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30 mai 2008

Stéphanie Lapointe... chanteuse humanitaire!

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« La jeune québécoise qui monte s’appelle Stéphanie Lapointe. Révélée dans son pays grâce à la « Star Académie 2004 » dont elle fut la gagnante, la jeune demoiselle nous offre là un premier album sensible et touchant. Même si elle ne cesse de s’interroger sur le temps et sur l’enfance, la douceur de sa voix et la mélancolie de ses mélodies nous attirent dans une bulle intemporelle et feutrée. Difficile de lutter. La chanteuse se montre à la fois taquine, profonde et légère. Elle joue avec pudeur de son côté femme enfant. Surtout, ne vous fiez pas à son joli minois et à sa voix enfantine, à 24 ans sa maturité et son exigence du bel ouvrage imposent le respect. Cerise sur le gâteau, la miss Lapointe est une personne engagée. Depuis l’année dernière, elle est devenue ambassadrice d’Unicef Québec. Ses prochaines chansons gagneront certainement en épaisseur… mais après tout, un peu de finesse dans ce monde chaotique, ça ne fait pas de mal. Bien au contraire. »

 

Voilà pour l’article paru (dans le Virgin du mois de mai… à ce propos, je crois que je n’en ai oublié aucun…)

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Le 9 mai dernier, je suis allé à sa rencontre dans les bureaux de l’antenne française de sa maison de disque Exclaim. Bien sûr qu’elle avait l’air un peu fatigué. Elle était quasiment en transit après un mois passé au Darfour et deux semaines au Rwanda.

Pour en connaître les raisons, je vous conseille fortement de cliquez ici. La petite à tout d’une grande…

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Bref, vous l’avez compris en lisant mon article, je suis très client de ce que fait la demoiselle. Elle m’accueille de manière fort chaleureuse et finit par me dire : « J’avais entendu toutes sortes d’histoires sur les journalistes français. Ariane Moffat ne m’avait pas rassuré sur vous… j’avais certaines craintes et en fait, tout le monde est très gentil ».

Tiens donc ! Marrant parce que j’ai interviewé Ariane Moffat pour son premier album il y a 3/4 ans et l’ambiance était effectivement très froide. C’est d’ailleurs suffisamment rare pour que je m’en souvienne parfaitement. Peut-être est-ce une question comportementale de l’artiste elle-même ? Faudrait creuser au lieu de médire sur les journalistes auprès d’autres artistes d’un autre pays. Parce que je peux dire, c’est qu’ici, on est plutôt accueillant avec les Québécois…

 

1721043154.jpgEn tout cas, Stéphanie Lapointe est si gentille et simple qu’il serait difficile d’être désagréable avec elle. On parle longuement de son album… qui date d’il y a 3 ans maintenant. Elle sort son prochain bientôt au Québec. Ici, en France, elle doit recommencer à zéro pour se faire connaître.

 

-Je suis extrêmement fébrile de venir travailler ici. Tout est à refaire, c’est pour moi un gros défi. C’est curieux de faire des interviews devant des gens qui ne me connaissent pas. Je change de rôle et de costumes d’un pays à l’autre, c’est amusant…

Nous parlons un long moment de ses chansons qui finissent toutes par faire un joli clip.

Voilà un bel exemple: Je sais déjà.

 

 

-Pour mon album, j’ai eu envie de l’imager, d’aller plus loin avec les metteurs en scène. On a tourné une dizaine de courts-métrages qui sont venus illustrer ce que les chansons voulaient dire. Dans mon frigidaire, il y avait un quart de nourriture et 3 quarts de pellicules.

Et elle rit.

Rafraîchissante la jeune demoiselle. Très naturelle, très humaine. J’apprécie le personnage.

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Je ne peux passer sous silence la Star Ac de son pays.

 

-Quand on gagne cette émission, il est vrai qu’après il faut essayer rapidement de sortir des préjugés, des clichés qu’il y a autour. En même temps, beaucoup de portes se sont ouvertes. Il ne faut pas que je néglige cela.

Je ne peux m’empêcher d’évoquer mon chanteur préféré francophone du moment… et qui porte le même nom qu’elle (et que j'ai mandorisé ici).

-Moi aussi j’adore Pierre Lapointe. C’est quelqu’un d’extrêmement talentueux. Il veille à ce que tout soit bien fait dans toutes les sphères qu’il occupe. Les clips, les spectacles, les disques… Il ne fait pas partie de ma famille, mais sur un plateau de télé, les animateurs ont sorti un arbre généalogique expliquant qu’on était cousins au 16e degré. En plus, Pierre est très cultivé, gentil, humble.

Ce doit être spécifique aux Lapointe.

En tout cas, moi, je suis impressionné par la nouvelle scène québécoise… Terminée l’époque des chanteuses à voix.

 

-Je pense que chaque génération se recycle à sa façon. Il y a beaucoup de recherches dans nos créations. Nous sommes influencés par toutes sortes de courants. Mes préférés sont Pierre Lapointe justement et Ariane Moffat. J’aime aussi beaucoup Marie Jo Thério.

Moi aussi.

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Pour terminer l’entretien, je lui parle du Darfour, région agitée pour laquelle elle s’engage sans  compter… comme elle en revient, elle semble parfois encore là-bas.

-J’ai l’impression qu’il va me falloir un peu de temps pour digérer ce que j’ai vécu. Pour le comprendre aussi. Là, aujourd’hui, je suis avec vous, hier j’étais avec des petits africains… c’est un contraste bizarre. Je dois parler de moi et ça me parait tellement sans importance… Il y a quelque chose d’incompréhensible dans le fait de vivre dans deux mondes aussi différents.

Il n’en reste pas moins que Stéphanie Lapointe ne peut s’empêcher de parler de ce qu’elle a fait là bas.

