Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2008-02 | Page d'accueil | 2008-04 »

31 mars 2008

Laetitia Godès... femme aux 1000 vies!

786909860.gif

J’avais déjà parlé de Laetitia Godès, il y a un mois de cela… j’avais promis une mandorisation. Elle s’est tenue jeudi dernier (le 27 mars), chez l’artiste.

Je récapitule. La chanteuse se produit tous les lundis à 20h00 au Théâtre Les Déchargeurs jusqu’au 30 juin prochain. J’ai déjà dit ce que j’en pensais. Que du bien. Tout comme son disque auto produit Prière Profane.

Je trouve courageux les gens qui se jettent corps et âme dans un projet. Tout sacrifier pour concrétiser le fruit de ses rêves… c’est exactement ce qu’à fait Laetitia Godès.

281018067.png
 

Elle m’accueille chaleureusement dans son appartement. Je sens qu’elle me jauge. J’ai l’habitude. Je discute donc avant de sortir mon magnéto. Pas de précipitations. On a le temps.

La sensibilité repérée dans sa façon de chanter et dans la brillance de ses textes, je la ressens là, devant moi.

Je comprends très vite que Laetitia Godès  a eu 1000 vies… qu’elle n’hésite pas à prendre des virages radicaux quand le besoin s’en fait sentir.

-J’ai beaucoup basculé dans ma vie. Toute jeune déjà, lorsque j’étais étudiante, alors que j’étais titulaire d’un bac scientifique, un prof de philo m’a fait comprendre que j’étais faite pour les Lettres, donc j’ai fait Hypokhâgne et à 20 ans, j’entre en Maîtrise de Lettres Modernes à la Sorbonne.

Le tout, sans difficulté, mais elle me demande de ne pas le préciser. Elle poursuit.

 

-Un matin, je me suis réveillée en étant persuadée qu’il fallait que je fasse du théâtre. C’était comme une révélation. Je n’avais vu que 3 pièces dans ma vie et je n’avais pas la télé… je me suis inscrit dans une école de formation dramatique, le Studio 34… j’y suis restée 3 ans.

 

Ensuite, Laetitia a enchaîné les pièces (voir son site).

1131251745.png

-Avec les rôles que l’on joue au théâtre, on a la possibilité d’aller explorer, de dire, de donner des sentiments, des émotions ni courantes, ni usuelles. Dans la vie, on a tendance à les cacher parce qu’il faut un masque social et surtout ne pas embêter les gens… le théâtre m’a permis ça.

En parallèle, elle est devenue une « as » du doublage (synchronisation). Elle est la voix, notamment de Lucy Liu.

 

-Avec ce métier, il faut essayer de devenir l’autre, de réussir à imiter à la perfection ce que l’autre fait, de le respecter au maximum. Et pour qu’il en soit ainsi, en général, il faut savoir comment on joue soi-même pour pouvoir jouer autrement. C’est passionnant parce qu’à chaque fois, on rencontre un autre corps, une autre façon de réagir, de pleurer, de crier, d’aimer… et ton champ de comédienne s’ouvre vers d’autres ailleurs.

 

D’autres ailleurs, comme la chanson, par exemple…

1202285918.png
1305883746.png

-Quand j’ai basculé dans la musique, j’ai vite compris que la synchro m’avait beaucoup apporté. Il faut parler dans un rythme qui n’est pas le sien, il faut suivre et s’arrêter à un temps précis… quand on chante, il en est de même.

Pour apprendre la musique, Laetitia Godes a suivi 25 heures de cours par semaine à l’école Atla ensuite, elle a continué son travail de chants avec différents professeurs réputés. Elle s’est donnée les moyens de réussir…

1972701436.jpg
Photo de la pochette: Patricia de Gorostarzu.
 

Venons-en aux chansons. Elle nous offre dans Prière Profane des textes à la fois très personnels et universels. Des textes qui touchent, qui ne peuvent laisser personne indifférent. Je ne rentre pas dans les détails, mais je crois comprendre que Laetitia n’a pas eu que des moments très beaux dans son enfance. Et avec pudeur, elle raconte…

 

-La démarche est impudique et en même temps, non. C’est comme la pochette du disque. Je suis nue, mais on ne voit rien. C’est pareil dans mes textes. Il n’y a que ceux qui ont des oreilles qui entendent. Entre le fond et la forme, j’ai voulu une vraie communauté d’élégance et de pudeur.

Quand à la musique, là aussi, c’est une question d’instinct…

 

-Ma première chanson, A toi l’enfant est arrivée avec sa musique. Après je n’ai jamais été capable que d’écrire sur mélodie. J’entends sur les notes quelle est la syllabe qui doit correspondre. Je crée donc des mélodies avant d’écrire des chansons.

Les 12 chansons de l’album ont toutes été écrites par Laetitia et composées en partenariat avec Alexis Didier.

Une présentation des musiciens qui entourent la chanteuse s’impose :

Guitares : Jacky Arconte.

Percussions : Alain Douïeb

Claviers : Ronny Gold

Flûte traversière: Hervé Meschinet de Richemond.

1937568498.JPG
248748765.JPG

J’aime beaucoup ce disque. Il est vrai, simple et bouleversant parfois. Assez troublant, je dois dire.

Ce soir, donc, Au Théâtre des Déchargeurs.

Au programme : authenticité, sourire et émotion.

 

Son MySpace.

30 mars 2008

Myrtille Chartuss... humoriste décalée!

