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30 avril 2008

Jérôme Attal et les Beatles!

 

 

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« J’ai découvert la musique des Beatles à une époque où ils étaient séparés depuis longtemps : je n’ai pas connu les frissons de l’impatience dans l’annonce d’un prochain album, ni vécu à leur rythme une décennie faite de péripéties culturelles et politiques, d’avancées et d’épiphanies musicales, d’un état d’esprit qui m’aurait permis de mieux saisir l’avènement de telle ou telle chanson. Je les ai découverts d’un bloc, dans la boulimie maladroite de deux albums de compilation, des années après la bataille. »

Ainsi s’exprime Jérôme Attal en quatrième de couverture de son nouveau livre « Les Beatles/Le rouge et le bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans l’existence ».

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Bon, les habitués de ce blog le savent bien, j’ai une profonde admiration pour ce garçon et je suis son travail depuis longtemps. J’ai déjà écrit deux notes sur lui. Une première qui était un portrait général de sa personne (à l’époque où je ne dévoilais pas encore ma frimousse) et la seconde pour son livre L’amoureux en lambeaux. Jérôme Attal n’est pas ce qu’on appelle un ami (parce que les circonstances, tout ça, tout ça...), mais nous aimons nous retrouver occasionnellement.

Le 9 avril dernier, nous nous donnons rendez-vous dans un pub de Saint-Germain (comme d’habitude… ce quartier est son quartier, hein, les autres ne sont que des visiteurs…). Il m’accueille en me disant :

-Ça va Mandor ? Tiens, écoute cette phrase que je suis en train de lire : « Au fond, dans le monde entier comme en France, on ne peut plus guère observer pour le moment, en matière artistique, que des manifestations individuelles reflétant l’anarchie totale des esprits ». Quand je pense que cette phrase a été écrite dans les années 20 pour évoquer la peinture… je la trouve toujours d’actualité aujourd’hui pour la culture en générale. Qu’en penses-tu ?

Et voilà, tel est Jérôme Attal. Il faut que j’en pense quelque chose, alors, je réponds quelque chose. Pas certain que je révolutionne la pensée artistique contemporaine… contrairement à Élie Faure qui a écrit notamment L’art Moderne II, dont est tirée cette phrase qui fait tant réfléchir mon invité du jour…

Bref, interviewer Jérôme n’est pas de tout repos et pourtant, je récidive à chacune de ses actualités.

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Revenons à ce petit livre jubilatoire. Précisons, pour commencer, que c’est une commande de la maison d’édition Le mot et le reste. Le premier d’une nouvelle collection qui débute avec Jérôme.

-L’idée est de demander à des écrivains et des auteurs de parler d’une émotion qu’ils ont par rapport à un groupe ou un album.

C’est donc ce qu’il a fait, mais à sa manière, très attalienne...

Récit en forme de courts textes à propos de l'existence, de la musique, des rencontres, de la passion amoureuse, de la création des chansons, de la mélancolie, de l'utopie du plaqueur d'accords pour contenir la difficulté d'être, de la vie qui se conduit comme un manche, de la cour du collège de St-Germain-en-Laye, de Bruxelles et de Londres, des rues de Paris où ce héros solitaire qui croisait votre regard vers cinq heures de l'après-midi c'était moi, de l'amour absolu, de Stendhal et de Dostoïevski, Baudelaire et Nietzsche, du premier concert de Basile Green et de pourquoi John Lennon avait tort, des filles qui passent et du souvenir qui reste, de comment écrire des chansons d'amour et de comment rater des histoires d'amour, du terrain perdu de l'enfance et du temps désemparé d'être adulte...Tout cela ponctué de chansons des Beatles. Le titre Le rouge et le bleu, outre le clin d'oeil stendhalien fait référence aux deux fameux albums de compilation du groupe de Liverpool (à ne pas traduire par : l'hiver est une piscine).

Voilà comment le MySpace officiel du livre décrit ce bijou.

Qui est ce Basile Green évoqué plus haut au milieu de ces belles références musicales et littéraires ? Le héros de son premier livre et du suivant qui arrive incessamment.

-Ça m’intéressait d’inscrire ce travail dans mon travail général. Ajouter une nouvelle qui reprend un personnage de mes romans personnels n’est pour moi que pure logique. Quand j’écris un livre, j’aime faire des liens avec les précédents, même si le thème n’a rien à voir.

Je le sais bien. Jérôme Attal tisse une toile d’araignée pour construire son œuvre.

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Dans le cas présent, je lui demande pourquoi il a choisi les Beatles. Un peu banal comme choix.

(Oui, je sais, j’ai un sacré sens de la provoc’ !)

-Quand tu commences à jouer de la guitare, les chansons des Beatles sont un régal. C’est mélodique, tu peux chanter sans savoir chanter… un peu comme les chansons de Jérôme Attal.

Pirouette cacahuète.

1872367692.jpg-Et puis je te signale, que je suis un vrai fan des Beatles. Sur le MySpace du livre, tu n’as pas vu que j’ai scanné ma carte du Club des 4 de Liverpool.

Ah oui ! Dont acte.

Un peu plus tard, dans la conversation, nous parlons de l’écriture, l’acte d’écrire… j’aime beaucoup les considérations de ce sensible artiste.

-L’écriture te permet de te rapproprier un territoire. Quand tu as des difficultés amoureuses ou personnelles, c’est souvent une perte de territoires. Tu te sens abandonné ou vacant. Ce livre est tombé au bon moment pour que je me réapproprie qui j’étais.

Mais il admet aussi que…

-Les Beatles/le rouge et le bleu aurait pu être écrit différemment à plein de moments de ma vie. Je pourrais m’y remettre indéfiniment, il serait à chaque fois un autre livre qui n’aurait rien à voir.

Un clip des Beatles: And I love her (titre d'une de ses nouvelles. La plus courte... 4 lignes.)

 

Bon, à part ça, comment va sa carrière de chanteur ?

-Je ne sais pas quoi te dire. Je n’ai plus de maison de disques. C’est désespérant, même si je ne suis pas seul dans ce cas. Heureusement, j’ai la chance d’être très demandé pour les textes, j’écris des romans, bref, je fais des tas de choses. Je n’ai pas à me plaindre, mais, quand même, j’aimerais bien continuer mon existence de chanteur.

Je lui demande pour qui il écrit en ce moment. Non parce que regardez, là… le monsieur à des références.

-Je vais être présent prochainement sur beaucoup d’albums. À part pour le prochain de mon copain Pierre Guimard, je ne peux pas t’en dire plus… tu sais comment ça se passe. Tant que les chansons ne sont pas concrètement sur les disques.

 Jérôme Attal se considère-t-il plus comme un chanteur ou un écrivain ?