-Dans les documentaires que nous tournons, nous voulions un angle qui consiste à redonner de la dignité à ces gens là. A la télévision, dans les médias en général, c’est un conflit qui a été dépeint de façon très noir et blanc, les méchants et les gentils. J’avais vraiment envie d’aller voir ce que les intéressés avaient à dire quand on leur proposait un micro.

Que tout ceci n’occulte pas le fait que le disque Sur le fil de Stéphanie Lapointe est un beau disque. Majestueux.

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J’ai hâte de voir comment elle va poursuivre ses aventures musicales et humaines.

Vraiment hâte.

Allez, fait pas très beau... tant pis, je vous emmène quand même à La mer...

 

 

 

 

 

Et puis, comment écouter 35 minutes d'interviews réduites en 2 minutes pour un magazine radiophonique diffusé sur 77FM...

21 mai 2008

Victoria Tibblin: rockeuse "brut(e)"!

 

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C’est marrant comme parfois, je peux passer à côté de certains artistes en ignorant complètement leur existence. Un jour, je reçois un mail m’expliquant que tel ou tel artiste est en concert à Triffouilli-les-Oies, en l’occurence, dans le cas présent, Victoria Tibblin, joue à L'Empreinte de Savigny-le-Temple, ce vendredi. Heureux de l’apprendre. Comme je suis d’une insatiable curiosité, je tape son nom sur un moteur de recherche qui commence par Go et qui finit par ogle. Son MySpace m’en apprend pas mal sur elle ainsi que son site perso.

 

Et je trouve la belle bien destroy, pas comme toutes ses chanteuses estampillées rock depuis quelques mois… vous voyez de qui je veux causer (Mademoiselle K, Ina Ich, Nadj…), elle, c’est encore plus fort, sans concessions. Du rock garage pur, dur, violent, puissant, un peu crade…

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Je me demande bien qui se cache derrière cette jeune fille de 21 ans complètement déjantée.

Ni une ni deux, je m’arrange pour (dans l’ordre) :

1557692963.jpg-Recevoir son disque illico.

-La rencontrer dans un bar de la capitale pour la mandoriser.

Ce qui fut réglé en 4 jours.

(Je me sens très fort, parfois…)

Un p’tit coup de bio avant de vous raconter notre tête à tête :

« Victoria Tibblin est Suédoise. A 18 mois sa famille déménage à Londres où elle vit jusqu'à ses neuf ans. Depuis elle habite à Paris.

Elle commence le piano à 5 ans, chante en chorale, fait de la danse classique. En arrivant à Paris elle arrête le piano puis commence à 16 ans à apprendre la guitare électrique en autodidacte avec l'instrument qu'elle reçoit en cadeau pour son anniversaire. A 17 ans elle se met progressivement à composer ses premières chansons ».

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(C’est chiant ces précisions inutiles, hein ? Mais bon, j’ai copié-collé ça sur Wikipédia).

(En plus, ils ne disent même pas qu’elle a été mannequin à l’âge de 13 ans… Pfff…)

Allez, le reste de sa bio, je vais m’en charger, en presque live.

D’abord, le truc qui m’a plu, c’est qu’elle m’a donné rendez-vous dans un bar qui s’appelle Ne nous fâchons pas, comme le film de Lautner.

Des photos de cet oeuvre cinématographique partout.

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Le patron me tutoie sans me connaître.

-Tu veux quoi ?

-Euh, j’attends quelqu’un. Je suis un peu en avance.

-Tu bois quoi, en attendant ?

-Une pression.

-Une pinte ou une normale?

-Une normale, parce que je ne veux pas perdre mes moyens, là.

-J’t’incite pas à la consommation, mais tu sais, c’est Happy Hour à c’t’heure ci.

-Oui, d’accord, mais je garde la normale.

-Ok ! Tu fais ce que tu veux !

Bien. Où suis-je tombé ? Et Victoria qu’est en retard. Elle ne va pas me jouer la rock’n’roll attitude quand même !

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Soudain, elle arrive.

-Excuse-moi, je me suis trompée de numéro. Je suis allée au 40.

Elle me claque la bise.

Je lui réponds.

-Moi aussi, je suis allé au 40, c’est ton attaché de presse qui m’a dit que c’était au 40. Alors qu’on est au 7. J’ai du appeler le 118 218 pour qu’on me donne la véritable adresse.

(Il y a des débuts de conversation qui sont tout bonnement passionnants…et qui installe une relation !)

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Bref, nous décidons de nous isoler en bas. On entend moins la musique tonitruante que diffuse mon meilleur ami, le patron du bar.

J’enclenche mon nouvel enregistreur (oui, j’ai un peu abandonné mon Sanyo) parce que, désormais, j’en profite pour ramener du son pour 77FM. (Je mets ici le lien de l’interview bientôt).

Donc, j’ai du matos de chez matos.

Je lui dis, tout de go, que son rock à elle, n’a rien à voir avec le rock des autres nanas.

(Ce qui est une espèce de compliment habile et discret. Ahem !)

-Je dirais qu’en ce moment, on est dans une période où c’est un peu mou. On se laisse porter par des choses faciles. Moi, je veux bousculer un peu tout ça. Sans concessions ni chichis. Dans mon album, il y a des chansons que j’ai écrites quand j’étais ado. Quand on est ado, on est révolutionnaire, on veut changer le monde. C’est clair que j’ai une rage au fond de moi, depuis que je suis toute petite…

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Je lui demande de me raconter comment est né son disque. Après une première expérience sans lendemain avec Daddy Longlegs elle rencontre Didier Odieu. C'est avec lui et Jean-Marie Aerts qu'elle prépare son premier album.

-Cet album a mis du temps à se faire. Il me fallait trouver un parolier très doué pour traduire mes mots en français. Je l’ai trouvé en la personne de Didier Odieu. Il a été parfait.

Ce que j’aime dans son album, c’est l’aspect bancal qui s’en dégage. Alors qu’il ne l’est pas. Elle montre juste l’étendue de son talent. Il est multiple.