1962899387.jpg 

J’ai connu Myrtille Chartuss, il y a un mois. J’étais chez Frédéric Vignale. Quand il me l’a présenté, je l’ai tout de suite reconnu. Je l’avais vu chez Delarue parler de son nez. Oui, Myrtille à un nez qui se voit un peu et elle l'assume complètement. Elle m’avait paru très sympathique, positive, toujours le sourire aux lèvres, bref, je l’avais remarqué.

Je savais qu’elle était mannequin et humoriste, mais, c’est tout.

Et là, je ne sais pas, ni pourquoi, ni comment, nous nous sommes tout de suite appréciés (je m’avance peut-être un peu là, mais, disons que c'était comme si nous nous connaissions depuis des lustres).

On a d’ailleurs fait une séance de photos impromptue pour immortaliser cette première rencontre. Voici deux clichés dont un subversif (en noir et blanc signé Vignale, évidemment)...

894193210.JPG
2001245294.JPG
Je rappelle que les deux personnes sur la photo sont deux comédiens hors pairs...
Donc, là, nous jouons...
Je ne veux pas d'ennuis avec la police, ni avec ma femme.

En rentrant chez moi, je fouine un peu sur Internet et je vois pas mal de trucs sur elle à droite et à gauche. Des extraits de spectacles, des interviews, des dessins animés… Elle semble avoir une forte personnalité et un humour un peu trash. Tout ce que j’aime. L’idée de la mandoriser s’impose à moi, d’autant plus qu’elle est en pleine actu.

Elle se produit tous les mercredis du 2 au 30 avril dans une jonque… La dame de Canton.

Son nouveau spectacle s’intitule : Myrtille donne la banane à ceux qui en ont… dans le citron !?

1481521288.jpg

Le 19 mars dernier, Myrtille me donne rendez-vous en bas de son domicile. Elle me suggère de nous rendre au Chalet des Îles. Il pleut, il fait froid, mais l’idée me tente. Il faut traverser en navette pour accéder à cette petite île « restaurant ». C’est assez sympa. Mais en arrivant, on nous dit qu’on ne fait pas « salon de thé » en semaine… Nous, on s’en fout, on ne vient pas pour boire du thé, mais pour déguster des coupes de champagne.

1624866568.jpg

681583701.jpgOn nous laisse nous installer « très exceptionnellement »… et je sors mon Sanyo. Je lui demande de me raconter ses débuts… parce que j’ai bien compris que parler chez Delarue, ça peut faire accélérer les choses, mais je sais aussi, qu’elle est loin d’être une débutante.

 

-Je joue depuis que je suis toute petite. Ma mère, une femme « originale », sort du TNS (Théâtre National de Strasbourg) et j’ai évolué dans une ambiance de scène toute mon enfance… Magique Lisette est devenue ma « metteuse en scène ».

Je lui demande si la situation n’est pas un peu bizarre. Une mère qui dirige sa fille, dans un spectacle sans concessions…

-On a un amour fusionnel dans la vie, mais elle ne m’épargne pas professionnellement. C’est vrai que nous abordons des sujets comme le SIDA, les MST, certains sont choqués de savoir que ma mère adhère à tout ce que je raconte. Nous n’avons aucun tabou, mais on ne s’en rend pas compte.

271259351.jpg

Myrtille Chartuss évoque aussi dans son spectacle le mal de reconnaissance, un homme violet, une femme amoureuse d’un homme homosexuel et qui ne le sais pas, les femmes battues, j’en passe et des pires.

-Je parle beaucoup de la condition féminine, sous un angle assez tragique, je dois dire. Je prends toujours le pire du pire et je me permets d’en rire. C’est entre le sketch et le slam… la musicalité des mots et le côté drôle font que le message passe, enfin, j’espère… Il y a, en tout cas, une direction dans laquelle je ne veux pas aller, c’est vers le pathos.

912545127.jpg

Je regarde Myrtille s’exprimer. Elle ponctue quelques phrases avec son rire. La joie de vivre personnifiée. Son univers humoristique est 928933123.jpgnoir tandis qu’elle montre une image d’elle resplendissante. Si l’homme est paradoxal, que dire des femmes…

(Ahem… Ca va sinon, chez vous ?)

 

Je demande si la Myrtille de la scène prend souvent le pas sur la Myrtille de la vraie vie… si elle quitte parfois son personnage. Je lui dis ça parce qu’elle est habillée toujours de manière étudiée et originale.

-C’est ma touche graphique. Je viens des beaux-arts, donc, la façon dont je me montre n’est jamais anodine. En société, je ne suis jamais complètement comme on m’imagine. Je suis introvertie chez moi, extravertie dehors… j’ai une vie de moine dans la réalité, mais quand j’enfile la parure, je deviens la Myrtille des spectacles.

348767507.jpg

A un moment, elle me dit que je ressemble un peu à Pierre-Louis Basse (d’ailleurs, grand respect au monsieur !). Mais z’enfin, je ne lui ressemble pas ! Pef encore, je veux bien croire qu’il y a quelque chose, on n’arrête pas de me le dire, mais Pierre-Louis Basse, là, je ne vois pas.

Pour me venger, je lui rétorque qu’elle ressemble à une fille qui vient d’une autre planète. Elle s’étonne de cette remarque… puis répond.

 

-En tout cas, j’ai l’impression de me dire en permanence que je ne suis pas dans le bon monde. Quand on est un peu décalé, on est vite pris à rebours. Parfois, les gens ne te prennent pas au sérieux sous prétexte que tu ne leur ressembles pas.

1401001005.jpgAprès la deuxième coupe de champagne, je décide d’arrêter l’entretien. Nous parlons un peu de son livre Ni parfaite, ni refaite.

-C’est un éditeur Suisse qui a lu le Psychologies magazine dans lequel je figurais. Cette histoire de mannequin humoriste au physique atypique l’a intéressé. Du coup, j’ai écrit un livre sur mon histoire.

