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21 mai 2008

Victoria Tibblin: rockeuse "brut(e)"!

 

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C’est marrant comme parfois, je peux passer à côté de certains artistes en ignorant complètement leur existence. Un jour, je reçois un mail m’expliquant que tel ou tel artiste est en concert à Triffouilli-les-Oies, en l’occurence, dans le cas présent, Victoria Tibblin, joue à L'Empreinte de Savigny-le-Temple, ce vendredi. Heureux de l’apprendre. Comme je suis d’une insatiable curiosité, je tape son nom sur un moteur de recherche qui commence par Go et qui finit par ogle. Son MySpace m’en apprend pas mal sur elle ainsi que son site perso.

 

Et je trouve la belle bien destroy, pas comme toutes ses chanteuses estampillées rock depuis quelques mois… vous voyez de qui je veux causer (Mademoiselle K, Ina Ich, Nadj…), elle, c’est encore plus fort, sans concessions. Du rock garage pur, dur, violent, puissant, un peu crade…

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Je me demande bien qui se cache derrière cette jeune fille de 21 ans complètement déjantée.

Ni une ni deux, je m’arrange pour (dans l’ordre) :

1557692963.jpg-Recevoir son disque illico.

-La rencontrer dans un bar de la capitale pour la mandoriser.

Ce qui fut réglé en 4 jours.

(Je me sens très fort, parfois…)

Un p’tit coup de bio avant de vous raconter notre tête à tête :

« Victoria Tibblin est Suédoise. A 18 mois sa famille déménage à Londres où elle vit jusqu'à ses neuf ans. Depuis elle habite à Paris.

Elle commence le piano à 5 ans, chante en chorale, fait de la danse classique. En arrivant à Paris elle arrête le piano puis commence à 16 ans à apprendre la guitare électrique en autodidacte avec l'instrument qu'elle reçoit en cadeau pour son anniversaire. A 17 ans elle se met progressivement à composer ses premières chansons ».

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(C’est chiant ces précisions inutiles, hein ? Mais bon, j’ai copié-collé ça sur Wikipédia).

(En plus, ils ne disent même pas qu’elle a été mannequin à l’âge de 13 ans… Pfff…)

Allez, le reste de sa bio, je vais m’en charger, en presque live.

D’abord, le truc qui m’a plu, c’est qu’elle m’a donné rendez-vous dans un bar qui s’appelle Ne nous fâchons pas, comme le film de Lautner.

Des photos de cet oeuvre cinématographique partout.

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Le patron me tutoie sans me connaître.

-Tu veux quoi ?

-Euh, j’attends quelqu’un. Je suis un peu en avance.

-Tu bois quoi, en attendant ?

-Une pression.

-Une pinte ou une normale?

-Une normale, parce que je ne veux pas perdre mes moyens, là.

-J’t’incite pas à la consommation, mais tu sais, c’est Happy Hour à c’t’heure ci.

-Oui, d’accord, mais je garde la normale.

-Ok ! Tu fais ce que tu veux !

Bien. Où suis-je tombé ? Et Victoria qu’est en retard. Elle ne va pas me jouer la rock’n’roll attitude quand même !

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Soudain, elle arrive.

-Excuse-moi, je me suis trompée de numéro. Je suis allée au 40.

Elle me claque la bise.

Je lui réponds.

-Moi aussi, je suis allé au 40, c’est ton attaché de presse qui m’a dit que c’était au 40. Alors qu’on est au 7. J’ai du appeler le 118 218 pour qu’on me donne la véritable adresse.

(Il y a des débuts de conversation qui sont tout bonnement passionnants…et qui installe une relation !)

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Bref, nous décidons de nous isoler en bas. On entend moins la musique tonitruante que diffuse mon meilleur ami, le patron du bar.

J’enclenche mon nouvel enregistreur (oui, j’ai un peu abandonné mon Sanyo) parce que, désormais, j’en profite pour ramener du son pour 77FM. (Je mets ici le lien de l’interview bientôt).

Donc, j’ai du matos de chez matos.

Je lui dis, tout de go, que son rock à elle, n’a rien à voir avec le rock des autres nanas.

(Ce qui est une espèce de compliment habile et discret. Ahem !)

-Je dirais qu’en ce moment, on est dans une période où c’est un peu mou. On se laisse porter par des choses faciles. Moi, je veux bousculer un peu tout ça. Sans concessions ni chichis. Dans mon album, il y a des chansons que j’ai écrites quand j’étais ado. Quand on est ado, on est révolutionnaire, on veut changer le monde. C’est clair que j’ai une rage au fond de moi, depuis que je suis toute petite…

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Je lui demande de me raconter comment est né son disque. Après une première expérience sans lendemain avec Daddy Longlegs elle rencontre Didier Odieu. C'est avec lui et Jean-Marie Aerts qu'elle prépare son premier album.

-Cet album a mis du temps à se faire. Il me fallait trouver un parolier très doué pour traduire mes mots en français. Je l’ai trouvé en la personne de Didier Odieu. Il a été parfait.

Ce que j’aime dans son album, c’est l’aspect bancal qui s’en dégage. Alors qu’il ne l’est pas. Elle montre juste l’étendue de son talent. Il est multiple.