-Tu es fou de me poser cette question ? Comment veux-tu que je te réponde. En tout cas, je navigue entre ces deux sphères. Ca se passe plutôt bien. Tous les gens qui écrivent me prennent pour un chanteur, tous les gens qui chantent me prennent pour un écrivain, je n’ai donc aucun problème de jalousie. Personne ne me voit comme un concurrent.

Et quand je lui demande ce qui est le plus simple, écrire une chanson où un roman, il me regarde l’air navré.

-J’ai un goût spécifique pour les chansons. J’arrive très vite à savoir si ce que j’écris me plait ou ne me plait pas. Avec les romans, j’ai envie que ça me plaise à chaque fois que je tombe sur un passage.

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Calme je suis...
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Calme je ne reste pas...
(Moralité fascinante: un trop plein de café tue la tranquilité comportementale.)

 

Pour clore cette note, je ne peux que conseiller la lecture de ce livre. Si vous ne connaissez pas le style Attal, c’est le moment de découvrir, si vous connaissez et que vous aimez, vous resterez dans l’allégresse habituelle.

Quoi j’exagère ?

Vous le savez bien Mandor est un enthousiaste.

D’ailleurs, il vous offre deux clips de Jérôme Attal.

Ainsi, preuve est faite qu'il aime les comédiennes de la nouvelle génération.

 

 

 

 

De nombreux autres clips sur son MySpace perso.

 

EDIT 22h00:

Je viens de lire son journal... sa dernière note, celle du 30 avril explique qu'il fait aussi parti d'un groupe...

Voici donc le premier clip de Werther or Stavroguine, projet monté par Jerome et Mondrian (Roman Oswald et Morning Crash), avec la participation de Margot Poirier du groupe Twice.

De l'arsenic elle voulait prendre.

 

26 avril 2008

Avec un Z qui veut dire Zaho!

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Après l’interview « manipulée » de Laurent Terry, je tente une nouvelle expérience.

L’interview mauvaise foi.

Il n’y a rien de pire (en journalisme) que les phrases sorties de son contexte…

En écoutant ce matin l’interview de Zaho que j’ai réalisé le 24 janvier dernier (quoi je suis légèrement à la bourre ? L’album Dima est sorti il y a un mois, tout juste…), je me suis aperçu que ce qu’elle disait pouvait paraître prétentieux. Pendant l’entretien, je n’avais rien remarqué. Là, ça me saute aux yeux. Et pourtant, elle ne m’a pas paru imbue de sa personne. Au contraire. C’est très paradoxal. C’est pour cela qu’il faut se méfier de l’écrit, de comment sont présentées les choses… un journaliste peut rendre quelqu’un tel qu’il n’est pas.

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-J’ai fait beaucoup de featurings avec quelques amis artistes, c’est comme ça que les gens ont remarqué mon nom, mais surtout ma voix.

-Je reste fidèle à moi même dans tout ce que je fais. Je ne fais rien qui ne soit cohérent avec ma personnalité, rien qui ne me mette mal à l’aise.

-Je ne fais aucun effort pour plaire autrement que pour ma musique. Personne ne me fera mettre des décolletés pour attirer l’attention et les regards vers moi.

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-Je veux la longévité, je veux avoir une carrière, je ne veux pas que mon nom traverse la vie et l’esprit des gens en coup de vent.

-Je veux que mon nom se lise sur toutes les lèvres.

-Quand j’ai commencé ma carrière alors que je n’étais connu de personne, je disais non à la plupart des propositions, car je ne voulais pas être sous les projecteurs à n’importe quel prix.

-Avant C’est chelou, les gens connaissaient de moi quelqu’un de sérieux, profond, philosophe presque, évolué et ayant la rage de vaincre et de vivre. Aujourd’hui, je montre la Zaho humoristique, celle qui peut jouer tous les rôles.

 

-Je passe pour quelqu’un d’acharné, de perfectionniste, de chiant même… Bon, je sais m’arrêter quand il le faut, mais c’est vrai que le détail compte beaucoup pour moi (pour parfaire une chanson).

-Je suis tout le temps influencée par ce que j’entends, je ressens, par les gens que je rencontre, par la vie. J’ai la volonté d’écrire autre chose et de faire avancer la marche du monde.

-Je suis consciente de la notion d’« on n’a qu’une vie ! » parce que j’ai vécu le terrorisme en Algérie, les couvre-feux…

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Parfois, les propos sont plus humbles :

-J’ai rencontré tellement d’obstacles qu’à chaque fois que je croyais que le succès arrivait, il n’arrivait pas. Aujourd’hui, je ne prends plus rien pour acquis. Je continue d’écrire, de composer comme avant et je fais comme si de rien n’était.

-Je me considère comme un produit, sinon je ne signerais pas dans une maison de disque…

Zaho est très pro en interview. Je suis passé en fin de journée, elle a tenté de rester fraîche, dispo, attentive et enjouée.

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En janvier, le bouc était encore là...

Je n’aime pas sa musique, parce que je n’aime pas ce genre-là de musique. Quoi qu'il en soit, son disque se situe entre plusieurs mondes. Teinté de Rn’B avec des flashbacks de musique arabe et une touche de hip-hop. Voix soul, flow unique entre rap et chanson.

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Une dernière réflexion de la belle…

 

-Je sais exactement ce que je veux, ce qui me met à l’aise. Je ne me définis pas comme une chanteuse de Rn’B ou de hip-hop, je préfère être difficile à décrire, et dire que je fais de la pop urbaine.

 

Son MySpace.

25 avril 2008

Une interview un peu "manipulée" de Laurent Terry

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Pub Saint-Germain : 15 avril 2008, 16h00.

Mandor : Nom, prénom, âge, profession ?

Laurent Terry : Laurent Terry, 33 ans, écrivain. J'ai un blog. Je sais que ce détail vous intéresse...

M : Mais encore ?

L.T : Je suis responsable marketing dans une grande société de haute technologie.

M : Tsss… comme John, le héros de votre premier thriller : Manipulé. Quelle coïncidence ! Bon, après vous avoir interrogé une première fois sans avoir lu votre livre, je vous convoque une seconde fois.

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L.T : Alors, pas trop déçu ?

M : Non, mais je suis très énervé. J’ai commencé hier soir, je n’ai pas dormi de la nuit…

L.T : Vous avez eu peur ?

M : Non, je me suis fait prendre au piège par votre façon d’écrire. Je suis obligé de reconnaître que vous êtes un malin. Mais, bon, vous écrivez comme les auteurs de polars américains, quand même… avouez-le !

L.T : Pour moi, c’est un compliment. C’est comme ça que je l’écris et que je le pense. L’action se situe aux États-Unis, entre Boston et New York, je peux difficilement dire que je ne m’inspire pas de l’univers américain.