« Elle nous montre, à grand renfort d'humour, d'ironie et de jeux de "maux", comment rire de soi pour ne pas sombrer ou finir clonée sous le diktat de l'image et de la chirurgie.
Dans ce livre, quelques rencontres avec l'anorexie, l'abandon, les complexes, la manipulation, la boulimie, le célibat et les combats à mener pour arriver enfin à s'aimer » (dixit cet article)…

Le temps file à vitesse grand V. Nous devons nous quitter… jusqu’à la prochaine fois. En attendant, nous prenons quelques photos, certes sous la flotte, mais aussi sur la navette…

765917906.JPG
918781586.JPG
448367198.JPG
1517734851.JPG
195254050.JPG

J’ai passé un bon moment avec cette jeune femme drôle, sensible et très attachante.

Un peu surréaliste parfois.

Mais une artiste hors-norme.

A découvrir.

Si vous aimez le « jamais vu » !

Peut-être puis-je ajouter que Myrtille a fait un buzz récemment avec cette parodie du Mépris de Godard.

Myrtille Chartuss et Frédéric Vignale n’en sont pas revenus.

 

 

IMPORTANT: Si vous souhaitez vous faire une idée du personnage avant d'aller la voir sur scène... rendez-vous à la Fnac St-Lazare vendredi prochain (le 4 avril) à 17h30 pour une rencontre et un show case...

27 mars 2008

Alexandre Kinn... sur la bonne roots!

859715466.jpg

Encore un qui déboule et qu’on n’avait pas vu venir… un bon en plus.

Alexandre Kinn. On entend sa chanson Aude (Emmène-moi) sur pas mal de radios.

La voici.

Sa bio ne nous apprend pas grand-chose sur le monsieur. Extraits :

« Parti pour devenir égyptologue, Alexandre se prendra les pieds dans la musique pour de bon, après un voyage de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans et la découverte du blues... Il entame un autre voyage à Paris qui ne devait durer que quelques jours pour finalement y rester et faire ses classes en écumant les bars. Le répertoire se forme, et les rencontres se multiplient… »

Un peu court jeune homme, comme explication !

1017735431.jpgLe 6 mars dernier, je suis allé à sa rencontre, chez AZ/Universal, pour en savoir un peu plus sur lui et son premier disque, Dans la tête d'un homme. (Sur son MySpace: 4 titres à écouter!)

En bas de l’immeuble de la multinationale, je rencontre une amie attachée de presse d’une autre maison de disques. On papote quelques minutes et elle finit par me demander qui je viens interviewer. Je réponds, mais elle ne voit pas qui est ce Alexandre Kinn. Au moment où je réponds : « il fait un peu comme Christophe Maé, mais en plus authentique, moins variétoche... », l’artiste en question passe devant nous en nous regardant bizarrement. Comme je connais mal son visage, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de lui. Je le suis. Nous montons ensemble dans l’ascenseur. Je lui demande opportunément : « vous êtes Alexandre Kinn ? ». Il me regarde amusé. « Non, je suis Christophe Maé ! ».

Très drôle. Bon, ça y est, on est pote puisqu’on se taquine déjà…

En vrai son style, ce serait plutôt John Butler trio, G.love and Special Sauce, Bob Dylan, Ben Harper ou Jack Johnson dans la composition musicale, m’explique-t-il, une fois installé dans la salle d’interview.

-J’ai placé des textes français sur de la musique américaine. Tu enlèves le texte en Français, ça sonne ricains, je t’assure. Tout est roots. Pour être plus précis, mon album est un condensé de ce que j’ai joué jusqu’à présent. Du blues, du folk et de la chanson « song writer ». J’ai tordu le système dans tous les sens pour trouver la bonne alchimie de tout ça. J’ai plein d’abats… sur 80 chansons, 13 sont sur le disque, le reste est à la poubelle.

Je lui réponds, en plaisantant à moitié, qu’il s’agit donc d’un best of de ses meilleures chansons.

Il acquiesce en se marrant.

1104641940.jpg

Je lui demande ce que ça lui fait d’être là, à parler de son « œuvre », de marcher dans la rue et de voir sa tronche sur tous les murs de Paris (car tel était le cas)…

-C’est vraiment bizarre. Il y a peu, je chantais dans les bars, je faisais la manche dans le métro, personne ne venait me poser des questions. Je trouve ça intéressant de parler soudain de mes chansons. Elles sont la fin d’un trajet. Je démarre un nouveau cycle avec ce disque. Je considère que c’est la fin de 8 ans de galère parisienne.

1104107899.JPG
Je suis un vrai pro de la photo... je sais. Merci!

Rassurez-vous, il ne se croit pas arrivé. Il sait parfaitement qu’il va falloir se battre pour rester dans ce milieu et construire une carrière. Alexandre Kinn est un type humble et sympathique. Juste, il a quelques étoiles dans les yeux et je trouve ça beau.

-Moi, j’attendais la reconnaissance de mes pairs, les musiciens. Je commence à sentir que je suis un peu respecté. Quant au public, il y a tellement de paramètres pour que la sauce prenne, ou pas… Je suis très lucide. Nous vivons dans un monde ou le CD est en train de disparaître. Il n’y en aura plus dans 5 ans, c’est une certitude. Tout va désormais se jouer sur le live.

Je lui fais remarquer que, quand même, il y a sur le marché du disque français de plus en plus de chanteurs « roots ». Je ne prends pas comme exemple des artistes comme Maé et De Palmas, mais je le pense très fort…

-Les gens en ont marre du superficiel dans la musique. Ils ont besoin d’authenticité. Des prises de guitares simples, de voix, de chansons pures… et moi, c’est ce que j’ai toujours fait.

