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« David Salsedo | Page d'accueil | Une Picard, sinon rien! »

09 juillet 2008

Comment j'ai réussi à m'engueuler avec Dany Boon...

C'était cet après-midi dans le beau village de Montévrain.

Je l'ai quand même mandorisé, mais je n'étais pas content.

Ca se voit d'ailleurs.

Photo 007.jpg

Peut être un peu de ma faute, peut être un peu de la sienne...

Une belle incompréhension, en tout cas.

Demain, des explications sur: "comment se prendre la tête avec le comédien le plus gentil de sa génération".

(avec des guests en sus!)

EDIT Le 10 juillet 2008, 18h15: Les explications:  (parce que vous n'en dormez certainement plus!)

Dany Boon : Après, parce que là je dois me préparer pour tourner une nouvelle scène.

Mandor : Non ? Vous plaisantez là ?

DB : Pourquoi ?

M : Mais parce que vous m’avez dit que vous répondriez à mon interview après que vous ayez déjeuné.

DB : Non, je n’ai jamais dit ça. J’ai dit "peut-être ".

M : Non, vous m’avez dit après le déjeuner.

Dany Boon est à la porte de sa caravane loge. Il tourne à Montévrain des scènes du film De l’autre côté du lit, un film de Pascale Pouzadoux (d’après le roman éponyme d’Alix Girod de l’Ain).

Montévrain est à 17 km de Meaux. Alexandre, (un ancien stagiaire de 77FM) qui habite ce beau village nous a donné l’info qu’aucun autre média ne sait. Dany Boon, Sophie Marceau et Armelle tournent dans son fief (et, initialement, en toute discrétion).

Evidemment, le truc d’aller sur place sans prévenir quiconque pour interviewer les uns et les autres s’est imposé à nous (mon boss et moi !)

Je sais pertinemment que, dans ce genre de contexte, rien ne sert de préparer le terrain. Si je passe par les voies officielles, je n’obtiendrai pas d’accord pour faire mon boulot. Les comédiens ont autres choses à faire que de répondre aux journalistes locaux quand ils tournent un film. J’en ai pleine conscience et je le comprends parfaitement.

Mais, voilà, je me suis dit que parfois, il faut y aller au culot.

Je me suis donc rendu sur place hier en tout début d’après-midi. J’ai retrouvé le fameux Alexandre chez lui afin qu’il m’amène sur les lieux du tournage… on y retrouve un de ses sympathiques amis, François-Xavier.

On assiste à une scène du film, maintes fois répétées.

Voiture 3.jpg
(Photo de la scène: Alexandre Colonel)

Une heure plus tard, je vais à la rencontre de Dany Boon.

Il me signifie, charmant, qu’il se rend dans sa loge quelques minutes et qu’il viendra répondre à mes questions après.

Un type de la régie, soudain, vient me voir. Il me dit que, non, ce n’est pas possible, Dany Boon n’a pas le temps. Je tente de parlementer avec le monsieur car, c’est lui qui tiendra le rôle de l’obstacle à franchir pour interviewer le comédien. Dany Boon n’a donc pas envie de donner d’entretiens, mais a préféré me le faire savoir par une tierce personne.

Je dis au gars (pas méchant, il fait juste son boulot) que je viens de Meaux, que j’ai fait 40 bornes pour interviewer Dany Boon. Il me regarde me justifier en souriant, puis il m’assène un fort mérité: " Meaux n’est qu’à 17 kilomètres d’ici. " Merde, il est du coin.

Je bredouille un " Enfin, oui, mais je viens du Val d’Oise, là où j’habite ", ce dont le type se contrefout.

Tout ça pour dire que je reste à proximité de la loge du ch’ti. Il me voit et me dit qu’il va déjeuner et que…

Je reprends donc la conversation laissé plus haut.

Dany Boon : Mais, bon sang, ne m’énervez pas, je vais devoir tourner dans quelques minutes, il faut que je reste calme.

Mandor : Je ne veux pas vous énerver, mais je suis là depuis 3 heures et vous reportez toujours à plus tard. Je fais quoi ? Je reste stoïque à vous attendre ? Je ne peux me permettre de rester ici toute la journée.

DB : Personne ne vous oblige à rester.

Là, mon sang commence à bouillir.

M : Je ne comprends pas. Je vous observe depuis ce matin. Vous êtes quelqu’un de très sympathique. Vous parlez aux jeunes qui viennent vous voir, vous signez des autographes, vous posez avec tout le monde, le tout avec le sourire et vous refusez de prendre quelques minutes avec moi.