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M : OK ! Mais, bon, quand même, vous utilisez les ficelles du bon vieux polar !

L.T : Il y a effectivement des codes dans le thriller. D’abord, j’évite les phrases de 5 lignes, ça casse le rythme dans les scènes où il y a de l’action et du suspens. Il faut que ce soit court, nerveux, saccadé, musclé.

: Et quid du style, dans tout ça ?

L.T : Je revendique mon côté « page turner ». Il faut être efficace. Si je fais tout de même attention à écrire correctement, je m’attache plus à l’intrigue qu’à la forme. Mon obsession est de mener mes lecteurs en bateau, de le transporter rapidement de droite à gauche. C’est très difficile, vous savez.

: Vous allez faire hurler les puristes là ! Je les connais, ils y trouveront à redire.

L.T : Moi, j’aime bien la littérature dans toutes ses formes. Après, que l’on me dise que le genre de littérature dans lequel j’ai choisi de sévir est peut-être moins honorable que d’autres, ça ne me dérange pas. Chacun est libre de penser de qu’il veut. Je m’attache avant tout à ce que vont penser les gens qui lisent réellement mon livre plutôt qu’à un petit milieu qui pourrait avoir un avis sur mes écrits, sans m’avoir lu.

: C’est comme si je voyais un film en vous lisant, que dois-je en déduire ?

L.T : Quand j’écris un chapitre, je pense et vois des images, ensuite je décris ce que j’ai vu. Le passage à l’image me paraîtrait assez naturel. Vous pouvez donc en déduire que ça ne me déplairait pas d’avoir des propositions dans ce sens. J’ai d’ailleurs déjà le casting en tête. Il est très hollywoodien. Je verrais bien Ben Affleck dans le rôle de John et Halle Berry dans celui de Téa, la jeune femme qui travaille au FBI.

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M : Bon, pour finir, comment vivez-vous votre intrusion dans le monde des écrivains ?

L.T : C’est très sympa comme expérience. Ça a réellement démarré au Salon du Livre lors de la remise par Henri Loevenbruck (il y a d’ailleurs une excellente vidéo d’une interview du monsieur ici, je dis ça, je dis rien…) du premier prix Blogauteurs/Plon. Juste avant il y avait une conférence sur le thème du numérique… ça m’a plongé dans la peau d’un écrivain qui débat sur des idées. Sinon, comme le livre est sorti il y a un mois, en ce moment, je suis en pleine promo.

M : Qui consiste en quoi exactement ?

L.T : À faire le tour des salons du livre en province. J’ai mes week-ends bien occupés.

: Comment vivez-vous cette notoriété naissante ?

L.T : Avec humilité, d’autant plus que je ne suis pas Marc Lévy, ni Guillaume Musso… il faut raison garder. Le succès ne me pèse pas trop, je vous l’assure. Si je ne suis pas très connu, les réactions des lecteurs sur mon livre sont positives et cela m’enchante.

: Vous n’êtes pas vexé que je ne vous pose pas de questions sur le fond de votre roman ?

L.T : Si, beaucoup.

: À part expliquer que c’est l’histoire d’un homme qui découvre un jour qu’il est beaucoup plus intelligent que la moyenne et qu’il est victime d’une manipulation qui remet en cause jusqu’à sa propre identité, en dire plus serait criminel.

L.T : C’est vous qui voyez. Mais enfin, j'espère que vous ne vous considérez pas comme un journaliste littéraire.

M : Si, pourtant. Allez, faisons nous la bise et réconcilions-nous... j’ai amené un monitor. On va tous regarder le trailer du livre réalisé par vos soins.

L.T : Ah ! C’est gentil merci.

 

(Précision importante : J’ai un peu « habillé » le dialogue. Il fut moins « interrogatoire de police » que retranscrit ici. Nos rapports sont beaucoup plus conviviaux en vrai.)

23 avril 2008

Il donne... Le Tone!

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Il est arrivé sur la scène française en même temps que Daft Punk, Etienne de Crécy, Cassius… il a figuré sur les mêmes compiles d’il y a une dizaine d’années… et pourtant Le Tone n’est pas un musicien aussi connu que les sus-cités…

Pourquoi ?

La faute à pas de chance.

Le Tone a fait un méga carton avec son premier disque Le Petit Nabab... Grâce au titre: Joli Dragon (dont j’avais diffusé le clip récemment)… et dont voici une version récente sur scène.

 

 


Joli Dragon
envoyé par Le-TONE

 

Puis il s’est dirigé vers des projets plus « undergrounds » qui n’ont eu absolument aucune couverture médiatique… mais, de là à dire qu’il a été inactif, rien ne serait plus faux ! Il a sorti un deuxième album mais, cette fois-ci, sans clip. Force est de constater (je déteste cette expression !) que cela réduit considérablement l’exposition d’un disque. Il ne s’est d’ailleurs pas très bien vendu.

 

1451447236.jpgIl était intéressant d’aller lui poser quelques questions directement.

C’est ce que j’ai fait le 8 avril dernier chez Aktarus Productions. (Une agence à échelle humaine destinée à accompagner le développement de tout projet musical dans son intégralité.)

Le Tone est moyennement à l’heure, alors je patiente en lisant des magazines spécialisées dans la musique electro… je n’ai jamais entendu parler d’aucun artiste figurant dans les pages que je tente de comprendre.

Même Le Tone, je ne le connais presque pas. Pourquoi suis-je là, me demanderez-vous ? Par besoin de connaître des milieux, des musiques, des mondes inconnus de moi.

Il arrive enfin, le sourire aux lèvres. L’homme est sympathique, je le sens un peu taquin tout de même…

Nous nous installons un peu à part et commençons la discussion. D’abord, il m’avoue avoir jeté un œil sur mon blog. « C’est une bonne idée de poser avec les artistes… ça rend humain le truc ! »… Ouf, enfin un artiste qui me comprend…

Le Tone sort donc un disque intitulé, En Inde.

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Comme l’explique le dossier de presse, il a été lauréat d’une résidence artistique initié par le Consulat de France. Il s’est envolé, courant 2005, direction Delhi, accompagné de ses inséparables synthétiseurs vintage avec la ferme intention d’arranger la rencontre de son « electro pop » et des sonorités traditionnelles hindi…

-Pour moi, c’est mon meilleur album. Je ne suis généralement jamais si sûr de moi au départ sur le concept global de ce que je veux faire. J’ai fait un album qui sonne exactement comme je voulais qu’il sonne.

