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22 juillet 2008

William Baldé... MC solaire!

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"Un matin suspendu
Au fleurs de ton jardin,
Ma main sur ton petit cul,
Cherche le chemin… "

Il y a des chansons qui encombrent des carrières.

Ce tube de l’été (que l’on entend partout) va coller à la peau de William Baldé très longtemps.

Et c’est dommage parce que cet artiste là (qui n’est pas un perdreau de l’année : 43 ans et des années de carrière), vaut largement plus que cette honnête chansonnette.

Son album En Corps Etranger est un bijou reggae, pop, folk, soul.

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La Spöka team m’a arrangé un rendez-vous en deux temps, trois mouvements…

Rares sont les fois où j’arrive à la bourre à un rendez-vous, mais ce mercredi 16 juillet, ce fut le cas. Un quart d’heure de retard, ce n’est pas bien grave. Sauf pour moi. J’arrive dans la pièce où m’attend William Baldé. Il lit tranquillement un journal en m’attendant. Je lui demande de m’excuser.

Il sourit gentiment. Je crois qu’il s’en fout. Cool attitude !

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Je passe sur ses origines : " William est né à Kindia, élevé à Conakry, la capitale guinéenne par sa mère médecin, avant d’être envoyé à Dakar où vit son père, tailleur et styliste, d’origine peule et touarègue. A l’âge de 15 ans il débarque à Paris où il espère devenir avocat, mais bien vite, il fréquente des musiciens bohèmes avec qui il finira par interpréter des succès internationaux sur les marches du Sacré-Cœur, dans le métro et dans les bars ". C’est ce qu’explique, en substance, le dossier de presse.

Bon, je vais vite, parce que parfois, les bios, c’est limite lassant à lire…

l_bd7c93236f2902035a4f590b9d813d64.jpgEn 1996, le sympathique Baldé sort un disque chez EMI avec d’autres musiciens. Ils forment le groupe Yuba. Le public n’est pas au rendez-vous.

-Déjà qu’un artiste doute tout le temps, alors, quand on a l’occasion de signer dans une maison de disque et que ça ne fonctionne pas, on se remet forcément en question. Notre album était en wolof (la langue du Sénégal) et en anglais. La personne qui nous a découvert s’en fichait complètement parce qu’il aimait notre travail. A la sortie de l’album, il a été remercié et, dans le même temps, les quotas sur la chanson française sont apparus. La maison de disque n’a pas su trop quoi faire avec nous.

Pas folle la bête, le premier album solo de l’ami William est donc en langue française (à l’exception près de Sayiima lagissé et Yönn-gui, sa chanson préférée du disque…).

-C’était un défi. J’étais tellement vexé par rapport à Yuba que je me suis dis que j’allais travailler comme un fou la langue française, de manière à ne pas avoir honte de mes textes. Il faut dire que j’avais placé la barre très haute. Mes références sont Léo Ferré, Jean Ferrat, Jacques Brel et Edith Piaf. J’aime aussi beaucoup Berthe Sylva.

Je plaisante avec lui en lui suggérant de sortir un jour un disque intitulé : William Baldé chante Berthe Sylva. 

Il se marre.

Il est poli.

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Bref, je persiste à dire qu’il ne faut pas que vous vous contentiez de juger cet artiste sur Rayon de soleil. Il y a des chansons magnifiques comme En corps étranger, Sweet Lady ou Exil.

-J’ai fait des chansons sociales, parfois sombres. Je n’avais pas envie de plomber l’ambiance dès le premier disque. Que le public me découvre avec un titre léger et rigolo, ça ne me dérange pas. Je leur demande juste de faire l’effort d’écouter le reste, d’essayer de me découvrir réellement avec mes autres chansons.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends par Warner que le disque est déjà disque d’or en moins d’une semaine.

N°1 des singles.

Ce qui laisse présager un score plus qu’honorable à la rentrée…

Le clip, objet du délire...

 

Comment William Baldé gère-t-il ce succès (pas si soudain que cela) ?

-Je n’en reviens pas. Heureusement que je fais de la promo, comme ça, je cours tout le temps. Je n’ai pas le temps de réaliser. En fait, ce sont les copains qui me disent qu’ils n’arrêtent pas de me voir à la télé, sur Internet, à la radio. Je pense que pour ne pas perdre la tête quand arrive un truc comme ça, il vaut mieux avoir un peu de vécu professionnel, afin d’avoir un peu de recul. Moi, j’ai eu mes années de métro, de bars... Je relativise donc un peu tout ça.

Il s’arrête, réfléchit puis ajoute.

-Je suis surpris par la réaction de mes 2 filles. Elles m’ont vu des années un peu galèrer pour jouer, mais elles me disent aujourd’hui que ce qui arrive autour de moi est une évidence. Une évidence, elles disent. C’est fou ça ! Je me dis que je ne dois pas m’affoler. Ce succès peut ne pas durer. Le marché du disque étant ce qu’il est, il faut raison garder.

Effectivement, difficile de s’enthousiasmer trop longtemps.

Le sieur Baldé tient à ce que je précise qu’il remercie Christophe Maé.

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Au milieu, ce n'est pas Louisy Joseph.

-Un jour, un mec nous a demandé de chanter avec nous. Je lui avais dit de passer en première partie. Il était étonné parce qu’on n’avait pas écouté sa musique. Je lui avais répondu que s’il tenait à chanter, c’est qu’il savait le faire… 

Vous l’aviez compris, le mec, c’était Christophe Maé. De là est né une amitié et une admiration réciproque.

-Christophe est quelqu’un d’entier. Il aime avoir sa petite famille d’amis. Il m’impressionne. Il est plus jeune que moi et il mène sa carrière de façon éclatante et simple. C’est un bel exemple de réussite.

William Baldé, à la fin de l’interview se prête au jeu des photos mandoriennes.

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Avant que l’on se quitte, il m’avoue :

-Les gamins que je croise dans la rue me demandent si c’est bien moi qui chante " ton p’tit cul " ! Je suis bien obligé de rester à ma juste place.

L’artiste est lucide, il n’en reste pas moins un songwriter inspiré et lumineux. Ses compositions sont riches en harmonies, sophistiquées et très efficaces.

Un mélange de balade au grand air et de voyage intérieur.

J’adore !

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Commentaires

bonjour,
Je suis un ami d'école de William ( 5,4et 3 ème 1977 1978 et 1979 ) je souhaiterai le contacter l'ayant perdu de vue en 96, pourriez-vous m'éguiller ?
je vous remercie

Franck

Écrit par : franck LEWANDOWSKI | 01 octobre 2010

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