-J’ai voulu interpréter des chansons très différentes. Je pars dans du punk et tout d’un coup, je deviens crooneuse, puis, je me plonge dans de l’émotion pure. Ça représente toutes mes facettes artistiques. Cet aspect « bancal » est d’ailleurs mal accepté. Les français, en général, aiment bien la régularité, l’aspect linéaire, sans aspérité, des choses… Bon, en même temps, on ne peut pas plaire à tout le monde.

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J’aime quand les gens sont francs, quand ils se moquent totalement de ce que pourront penser les autres… Victoria Tibblin n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux.

-Malheureusement, je suis comme ça. Parfois, ça me joue des mauvais tours, parfois des bons. Je pense que je vais rester comme je suis, parce que, de toute façon, je ne serai jamais une plante verte. Je n’y arriverai pas. J’ai déjà essayé et c’est impossible, mon naturel revient au galop. J’ai besoin de faire ce qui me plait et de dire ce que je pense.

Du pain bénit pour un journaliste.

Plus on parle, moins j’ai justement envie de jouer mon rôle. J’ai envie de creuser, pas de poser des questions banales. Comme celle-ci (que je pose quand même) : qu’est-ce que le rock aujourd’hui ? (Oui, je suis capable de ce genre de question !)

-Ça ne veut plus rien dire. Apparemment, tu joues de la grat’ distorsionnée, t’es rock’n roll ! Pour moi, c’est plus vaste que ça. Patti Smith ou Billie Holiday sont vraiment des rockeuses dans l’âme, ou des crooneuses, ou des blues women… des femmes qui ont de l’émotion et qui savent la faire ressortir avec une rage et une volonté de persévérance.

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Je préfère lui poser des questions plus personnelles. Mais l’exercice est un peu casse-gueule. Je n’aime pas en dire plus que nécessaire sur la réalité de l’existence des artistes que je rencontre. Mais quand je lui dis que je la trouve à part des autres et que ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours, elle se confie (un peu).

-J’ai toujours été solitaire de toute façon. Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis. Quand je suis arrivé en France, c’était d’ailleurs la grosse galère pour en trouver. Personne ne me comprend. Je ne sais pas, je dois avoir une attitude suédoise qui ne correspond pas à la mentalité française… C’est marrant, je me fais plus accepter dans des univers masculins. Nos relations sont saines. Il y a très peu de filles qui arrivent à comprendre ça. Ça vient peut-être de moi. J’ai un peu de mal avec les filles…

Je décide, au bout d’un moment, d’arrêter l’interview. En fait, je me rends compte que je suis bien, là, à cet instant précis…

Après avoir fait la photo mandorienne, elle me dit : « On remonte ? J’ai envie de fumer une clope dehors. »

 

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En vrai, Victoria Tibblin est très souriante...

On a pris nos verres de bière et on a conversé un long moment à l’extérieur.

Puis nous sommes rentrés de nouveau et on a repris des verres.

On s’est raconté nos vies. Moi, j’ai même dit des trucs que pas grand monde ne sait sur moi, ma mère…

Tout ce qu’on se disait était assez personnel.

Question d’ambiance.

Je ne raconte rien ici, évidemment.

Décidément, une chose est certaine. Quand je suis avec des écorchés vifs, je me sens de la même famille.

 

 

 

 

 

EDIT:

 

Le magazine de 2 minutes diffusé sur 77FM de cette rencontre.

17 mai 2008

Marion Beaupère... plasticienne à découvrir IMPERATIVEMENT!

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Ce que j’aime dans ce métier, c’est que l’on croit avoir tout vu et BOUM ! Il y a toujours quelqu’un qui parvient à te surprendre, à t’impressionner, à te laisser pantois d’admiration.

Ce jeudi, alors que je sortais d’une interview de la maire adjointe délégué à la culture, au Patrimoine historique, au Tourisme et aux Fêtes et cérémonies de la ville de Meaux (Muriel Héricher) et du directeur des affaires culturelles (Charles Beauchard) pour évoquer « Éclats d’arts », je tombe sur une chapelle au sein même de la direction des affaires culturelles où je me trouve…

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La Chapelle Marquelet de la Noue. Je rentre pour aller prier, comme à mon habitude, tous les soirs…

Bon, d’accord, je rentre parce qu’il y avait une affiche annonçant une exposition d’une certaine Marion Beaupère.

Deux jours avant, j’avais été interpellé par un article diffusé dans l’édition Seine et Marnaise du Parisien (ma nouvelle lecture quotidienne) : Marion, 16 ans, jeune plasticienne de génie.

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En lisant l’article, je m’étais dit : « La pauvre fille ! Elle est jeune, très jolie, tout le monde ne va s’intéresser qu’à cette particuliarité là
plutôt qu’à son travail.

Je tape son nom sur Google, parce que, quand même, cette artiste plasticienne m’interpelle.

Je tombe sur ce site qui explique en détail son travail et sur son blog qui montre beaucoup de ses œuvres… bref, je me dis que ses toiles et le personnage sont suffisamment intéressants pour que j’aille y jeter un coup d’œil.

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Et donc, complètement par hasard, je me retrouve devant cette chapelle où la demoiselle expose.

Il y a des fichues coïncidences, tout de même.

Non, sérieusement, vous ne trouvez pas ?

Je pénètre en ce lieu saint et tombe sur Marion, accompagnée du plasticien Christophe Alzetto, qui a organisé cette exposition. Bref, je parle avec eux un moment avant de visiter la chapelle dans tous les recoins.

 

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Je fais un singulier voyage visuel et tactile à la mise en scène étudiée, entre douceur et violence, entre abîme et profusion. J’ai l’impression d’être dans le langage sensuel et secret de la matière.

