il dit ça avec le sourire.

 

-Vous savez, je ne suis pas un habitué des « sauteries », mais, là, effectivement, le concept original de la soirée me plaisait bien. 300 blogueuses rien que pour moi… en plus, le lieu est sublime. J’aime délocaliser la production. (Rires.) Tiens, je parle comme

le patron de chez Renault !

Voici le premier clip extrait de l'album.

 

l_67c67b408e9c6f5a2753edefc52e9889.jpgJe commence à lui parler des deux premiers albums de Superbus, des tubes pour Dolly, de sa chanson pour Hallyday, de ses albums « dynamites » avec Silmarils, bref de son art de ne jamais être là où on l’attend…

-J’ai toujours des besoins assez larges. Faire du hardcore avec Silmarils parce que ça me plait et de temps en temps renouer avec une certaine tradition des mélodies, de jolis arrangements. Je ne voulais pas me réveiller un matin en me disant : « je n’ai pas fait tout ce que je voulais, je n’en ai fait qu’une partie. Je ne voudrais pas avoir des regrets, je préfère avoir des remords… »

Je lui indique qu’effectivement, avec Silmarils, ce n’était pas très mélodique.

Il se marre.

 

-A l’époque, à partir du moment où il y avait 2 notes dans une chanson qui pouvaient se transformer en mélodie, je considérais que c’était un compromis vers la variété. J’ai non seulement mûri, mais aussi découvert des auteurs compositeurs qui savent faire des mélodies et de belles chansons sans se compromettre. Je suis donc revenu sur cette position stupide de jeunesse…

salsedo_wine_pasta.jpgAvec son Wine and Pasta (clin d’œil à ses origines siciliennes) il a puisé ses influences dans toutes les époques. Ce génial multi-instrumentiste et excellent songwriter nous offre un album « différent », original et très varié. Sans queue ni tête, certes, mais curieusement, qui tient parfaitement droit sur ses pattes. Pas vraiment un disque alternatif, mais un juste milieu entre le folk, le classic rock et l’indie-pop.

-Il est vrai qu’à côté de Silmarils, ce disque est moins hardcore, il est plus relax. On me parle tout le temps de Mon amour, en ce moment. Il y a des gens qui ont adhéré tout de suite et d’autres qui n’apprécient pas de me trouver dans ce répertoire là. Une chanson d’amour, pensez-vous ! Pas pour Salsedo ! Ben si, justement. Je voulais, du coup, qu’elle soit classique et y aller franchement au niveau du texte. C’est une vraie déclamation à la façon Polnareff, mais avec un environnement musical un peu épicé, relevé.

 

À ce propos, j’ai lu dans sa bio qu’il pouvait être considéré comme un fils de Polnareff et d’Higelin.

-Je trouve ça très flatteur. Cela dit, je n’ai jamais écouté Higelin de ma vie, mais c’est un bon mec rock’n’roll, donc respect. Il n’y a rien à dire. Quant à Polnareff, j’ai coutume de dire que, de son vivant, je l’aimais beaucoup.

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En tout cas, Salsedo a tenté de gommer le cynisme que était propre à Silmarils « pour le tronquer et le transformer en ironie, sans pour autant devenir un béni-oui-oui ou un ravi de la crèche. »

C’est plaisant.

Je termine en évoquant le groupe. Où en est-il avec lui exactement ?

 

-C’est juste un break. On est ensemble depuis la classe de seconde. On avait 15 ans, j’en ai 35 aujourd’hui et on n’a jamais arrêté. Les autres membres et moi avons eu besoin de souffler, de respirer. A 6 constamment, tous les jours sauf le week-end, c’est ça le quotidien de Silmarils. C’est une vraie famille. Le groupe existe encore… on reprendra quand tout le monde aura envie ensemble.

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Chaleureuse poignée de mains et promesse de se revoir  la fin de son set acoustique parce que « tu restes pour voir le show case, hein ? ».

Évidemment, avec 300 blogueuses à mes côtés, je ne risque pas de décamper.

Ce serait très mal me connaître.

Ahem…

EDIT: Pour écouter un mini mag de 2 minutes sur Salsedo, cliquez ici.

04 juillet 2008

The Olympic Dragons.

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"Ils font partie des 10 groupes français à suivre en 2008. Cindy au chant dégage un charisme rare dès qu'elle s'approche du micro. Rageuse et généreuse elle porte les compositions catchy du groupe sur ses épaules. Ses comparses sont impeccables et d'un niveau technique supérieur à la moyenne parisienne. On a rarement vu autant de générosité chez un groupe de cette nouvelle scène. À ne pas rater ! " Voxpopmag.com

" Crazy Nerds est un premier jet prometteur, décomplexé. 8 petits bijoux entre garage élégant et pop transie de sueur. Le son est cru, bagarreur, la voix de Cindy pare le tout d’un charme certain." albumrock.net

" Les trois rockers ont l’art du tube : des compositions ultra-efficaces, et des textes en anglais scandés par une chanteuse envoûtante à l’énergie infatigable. " JDA

Voilà quelques témoignages concernant The Olympic Dragons, extraits de leur MySpace.