DB : Vous savez, je suis ENORMEMENT sollicité par les médias en ce moment. Je ne peux pas répondre à tout le monde ! En plus je me suis réveillé à 6 heures du matin !

Je ne sais plus ce que j’ai répondu, mais je crois que nos voix ont augmenté de volume puisqu’une petite troupe s’est formée autour de nous. C’est marrant, quand j’ai l’impression que l’on me prend pour un con (en l’occurrence, pour un petit journaliste sans expérience qui bosse dans une radio sans importance du coin de la rue), je perds tout sens de la mesure et j’oublie qui est en face de moi (vous ai-je raconté mon aventure avec Pascal Obispo?).

M : Je suis très déçu. Vraiment. Vous me faites mariner depuis 3 heures pour rien, ce n’est vraiment pas sympa.

(Mince, moi qui ai tourné avec Anne Marivin, sa postière préférée, interviewé son patron fictif et la femme de son patron, moi qui suis un ami de longue date de l'inspecteur de la poste qui vire son patron fictif…)

DB : Oh, mais ne jouez pas à l’homme pressé, en plus ! Si c’est ça, même plus tard, je ne répondrai pas à vos questions.

Na na na na nè-reu…

Je ne veux pas céder. Il est hors de question que je revienne bredouille à la radio, question d’honneur.

J’suis con parfois.

Je reste là avec mon micro dans les mains. Tout le monde me regarde. Je m’attends à ce qu’un service d’ordre vienne me " déloger ".

Et un miracle se produit.

DB : Allez, montez !

J’ai gagné.

Dans sa caravane nous nous expliquons plus sereinement.

Puis je lui pose des questions sur ce nouveau film.

Pas un vrai échange comme j’aime en avoir.

J’étais énervé, lui poli.

Le résultat est écoutable sur ce podcast très court:


podcast

Je suis déçu, c’est vrai. J’aime bien cet artiste. Je crois qu’il n’en peut plus de répondre aux journalistes, de toujours entendre les mêmes questions, que la terre tourne autour de son nombril.

Curieusement, je le sens humble.

Dany Boon.jpg
(Un peu après tout ça... Pas rancunier et toujours souriant. Photo: Alexandre Colonel).

Je ne le plains pas, hein… Dany Boon est millionnaire, populaire, heureux en amour… mais je peux comprendre qu’il en ai ras le bol de parler de lui et de son succès.

Ce que je voulais, c’est qu’il soit franc avec moi dès le départ. Qu’il ne me fasse pas poireauter comme un abruti. Que la situation soit plus claire.

Quand j’ai quitté la caravane de Dany Boon, une jeune fille de l’équipe de tournage m’a regardé droit dans les yeux en me disant : " Ce n’est pas très classe ce que vous avez fait. Un forcing comme ça… Pfff ! ".

Grosse conne !

Le régisseur principal, lui aussi, m’est tombé dessus.

-Vous êtes qui ?

Je me présente une nouvelle fois, donc.

-Vous savez qu’il faut passer par moi pour les interviews ?

-Non. Mais, vous, vous me voyez depuis 3 heures avec mon micro à la main et faire des interviews… Vous auriez pu vous présenter à moi.

-Oui, ben, hein, c’est moyen comme façon de faire. Ne recommencez pas !

A ce moment Sophie Marceau passe à côté de nous. J’ai failli m’approcher d’elle pour lui demander une interview, je n’en ai pas eu la force.

Tout le monde m’a fatigué.

Plus d’énergie, même pour déconner.

Je suis retourné à la radio épuisé.

Vraiment.

Si je raconte ça, c’est que ce genre d’anecdotes fait aussi partie du métier.

On peut louper des rencontres.

Un artiste, même avec un cœur gros comme ça, peut ne pas vouloir se faire emmerder par un journaliste parfois un peu lourd quand il veut obtenir quelque chose.

Lourd ou tenace ?

Je ne me sens pas tout à fait fautif. 

Un peu quand même.

(Et puis, pour résumé, il n’y a pas mort d’homme…)

(Je ne vais pas en faire un plat.)

Bonus : Avant ce bordel, j’avais interviewé Armelle. La déjanté Armelle, pourrais-je dire…

Photo 003.jpg
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Photo 005.jpg
Interview Armelle 2.jpg
Photo 006.jpg
EDIT, le 11 juillet:
Sinon, le résultat de ma formidable investigation (ça va chez vous?) est écoutable ici.