-Une chapelle est un lieu très connoté, on a donc joué avec ce fait. Il y a des échanges, beaucoup de contrastes entre plusieurs thématiques : le plein/le vide, l’intérieur/l’extérieur, l’intime/le grandiloquent, la violence/le charnel… Christophe Alzetto a élaboré pour moi une scénographie importante conçue comme un tableau où les personnes deviennent fluides et circulent à l’intérieur.

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Au début, Marion Beaupère avait construit un univers graphique à la richesse et à la méticulosité interpellantes.

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-Je dessinais sur feuille A4. C’était très sec, très plat, sans fluide, sans matière. Je cherchais comment dominer l’espace, comment le remplir. Je faisais des dessins très graphiques, maniaques, symétriques, quelque chose de très perfectionniste. En passant à la peinture, il y a deux ans, je me suis intéressée à la matière, au matériau, et principalement au cuir, qui est devenu ma marque de fabrique.

Pour ses peintures, elle utilise des tissus, des cordes et donc, du cuir qu’elle râpe, brûle, coud, extrude, comme pour en libérer l’âme secrète et enfouie.

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Là, elle est en plein travail. Dans le chœur de la chapelle, elle a installé son atelier.

(Bon, j’avoue, elle pose pour la photo… Avouez que Mandor est le roi de la mise en scène !).

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Avec Marion Beaupère, « la matière craque et coule, la toile tend au monumental, l’intrusion de matières extrêmement variées et d’objets hautement connotés devient massive. Clés, cadenas, boutons, clous, chaînes, objets tranchants parlent de blessure et de cicatrice, d’ouvrir et de fermer, d’autoriser ou d’interdire, insistant à nouveau sur la question du secret et de l’indicible ». (Source : dossier de presse sur l’exposition.)

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-Je veux donner à voir, à toucher, à sentir… je veux essayer de susciter tous les sens. Il faut qu’il y ait un rapport, un échange entre la toile et la personne. Une sorte d’intimité doit se créer…

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Je suis stupéfait par l’aisance artistique de cette jeune fille. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il y a dans sa tête pour sortir tout ceci de son âme. L’artiste reste décidément un éternel mystère.

Christophe Alzetto me confie :

-Ce n’est pas simple pour Marion. Quand on voit son âge et son apparence, les gens ont tendance à réduire son travail à cette rareté là. C’est dommage. Ça fait partie des jeux des apparences et des médias. Marion souhaite qu’on s’intéresse plus à son œuvre.

Je la regarde. Elle confirme.

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Je me dis juste qu’elle n’est pas sortie de l’auberge. Pour le moment, elle n’est connue que dans la région, mais je suis certain qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

Pour ses toiles, bien sûr, mais pas que.

Il va falloir qu’elle s’y fasse.

Les clichés ont la vie dure.

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Christophe Alzetto a réalisé quelques clichés pour mon blog. Je le remercie chaleureusement, (ainsi que Marion), d’avoir jouer le jeu. Je présume qu’ils n’ont pas compris comment ce « localier » s’est soudain transformé en Mandor…

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Remarquez, le Alzetto, a bien des talents…

J’aime les doubles identités, les faces cachées des personnes.

Mais, la question qui me turlupine.

Qui se cache derrière la douce Marion Beaupère ? 

(Hop là ! Tenez, un nouveau cliché !)

Pour tenter de déceler le mystère, il ne vous reste plus que cet après-midi et demain de 14 h à 19 h.

Elle sera là.

Lieu : Chapelle Marquelet de la Noue 6, rue des Vieux Moulins 77100 Meaux.

Les photos du vernissage sont ....

(Sinon… je n’ai évidemment pas besoin de préciser qu’une toile en photo n’a strictement rien à voir avec une toile placée dans son lieu d’exposition…)

La dernière photo... très poétique.

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EDIT:

Voici le mini mag de 2 minutes sur Marion Beaupère, multidiffusé sur 77FM.

14 mai 2008

Damien Saez, l'incorruptible!

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« Vous dites que je ne suis indifférent à personne. Tant mieux. Je ne puis souffrir les tièdes, et j’aime mieux être haï de mille à outrance et aimé de même d’un seul. » Cette maxime de Rousseau s’applique parfaitement à Damien Saez.

 

Globalement, il se fout de déplaire. A 30 ans, il poursuit son chemin à toute allure. Cet « homme pressé » a déjà à son actif : 4 disques : Jours étranges (1999),  God blesse (2002) et Debbie (2004), une B.O de film Femme fatale de Brian de Palma, un recueil de poésie: A ton nom chez Actes Sud. Saez revient avec un triple album de 29 titres :Varsovie-L’Alhambra-Paris (troisième du top dès sa sortie derrière Cabrel et Madonna). Et ses futurs concerts aux Bouffes du Nord affichent complet. Saez est certainement l’artiste de sa génération le plus décidé à faire parler de lui. Avec art, hargne et classe.

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L’homme m’amuse. Il ne cesse de répéter qu’il emmerde les médias. Sauf que Mandor, il s’en tape qu’on ne l’aime pas* (il s’en tape encore plus qu’on n’aime pas ses confrères qu’il ne porte pas, lui-même, en haute estime). Mais Mandor, il va au charbon quand même… et contre toute attente, il ne s’est pas fait insulter. Bon, ce n’était pas la franche rigolade, mais, j’ai connu ambiance plus pourrie (juste une fois, avec Obispo… faudra que j’vous raconte un jour…).
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Mandor : Je sais que la promo n’est pas ta tasse de thé.

Saez : Je n’aime pas les explications de textes. C’est un non sens pour moi. Je choisis un mode de communication qui est une sorte de poésie populaire. L’expliquer est une mise en abîme perpétuelle.

Mandor : Mais parfois, ta poésie est telle qu’il faut s’accrocher pour saisir toutes les nuances de tes propos.

Saez : J’essaie toujours d’avoir une perspective sur ce que veut dire le texte tout en ayant plusieurs lectures. La fainéantise due à un minimum de bon sens avec une plume peut te faire reposer sur tes lauriers. Il faut éviter la démagogie de l’écriture.