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J’ai découvert ce groupe lors du second Live In 77FM que j’ai eu l’honneur de présenter. Il se dégageait effectivement de ce trio une énergie électrique galvanisante, à la croisée des Libertines, Supergrass et Black Keys

the-olympic-dragons_fiche.jpgDepuis quelques mois, le groupe se fait remarquer par de nombreux professionnels à commencer par les programmateurs des Muzik’Elles qui en ont fait leur " coup de cœur " le 27 septembre prochain.

J’ai demandé à Cindy Jacquemin (Chant et basse) et Sébastien Chaillon (guitare et chœurs) de venir à 77FM pour une mandorisation et aussi, évidemment pour une soixantedixseptaifaimisation (ben quoi ?)

Un mini mag à écouter là.

Le batteur, Yann Forléo, n’était pas disponible…

J’installe le duo devant les micros et leur pose tout plein de questions dont je connais déjà les réponses parce que ce n’est pas la première fois que je les interviewe. (Mais, alors pourquoi poser les mêmes questions pourraient me jeter à la face quelques malins ?) (Ben, parce qu’à chaque fois, c’était dans un contexte particulier qui nécessitait que l’on revienne sur leur début de carrière).

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Le discours de la jolie Cindy est bien rôdé.

-The Olympic Dragons a été créé il y a deux ans. Nous avons débuté en reprenant des standards du rock : Led Zep, Nirvana, Les White Stripes. Cela nous a permis de confronter nos influences et de regrouper les styles musicaux dans le rock qu’on aimait vraiment. Puis, naturellement, nous avons composé en Anglais. C’est Sébastien qui écrit les textes. Au bout de 6 mois, on a eu un répertoire à nous et on se sent bien tous les 3.

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Sébastien m’explique que chaque membre du groupe avait joué de son côté avant de se retrouver. Ils n’étaient, en aucune manière, des débutants. Ils avaient tous roulé leur bosse avant de former The Olympic Dragons.

-C’est la raison pour laquelle, on a l’impression que ça va vite. J’ai entendu dire qu’il fallait 10 ans pour qu’un artiste arrive à maturité. Nous nous en approchons depuis le temps que l’on joue de la musique…

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Le guitariste évoque aussi leur grande expérience de la scène. Plus de 100 dates dans 30 villes de France. Jusqu’à il y a peu, ils n’arrêtaient pas.

-Un groupe à besoin de beaucoup jouer sur scène pour pouvoir accumuler de l’expérience, apprendre à se connaître, se tester… c’est aussi un champ d’expérimentation où l’on apprend le rapport au public. Mais à un moment donné, il faut être exigeant sur la qualité technique des plateaux sur lesquels nous jouons. Du coup, nous sommes beaucoup plus sélectifs, ce qui n’est pas forcément un mal puisqu’on a plus le temps de se concentrer sur notre travail artistique. On ne fait plus que des dates importantes.

Et Sébastien d’ajouter :

-Aujourd’hui, on a confiance en notre capacité à amener le public dans une histoire, dans un voyage et surtout l’amener jusqu’au bout.

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The Olympic Dragons a déjà sorti un EP : Crazy Nerds, mais ils rentrent en studio (avec de gros moyens) en octobre 2008 avec la perspective de sortir un album en mars 2009.

-Cet album est important, parce qu’on a travaillé dur ces deux dernières années pour avoir l’opportunité de pouvoir l’enregistrer dans de bonnes conditions. Il sera peut-être l’élément déclencheur pour une meilleure visibilité.

Quand je leur parle de label, ils me répondent que ce détail n’est pas essentiel… " nous nous en chargerons nous même "… Par contre, ils sont à la recherche d’un solide tourneur.

Il ne serait pas déçu car les prestations scéniques du groupe n’ont rien à envier aux plus grands…

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The Olympic Dragons, coup de cœur des Muzik’Elles, certes, mais, coup de cœur aussi de Mandor.

Les voici en live à la flèche d'or...

13 minutes - The Olympic Dragons
 

17:51 Publié dans 77FM | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : the olympic dragons

01 juillet 2008

Christophe... légende vivante!

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Aimer ce que nous sommes est sorti hier.

Un disque de toute beauté.

De Christophe.

(Ni Maé, ni Willem, je parle de THE Christophe).

La vedette des années 60, 70, 80, devenue icône branchée des années 2000 est de retour après 6 ans d’absence discographique. Il poursuit sa quête du Graal personnel : fabriquer de manière artisanale un univers parallèle fait de sons, d’images et de sensations… le tout porté par sa voix aérienne unique.