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Une union métissée construite au gré des rencontres dans ce pays. Ce mariage des genre aboutit à des « ritournelles aussi aériennes qu’entraînantes, bercées par la voix suave de Smitri Nocha, soutenue par des arrangements flirtant entre vibration80’s, electro, tradi ou lounge signés notamment par Olivier Libaux ou encore Albin de la Simone (récemment mandorisé ».

-Quand je pense qu’avant de rencontrer les gens de chez Aktarus, aucune maison de disque ne voulait de ce disque. J’ai eu le droit à tous les commentaires, parmi lesquelles, les classiques : Trop indien ou pas assez Le Tone. Trop Le Tone et pas assez indien. Il était temps que je trouve un partenaire idéal car ma page MySpace était consacrée à ce projet depuis 2 ans.

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Je trouve personnellement le résultat très appréciable. J’aime les gens qui se lancent à corps perdu dans des projets riches, originaux, variés et… risqués.

-Je n’appartiens à aucune scène particulière. Il y a des personnes avec lesquelles je me sens plus proche que d’autres. En ce moment, je travaille avec des groupes de rock, j’ai aussi envie de faire autre chose avec Albin de la Simone. J ’aime vraiment beaucoup ce type.

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Le Tone pose pour moi... sur une (très) vieille chaise de coiffeur.

 Je lui avoue que je trouve les personnes de son milieu un peu pédantes. Limite prétentieuses. Certes, c’est un préjugé parce qu’au fond, je n’en connais pas vraiment, mais ceux que l’on voit à la télévision, ne me paraissent pas véritablement humbles. Sébastien Tellier, par exemple…

-Tu verras si mon disque marche, comment je vais me la jouer. Je suis comme tous les artistes… un peu mégalo. Si tu ne l’es pas un minimum, tu ne peux pas projeter tes projets dans une perspective à long terme.

Il se tait, puis continue.

-Je suis un enfant de mon siècle. J’aime bien les médias, parler de ma musique, faire des concerts, parler de moi, frimer, m’acheter de belles fringues, avoir une belle caisse…

J’imagine que c’est du second degré. Pas certain.

-Par contre, quand je fais de la musique, plus rien ne peut me troubler.

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Et Le Tone, la musique, il l’a maîtrise remarquablement. (Et les dessins aussi, car tous ceux qui sont sur cette page sont de lui.)

Voici son clip.

21 avril 2008

Mary Dollinger... et Alain sont à Paris.

-Bonjour, c’est Mary. Ça y est, Alain et moi, nous savons où nous vous invitons…

Silence.

-Poch’tron.

Stupeur.

-Mais, Mary, je vous assure, je plaisante souvent sur mon blog avec le fait que je consomme de l’alcool de manière excessive… en vrai, je ne suis pas vraiment un pochtron, juste un peu.

-Mais, ça n’a rien à voir… c’est juste que, Poch’tron, c’est juste à côté de là où on nous héberge.

-…

Bon, peut-être qu’il faut que je précise qui sont Mary et Alain Dollinger.

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Un charmant couple (elle anglaise, lui français) avec qui je corresponds depuis des mois.

Mary a un blog que j’aime bien, (même si elle ne l’alimente pas assez).

Et surtout, elle a écrit deux livres que j’ai particulièrement appréciés.

Au secours Mrs Dalloway et Journal désespéré d’un écrivain raté (chez Jacques André Editeur).

J’avais expliqué au mari de Mary que je ne faisais jamais de chroniques sans avoir eu, au préalable, l’auteur en face de moi.

Un principe auquel je me tiens toujours (la preuve, ).

1655445086.jpgDonc Mary et Alain Dollinger ont décidé lors de leur passage parisien très récent de m’inviter au Poch’tron !

C’était ce vendredi.

J’arrive à l’heure pile et je les vois, au fond de la salle. Il me semble qu’ils me reconnaissent, car je les vois agiter les bras dans tous les sens. Je réponds d’un signe discret.

Alain me serre la main en me disant, « on s’est permis de commander une bouteille de vin… Du rouge, vous aimez ? ».

Oui.

Et je crois qu'il le sait très bien puisqu'il lit mon blog...

Je ne sais déjà plus ce que c’était, mais l’homme a du goût.

Mary me dit : « vous êtes comme vous êtes sur votre blog ! ». Je réponds : « c’est normal puisque je suis la même personne… » (Ce qui est une réplique qui ne fait pas parti des meilleures lancées dans mon existence d’homme fin, raffiné et spirituel.)

Tout de suite, ils m’ont mis à l’aise. Je me sentais comme avec des amis de longue date. On s’est raconté nos vies, nos blogs…

J’ai mon Sanyo dans ma veste. Je n’ai pas du tout envie de le sortir. Pas du tout envie d’interviewer Mary. Je me sens si bien que je n’ai pas envie de gâcher l’instant présent. Je n’ai pas le moral au beau fixe en ce moment, ils me le remontent sans le savoir.

Pas la tête à faire mon métier.

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Je pourrais lui dire que son Journal désespéré d’un écrivain raté, je l’ai fait lire à quelques amis tellement je l’ai trouvé jubilatoire. Que l’idée de considérer qu’aujourd’hui, les auteurs classiques (du XIXe siècle) ne trouveraient pas de maisons d’édition facilement est fort réaliste…  que les placer en face d’Anne Carrière et consorts est malin et amusant. Que les commentaires et prétextes de ces derniers, pour ne pas éditer les premiers, sont habiles.

(Je vous propose de lire la critique très juste de ma copine La lettrine).

Mais je ne parle pas de ses ouvrages.

C’est maladroit parce qu’on s’est vu un peu pour ça. C’était bien clair au départ. Je n’ai pas respecté la règle du jeu.

Mais qu’aurais-je pu ajouté à ce que Mary raconte ici ?

 

 

Je préfère dire que les Dollinger sont des gens affables. Que leur compagnie est fort agréable.

On se propose de se tutoyer tout en continuant à se vouvoyer. Aucun de nous ne parvenait à glisser vers ce genre de familiarité.

Trop de respect sans doute. Moi envers eux, en tout cas.

Evoquée aussi leur amitié pour Bernard Clavel et sa femme. Tandis que l’on parlait de l’œuvre du monsieur, j’ai passé sous silence Au secours Mrs Dalloway.

(La critique la plus proche de ce que j’en pense se trouve là…).

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C’est comme ça, j’ai fait la grève du « parlez-moi de votre livre ». J’espère que Mary et Alain ne m’en voudront pas en lisant cette note. Qu’ils sachent qu’ils m’ont inspiré plus une envie de « copinage » qu’une envie de « professionnalisme ». Je n’ai pas souhaité lutter entre ces deux parties là de moi, qui sont constantes quand je rencontre des artistes.