Commentaires

Tu lui as dis que Boulogne sur Mer c'était le Nord?
;)
Moi je connais sa cousine et elle est adorable, et toc!:)

Écrit par : E | 09 juillet 2008

J'ai du mal à croire... J'ai rencontré Danny Boon dans un apres spectacle à Luçon, l'année de son accident. Il a resisté -avec le sourire!- à toutes les questions des élus...Alors, je veux bien croire que tu es un excellent journaliste, mais enerver Danny Boon, juste pour meilleures réponses, j'ai du mal à croire que tu aies réussi ... :)

Écrit par : ecaterina | 09 juillet 2008

Ah oui ça se remarque tout de suite sur la photo ;-) A mon avis vous vous êtes disputés pour savoir qui laisserait passer l'autre en premier ! Bon je reviens demain alors...

Écrit par : Marie-Laure | 09 juillet 2008

C'te teasing de ouf !
Nan, c'est irrémédiablement impossible de s'engueuler avec le Danny !
A mon "piti" (lire avec l'accent d'Homer Simpson) avis, vous vous êtes payé une bonne tranche de jambon et de rire...
Stou.
Nan ?
Hé ???

Écrit par : Olivier Goujon | 09 juillet 2008

Non ?! Ben alors... que vous est-il arrivé ? Vite, suis impatiente moi ;o)

Écrit par : Nath | 10 juillet 2008

est-ce qu'il est arrivé avec 3 heures de retard???????

parce que si oui, c'est INACCEPTABLE!

ahem...

oui je sors Président...

pardon.

:)

Écrit par : balbc | 10 juillet 2008

idem balbc,
ça c'est pas poss' !!!!!
;)

Écrit par : katy fapminute | 10 juillet 2008

tu lui as dit que son film est nul ?
ça, ça aurait pu le blesser.
même si c'est la stricte vérité.

Écrit par : LudoFJ | 10 juillet 2008

Salut François, super ce petit apareil-micro ! ou as tu trouvé cela ?

Moi c'est curieux... je suis disponible pour la presse les médias, la TV, la Radio le dernier 20h00 ce soir de PPDA mais pas un journaliste vient me voir ! brrrrrr!!

Écrit par : Christophe Devé | 10 juillet 2008

Ah vi rencontre loupée... Mais effectivement il bossait aussi et il doit être plus que sollicité.
Tu aurais peut-être du reporter?
Mais bon pas évident ton mètier...
Allez va boire un chti canon ça ira mieux!;)
Bises.

Écrit par : E | 10 juillet 2008

ça c'est pris sur le vif ! quel sens du suspense ! Quelle tenacité !

Écrit par : Luc doyelle | 10 juillet 2008

Armelle semble sous le charme :)

Écrit par : Eddie | 11 juillet 2008

@E: Tu connais sa cousine!!! Truc de dingue!
@ecaterina: Ca n'a strictement rien à voir avec l'interview, qui, elle, s'est bien déroulée.
@Marie-Laure: Sur la photo, je regrette de ne pas avoir su cacher mon énervement, parce que Dany Boon, lui, a bien joué le jeu.
(Bon, en même temps, il est comédien...)
@Olivier Goujon: Ce qui est marrant, c'est que j'ai beaucoup d'estime pour cet artiste. Je suis donc, un peu désolé de ce "loupage". Rien ne vaut un rendez-vous officiel. Tout le monde est toujours plus détendu. Mais, tu sais, parfois, mon métier m'impose un comportement qui ne correspond pas à ma personnalité. Je n'ai manqué de respect à personne, mais j'ai dérangé.
Point barre.
@Nath: Voilà, tu sais tout désormais. Rien de dramatique.
@balbc: Tsss...
(toutes ressemblances avec une situation de la vie réelle ne serait...etc.)
;o)
@Katy fapminute: Rien à voir avec le sujet, mais tu nous as manqué... lors de la dernière réunion (dont la note arrive. Si, si.)
@Ludo FJ: S'pèce de rebelle, va!
@Christophe Devé: C'est une trouvaille de ma radio!
@E: Reporter aurait été difficile mademoiselle. Il quittait ce village le soir même...
Luc Doyelle: Tu as vu ça? Mais il me semble que tu as oublié: quel sens de la formule!
@Eddie: Evidemment!
Ahem...

