Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« L'éternel repos de Jean Delannoy... | Page d'accueil | Rit... un grand (mais personne ne le sait!) »

22 juin 2008

Jeff Bodart... la fin d'un gangster.

"Le belge Jeff Bodart est prophète en son pays. Il tente régulièrement quelques incursions en France pour le devenir aussi un peu ici, mais le succès ne reste que d’estime.

Le caustique personnage n’est pas seulement un « trublion positiviste à casquette », il est aussi un homme profond, sensible, à la poésie mélancolique. Un homme qui doute.

Dans les années 80, il sort deux albums avec le groupe Gangsters d’amour. Puis, il poursuit sa route seul: Du vélo sans les mains en 94, Histoires Universelles en 97 et Ca ne me suffit plus en 2001. Miossec, Biolay, Kent et même son pote Benoit Poelvoorde sont de la partie. Le gaillard sait s’entourer. Jeff « Tintin » Bodart revient avec un album jouissif, impertinent, drôle et grave à la fois. T’es rien ou t’es quelqu’un , à l’instar du titre « Boire, boire, boire » se consomme sans modération…

Scan10004.JPG

Virgin : Pour cet album, vous avez écrit 40 chansons. C’est cornélien de n’en retenir que 11.

Jeff Bodart : C’est même terrible ! Pour moi, la pire des choses de l’existence est de choisir. D’ailleurs, je m’en sors en général assez mal. Je suis un indécis sur tout. Je me pose toujours les grandes questions jusqu’à la dernière seconde. Ma devise est « peut mieux faire », alors…

 

Virgin : Depuis quelques années, vous ne supportez plus la solitude, du coup, vous travaillez toujours à plusieurs et uniquement avec des amis. Une vraie partouze musicale !

J.B : (Rires). Je n’avais pas vu la chose sous cet angle, mais c’est vrai. Non seulement je partage de plus en plus mon écriture mais il m‘arrive même de me faire tailler des chansons sur mesure. C’est extrêmement excitant de se voir dans l’œil de quelqu’un d’autre, de se faire construire un morceau d’univers dans la prunelle de quelqu’un.

Scan10003.JPG

 

Virgin: Dans « Etre ou ne pas être » vous ajoutez : «Je suis plutôt peut-être ». Vous avez un côté « école jésuite »…

J.B : Les choses définitives m’effraie. On a le droit et le devoir de se contredire surtout lorsqu’on a des occupations de création. Un jour, je peux dire noir et le lendemain, avec la même conviction, dire blanc sur le même sujet. Pour définir une vérité on n’a jamais trouvé mieux que « thèse, antithèse, synthèse ».

 

Virgin : Dans votre surprenante reprise de « Da Da Da », vous parlez d’un homme qui boit par dépit amoureux.

J.B : « Boire, boire, boire » est une histoire d’amour complètement désespéré. C’est boire dans le sens « je te boirai toute entière ». Je sublime le rapport à l’alcool dans une expérience amoureuse.

 

Virgin : Vous êtes quelqu’un de généreux, complice, vivant, taquin sur scène, mais je sais aussi que vous êtes malade de trac avant le lever de rideau.

J.B : Je suis liquéfié vous voulez dire. De toute manière, j’ai un problème. Je n’ai jamais de tranquillité et, surtout, je n’ai jamais le sentiment du devoir accompli. Si je l’avais, je serais mort parce que je n’aurais plus rien à dire. Et comme j’ai la ferme attention de faire vieux chanteur…"  

Scan10005.JPG

Un article que j'ai écrit à l'occasion de la sortie de l'album de Jeff Bodart : T’es rien ou tes quelqu’un chez VS Music/ Night & Day sortie le 16 juin 2004. (Virgin l'hebdo n°21, datée du 23 juin 2004)

(Les photos sont toutes signées Valérie Archeno. Elles ont été prises lors de l'entretien le 27 avril 2004 chez Edel Music France.)

 

La re-lecture de la fin de mon papier à un drôle de goût aujourd'hui...

 

Hier, en lisant mon Chorus trimestriel et essentiel, je tombe sur un article annonçant le décés de Jeff Bodart le 20 mai dernier d'une attaque cérébrale.

46 ans.

Ca m'a secoué car je connaissais le garçon, certes, comme une bête de scène, mais aussi, comme un vrai fêtard. "Il était un dévoreur de vie. Jeff avait deux passions: la scène et les moments passés entre amis, autour d'un verre, jusqu'au bout de la nuit. Il en a fait voir à sa carcasse..." insiste Thierry Coljon dans son article.

 

La télé Belge a annoncé sa mort, très émue...

 

 

 

 

Sa dernière prestation télévisuelle, deux mois avant son "départ"...

 

 

 

Son dernier clip tiré de son dernier disque Et parfois c'est comme ça.

Demain matin...

 

 

09:13 Publié dans Hommage... | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Putain, un Jef(f) est resté sur le carreau...
Je ne le connaissais pas, mais son prénom m'a irrésistiblement plongé dans la chanson éponyme du grand Jacques. Un autre écorché vif, un autre dévoreur de la vie, un autre désespéré de la vie comme bon nombre d'artiste. A se demander s'il faut vraiment être artiste...
"Viens, il me reste trois sous
On va aller s’les boire
Chez la mère Françoise
Viens, Jef, viens
Viens, il me reste trois sous
Et si c'est pas assez
Ben il m’restera l'ardoise
Puis on ira manger
Des moules et puis des frites
Des frites et puis des moules
Et du vin de Moselle
Et si t'es encore triste
On ira voir les filles
Chez la madame Andrée
Paraît qu’y en a d’nouvelles
On r’chantera comme avant
On s’ra bien tous les deux
Comme quand on était jeunes
Comme quand c'était le temps
Que j’avais d’l’argent"
Je comprends et partage ta peine François. Les hommes et les femmes de coeur partage cette authenticité et ce désespoir mâtiné de douce folie et d'espérance en une humanité retrouvée. La vie peut s'arrêter à 46 ans. Sans rab. Sans rémission. A nous de lui conférer sa juste valeur, sa pleine valeur. N'attendons pas d'être vieux pour être plein. Jusqu'au bout de notre nuit... jusqu'au bout de nos rêves... jusqu'au bout de notre courage d'être ce que nous sommes...
Ciao Jeff...

Écrit par : Olivier Goujon | 22 juin 2008

Un appel à François :

A peine avais-je envoyé mon commentaire que vous pouvez lire ci-dessus qu'une question est venue me tarauder doucement mais avec insistance. La voici posée en vrac : pourrais-tu nous exprimer, cher François, les enseignements que tu retires de toutes ces interviews d'artistes, d'hommes et de femmes de passions ? Toutes ces heures d'interviews, que t'ont-elles enseigné ? Je trouve que cela pourrait faire le sujet d'une note très intéressante... pour toi comme pour nous...
Bon courage pour cette synthèse qui mérite d'être réalisée !

Écrit par : Olivier Goujon | 22 juin 2008

@Olivier Goujon: Les enseignements que je retire de toutes ces interviews d'artistes, d'hommes et de femmes de passions?
Je vais réflechir à cette question qui est drôlement vaste. Promis, je tenterai dans faire une note...

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 23 juin 2008

Les commentaires sont fermés.