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Mandor : Tu affirmes que ton dernier disque est le meilleur de toute la prod actuelle avec un tel aplomb que ça frise la prétention !

Saez : Dans mon travail, je n’ai pas de doute. Vraiment. C’est la première fois que j’ai le sentiment d’avoir fait un album qui ne fait qu’un. Un voyage du début à la fin. Ma hantise profonde et perpétuelle est de réitérer ce qu’on attend de moi. Refaire « Jeune et con » par exemple, pas question !

Mandor : La presse utilise des termes à ton endroit du genre : provocateur, engagé, rebelle, mystérieux, ténébreux, insolent…

Saez : Je ne suis arrivé de nulle part dans le monde de l’industrie du disque, sans vouloir vraiment y rentrer, en ne jouant pas le jeu. Ca a beaucoup énervé et je suis passé pour un dédaigneux, un arrogant. Je ne veux simplement pas aller faire le con à la télé. Attention, je ne parle pas seulement de la Star Ac ’, j’évoque aussi les talk shows à 3 francs. Parler de mon disque à côté d’une star du porno, je n’y arrive pas !

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(Scoop! Damien Saez est capable d'un léger rictus de contentement...)

Mandor : Mais quand le lendemain du 21 avril en réaction du résultat de l’extrême droite tu écris « Fils de France » (non commercialisé mais à dispo en téléchargement sur le web), tu peux comprendre que ça agace.

Saez : Tu sais, je suis fils d’immigré (un mélange Algérien/espagnol), ça a été comme une pulsion. La limite était atteinte. Un parti fasciste au second tour, ce n’est pas rien quand même ! C’est d’ailleurs le seul acte d’engagement que j’ai fait dans ma vie. Le seul.

Mandor : Je ne te sens pas très bien dans cette époque.

Saez : Effectivement. Je ne suis pas en phase, je suis décalé. Du coup, je ne serais jamais à la mode, donc jamais démodé non plus ! J’aurais aimé vivre dans les années 70. Voir Led Zep’, grandir au son de « Paint it black »…

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Sans rires, je ne sais pas pourquoi, tout le monde me disait: "tu vas te faire jeter, Saez est détestable avec les journalistes!". 

Peut-être.

Mais là, non.

Un peu sur la défensive pendant quelques secondes, le temps d'écouter passer les premières questions.

Suis-je bienveillant où un ennemi?

Devinez?

Je crois qu'il ne s'est pas senti en danger.

En tout cas.

 

Pour en savoir plus sur l'album et le personnage, allez voir et ... et ma copine Lou, aussi.

 

Clip de "Jeunesse lève-toi".
Réalisé par Damien Saez et Régis Fourrer.
Texte et musique : Damien Saez.
Editions 16 Art © 2008.
*Même pas vrai, il ne s'en tape pas du tout. C'était pour faire genre...
PS: Non, je n'ai pas écrit qu'il faisait du sous Noir désir, qu'il chantait des chansons démagogiques d'adolescent rebelle de mes deux...etc. Ce n'est pas mon style de crier avec les loups. Nombreux.
Il me semble que ce triple album marque un sacré tournant et que le jeune homme est devenu un monsieur.
A vous de juger!
PS (bis): Toutes les photos sont de Mondino, sauf celles où j'suis dessus (c'est con!).

13 mai 2008

Rodolphe Testut... chanteur poli pas policé!

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Quand j’ai reçu le disque de Rodolphe Testut, Jure sur ma tête, je me suis dit : « Tiens, oui, intéressant… », mais je n’avais pas approfondi l’écoute. Je me souvenais l’avoir entendu dans une compil’ CQFD 2005 des Inrockuptibles. Puis, quand j’ai été chargé (par moi-même) d’aller l’interviewer, j’ai remis le disque, en écoutant vraiment. Et je me suis dit (je me dis souvent des trucs passionnants) : « Ah ouais, quand même ! ».

Non parce que le monsieur, certes, il chante l’amour qui finit mal, mais il manie à merveille le double sens, l’ironie et le second degré. Ce n’est pas franchement pour me déplaire.

Son MySpace.

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Le 8 avril dernier, nous nous sommes donné rendez-vous devant la Flèche d’or où il devait jouer le soir même avec quelques collègues de l’écurie Warner. Je tombe sur un type sympa, avec l’accent toulousain et le phrasé de Cabrel. Je lui propose d’aller dans le bar d’à côté parce que faire une interview avec des artistes qui répètent, c’est un peu comme vouloir boire un ti punch à la cantine de la crèche de sa fille. Très difficile…

(Non, mais les images qui me traversent l’esprit, j’vous jure !)

(Ne serais-je pas alcoolique au dernier degré ?)

 

1201498020.gifBref, nous nous installons au fond d’un rade. J’aime les rades.

Il me raconte ses débuts. Il a fait ses premières armes dans différentes formations du Sud-Ouest avant de s’établir en solo.

Rodolphe a commencé en jouant du rock, dans une formation, à mi-chemin entre les Stooges et Eddie Cochran. Il frappe les fûts dans un groupe rock chantant en anglais en semaine et les week-ends, il se transforme en chanteur de folk en français, de plus en plus tenté par une carrière en solitaire.

 

-Il y a juste 7 ans que je me suis mis à chanter. En jouant dans les groupes, il y avait toujours un truc qui me gênait. Soit la voix, soit les paroles… je me disais souvent que si j’étais à la place du chanteur, je serais plus naturel, plus sincère. Je ne me planquerais pas… donc je m’y suis mis tranquillement.

Il joue de plus en plus souvent dans les bars, en interprétant des chansons dont certaines  figurent déjà sur l’album.1336457504.gif

-Pas grand monde ne croyait en moi au début. Mais ça s’est si bien passé que je me suis concentré là-dessus. 