 

Je peux dire en tout cas que les livres de Mary Dollinger sont comme elle. Emprunt d’humour britannique (qui n’est donc pas qu’une légende) et d’ironie discrète. Elle écrit comme un peintre, par petites touches… (Elle a commencé Au secours Mrs Dalloway en 1984. Après un rapide calcul, elle a donc écrit 12 lignes par an ! Vous avez dit « flegme britannique ?)

Culinairement parlant (non parce que cet aspect-là est tout à fait intéressant quand on vient sur ce blog en pensant que l’on va pouvoir lire un article de fond sur un album ou un livre), j’ai horrifié Alain. J’ai commandé une salade de chèvre.

« Vous allez avoir faim, en sortant de table… non, vraiment, ce n’est pas raisonnable ! ».

Sauf que quand la salade est arrivée, elle atteignait presque le plafond. (Quoi j’exagère !). Alain s’est contenté de dire : « Ah, oui, d’accord ! ».

Sinon, pour aller à fond dans l’info primordiale, je peux vous dire aussi que Mary exige du thé Ceylan et surtout pas de l’Earl Grey et qu’Alain boit systématiquement un Perrier avec son thé.

(Lirez-vous ce genre de détail ailleurs qu’ici ?)

(Assurément non).

(Et c’est bien dommage, je sais…)

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Merci à Mary et Alain pour leur bienveillance et leur invitation.

Revenez quand vous voulez…

Edit à 22h22: La note de Mary Dollinger... sur cette même rencontre au sommet.

18 avril 2008

Première rencontre avec... Mokaiesh.

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Hier soir, mes nouveaux amis de Spöka, (je n’en remets pas une couche parce que bon, quand même…) ont convié quelques journalistes blogueurs triés sur le volet (là, je vous assure, je me retiens de faire un mauvais jeu de mots !) pour une écoute du premier album du groupe de rock Mokaiesh.

J’ai le disque depuis déjà quelques semaines, je le connaissais donc bien, mais comme on m’avait promis qu’il y aurait de quoi étancher ma soif, je suis venu.

(Rhooo… vous ne me prenez pas au sérieux, là, quand même ?)

Ça, c’est passé au Truskel

Donc, il y avait, effectivement, de quoi faire plaisir aux gosiers des journalistes (tous des poivrots, comme de bien entendu !)

Nous étions une petite vingtaine (en comptant aussi quelques personnes de chez AZ/Universal). Bref, petit comité de gens bien sous tout rapport... (il m’a semblé en tout cas).

Voici quelques photos de l’endroit et des forces en présence…

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Au premier plan: Eric Langlois conversant avec Cyril Mokaiesh...

Pendant l’écoute, j’ai entendu des commentaires plutôt élogieux et un : « Quand même, ça ressemble à Noir Dez’ ! ».

Ah d’accord, c’est du rock français très énergique et poétique, avec une voix magnifique, donc forcément, hein, ça ressemble à Noir Désir.

Moi, depuis que j’ai entendu un journaliste (si, un vrai en plus !) dire, en écoutant un tube de Yannick Noah : « Purée, on dirait vraiment du Bob Marley ! ».

Va la manger ta purée et surtout, change de métier.

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« On retrouve dans les chansons de Mokaiesh l'écho lointain, mais toujours vif du fameux diptyque rock de l'idole Ferré– Amour anarchie – (68). Comme Ferré, Cyril écrit avec la rage d'un fauve déchiquetant sa proie, étrillant cette langue française avec l'amour et le respect qu'on doit à ceux qui vous nourrissent. »

C’est ce qui est indiqué sur le MySpace du groupe.

Très d'accord, je suis.

 

Je vous propose de regarder une vidéo « non officielle », Va Savoir, en version acoustique… dans les loges de la Boule Noire.

 

 

Après l’écoute, je descends dans les sous-sols du bar avec 3 membres du groupe.

Cyril Mokaiesh, le chanteur, guitariste, auteur, compositeur… Éric Langlois, le batteur et Alban Seillé, le bassiste. Manquait Jan Pham Huu Tri, retenu je ne sais plus où…

Je fais une mini interview. Parce que je ne peux m’étaler une heure dans ce genre de contexte...

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De gauche à droite: Alban Seilié, Cyril Mokaiesh et Eric Langlois.

Cyril m’explique comment tout à débuté pour lui.

-J’ai eu la révélation que je pouvais écrire des textes, puis de la musique, puis chanter des chansons à l’âge de 17 ans. Il faut dire que mes premières émotions musicales dans la chanson française sont liées aux mots. Brel, Ferré, je les ai écoutés toute ma jeunesse. Ça m’a donné envie de couper court à ce que je faisais avant.

(Note de moi-même : Le jeune homme était bien parti pour faire une belle carrière de tennisman… je ne comprends pas pourquoi il ne souhaite pas en parler…)

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-C’était une transition adolescente, mais importante pour moi. J’ai commencé à enregistrer à 17 ans, puis de manière plus professionnelle à 19 ans. J’ai cherché des musiciens et je suis « tombé » sur Jan. Une vraie complicité musicale et humaine est née à ce moment-là. Jan m’a présenté Alban et le projet est devenu collectif. J’ai abandonné l’idée d’un projet solitaire. Éric est arrivé peu après. Il nous avait été vivement conseillé par pas mal de gens.

C’est ainsi que le poids des mots de Cyril s’équilibre avec un son porteur d'une même fougue, d'un même élan volontaire et frondeur.

Du culot et de l'érudition. Voilà ce qui saute aux yeux (et aux oreilles) en les écoutant.

À 22 ans, Mokaiesh  ne manque ni de l'un ni de l'autre.

J’ai comme la vague impression que tout va vite pour eux.

Éric répond :

-L’évolution a été très rapide, mais on a beaucoup bossé. Tu sais, chacun de nous avait commencé nos vies de musiciens avant d’intégrer le groupe et on a tous pas mal d’expériences. Nous ne sommes pas des débutants.

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Cyril Mokaiesh

Ce dont je ne doute pas, car je trouve leur album très abouti. Je dois dire que je suis impressionné par la maturité de Cyril qui n’a que 22 ans. Il te raconte pourtant la vie, l’amour et la société avec une poésie à la fois sensible et réaliste.

-Je lis beaucoup de poésies, très peu de romans. La poésie me permet une ouverture. J’y vois ce que je veux. C’est ce que je tente d’exprimer dans ma musique et mes textes. Je ne veux rien de figé et d’instantané. Je souhaite atteindre un mélange d’images et de formes qui laissent l’imagination vagabonder.

Il y parvient.

Avant de nous séparer, je leur dis qu’il manquait un groupe comme le leur en France.

(Parce que, en ce qui me concerne, BB Brunes et consorts… ça ne me fait pas vibrer. Mokaiesh si.)

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Je vais suivre leur carrière avec attention.