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Il fallait que je rencontre Christophe.

Ce n’est pas tous les jours que l’on papote avec une légende de la chanson française.

Avant le moment fatidique, il faut tenter de virer les clichés qui remontent à la surface quand on pense à lui. Vous savez, les grosses bagnoles, les juke-box, les nombreuses conquêtes féminines, les éternels tubes guimauves (pourtant classique indémodable), son côté ours fuyant les médias… mais ce n’est pas facile de se l’imaginer autrement.

Le 16 juin dernier, l’attachée de presse te donne rendez-vous à 22h30 à l’hôtel Costes. Tu acceptes parce que bon, quand même, c’est Christophe.

L’interprète d’Aline, des Marionnettes, des Mots bleus, de Senorita, de Petite fille du soleil, de Succès fou (je continue où j’arrête ?) arrive pile à l’heure (son heure) : 23h45.

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Marie-Pierre Chevalier, sa manageuse et néanmoins parolière de 4 de ses chansons de son nouvel album est là pour me tenir compagnie. Charmante en plus, la compagnie. Il finit par arriver tout timide, s’installe à la table et bredouille un bonjour poli. Il m’explique que ce matin, il s’est levé aux aurores (15h30) pour faire de la promo pour la télé (il a enregistré notamment le CD’aujourd’hui que vous pouvez voir là). Une coupe de champagne pour se réveiller ne lui fera donc aucun mal. (A moi non plus !)

Je lui demande pourquoi il ne boit plus de " piscines " (grand verre de champagne millésimé sur un lit de glaçon rehaussé d’un soupçon de fruit de la passion).

-Mon médecin m’a conseillé d’arrêter ça tout de suite. Les glaçons, ce n’est pas bon pour les intestins…

Je souris. Et je lui fredonne " À cause des glaçons… ".

Il me regarde curieusement.

Il ne doit pas connaître la chanson " À cause des garçons ".

Où alors, ce n’est peut-être pas drôle.

Pendant ce temps là, Marie-Pierre Chevalier nous paparazzine avec un téléphone portable. "J'aime bien prendre les journalistes qui rencontrent Christophe!" a-t-elle ajouté...

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Je lui avoue l’image que j’ai de lui et lui parle de mon étonnement de le voir joué le jeu de la promo (même s'il ne déroge en rien à ses habitudes, puisque ce sont les journalistes qui se mettent à son rythme. Très fort, ça!)

-En ce moment, il fait bon. Pas trop chaud, pas trop froid. Le moment idéal pour faire des rencontres, pour parler de soi. Je me sens bien pour faire des choses… de plus, je suis très sélectif dans mes choix d’interlocuteurs. Si on m’a conseillé d’accepter que vous soyez là, c’est que je présume que ça ira.

Euh… présumons, présumons…

-Vous avez vu l’Aston Martin garé devant le Costes ? Moi, les voitures, ça me rend fou. Je n’ai plus de permis, mais, je vais vous dire, quand je vois des voitures comme ça, ça me tue. J’ai le frisson. Je ne me suis pas soigné à ce niveau là.

Je tente de l’aiguiller sur le chemin que je veux prendre. Pas facile. Il faut être patient.

-Vous avez faim ?

-Non merci.

-Vous avez mangé avant ?

-Oui.

-C’est bien de l’avouer… j’aime bien les gens qui disent la vérité.

Il me tend la carte et me demande de choisir quand même.

-Il faut toujours manger quand on a faim. Moi, là, je ne veux pas rater mon repas. J’ai vraiment la dalle. J’aime le Costes parce que je mange d’habitude vers 2 heures du matin et parce que c’est très bon. Les pâtes sont très bonnes ici et j’adore les pâtes. Comme j’ai la flemme de les faire à la maison, je viens les manger ici.

(Pour les nouveaux venus, je rappelle qu’ici, c’est un blog dans lequel je raconte les coulisses de mes rencontres. Mine de rien, avec des détails jugés " insignifiants ", on en apprend parfois beaucoup sur les gens. Il faut juste lire entre les lignes…)

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Bon, allez, je m’y mets. Je parviens à ce qu’il me raconte, à la façon de Modiano (c'est-à-dire en parlant tout doucement, titubant vocalement et en finissant une phrase sur deux), la genèse de son album commencé en octobre 2006 et terminé seulement il y a quelques jours.

-Tout arrive comme ça… je ne prémédite rien. L’album se construit au milieu de plein de choses qui existent déjà. Moi, je ne prépare pas un disque. Je le fais, presque sans le faire exprès. Simplement avec feeling et avec passion. Je voulais une ouverture et un générique de fin. Isabelle Adjani s’est occupée de la première et Daniel Filipacchi du second.