Rodolphe Testut peaufine ses compositions à la guitare sèche, tout en s’inspirant de son expérience personnelle dans ses paroles. Mais il se fait fort de ne jamais tomber dans l’auto complaisance, ni les formules trop poétiques.

Il se dit « inspiré » par les romans de Philippe Djian. Voyez le genre de texte à quoi vous pouvez vous attendre…

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Un concert à ne pas louper, hein!!!

 

Et l’arrivée chez Warner ?

 

-Un coup de chance énorme. Pendant que je faisais pas mal de concerts sur Toulouse et sa région, j’ai maquetté mes titres. J’ai dit à un copain régisseur : « je te file 5 démos, dès que tu croises des gens qui peuvent être susceptible d’être intéressé, tu leur files. » Le premier mec qu’il a rencontré était quelqu’un de chez Warner… Il était vraiment très intéressé, au point de venir me voir jouer à Toulouse. J’ai trouvé que ça commençait à sentir bon.

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Très vite, on lui donne la possibilité de jouer dans d’excellentes conditions. Avec le batteur Philippe Entressangle (Ignatus, Miossec) et le bassite-guitariste Daniel Roux (Jean-Louis Aubert, les France Cartigny), il rentre en séances dans le petit studio de Tarn.

-On a bossé 15 à 16 heures par jour. Je ne voulais pas que le disque soit daté. C’est pourquoi on n’a pas mis de banjo, ukulélé ou de boucles de batterie. Une bonne chanson doit sonner avec une voix, une guitare acoustique, un tambourin et une grosse caisse. L’esprit rock ne passe pas forcément par des grosses guitares et des amplis à fond. 

Vrai.

Et le fait d’être enfin leader, est-ce appréciable ?

 

-Oui, car les places sont enfin bien définies. Dans un groupe, chacun donne son avis et ça devient vite le bordel. Aujourd’hui, même si j’écoute les conseils, les envies de chacun, c’est moi qui valide ou pas. Mes musiciens savent la place que j’occupe désormais. Beaucoup de choses reposent sur moi, donc je prends mes responsabilités.

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J’observe Rodolphe Testut se raconter. Il est fin, semble doux, gentil… je lui dis.

 

-Oui, mais ça ne m’empêche pas de savoir ce que je veux. Je suis loin d’être mou. Je suis quelqu’un qui se bat beaucoup, en fait. (Rires). Je n’ai pas de grosses facilités au départ. Je bosse, je bosse, je bosse…Mon disque est réellement à mon image. Un peu roots, un peu sensible, fragile, mais énergique aussi.

Jure sur ma tête, l’album de Rodolphe Testut est direct et très simple. Sa bio souligne qu’on peut le cataloguer entre Jonathan Richman, Violent Femmes, Louise Attaque ou Grant Lee Buffalo

Il y a de bien pires comparaisons.

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Son manager vient le chercher. « C’est à toi de répéter ! ».

« OK ! Je te libère », lui dis-je en n’ayant pas le choix. « Non, non, ça va, je prends le temps qu’il faut… ». Je l’ai libéré quand même, mais j’ai beaucoup apprécié cette réaction immédiate.

Elle est significative d’un état d’esprit.

Allez, voici son premier clip : Personne.

Quand je vous parlais de second degré…

 

 

07 mai 2008

Luc Doyelle... la dérision comme médicament!

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Alors, oui, en effet, il n’est quand même pas normal que pendant toute une journée, je diffuse des extraits de films honteusement détournés avec des sous-titres qui n’ont rien à voir avec le dialogue original… et le tout sans explications de ma part.

Alors, oui, en effet, il y avait bien anguille sous roche.

Mon invité du jour est celui qui a commis ces blaguounettes qui m’ont bien fait sourire.

(Je n’ai pas non plus ri aux éclats, car, en ce moment, il m’en faut plus pour me laisser aller à une totale perte de contrôle de moi-même…)

Cela faisait un moment que j’avais ce roman de Luc Doyelle sur mon tas de livres à lire.

(Au passage, Brad-Pitt Deuchfall, Tatiana de Rosnay, j’ai lu (enfin) vos derniers ouvrages… je vous contacte vite…)

(Au passage, Fred, ton « L’amour est une femme » me plait beaucoup et tu fais chier d’avoir un putain de talent… et comment tu fais pour écrire autant ??? Et pourquoi tu as pris un pseudo???)

Luc Doyelle, donc.

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Le titre m’a d’abord amusé : Les liaisons presque dangereuses (aux éditions Les Nouveaux Auteurs.)

Il faut être dingue pour pomper un tel titre.

Mais, en lisant, j’avais souvent un petit rictus de contentement.

Je ne dis pas que ce roman est le chef d’œuvre du siècle, mais il m’a fait passer un moment agréable.

Très, en fait.

Écriture simple, mais qui fait mouche.

Dans la tendresse, le rire, l’émotion, le dramatique, Luc Doyelle sait y faire.

Peach (oh ma peach, quand tu te maquilles…):

Que feriez-vous si l'on vous donnait la possibilité de retrouver son amour de prime jeunesse?

(Dans le cas présent, elle s'appelle Barbara. Et moi aussi, mon amour de jeunesse (et très platonique s'appelait Barbara. Barbara Aury au lycée de Baden Baden... si quelqu'un connaît...)

Lucius, lui, s'est engouffré dans la brèche. Pas très malin de sa part. Comme s'il n'avait rien de mieux à faire, entre l'Amie câline, deux Mectons débordants de vitalité, un parquet à poncer et une horde de démarcheurs de tous poils à repousser hors des limites du cercle familial. Ajoutons à cela un métier le jour, un métier la nuit, et quelques extras en qualité de "Monsieur Propre", et vous comprendrez qu'il y a de quoi finir sur les rotules. 

On dirait du Gavalda version homme. (Sinon, Anna, la vraie, elle est là…)

Donc, oui, je souhaitais rencontrer l’auteur.