Il n’ira pas plus loin dans ses explications.

107946923.JPG
Il n'est pas beau et souriant, là?

Je remarque qu’il est très curieux. Il me pose quelques questions du genre : « tu définirais comment ma musique ? », « quelles chansons tu préfères dans l’album ? ». Je réponds un peu maladroitement à tout ça. Je suis plus à l’aise dans l’exercice inverse. Poser des questions, je sais faire, y répondre, je ne suis pas un as…

Alexandre Kinn est très sincère. Il ne veut pas jouer à l’artiste au passé tumultueux et difficile : « Je viens du sud de la France , de Hyères, plus précisément. Je n’ai jamais eu de problèmes dans on enfance. Tout à été toujours très calme… ». N’est pas Édith Piaf qui veut.

(Très intéressante, cette dernière remarque… de mieux en mieux, Mandor).

Il me confie aussi qu’il a besoin de repères pour avancer dans ce métier :

-J’ai une petite équipe avec moi. Un « crew » comme on dit dans le milieu Hip Hop, que je respecte d’ailleurs beaucoup. Mon manager, mes musiciens, mon régisseur et mon ingé son sont un peu ma deuxième famille. Nous sommes très soudés et c’est rassurant pour moi.

990841371.JPG
(Y a-t-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer dans un langage clair, comment je peux résoudre mon problème de photos prises en haute déf' qui apparaissent en basse déf' sur mon blog? Merci, parce que ça commence à me courrir sur le système!)

 

 

J’aime les gens qui ne cachent pas leurs failles. Alexandre Kinn n’est pas Superman, mais il joue bien, il chante bien, ces textes ne sont pas dénués d’intérêt. C’est tout ce qu’on lui demande.

Pour le découvrir, voici un extrait du making of du vrai clip de Aude (emmène-moi).

Celui d’en haut, c’était un pré clip…

Avant cela, quelques explications :

-On a tourné le clip « officiel » à Los Angeles au volant d’une Aston Martin. On voulait juste faire des images caméra à l’épaule. En 4 jours, on a eu toutes les galères du monde. Un truc de fou ! On en a fait un making of, tellement c’était dingue.

Et puis un extrait d’un de ses concerts. Dans la tête d’un homme. (J’adore vraiment ce titre !)

    

Pour le voir et l’apprécier en live. C’est ce soir que ça se passe.

Au Café de la Danse.

Impératif !

26 mars 2008

David Lafore... trash dandy!

455058365.jpg

 J’avais tout entendu sur lui… pas que des compliments. Rien à dire sur son côté artistique, mais humainement, c’était une autre histoire.

Un bon ami chanteur ne l’aimait pas du tout, pour son comportement hautain envers lui et les autres artistes (me disait-il). Insidieusement, j’avais donc de mauvais préjugés sur David Lafore.

Bon, en même temps, je me surprenais à écouter maintes fois ses deux albums et notamment le dernier né David Lafore Cinq Têtes II. Pour être franc, j’étais même plutôt très amateur de ses chansons. En écoutant ses textes, je me disais qu’il pouvait effectivement être comme mon pote me l’avait décrit (non, z’êtes fou, pas de nom… mais je l’ai mandorisé il n’y a pas si longtemps…). Ironique, sarcastique, distancier, nonchalant, impudique sont des mots qui conviennent assez à son répertoire et à sa façon de l‘interpréter. Mais, il faut ajouter, poétique, drôle, fin et réaliste.

1520415842.jpg

Quand son attachée de presse m’a proposé de le rencontrer avant son passage à L’Européen (ce soir), j’ai couru sur l’occasion.

(Juste un détail… la veille pour le lendemain, ça me fait un peu cravacher quand même…)

Nous nous sommes donné rendez-vous hier dans un bar à proximité du cimetière du Père Lachaise.

Je n’étais pas entièrement rassuré au regard de mes fameux « préjugés ». Mais je vois débouler un type discret, souriant, au regard malicieux.

Il s’installe après une chaleureuse poignée de main. Il commande un Perrier.

(Pfff… n’importe quoi !)

Il est venu avec une mini guitare. Il me la montre et en joue un peu. Pas très bien accordée, certes, mais je n’ose l’interrompre. Il s’amuse. Je me dis que cette interview va être épique.

Et puis non. L’homme répond calmement, sans précipitations. Avec gentillesse même.

C'est le pied.

530184756.jpg
Si, c'est lui... photo envoyée par son attachée de presse...

Je commence à disserter sur le fait que le « discours » de ses chansons n’est pas direct et qu’il faut plusieurs écoutes pour en apprécier, à sa juste valeur, sa substantifique moelle. J’ai dû mal m’expliquer parce qu’il me répond honnêtement un truc qui me déconcerte.

-C’est certainement un problème de réalisation, d’arrangement et de voix. Je sais que j’ai une part de ma création artistique pas assez mûre. Dans mes deux albums, je pense qu’il y a des chansons assez réussies, mais sans plus.

Mais que me raconte-t-il ? Je lui explique mieux le fond de ma pensée. Comme quoi, je suis tout à fait de l’avis opposé. Son disque est même réjouissant. On oscille en permanence entre douceur et tension, sexe et mélancolie, pessimisme et je-m'en-foutisme… C’est à la fois pop, sexy et ambitieux. Rien a voir avec un disque raté. Il faut juste s’accaparer son univers, c’est tout.

Il ne désarme pas.