Ce soir, ils seront là.

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Bonne occasion de les découvrir.

Allez, en attendant un vrai clip, je vous laisse avec un « live ».

Gilet pare-balles.

 

13 avril 2008

José Giovanni... une grande gueule!

 

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Je vous l'avais promis la semaine dernière, mon Tout Petit Déjà du week-end est consacré à José Giovanni.

Pour connaître mieux cet auteur, scénariste, dialogiste, réalisateur, allez voir là.

Il y a sa bio, des extraits de films, des photos, des extraits d'interviews... Un site fort complet sur le personnage.

J'ai souvent rencontré José Giovanni lors de ses dernières années d'existence (pour raisons professionnelles).

Mais je ne l'ai reçu que deux fois.

Quand je faisais de la télé sur le net avant que la télé sur le net soit "regardable".

Ici:

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Mes années utopies, je les appelle.

La première fois, c'était donc le 28 février 2001, dans un studio de la Plaine Saint-Denis.

Pour l'émission que je produisais et animais: Le film à la page.

A l'occasion de la sortie du film: Mon père.

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Là, c'était l'édito de la semaine du site:

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Ici, la présentation de l'émission (c'était le résumé qu'il fallait lire avant de cliquer):
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Quelques photos pendant l'enregistrement. Vincent Lecoeur jouait le rôle de José Giovanni (jeune) dans le film: Mon père.
C'était l'une des très rares émissions où les deux étaient réunis.
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Et puis, la deuxième fois, le 15 mai 2002, au même endroit, pour la même émission.
Mais, cette fois-ci pour la sortie de son livre de souvenirs: Mes grandes gueules.
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Allez, pour finir, quelques clichés qui font plaisir à voir... (commentaires et photos tirés de ).
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Lino Ventura et Michel Constantin blaguant sur le tournage de Dernier domicile connu (1968).
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Avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale et Michel Constantin
sur la plage du déminage dans La Scoumoune (1972)
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Expliquant à Jean-Paul Belmondo comment tirer plus vite dansLa Scoumoune (1972).
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Avec Alain Delon sur le tournage de Deux hommes dans la ville (1973).
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Avec Jean Gabin sur le tournage de Deux hommes dans la ville (1973).
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Sur le tournage du Gitan à Pallavas-les-flots avec Maurice Bireau et Paul Meurisse (1974).
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Avec Charles Vanel et Alain Delon sur le tournage de Comme un boomerang (1976).
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Avec Michel Audiard dans les bureaux de L'Equipe lors d'une réunion sur le vélo (début des années 80).
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Au Canada sur le tournage du Ruffian, avec Bernard Giraudeau (1982).
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Avec Bruno Cremer et Bertrand Tavernier sur le tournage de Mon Père (2000).

11 avril 2008

Lonely Drifter Karen... petite merveille!

 

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Quand j’ai reçu (et écouté) le disque de Lonely Drifter Karen, je me suis dit, tiens, une femme avec un bel univers!

Ce qui n'est pas rare, mais parfois, j'me fais ce genre de réflexions...

Sans vouloir faire de comparaisons inutiles, j’ai ressenti la même chose que la première fois que j’ai écouté Kate Bush ou plus récemment Tori Amos.

Après enquête extrêmement poussée (la biographie jointe avec le CD), j’apprends que la chanteuse s’appelle en fait Tanja Frinta et qu’elle est Autrichienne.

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J’apprends aussi qu’enfant, elle est fascinée par les comédies musicales « vues dans les théâtres et salles de cinéma ». Qu’elle aime les comédies musicales ne m’étonne pas trop, car sa musique reflète cet amour… mais je pense que le jazz et la musique tzigane ne font pas fuir la donzelle. Sous de merveilleuses mélodies, la belle Viennoise nous offre un monde proche du cabaret expressionniste, rien de moins. La voix captive, le piano s’enflamme, la guitare acoustique se fait tantôt douce, tantôt endiablée.

J’ai plongé dans cette ambiance magique.

 

Alors, oui, quand l’attaché de presse m’a proposé de l’interviewer avec le pianiste catalan Marc Melia Sobrevias, j’ai accepté. Manquait le batteur Giorgio Menossi, pour que Lonely Drifter Karen soit au complet.

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Bon, j’ai un peu honte de vous avouer ça, mais, euh… comment dire… je ne parle pas bien l’anglais (je suis même une sacrée bille !) alors, je demande toujours à quelqu’un de venir pour traduire l’interview (vous comprenez maintenant pourquoi je suis devenu un spécialiste de la chanson française!).

Cette fois-ci, j’ai demandé à ma copine Marie Cartier, la rédac-chef de Zik Addict (à ce propos, je suis assez content de la nouvelle présentation!), site musical où je recycle mes articles, de venir m’aider…

Ainsi, le 20 mars dernier, nous voici assis (bonanga) dans le salon (majestueux) de l’hôtel Britannique. Je pose des questions convenues et les réponses le sont autant. Je ne parviens pas à trouver la faille pour apporter un intérêt à mon entretien. Si je ne saisis pas sur l’instant les propos de mes invités, je n’arrive à rien. Je suis assez nul en fait. J’ai besoin de converser, pas d’interviewer.

Parfois Marie me regarde bizarrement. (Quoi? Elle est conne ma question ?).

Je me rends compte que, oui, elle est sacrément conne ma question.

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Bon, je résume ce que Marie me rapporte.

Toute petite, Tanja Frinta écoute aussi beaucoup de folk et de rock. Plus tard, elle fera même partie d’un groupe de punk rock. Difficile à envisager cela quand on écoute l’album Grass is singing.

(Tenez, allez zieuter ce que télérama.fr vous propose pour découvrir cet album!)

A 20 ans, elle fonde un trio indie-pop féminin, puis s’en va pour aller vivre en Suède, un peu plus tard, elle rejoint Barcelone. C’est là qu’elle rencontre les deux autres membres du groupe. Et là, une nouvelle aventure commence.

Lonely Drifter Karen naît.

(Je raconte super bien, je trouve.)

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De quoi parlent les textes de la chanteuse auteur(e) ?

C’est surréaliste. Limite dadaïste.

Il est question de « pieds qui deviennent des yoyos », d’ « un inventeur fou qui tombe amoureux d’un clown », des « anges qui soupirent pendant que des dames résistent à l’appel de la crème glacée », des « filles qui se transforment en éléphant », et d’ « un homme et d’une femme qui se font étouffer »… des trucs complètement normaux, quoi !

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Voilà, c’est tout ce que je peux retirer de cette rencontre.