-J’ai voulu interpréter des chansons très différentes. Je pars dans du punk et tout d’un coup, je deviens crooneuse, puis, je me plonge dans de l’émotion pure. Ça représente toutes mes facettes artistiques. Cet aspect « bancal » est d’ailleurs mal accepté. Les français, en général, aiment bien la régularité, l’aspect linéaire, sans aspérité, des choses… Bon, en même temps, on ne peut pas plaire à tout le monde.

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J’aime quand les gens sont francs, quand ils se moquent totalement de ce que pourront penser les autres… Victoria Tibblin n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux.

-Malheureusement, je suis comme ça. Parfois, ça me joue des mauvais tours, parfois des bons. Je pense que je vais rester comme je suis, parce que, de toute façon, je ne serai jamais une plante verte. Je n’y arriverai pas. J’ai déjà essayé et c’est impossible, mon naturel revient au galop. J’ai besoin de faire ce qui me plait et de dire ce que je pense.

Du pain bénit pour un journaliste.

Plus on parle, moins j’ai justement envie de jouer mon rôle. J’ai envie de creuser, pas de poser des questions banales. Comme celle-ci (que je pose quand même) : qu’est-ce que le rock aujourd’hui ? (Oui, je suis capable de ce genre de question !)

-Ça ne veut plus rien dire. Apparemment, tu joues de la grat’ distorsionnée, t’es rock’n roll ! Pour moi, c’est plus vaste que ça. Patti Smith ou Billie Holiday sont vraiment des rockeuses dans l’âme, ou des crooneuses, ou des blues women… des femmes qui ont de l’émotion et qui savent la faire ressortir avec une rage et une volonté de persévérance.

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Je préfère lui poser des questions plus personnelles. Mais l’exercice est un peu casse-gueule. Je n’aime pas en dire plus que nécessaire sur la réalité de l’existence des artistes que je rencontre. Mais quand je lui dis que je la trouve à part des autres et que ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours, elle se confie (un peu).

-J’ai toujours été solitaire de toute façon. Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis. Quand je suis arrivé en France, c’était d’ailleurs la grosse galère pour en trouver. Personne ne me comprend. Je ne sais pas, je dois avoir une attitude suédoise qui ne correspond pas à la mentalité française… C’est marrant, je me fais plus accepter dans des univers masculins. Nos relations sont saines. Il y a très peu de filles qui arrivent à comprendre ça. Ça vient peut-être de moi. J’ai un peu de mal avec les filles…

Je décide, au bout d’un moment, d’arrêter l’interview. En fait, je me rends compte que je suis bien, là, à cet instant précis…

Après avoir fait la photo mandorienne, elle me dit : « On remonte ? J’ai envie de fumer une clope dehors. »

 

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En vrai, Victoria Tibblin est très souriante...

On a pris nos verres de bière et on a conversé un long moment à l’extérieur.

Puis nous sommes rentrés de nouveau et on a repris des verres.

On s’est raconté nos vies. Moi, j’ai même dit des trucs que pas grand monde ne sait sur moi, ma mère…

Tout ce qu’on se disait était assez personnel.

Question d’ambiance.

Je ne raconte rien ici, évidemment.

Décidément, une chose est certaine. Quand je suis avec des écorchés vifs, je me sens de la même famille.

 

 

 

 

 

EDIT:

 

Le magazine de 2 minutes diffusé sur 77FM de cette rencontre.

Commentaires

"Quand je suis avec des écorchés vifs, je me sens de la même famille." : tout est dit !

Je n'ajouterai rien, si ce ne sont ces paroles d'une magnifique chanson composée et interprétée par un gars avec qui tu as bronzé naguère :

Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l'on est face à soi
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit
Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Il y a du Mandor (ou plutôt du François) dans ces mots...

Je suis certain qu'une Victoria saurait chanter "Veiller tard", même si cette chanson n'est pas dans son registre habituel. Question d'authenticité, de vérité et... d'écorchures !

Écrit par : Olivier Goujon | 21 mai 2008

De ma (toujours) campagne, je t'ai lu, vu et... définitivement, j'adore cette belle et talentueuse rockeuse. Du style, de la voix, du déjanté. C'est tout bon. Et malgré ce que tu penses, non je ne me gave pas d'infos en tous genres donc je confirme, je suis sur ma planète à moi que j'ai. Un peu étriquée, certes mais c'est la mienne. Faut que j'aille vers les autres, ok, je sais, un conseil ?
PS : très bonne journée à toi ;o)

Écrit par : Nath | 21 mai 2008

Quelle voix, elle est impressionnante !!!

Écrit par : Marie-Laure | 21 mai 2008

@Olivier Goujon: Dans le mille! C'est ma chanson préférée du monsieur...
@Nath: Tu m'as déjà lu donner des conseils aux autres? Chacun sa planète, chacun sa vie...
Bises
@Marie-Laure: Tout à fait!

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 22 mai 2008

Tu as raison, chacun sa vie et c'est aussi une bonne chose. A très vite.

Écrit par : Nath | 22 mai 2008

Interesting, et en, plus, elle est belle.

Écrit par : mary dollinger | 25 mai 2008

@Nath: Yes, miss!
@mary dollinger: Je vous/te le confirming!

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 25 mai 2008

Les commentaires sont fermés.