-Mais, enfin, je sais désormais ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire…

475372074.jpg

Dans la presse, il est constamment comparé à des géants tels que Boris Vian, Jacques Dutronc et Serge Gainsbourg. Si ces comparaisons sont flatteuses, ne préfèrerait-il pas que l’on dise que David Lafore fait du Lafore. ?

(Encore une question à la con, je le conçois.)

(Je rappelle que j’organise des stages d’interviews…)

-Non, parce que je vois pourquoi c’est fait. Ça me convient même tout à fait. C’est une technique de journalistes pour informer sur ce qui n’est pas connu des autres. Je le fais moi aussi quand je veux présenter quelqu’un à une personne qui ne voit pas de qui je parle.

Il réfléchit et ajoute :

-Tu sais, j’en ai mangé du Gainsbourg par exemple. Il est normal que quelque chose en ressorte. D’ailleurs, je suis certain d’avoir déjà écrit des chansons aussi belles que les siennes. Sur mon dernier album, je peux citer : Laisse-moi mourir un peu. (Vous pouvez l’écouter sur son MySpace !)

Avec David Lafore, je ne sais jamais s’il plaisante et quand.

Mais, après tout, ça n’a aucune d’importance.

 

 

Je lui lis un bout de son dossier de presse : « Immédiate ou mystérieuse, son écriture à la fois douce et écorchée s’équilibre d’elle-même avec des petits coups d’humour pince-sans-rire. Et s’il manie le sarcasme, il ne recule pas non plus devant l’émotion à fleur de peau et la simplicité des sentiments. »

Le crooner à la voix blanche ne répond pas. Quoi répondre ? Rien.

Question suivante.

Je lui parle de la scène.

Il aime ça. Il s’y amuse, improvise beaucoup, taquine parfois son public. Il explique qu’il n’y va pas pour faire un acte de prestation académique. Entendez par là qu’il aime les imprévues, qu’il n’hésite pas à recommencer une chanson si elle a mal démarrée et qu’il sait même parfois jouer des silences... « Il faut se dégager de toutes ces choses qui font partie du paraître plutôt que de l’être ». Pas mieux.

-Sur scène, il faut créer une ambiance hitchcockienne. Avec un petit coquin sur scène, il peut tout se passer…

J’arrête assez vite l’interview… j’ai envie d’être tranquillos. Ne pas jouer au journaliste. Parler littérature, par exemple. Sa passion des mots, sa façon de les travailler de manière ludique. David Lafore écrit aussi des nouvelles, mais estime ne pas en avoir assez pour en faire un livre.

Évoquer le métier de comédien. Il souhaite s’engager dans cette voie sérieusement, plus particulièrement au théâtre… « Le cinéma, c’est trop long ». Il me dit aussi qu’un « chanteur c’est aussi un comédien… ».

J’écoute cet espèce de Buster Keaton avec passion. Parfois, il susurre ces phrases, je peine à l’entendre. Il se met soudain à chanter une chanson italienne.

1125858264.JPG

Bref, cet artiste mérite qu’on s’y intéresse.

Pas qu’un peu.

Ce soir, à L’Européen.

Vous m’en direz des nouvelles (peut-être).

 

22 mars 2008

Habiba Mahany: kiffez son livre!

 

847180477.jpg

Habiba Mahany, cela faisait longtemps que j’en avais entendu parler. Il y avait comme un buzz littéraire autour de ce livre aussi mystérieux que jugé excellent. Pour tout dire, Kiffer sa race, je l’attendais avec impatience. Je connais un peu son frère, juste un peu, alors, vous pensez bien, opportuniste que je suis, je me suis mis à genou et j’ai prié pour qu’il me file ses coordonnées.

(Oui, c’est ainsi qu’un journaliste procède pour contacter un auteur. Prêt à toutes les bassesses, c’est bien connu.)

Mabrouck Rachedi a accédé à ma demande, mais m’a prévenu direct : « Je viens avec elle à votre entrevue, je n’ai pas confiance en toi, je préfère surveiller cette rencontre. Pas question de te laisser seul avec ma sœur. On m’en a raconté de belles sur toi ! »*

Ah !

Soit.

C’est ainsi qu’en ce jeudi 6 mars, je me retrouve devant la Gare du Nord à la recherche de Mabrouck Rachedi, le frère de…

Enfin, il arrive.

Habiba doit nous rejoindre.

Elle s’avance vers nous quelques minutes après. Un peu timide, mais résolue. Nous nous installons dans un café et nous démarrons la conversation. Mabrouck m’observe, l’œil malicieux. En fait, j’ai compris pourquoi il est venu. Pour s’amuser, parce que, sachez-le, chers lecteurs, cet écrivain est taquin.

154924876.JPG
Habiba et Mabrouck... une belle complicité.

 

Mine  de rien, je suis un rien déstabilisé. Je me concentre sur le livre (que j’ai beaucoup apprécié).

 

L'histoire: Sabrina Asraoui, élève d’une classe de première, raconte sa rentrée scolaire, ses « embrouilles avec un frère qui joue au petit chef » et sa relation avec sa grande sœur qui a changé depuis son retour du bled. Il est aussi question d’amour et d’amitié.

Et de tolérance.

 

Ce roman est bien écrit (comme dirait la critique de Marianne, « Habiba Mahany utilise le langage de Jamel Debouzze et celui de Molière », rien n’est plus vrai). Il m’a touché, car profondément humain, frais, joyeux… même si beaucoup de choses sur la société d’aujourd’hui sont dites clairement.

 

Si l’action de son ouvrage se situe dans une cité d’Argenteuil, Habiba ne souhaite pas que son livre soit catalogué comme un roman de plus sur la vie en banlieue. « C’est juste la vie d’une adolescente… ». Soit, mais elle est maghrébine et habite dans une cité… la confusion est possible.