Ah si ! Un détail. Tanja et Marc sont très sympathiques. Ils sont encore peu habitués à répondre aux questions des journalistes, mais comme l’album sort dans le monde entier, gageons que j’ai eu de la chance de les avoir rencontrés. Pas sûr que dans deux ans, on me les offre sur un si joli plateau !

Leur MySpace...

Voici la première vidéo de Lonely Drifter Karen: The Owl Moans Low.

 

 

Donc, oui, ils ont joué le jeu des photos aussi.

Sur le canapé.

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Et avec Mandor, Tanja Frinta s'endort...
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Mais avec Marc Melia Sobrevios, c'est l'osmose...
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Merci à Marie Cartier pour la traduction, à l'hôtel Britannique pour l'accueil, aux personnels de Crammed Discs pour l'organisation de cette rencontre au sommet, aux pervenches de la Place du Châtelet qui ne m'ont pas verbalisé alors que j'étais garé comme un âne, à mes parents sans qui je ne serais pas là et à Dieu sans qui, je n'aurais pas vu le jour non plus (d'après ce qu'on m'a dit!)
(Surtout, vous me dites si j'en fais trop!)
Amen!

10 avril 2008

Ludéal... simplifié.

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(N.D.L.R: Pour apprécier à sa juste valeur le titre de ma note, il faut connaître (un peu) le répertoire de Laurent Voulzy. Voilà, c'est comme ça... ce blog est élitiste.)

Ludéal, il m’interloquait.

Sur la pochette, une tête de Pierrot lunaire.

Mystérieux, le bonhomme.

Peu engageante, je trouvais, la pochette.

À l’écoute. Un must.

Un truc qui sonne américain avec des paroles françaises.

Jamais rien entendu d’aussi intéressant en France depuis Bashung.

Bien sûr, la presse le compare à lui.

Bien sûr, c’est souvent justifié. Ludéal en a mangé du Alain. Ludéal l’a ingurgité son Fantaisie Militaire.

Mais Ludéal, sa culture, c’est surtout Bruce Springsteen, Tom Waits et Robert Wyatt

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Son univers, mélange de pop anglaise et de chanson française, est voluptueux, délicat, aérien, ambigu, complexe, tourmenté.

Ironique, élégant.

Oui, tout ça.

Y a du vécu dans les chansons de Ludéal.

Tenez, voilà un premier clip : Tout rustiné. (Tiens, au passage, je suis dans cet état d'esprit en ce moment...)

 

 

 

« On » me donne rendez-vous au Ramus, non loin de chez lui.

Je trouve une place juste devant le bistrot. En faisant mon créneau, je le vois arriver (oui, j'ai cette faculté de regarder le paysage et de réussir à garer ma voiture... un truc de fou!). Je le reconnais parfaitement, tout en me disant qu’il a une tête bien plus sympathique que sur la pochette. Beau gosse même, ce qui ne m’avait pas sauté aux yeux sur le disque.

Je le laisse saluer son attachée de presse, puis je les rejoins.

L’homme est chaleureux et semble discret. Pas frimeur pour un sou. Humble, je dirai.

Je ne trouve rien de mieux que de lui parler de sa pochette trompeuse… Il se marre. Tout le monde lui dit ça.

 

-Oui, ma tête, elle est aussi aimable qu’une porte de prison. Je voulais apporter une part de mystère. Tout le monde me dit qu’elle ne correspond pas à ce que l’on voit de moi quand on me rencontre…

Pourquoi faire une tête de Buster Keaton alors qu’on à la tronche d’un Chris Isaak qui aurait mangé un Presley (première période, le Presley !) ?

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Je ne lui fais pas part de ma réflexion.

Je ne suis pas certain qu’elle soit judicieuse.

Allez, évacuons sa jeunesse.

« Il est né à Drancy. Il découvre à douze ans dans la mince discothèque de son père, entre Elvis Presley et Les Chaussettes noires, un album de Queen qui sera son premier vrai contact avec la musique rock ». (Qu’il dit monsieur MySpace).

Bon, je résume la suite.

Il apprend la guitare sur le Song Book d’Elvis Costello. Puis il s’ouvre à d’autres artistes… Springteen ne le fait pas fuir, par exemple.

Il vit sa vie comme tout le monde, sauf que Ludéal bosse la musique comme un fou, chez lui.

 

-Je n’ai jamais caché que je travaillais depuis longtemps seul dans mon coin parallèlement à des métiers « alimentaires »… Pendant 10 ans, non-stop, je me suis entraîné, j’ai écrit et composé. Aujourd’hui, je débarque, mais avec un solide répertoire. Il fallait bien que je me décide à montrer mon travail au-delà des amis et de la famille. J’ai eu la chance de rencontrer mon éditrice.

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Son éditrice, elle s’appelle Anne Claverie. Elle et le directeur artistique Philippe Gandilhon l’ont l’emmené jusqu’à la signature chez Jive Epic.

-Je suis un miraculé. J’ai eu énormément de chance de signer, tu ne crois pas ? Des mecs comme moi, je suis sûr qu’il y en a plein.

Pas si sûr. Il y a en effet beaucoup de bons artistes en attente d’être découvert, mais, avec un album à ce point proche de la perfection, je ne sais pas. Ce disque n’est pas un premier album. Ce n’est pas possible.

Mais si, en fait.

 

-Si je m’écoutais, je réenregistrerais tout. Je ne suis jamais content. Heureusement que j’étais bien entouré...

Jean-Louis Piérot (Les Valentins, Miossec, Daho, Bashung…), et Frédéric Lo (Daniel Darc, Stéphane Eicher…) à la réalisation et Renaud Létang (Alain Souchon, Manu Chao, Feist…) au mix.

Effectivement, pas mal du tout.

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Il poursuit…

 

-J’ai une vie de famille, très peu de vie sociale. Je n’ai pas le goût de sortir, je n’ai pas la télé… mais, je te rassure, je ne suis pas coupé du monde. Je suis devenu casanier et même sédentaire parce que j’ai travaillé énormément sur ces chansons. J’ai une exigence maladive avec elles. Je les ai traînés des années sous le bras sans arriver à me décider…

Au programme de cet album « 10 chansons au faux flegme romantique, genre amoureux transi, mais pas dupe, entrecoupées d’images à l’emporte-pièce, de saynètes comico-absurdes et d’une galerie de personnages que ne désavoueraient ni Lewis Carroll ni William Burroughs ». (Re merci monsieur MySpace !)

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Ludéal est un peu inquiet. Son disque sortit il y a deux mois, ne rencontre pas encore un large public. Je lui réponds que le contraire m’aurait étonné. Qui a dit que la qualité était vendeuse en ce moment ? Il va falloir qu’il soit patient. Il doit penser à se bâtir une carrière, pas à penser à « l’achat immédiat ».