Et donc, comme l’une de mes activités me retient tous les jours dans la belle ville de Crégy-les-Meaux, j’ai proposé à Luc Doyelle de m’y retrouver. Il n’est pas interdit de penser que je poursuive dans cette voie. Faire venir les artistes à 50 bornes de Paris . J’aime le concept… mais pas certain qu’il remporte un succès massif.

(Avis z’aux z’amateurs…)

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Le fait est que, l’auteur est arrivé à bon port lundi après-midi. Nous nous sommes installés dans le studio et je l’ai interrogé pendant trente minutes…

Ce quarantenaire (+4), dans la vie est infirmier dans le secteur psychiatrique, mais aussi photographe (ce qui n’a rien d’incompatible).

Tiens, c’est amusant, son héros, Luc, aussi!

-En général, quand on décide de soigner les autres, c’est qu’on a quelque chose en soi qui est cassé et qu’on a envie de réparer.

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Oui, parce que la jeunesse du “petit Luc”, elle ne fut pas rose, rose… Luc Doyelle, dans son roman, fait quelques aller-retour entre le passé et le présent, ce qui permet de comprendre le pourquoi du comment de son attitude à l’âge adulte. Les armes secrètes de l’auteur pour ne pas faire pleurer dans les chaumières sont l’humour et la dérision.

-Dans la mesure où j’ai mis beaucoup de moi, de ma vie dans ce roman, je voulais dédramatiser les situations. Je n’ai pas eu une enfance plus malheureuse que plein d’autres, juste parfois, c’était un peu difficile. Si je tente d’écrire de manière humoristique, c’est pour mieux faire passer la pilule.

Mais globalement, ce livre raconte une vie censée être banale.

Censée, parce qu’en vrai…

Son quotidien, hors contexte familial, est un peu particulier. Évidemment, en dire plus serait sacrilège. Il y a du suspens dans cet ouvrage.

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Donc, je m’arrête là. Je tiens juste à dire qu’il est en train d’écrire son 3eme roman.

-Un polar humoristique. Le polar est un prétexte… le but est encore d’amuser le lecteur.

Une obsession pour Luc Doyelle. Montrer la vie pas facile en prenant un recul conséquent et finir par en rire…

Ce n’est pas évident à faire, vous savez.

Encore une fois, merci à lui de s’être déplacé jusqu’à 77FM

Pour en savoir plus sur l’auteur:

Son blog.

Son site photo.

Une interview.

Un portrait.

EDIT:

Le magazine concernant Luc Doyelle, diffusé sur 77FM.

05 mai 2008

Les éditions Volpilière...

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Je vais parler d'Élisabeth Robert.

Auteur(e) et blogueuse.

 

La demoiselle a beaucoup d’amis chez les blogueurs (et gueuses)… et quelques rares détracteurs (et teuses). Certains la trouvent trop gentille, trop romantique, trop idéaliste… trop honnête.

Il y en a qui confondent tout ça avec de la naïveté.

 

Mais, en vrai, elle est capable de vous laminer par une réflexion bien sentie. Elle n’a pas la langue dans sa poche et sa répartie peut être assassine (mais toujours exprimée avec son plus joli sourire, ce qui est très déconcertant.)

Élisabeth, en colère, c’est intéressant à voir/vivre, mais je préfère ne pas être le sujet de son courroux (et je ne dis pas ça parce que j’ai habité en Guyane.)

 

Bref, j’aime beaucoup cette fille.

Humainement, quelqu’un de rare.

Les souffrances du passé, les brèches de la vie à colmater l’ont incité à devenir quelqu’un de bien.

Elle se construit sa vie familiale et professionnelle le mieux possible.

 

Il m’est arrivé d’être victime de reproches similaires.

À la différence d’elle, j’ai arrêté de me défendre.

J’ai expliqué ici naguère, qu’il fallait gratter pour comprendre ce qu’il se cache derrière les sourires, les bienveillances, le miel (supposé) des personnes que l’on qualifie de « gentils ».

Alors, quand Élisabeth m’a demandé de préfacer son prochain livre, j’ai accepté avec beaucoup d’enthousiasme… parce que je ne me sens pas aux antipodes de sa personne et de sa personnalité.

Ce sera le premier livre de la maison d’édition qu’elle vient de créer: Editions Volpilière.

La couv’ :

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Pour en savoir plus sur le thème de ce livre

 

1901918600.jpgIl sera donc en prévente jusqu'au 15 juillet 2008 au tarif préférentiel de 12 euros frais de port inclus.

Ensuite il passera à 14 euros. 

Il suffit d'envoyer un chèque à:

Éditions Volpilière

32, rue de Berne

78990 Elancourt

 

Sortie prévue: septembre 2008.

Pour la rentrée littéraire.

Et puis, Élisabeth organise un premier concours de nouvelles.

Le jury est composé de quelques écrivains, journalistes, blogueurs.

J’en suis.

Le règlement et la liste du jury se trouvent là.

Voilà, c’était juste pour lui donner un petit coup de main avec mes faibles moyens… et lui témoigner tous mes encouragements pour la suite de cette belle aventure.

(Elle prend des risques, la moindre des choses et que je lui ouvre un peu mon espace.)

Juste aussi, histoire de rappeler qu’il ne suffit pas de regarder quelqu’un tel qu’il se montre pour s’imaginer le connaître.

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02 mai 2008

Padam... groupe revigorant!

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Le journal Marianne avait écrit sur Padam : « Du Carné-Prévert revisité par Kusturica et Gatlif. Étonnant ! »

Bien trouvé.

(Allez écouter sur leur MySpace)

 

 

Enfin, je rencontre Nader Mekdachi, le leader du groupe. Ce type-là m’a toujours interpellé. Un peu grande gueule, mais la gentillesse dans le regard. Il a quelque chose de touchant et de malicieux quand il interprète ses chansons. Il  joue souvent les dragueurs maladroits et les losers magnifiques. Ça, Nader, il aime bien les losers magnifiques. Presque sa marque de fabrique.