-Justement, j’étais un peu lassée des livres où l’on représentait la jeune fille maghrébine n’osant pas sortir de chez elle, son frère l’empêchant de sortir et de « fréquenter » des garçons… tous ces clichés, j’ai voulu les tordre.

1797973746.jpg

 

Et parce que j’insiste sur le fait que ce que j’aime beaucoup, c’est qu’il n’y a aucun personnage manichéen, Mabrouck me lance, mort de rire: « Dis, tu recycles les questions que tu m’as posées pour les refourguer à ma sœur ? ».

Grrr… il m’agace avec ses plaisanteries.

Habiba regarde son frère me titiller et me répond.

-Je voulais insister sur le fait que la tolérance et l’intolérance existent partout, même dans les minorités. J’écris dans le livre que « les torts sont partagés ». J’ai voulu mettre tout le monde à la même enseigne. De toute manière, que l’on soit noir, blanc ou asiatique, nous sommes tous des êtres humains, c’est ça le principal. C’est ridicule de comparer les races.

Un bémol, cependant. Je n’aime pas le titre… je lui dis que je trouve qu’il n’est pas représentatif du contenu (parfois, oui, je suis prétentieux). Elle s’en explique ainsi dans pas mal d'interviews.

-Kiffer sa race, comme je l’entends dans le livre, c’est s’affranchir des barrières dans les têtes qui séparent. Ce n’est pas utopique. Je crois en l’être humain, au citoyen du monde. Je pense que c’est une question de temps — certes long — pour que cela se matérialise.

1277759213.JPG

Habiba Mahany, dans ce livre, crie aussi son amour de la culture en général et de la littérature en particulier. Elle affirme que « la littérature, c’est pas un truc de riche, le savoir, c’est pas qu’un domaine réservé… » (Je rappelle que c’est une ado qui s’exprime, hein… je dis ça pour les éventuels grincheux qui critiqueraient le style.)

Là, attention ! Ce n’est pas dans mes habitudes, je vais parler sérieusement.

Mon point de vue est clair. L’éducation nationale devrait s’intéresser à ce roman. Il devrait le lire, puis, éventuellement, le proposer en classe. Je vous assure qu’il pourrait faire réfléchir les jeunes d’aujourd’hui. Il n’y a pas de morale, juste du bon sens et un point de vue sur la réalité de la jeunesse d’aujourd’hui jamais évoqué.

« Sous de faux airs âpres, cette chronique pleine d’humour et de tendresse brosse le portrait d’une génération fragile et généreuse. » est-il écrit sur la quatrième de couverture. A cela, j'ajoute que Habiba Mahany nous offre une véritable bouffée d’air frais tout en bousculant certaines conventions et considérations sur la jeunesse des cités.

(Elle ne va pas aimer que j’insiste sur ce fait, mais, c’est ce que je pense.)

1227892482.JPG

Allez, voici quelques autres parenthèses, parce que je ne sais pas où placer ces commentaires et réflexions… Voyez, je suis franc avec vous.

(Vous ne vous demandez pas comment des parents pouvaient engendrer deux écrivains dans une même famille ? Moi oui. Mabrouck m’a apporté la réponse : « Nous sommes 12 enfants… proportionnellement, ce n’est pas si extraordinaire que ça ! ». Non, en effet, d’autant plus qu’un troisième enfant va sortir un livre. Une autre sœur… Tout à fait normal, le truc. D’une banalité affligeante, je dirai.)

(Qui d’Habiba Mahany ou de Mabrouck Rachedi a utilisé un pseudo ? Tiens, pas envie de répondre.)

(Mabrouck Rachedi (dont c’est le vrai patronyme) n’a pas « pistonné » Habiba. D’abord, elle n’est pas dans la même maison d’édition, de plus, contrairement à ce que « certains » pensent, les choses ne sont pas si simples. J’ajoute qu’il ne me semble pas que Mabrouck Rachedi soit un auteur très influent, pour le moment…)

(Evidement, là où il y a ce *… c’est tout à fait faux. Mabrouck n’a jamais rien entendu de négatif sur mon comportement avec les femmes dans mes interviews… (Euh… enfin, je crois.) Il est venu à ma demande, parce que je trouvais la situation amusante. Il m’en faut peu. Je sais.)

(Voici quelques liens (autrement plus sérieux) qui parlent du livre: le blog de Shyankar, le blog d'André Bonet et  le site du quotidien algérien El Watan.)

20 mars 2008

Lulu... bienvenue à ce ch'ti!

1903643383.JPG
(Pas convaincu par mon titre du jour).

 

Très honnêtement, je ne connaissais pas du tout Lulu, encore moins Nicolas Lefèvre, le leader de cette formation, originaire de Lille. Un groupe Ch’ti. Tiens ! On parle très peu de cette région en ce moment… écoutons ce qu’ils font… ces gens du nord.

(Vous avez remarqué comment je fais bien le journaliste méprisant qui habite Paris et qui se penche sur une production « locale ».)

Après la première écoute de De Bray-Dunes à Menton 2, je range mes préjugés au placard de ma connerie et j’appelle Sissi illico presto (l’attaché de presse de Lulu. Oui, parce que finalement, Lulu, c’est devenu le nom de l’artiste leader du groupe… vous me suivez là, ou je suis moyen clair ?).

 1143794905.jpg

Le 3 mars dernier, nous nous retrouvons donc au Bar des Ondes, à côté de la Maison de la Radio.

(Je ne compte plus les interviews réalisées dans cet établissement).