Il s’arrête de parler, prend une bouchée de sa salade de homard et son regard se fait lointain. Ça y est, il est parti dans son monde. Je me demande, si je l’ai perdu. Non. Il reprend.

-Mon disque est conçu comme un film. Il y a bien des films sans son. Moi, j’ai fait un film sans image. 

Il m’avoue ensuite être dans un état indescriptible lorsqu’il crée.

-Je suis comme un peintre qui peint sa toile (il me cite Basquiat), comme un cinéaste qui tourne un film (il me cite David Lynch), comme un auteur qui écrit son livre (il ne me cite personne), je porte longtemps en moi ma création. C’est lourd long et très dur. Je passe par des souffrances terribles et par des bonheurs fugaces… Tout se mélange et ça me met dans un drôle d’état. Aujourd’hui, heureusement, j’ai fini et ça fait du bien.

Je lui demande pourquoi, entre deux albums, il y a ce silence si assourdissant.

-Je refuse tout ce qu’on me propose. Je veux aller à mon rythme. Je ne veux avoir de compte à rendre à personne, ni avoir le moindre contrat. Je suis dans ma bulle, j’ai ma cadence…

Il s’interrompt à nouveau. Demande de nouvelles coupes de champagne, puis il sourit et se justifie.

-Ce n’est pas une question d’argent. Je suis suffisamment inconscient pour vivre comme si j’étais le roi du pétrole. Mais, je ne suis pas le roi du pétrole, alors, j’ai des hauts et des bas. J’ai pas mal de bas d’ailleurs. Ce qui compte, c’est d’avoir de la ressource, comme sur un ring… d’avoir le deuxième souffle pour mettre KO tout le monde ! 

Allez, une pause. Une version récente des Mots bleus... Je ne m'en lasse pas.

Je lui parle du syndrome de Peter Pan.

-Moi, je vis à 63 ans exactement dans le même état qu’à 18 ans. Plus on vieillit, plus on est nostalgique de la jeunesse. Personnellement, je ne cours plus comme un lapin et ça me fait vraiment chier. Je parle toujours de mes 50 ans parce que c’était ma période préférée. Je me prenais pour un dieu.

Un silence. Puis il ajoute.

-En plus, avec la nouvelle technologie, je préférerais avoir 40 ans que l’âge que j’ai aujourd’hui.

Ce qui me donne l’occasion de lui demander ce qu’il pense de l’Internet.

-Je n’y comprends rien. Je regarde juste les vidéos sur You Tube. Euh… non ! Je regarde les vidéos sur Dailymotion. You Tube, ils m’énervent… ils n’ont pas grand-chose sur Lou Reed. Lou Reed, vous comprenez, c’est mon idole, c’est un killer…

Et je vous jure, à ce moment précis, dans les enceintes du Costes qui ne diffusaient jusqu’à présent que de la musique lounge, on entend le classique de Lou Reed… Walk on the Wilde Side.

Il me regarde et me dit. Ne vous inquiétez pas… ça m’arrive tout le temps.

Re pause... duo Christophe/Sébastien Tellier: La dolce vita.

Le disque de Christophe, Aimer ce que nous sommes, ne peut pas s’expliquer. Juste, comme il se fonde sur l’émotion, il se ressent (ce qui n’est pas pratique à décrire pour un journaliste musical.) Je ne peux que vous conseiller de pénétrer dans cette superproduction hollywoodienne dans laquelle il fait bon se perdre. Les chemins sont sinueux, tortueux, mais majestueux. Ne pas trouver la sortie est une récompense tellement il est plaisant d’évoluer dans le paysage que nous offre cet artiste unique.

-Si je vends mon album, je n’aurai pas honte. Je le mériterais. Si je ne le vends pas, je serai heureux de l’œuvre...

La nuit se poursuit.

J’apprendrai pêle-mêle qu’il n’aime bien son " œuvre " que depuis 1995 et l’album Bevilacqua, qu’il ne se considère pas comme un intellectuel (il ne sait même pas ce que c’est que d’être " intellectuel ", que sa passion pour les femmes est toujours aussi grande, qu’il est un homme libre (qui fait des choix de vie en prenant tous les risques), qu’il n’est pas branché, qu’il aime beaucoup Abd El Malik (qui a fait un disque de " différence ") et toutes sortes de choses qui aliment une conversation.

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À deux heures du matin, je dois laisser ma place à une certaine Valérie.

Qui est en fait Valéry Zeitoun (patron du label AZ, la maison de disque du chanteur) que Christophe a gaillardement fait patienter une demi-heure pour finir notre conversation et son repas.

La grande classe.

Je résume : Christophe est franc, lucide, un eu écorché vif. Mais il est surtout l’un de nos artistes français les plus originaux et essentiels…

Ici, une interview plus dans les normes sur le nouvel album..., là une chronique bien troussée et pour clore le sujet, un article intellectuellement masturbatoire.

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