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Malgré tout, sur cette petite terrasse ensoleillée de la rue des martyrs, le jeudi 17 avril, je lui dis que j’ai toujours un peu considéré qu’il était le Lino Ventura de la chanson française. Il se marre parce qu’avec ce qu’il chante, il ne voit pas le rapport. Je ne sais pas… un comportement général. L’aspect un peu bourru de sa personne et le côté pince-sans-rire. (Oui, Ventura avait un côté pince-sans-rire… vous l’avez déjà entendu dans des interviews ? Enfin, bref, je fais les comparaisons que je veux… Tsss…)

 

-Au fond, tu as peut-être raison, les losers que je raconte dans mes chansons, ce n’est absolument jamais moi. J’écris évidemment ce qui ne m’arrive pas. Je parle des autres.

Je ne sais pas pourquoi, je sens que c’est du second degré, toutes ses remarques.

(Mandor : 25 ans d’interviews. Pensez s’il sait déceler l’ironie…)

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Mine de rien, Nader et son groupe fête cette année sa dixième année d’existence avec cet excellent 4eme album, Bonheur bordel. Fichtre, le temps a passé à une vitesse folle…

 

-Oui, parce que nous avons toujours été dans l’urgence. Nous n’avons cessé d’être en tournée, jouer des concerts et faire de la route. Après, il fallait que je recompose, qu’on enregistre, qu’on reparte en tournée… une histoire sans fin. On ne va pas se plaindre, c’est comme ça que nous aimons vivre.

Rappelons que Padam puise ses inspirations dans l’héritage de la chanson réaliste à texte, comme dans le folklore musique des Balkans, avec une petite pincée de musique orientale, de jazz et de rock électrique (mais pitié, ne dites pas que c’est un groupe « festif ». J’aime pas, moi, les groupes festifs !). C’est en tout cas un cocktail rare, percutant et qui transporte son auditoire. L’ambiance des concerts de Padam est toujours survoltée, jouissive, à la limite de l’extase.

(Hum ! Parfois, vous me dites si je me trompe, je me demande si je n’en fais pas un chouia trop. Ne me laisse-je pas dépasser par une espèce de lyrisme dégoulinant ? Je ne sais pas, je m’interroge.)

Bref, Padam, j’adhère totalement.

(Je me sens le besoin de préciser, au cas où je n’aurais pas été assez clair.)

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Nader Mekdachi m’avoue qu’il vient de traverser une période de doute. Fallait-il continuer encore l’aventure Padam ou l’interrompre ?

(Suspens !)

 

-Au bout de 8 ans de rythme effréné, comme dans une vie de couple, il y a eu une lassitude de bosser avec les gens avec lesquels nous évoluions jusqu’à présent. Le groupe a hésité à se séparer il y a deux ans, car nous avions l’impression de tourner en rond. La routine, quoi ! Et puis, lors des dix derniers concerts de notre précédente tournée, notamment lors d’un concert en première partie de Bénabar devant 6000 personnes, ça s’est tellement bien passé, que nous avons changé d’avis. Au moment où nous avons compris que c’était la dernière ligne droite, l’enthousiasme est revenu.

Padam a juste changé de tourneur, de maison de disques, d’attachée de presse… histoire de se donner un nouvel élan. Parfois, le changement à du bon.

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Nader est truculent. Il parvient à me faire marrer quand il me raconte ses voisins en colère parce qu’il fait du bruit, les plaintes adressées contre lui, les avertissements du proprio, les heures de négociations pour qu’il puisse finir de mixer…. (Oui, il fait tout dans son appartement). Nader me parle aussi de sa boite de prod. Enfin de celle qu’il possède avec ses deux frères. RNW (les initiales de chacun d’eux).

 

-C’est en plus de mes activités avec Padam. Pour faire vivre notre petite entreprise, il faut que je travaille sur d’autres projets. Je fais, par exemple, des disques de musiques instrumentales, des musiques d’ambiance pour des marques et des boutiques de fringues. Je sais bien faire ce genre de travail, même s’il est purement alimentaire !

« Mon cher Watson ! » ai-je envie de préciser.

(Parce que, hein, vous l’aviez remarqué, j’ai un humour d’une finesse rarement atteinte.)

 

Les petites histoires drôles, ironiques, parfois pathétiques de Padam, je les apprécie. Mélange d’amour et d’humour, « Nader livre une peinture acide de notre monde, de l'homme, de ses sentiments pas toujours francs, de ses défauts exacerbés ».

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Ce blog est aussi ludique: jouez au jeu des 7 différences!
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La réalisation de Bonheur Bordel a mis près d’un an.

 

-L’enregistrement  a commencé dans une vaste grange abandonnée depuis 10 ans, en Touraine. On a tout réaménagé après avoir récupéré du matériel. Dans notre démarche, le système D fait la loi. Ensuite, on répété et réarrangé dans une cave, puis je suis parti m’exiler à Berlin 10 jours pour écrire les 3 derniers morceaux. J’ai fini le pré mixage chez moi. Avec les soucis que je t’ai racontés tout à l’heure…

Et il conclut ainsi.

-Toute l’année de conception n’a été que bordel et bonheur, engueulades et embrassades, orgies et indigestions.

Mazette ! Quel réjouissant programme !

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Nader Mekdachi est un type avec qui il fait bon discuter, même si je sens que nous sommes dans son quartier. Et vas y que je taille la bavette avec une serveuse (très jolie) puis avec une autre (très jolie), puis avec une passante (très jolie).

J’aime ce quartier.

Nous parlons enfin du clip à venir. Celui de « J’aime pas. ».

À l’époque, il était en phase de finalisation.

Aujourd’hui, il est prêt.

Le voici.

 

 

Merci à Nader pour sa disponibilité et d’avoir fait ce qu’il avait dit qu’il allait faire.

J’aime les gens qui tiennent parole.

Ils ne sont pas légion.