 

Lulu/Nicolas Lefèvre arrive, tout sourire et chaleureux. (Il faudrait faire un film sur la différence entre les gens du nord et les autres, parce qu’on pourrait éventuellement apprendre qu’ils ne sont pas comme on les imagine : tristes, austères et alcooliques. Je dis ça, je dis rien… d’ici qu’un humoriste me pique l’idée !)

Comme je ne connais pas bien l’historique de sa carrière, il me la raconte.

Nicolas Lefèvre, 34 ans, s’est lancé sérieusement dans le monde magique de la chanson française il y a 7 ans. Il est passé d’un groupe de chansons festives à des chansons plus pondérées… dans le rythme, en tout cas.

420872676.jpg

Avant, du temps du Bal des athlètes en 2003 (son premier album), il parlait du quotidien, aujourd’hui ses textes sont toujours dans le décalé et l’excès. Ça frise le surréalisme parfois.

« Le quotidien m’emmerde » ajoute-t-il malicieux.

 

Je lui sors des phrases le concernant glanées sur le net. (Mon ami Google, je t’aime !)

« Loufoque », « théâtrale », « habité », « l’ensemble évoque les films de Fellini, quand le village, entre musiques de cirque et rythmes tziganes, se rassemble pour danser », « Cet auteur, compositeur, interprète chante sérieusement des chansons décalées, sur scène, la salle rit de bon cœur ».

J’en passe et des meilleurs.

700400534.JPG

Je ne suis pas certain qu’il ne soit pas gêné par ces compliments. Ils reviennent souvent en tout cas. J’en rajoute une couche personnelle, je lui dis qu’il est un très bon représentant de cette chanson que j’aime tant. Je lui affirme (non, parce que je vous signale au passage que je m’implique dans mes interviews… j’ai le sens du risque et des prises de positions) que s’il n’est pas encore connu de la majorité, son humour, sa tendresse et sa poésie devraient vite franchir les frontières de sa région, pour s’imposer partout.

Amen !

 

Lulu joue avec les mots, les malaxe, en use et en abuse sans toutefois que l’on s’en lasse. Je ne vois pas d’autres artistes français maîtrisant si bien cet art. Enfin, j’exagère un peu, d’autres ont laissé des traces… Il me parle des Brel et Brassens habituels, mais ajoute des Arthur H ou Thomas Fersen, ce qui est moins fréquent.

Je vous assure, Lulu a son propre style. Reconnaissable rapidement. Je me suis plongé dans son album précédent De Bray-Dunes à Menton 1, il y a incontestablement une patte Lulu.

 

(Qui a dit des pâtes Lulustucru, c’est parfaitement nul !)

(J’ai honte pour vous… dans un article si sérieux… Pfff…)

542552261.JPG

J’ai oublié de préciser que le troisième album (vrai road movie musical) est la suite du second, comme son nom l’indique. Le héros reprend son voyage à partir de l’ile de Ré jusqu’à Menton. La musique est plus colorée et plus rapide que dans le premier « périple ». Entre les histoires d’amour impossibles, ses réflexions sur son métier d’artiste et d’auteur, il jette un regard amusé et désenchanté sur ses contemporains. (Sa biographie l’indique et c’est tout à fait vrai.)

 

S’il n’est pas le plus grand chanteur du monde, sa prose malicieuse et affûtée ne devrait pas vous laisser indifférent.

Nous finissons l’interview en évoquant brièvement son engagement envers les enfants des camps de réfugiés palestiniens au Liban… Grâce au journal L’Humanité, il a vendu 7000 cd 3 titres. Cela a permis d’acheter 7000 cartables avec des fournitures à 7000 de ces enfants.

 

Il ne s’étend pas sur le sujet, mais disons, que l’homme à du cœur (en plus).

346160289.jpg

Lulu n’arrête pas de tourner. C’est une bête de scène. Personnellement, je regrette (parce que je ne suis qu’un sacré égoïste) qu’il n’en fasse presque pas à Paris. Lui aussi le déplore, mais m’explique que ce n’est pas complètement de sa faute… les salles de concert de la capitale sont un peu frileuses (alors qu’il remplit les salles de sa région et de celles avoisinantes).

Avant de nous quitter, il m’explique qu’il prépare un projet auquel il tient beaucoup. Une série de concerts qui se dérouleront uniquement sur le trajet de Bray-Dunes à Menton… histoire de boucler la boucle.

1400836342.JPG

L’univers de Lulu est à découvrir. Foi de Mandor !

Voici une chanson du premier volet de De Bray-Dunes à Menton, "La sauterelle chorégraphe".

 

 

15 mars 2008

Gonzague... amusant trublion du PAF!

362976643.JPG 

Par l'entremise du sieur Clément, j'ai découvert récemment le site: Gonzague TV.

 

(Quoi ? Je commence sans parler du tournage de la veille!!! Franchement, vous n’en n’avez pas marre que je vous serine avec mes petites histoires de « Mandor dans le monde merveilleux du cinéma » ? J’ai un peu pitié de mes lecteurs, en ce moment. Aucune variété dans les sujets traités… tsss… bon, je vous dis juste que la journée fut bonne et que c’est avec une pointe de tristesse que j’ai quitté ce plateau fréquenté pendant deux semaines. Et Bry-Sur-Marne n’est pas si moche que ça… Je redescends donc sur Terre et poursuis le cours normal de mes missions… vous informer culturellement.)

 

La culture, au sens très large du terme. La culture, c’est aussi regarder la télé le matin, sur M6 (à l’époque) et se dire, « ce mec est complètement frappadingue ». Les animateurs l’appelaient « le boulet » (tiens, c’est un film avec Lanvin, ça ! Ahem… pardon !).