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 11 juillet 2008

Et il s'est passé quoi avec Obispo ? Oui, j'ai de la suite dans les idées moi aussi... mais tu en parles alors ;o)))

Écrit par : Nath | 15 juillet 2008

On dirait le récit d'un pécheur au gros invité à bord du yacht de Bolloré déçu de son score people.
On pourrait dire un char Patton parti à la chasse à l'éléphant perdu dans un champ de sourires simples et clairs.
On croirait que le journaliste est humble et subtil, et sait approcher avec humanité ses sujets.

On voit surtout que la proie n'est qu'une cible pour le prédateur, ce qu'elle sait très bien (elle n'est pas toujours conne, hélas).

C'est bien le tableau de chasse qui compte ? C'est bien ça ?
Dommage. Je croyais que vous aviez d'autres qualités (moi aussi je suis un peu con).

Écrit par : Fabien | 22 juillet 2008

@Nath: J'écrirai cette histoire un jour...
@Fabien: Très intéressant ce commentaire. Il m'a fait réfléchir. Vous avez raison, Dany Boon, j'en ai fait une affaire personnelle. Je m'aperçois que lorsque j'ai un rendez-vous officiel (comme c'est le cas systématiquement), que tout roule (comme c'est le cas souvent), je suis le journaliste que vous pensiez que j'étais (car, il faut désormais parler au passé, hein?)... un peu humain. Mais, lorsque l'on me fait attendre (ce qui ne m'arrive jamais), que l'on me promet mais que l'on ne tient pas ses promesses, que l'on me prend pour un zigoto, là, je constate que je deviens un véritable con buté.
Je n'ai pas l'habitude de cette deuxième situation, je la gère donc très mal.
Pour tout dire, je me suis découvert "autrement" avec cette histoire. C'est bien, je vais tenter de gommer ce côté là de moi. Je ne veux pas me comporter comme une "diva de l'interview" (ce que je ne suis pas.)
Mais, vous savez, Fabien, je n'ai jamais pensé être un homme parfait, "humble et subtil", je me connais trop... mais, faire un caprice comme un gamin de 4 ans pour qu'on veuille bien répondre à ses questions, là, j'avoue, je mérite vos réflexions.
(Mais, si je peux me permettre, il ne s'agit pas d'une histoire de tableau de chasse... je n'en suis plus tout à fait à ce stade. En 25 ans d'interviews, je pense avoir eu un peu tout le monde, parfois plusieurs fois.)

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 22 juillet 2008

Je ne suis pas d'accord avec le discours de Fabien. Porter un jugement à l'emporte-pièce sur la base d'un témoignage qui est forcément partiel et subjectif, c'est un petit jeu risqué et d'un intérêt nul.

Le simple fait de poster un article de ce contenu est, à mon sens, un signe d'humilité. Quelqu'un qui reconnaît spontanément ses erreurs mérite mon respect. Ensuite, les torts sont partagés. Si la star ne veut pas d'interview, elle dit non tout de suite (moi, j'avais dit oui, et ça c'est très bien passé, non? Ah bon, je ne suis pas une star? Oh, pardon).

Ce témoignage évoque pour moi le fossé qui caractérise une profession à deux vitesses. Si PPDA s'était déplacé sur ce tournage, on lui aurait déroulé le tapis rouge. On ne prête qu'aux riches. Derrière, les journalistes de terrain, ceux qui ne montrent pas leur tronche à la TV, rament pour glaner une interview. Avec la nécessité, parfois, de prendre des risques.

Mandor, arrête de culpabiliser, et continue à faire ton travail honorablement !

Écrit par : luc Doyelle | 22 juillet 2008

Moi, je l'ai toujours dit, faut pas faire chier un mec du 7.7 : c 'est que des cons les mecs du 7.7 ! Enfin, c'est ce qu'on dit par chez nous, dans le 9.3 ! (Bondy-Nord est dans la place !)

C'est comme ça qu'on dit, heuin ? Non ?

Écrit par : MERLINBREIZH | 17 septembre 2008

Qui a porté Boon au triomphe ? Qui lui a léché les boules pendant des mois de promos l'année dernière ? => médias & co

Pas étonnant de se retrouver dans cette situation.

Du comique de théâtre provincial il est passé méga star française courtisée dans la métropole et dans le monde.

Un remake va même voir le jour aux États-Unis de son film BCLC !

Écrit par : untel | 16 janvier 2009

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