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13 mai 2008

Rodolphe Testut... chanteur poli pas policé!

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Quand j’ai reçu le disque de Rodolphe Testut, Jure sur ma tête, je me suis dit : « Tiens, oui, intéressant… », mais je n’avais pas approfondi l’écoute. Je me souvenais l’avoir entendu dans une compil’ CQFD 2005 des Inrockuptibles. Puis, quand j’ai été chargé (par moi-même) d’aller l’interviewer, j’ai remis le disque, en écoutant vraiment. Et je me suis dit (je me dis souvent des trucs passionnants) : « Ah ouais, quand même ! ».

Non parce que le monsieur, certes, il chante l’amour qui finit mal, mais il manie à merveille le double sens, l’ironie et le second degré. Ce n’est pas franchement pour me déplaire.

Son MySpace.

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Le 8 avril dernier, nous nous sommes donné rendez-vous devant la Flèche d’or où il devait jouer le soir même avec quelques collègues de l’écurie Warner. Je tombe sur un type sympa, avec l’accent toulousain et le phrasé de Cabrel. Je lui propose d’aller dans le bar d’à côté parce que faire une interview avec des artistes qui répètent, c’est un peu comme vouloir boire un ti punch à la cantine de la crèche de sa fille. Très difficile…

(Non, mais les images qui me traversent l’esprit, j’vous jure !)

(Ne serais-je pas alcoolique au dernier degré ?)

 

1201498020.gifBref, nous nous installons au fond d’un rade. J’aime les rades.

Il me raconte ses débuts. Il a fait ses premières armes dans différentes formations du Sud-Ouest avant de s’établir en solo.

Rodolphe a commencé en jouant du rock, dans une formation, à mi-chemin entre les Stooges et Eddie Cochran. Il frappe les fûts dans un groupe rock chantant en anglais en semaine et les week-ends, il se transforme en chanteur de folk en français, de plus en plus tenté par une carrière en solitaire.

 

-Il y a juste 7 ans que je me suis mis à chanter. En jouant dans les groupes, il y avait toujours un truc qui me gênait. Soit la voix, soit les paroles… je me disais souvent que si j’étais à la place du chanteur, je serais plus naturel, plus sincère. Je ne me planquerais pas… donc je m’y suis mis tranquillement.

Il joue de plus en plus souvent dans les bars, en interprétant des chansons dont certaines  figurent déjà sur l’album.1336457504.gif

-Pas grand monde ne croyait en moi au début. Mais ça s’est si bien passé que je me suis concentré là-dessus. 

Rodolphe Testut peaufine ses compositions à la guitare sèche, tout en s’inspirant de son expérience personnelle dans ses paroles. Mais il se fait fort de ne jamais tomber dans l’auto complaisance, ni les formules trop poétiques.

Il se dit « inspiré » par les romans de Philippe Djian. Voyez le genre de texte à quoi vous pouvez vous attendre…

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Un concert à ne pas louper, hein!!!

 

Et l’arrivée chez Warner ?

 

-Un coup de chance énorme. Pendant que je faisais pas mal de concerts sur Toulouse et sa région, j’ai maquetté mes titres. J’ai dit à un copain régisseur : « je te file 5 démos, dès que tu croises des gens qui peuvent être susceptible d’être intéressé, tu leur files. » Le premier mec qu’il a rencontré était quelqu’un de chez Warner… Il était vraiment très intéressé, au point de venir me voir jouer à Toulouse. J’ai trouvé que ça commençait à sentir bon.

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Très vite, on lui donne la possibilité de jouer dans d’excellentes conditions. Avec le batteur Philippe Entressangle (Ignatus, Miossec) et le bassite-guitariste Daniel Roux (Jean-Louis Aubert, les France Cartigny), il rentre en séances dans le petit studio de Tarn.

-On a bossé 15 à 16 heures par jour. Je ne voulais pas que le disque soit daté. C’est pourquoi on n’a pas mis de banjo, ukulélé ou de boucles de batterie. Une bonne chanson doit sonner avec une voix, une guitare acoustique, un tambourin et une grosse caisse. L’esprit rock ne passe pas forcément par des grosses guitares et des amplis à fond. 

Vrai.

Et le fait d’être enfin leader, est-ce appréciable ?

 

-Oui, car les places sont enfin bien définies. Dans un groupe, chacun donne son avis et ça devient vite le bordel. Aujourd’hui, même si j’écoute les conseils, les envies de chacun, c’est moi qui valide ou pas. Mes musiciens savent la place que j’occupe désormais. Beaucoup de choses reposent sur moi, donc je prends mes responsabilités.

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J’observe Rodolphe Testut se raconter. Il est fin, semble doux, gentil… je lui dis.

 

-Oui, mais ça ne m’empêche pas de savoir ce que je veux. Je suis loin d’être mou. Je suis quelqu’un qui se bat beaucoup, en fait. (Rires). Je n’ai pas de grosses facilités au départ. Je bosse, je bosse, je bosse…Mon disque est réellement à mon image. Un peu roots, un peu sensible, fragile, mais énergique aussi.

Jure sur ma tête, l’album de Rodolphe Testut est direct et très simple. Sa bio souligne qu’on peut le cataloguer entre Jonathan Richman, Violent Femmes, Louise Attaque ou Grant Lee Buffalo

Il y a de bien pires comparaisons.

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Son manager vient le chercher. « C’est à toi de répéter ! ».

« OK ! Je te libère », lui dis-je en n’ayant pas le choix. « Non, non, ça va, je prends le temps qu’il faut… ». Je l’ai libéré quand même, mais j’ai beaucoup apprécié cette réaction immédiate.

Elle est significative d’un état d’esprit.

Allez, voici son premier clip : Personne.

Quand je vous parlais de second degré…

 

 

Commentaires

J'aime beaucoup la musique, les paroles. La voix un peu moins. Mais l'ensemble est très sympa. A suivre car j'aime vraiment énormément les textes.

Écrit par : Nath | 13 mai 2008

@Nath: En fait, c'est plus un artiste scénique!

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 14 mai 2008

Les commentaires sont fermés.