Il le sait, mais bon…

 

-J’ai conscience que j’arrive à une époque très difficile pour un chanteur qui débute. J’ai fait un album honorable avec des chansons mûres… j’ai peur qu’il tombe dans l’oubli.

Moi, je pense que le succès de Ludéal ne sera pas immédiat. Mais qu’il durera très longtemps.

En attendant, allez voir son site, il y a les dates de ses prochains concerts. Pas mal de 1eres parties (de Pauline Croze, Renan Luce, Daniel Darc et même d’REM…)

Je vous laisse avec son tout nouveau clip : Costume de nonne.

 

08 avril 2008

Balbino Medellin... l'espoir fait vivre!

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La première fois que j’ai entendu la voix de Balbino Medellin, c’était en 2004, sur un album de Mano Solo : Les Animals (je l’avais chroniqué). Il chantait en duo, Barrio Barbès. Je me demandais qui était ce type avec une voix si étrange. A la fois cassée, profonde et sensible… souvent sur le fil.

Quand j’ai reçu le disque Le soleil et l’ouvrier (le deuxième du monsieur), j’ai constaté qu’en plus, le mec avait une sacrée gueule : un titi parisien qui aurait mangé du Popeye (expression assez rare, je le conçois… mais très parlante).

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Avec le disque, je reçois aussi un poster géant de Balbino. Au verso quelques témoignages d’amis artistes…

Extraits :

 

Cali : « Si on s’en remet à l’adage qui dit « Tout ce qui n’est pas déchirant est superflu », alors cet album de Balbino est essentiel. Parce qu’il y chante chaque chanson comme si c’était la dernière… même dans ses chansons les plus légères, il est un cri jusqu’à la fin. »

 

Bernard Lavilliers : « La voix de Balbino sort tout droit d’un film de Prévert ou d’un album de Doisneau, le ciel est lourd, le vent froid mais à l’horizon une ligne lumineuse grandit comme un sourire de femme… »

 

Anis : « Balbino est le vrai héritier de l’âge d’or de la chanson française, celle des années 50 à 70. Il a ce piment, cette force d’esprit, cette corrosivité… »

 

Jean-Louis Foulquier : « Francis Lemarque aurait été heureux d’accueillir ce jeune « camarade ». Bernard Lavilliers à l’œil qui frise, ça ne trompe pas. Balbino est de la trempe de ceux qui durent. »

 

N’en jetez plus, la coupe est pleine. Après lectures de ces « témoignages », je me suis demandé s’il était utile que j’intervienne dans ce concert de louanges. Si, c'est même impératif. Je l’ai rencontré le 26 mars dernier, il est normal que je me laisse aller à un « racontage » en règle.

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J’ai été convié dans un « auditorium » situé à Saint Ouen. Un endroit qui ne paie pas de mine quand on arrive… mais quand on a grimpé les escaliers, on découvre un lieu convivial et pratique pour répéter. C’est ce que faisait Balbino Medellin et son comparse René Michel (co arrangeur de l’album et pianiste-accordéonniste… entre autres) quand j’ai pénétré dans cet antre. J’ai un peu l’impression de déranger, mais très vite les deux artistes arrêtent de jouer. Balbino se présente à moi. Poignée de main virile. Pas de fioritures. J’veux dire, pas de phrases inutiles, de basses flatteries, l’homme va droit à l’essentiel. J’essaie d’expliquer qui je suis. Il écoute, bienveillant. Je soupçonne qu’il s’en moque éperdument. René nous laisse en tête à tête dans le studio pour l’interview.

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Je lui dis ce que je sais de lui et que j’ai lu partout. Il a grandi en Epinay-sur-Seine et Perpignan, au sein d’une famille espagnole.

 

-Oui, cette famille était communiste et beaucoup de ses membres ont été dans les camps de concentration pour ça. Ils ont résisté, pas toujours avec succès.

C’est son oncle Michel Izquierdo (décédé l’année dernière) qui l’a élevé et qui lui a donné le goût de la musique. La communauté des gitans de Perpignan n’est pas, non plus, pour rien dans la forme de musique qu’il a choisi de jouer… « « fièvre catalane et rock’n’roll pedigree ».

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Je passe les bars et les scènes ouvertes dans lesquelles il a joué, ses excès de jeunesse dans lesquelles il a failli se perdre et une vie pleine de galères mais aussi d’espoirs… typiquement ce que l’on retrouve dans ce disque.

 

-Pour faire une chanson crédible, il faut parler du vécu que l’on a. Moi, je n’ai pas fait trois fois le tour de la Terre , je suis comme plein de gens. Je n’ai pas voulu m’inventer des vies. Je suis juste inspiré par des rêves, des histoires, des regards, des rencontres… je parle des autres qui me ressemblent.

Balbino a rencontré des artistes qui l’ont aidé et surtout, qui lui ont redonné une confiance qu’il n’avait plus. C’est bien connu, quand ça ne marche pas rapidement, le doute s’installe.

Il intègre le groupe de Sergent Garcia en 2001 pour une tournée en France et en Espagne. Puis Mano Solo lui propose, non seulement de faire sa première partie, mais aussi d’enregistrer un duo avec lui. C’est en 2005 que le grand Bernard Lavilliers l’embarque sur la scène du Grand Rex. Il lui demande de chanter Les mains d’or avec lui. Les professionnels comment à le repérer et le suivre du coin de l’œil.

-Lavilliers a écouté mes maquettes avant que le 1er album Gitan de Paname soit enregistré. Il y a quelque chose qui lui a plu. D’après ce qu’il m’a dit, il a reconnu sa jeunesse… Lui et moi venons du même milieu. Il m’a dit : « entre nous, si on ne s’aide pas… ».

Ce qui est assez bluffant dans ce disque, c’est que si Balbino Medellin parle des « petites gens » et d’une vie sociale peu réjouissante, il n’y a jamais de misérabilisme…

-C’est un album d’espoir, de soleil et d’amour dans un décor du quotidien. Mon ambition était de donner une parole aux anonymes qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer. Je voulais faire passer un message simple : le bonheur est à la portée de chacun.

Ses tranches de vies sont parfois drôles, mais souvent sensibles et réalistes. Les chansons de Balbino Medellin ont l’art de faire réfléchir sur notre existence.

Le vent nous rattrape en est un parfait exemple.

 

Balbino Medellin, je vous l’assure, on va en entendre parler très longtemps.

Je ne peux que vous inciter à le découvrir.

Humain, vous avez dit humain?

Son MySpace.

 

Quoi? Oui, oui, on a fait une séance photos...

Une chronique de Mandor sans les photos dans le lieu où s'est déroulé l'interview ne serait pas une chronique de Mandor. Tsss...

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Balbino Medellin et Bernard Lavilliers.
Non?
Ah bon!