Or, j’apprends que « Le boulet » a un blog de défi. Je le visite et me marre franchement très souvent. Je comprends que derrière ses blagues de potaches rondement menées se cachent un mec qui à l’air d’être tout, sauf con.

 

 

J’envoie un mail au fameux Gonzague pour boire un verre avec lui. Enfin, quand même, je lui explique que je vais écrire une note sur lui de manière à lui faire un peu de pub supplémentaire. Il visite mon blog et me répond des choses très gentilles.

Nous nous voyons donc le 5 mars dernier à La Lubie.

Le mec est grand, souriant, sympa. Je n’en ai pas terminé avec ma précédente interview, je lui dis donc de s’installer, « j’arrive, j’en ai pour une minute ! ».

 

 

Il commande un truc du genre « Vittel menthe » ou je ne sais quoi, bref une boisson qui me déprime. Les provocateurs d’aujourd’hui ingurgitent vraiment n’importe quoi ! J’ai commandé une boisson d’homme. Un Orangina light, du coup.

Oui, je considère Gonzague comme un provocateur… il n’a peur de rien (que je crois !), n’hésite pas à pousser ses victimes dans leurs derniers retranchements, les pousse à bout… bref, cet interviewer ose tout.

 

-J’ai besoin de cette poussée d’adrénaline, j’ai besoin d’avoir peur. Je ne pas complètement barré, je m’inflige beaucoup de pressions. Je ne sais jamais où je vais et tout peut arriver. Ça me booste !

Gonzague m’avoue qu’il s’éclate réellement à jouer ainsi avec les gens. Il aime ses victimes et ne serait rien sans eux, mais il les titille au-delà du raisonnable. Tout son art provient de sa faculté à savoir éteindre le brasier avant qu’il ne devienne feu de forêt qui décime tout sur son passage.

-J’arrive bien à manipuler mes interlocuteurs. Je joue avec eux… Je les fais monter et puis, si je sens que ça chauffe trop, je les fais descendre. Parfois, je fais l’innocent, parfois le provocateur. Ma vraie qualité, je crois, est d’avoir une vraie personnalité et de cerner rapidement les gens qui sont devant mon micro.

Je le disais plus haut, Gonzague est un garçon instruit et intelligent (il a fait Dauphine, 3eme cycle gestion des télécoms médias… quoi, ce n’est pas un signe d’intelligence ?) et très sensitif. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer (vu qu’il n’est pas beaucoup médiatisé), le jeune homme est loin d’être un débutant.

-J’ai commencé à diffuser mes interviews filmés sur Internet il y a 5 ans et je me suis fait repérer par Karl Zéro. Il m’a engagé dans son « Journal des bonnes nouvelles ». Ensuite, je suis allé sur M6 où j’ai passé 4 ans. Cet été, on a pu me voir sur France 2. Enfin, les défis que vous pouvez voir sur mon blog, je les ai vendus à NT1…

Je me rends compte à ce moment-là de ma note que j’ai omis de vous expliquer le concept de ses interviews…

-L’idée est de faire participer les internautes. Ils me lancent des défis et je tente de les réaliser. Je t’assure, certaines propositions me font mourir de rire… L’une d’elles, par exemple, est « couper une mèche de Jean S., fils de président de la République  »…

Gonzague, c’est terrible, a une tronche de premier de la classe. Personne ne se méfie de lui.

Il en use et abuse pour amuser ses contemporains.

 

-J’ai une tête tellement classique que même si quelqu’un a discuté avec moi la veille, il n’est pas certain qu’il me reconnaisse. J’ai un physique quelconque. C’est un point qui n’est pas négatif parce que je me sers de ça pour surprendre…

 

Et les nombreux artistes piégés, après coup, trouvent ça follement amusant.

-Ils sont tellement habitués à ce qu’on leur pose toujours les mêmes questions que, lorsqu’ils voient un mec qui sort du cadre, ça les amuse et ils sont beaucoup plus naturels.

Il est possible que certains d’entre vous ne trouvent pas drôles cette forme là d’humour. Je le comprendrais parfaitement.

Personnellement, tout cas, ça me fait rire.

Beaucoup même.

1375924051.JPG

Gonzague est le roi de la télé irréalité.

La classe irrévérencieuse.

Electron libre.

J’adhère.

A fond.

(Je suis plus réservé sur son véhicule.)

1868744419.JPG

(« Je suis sûr qu’on ne me le volera jamais ! » qu’il me dit.)

(J’acquiesce en opinant du chef.)

(Z’avez vu le pare brise et la selle ?)

14 mars 2008

La vie, c'est pas du cinéma...

Quoi ? Mandor n’a pas publié sa note du jour hier ???

Des mois que ça ne lui été pas arrivé.

Tsss… vous savez, être comédien de renommée internationale, ça crève son homme.

(Quoi, euuh ???)

Bon, ces deux derniers jours sont passés sur un rythme enlevé. Les scènes dans la rédaction de cette radio fictive ont été nombreuses, parfois un peu compliquées et beaucoup chorégraphiques. Mes collègues « acteurs de complément », "silhouettes" et moi avons passé beaucoup de temps à bouger de manière parfois chorégraphique d’un bureau à l’autre pour représenter une rédac en pleine effervescence (rapport à une nouvelle terrible qui chamboule le personnel…).

 

Quelques photos prises hier…

Deux potes en pleine action.

 109629034.JPG

Une comédienne qui joue une secrétaire, (diablement belle), et dont je ne connais que le prénom : Zelda.

(Derrière, c'est mon copain Dominique, le chef opérateur son, le type le plus gentil du monde (au moins!)).

attali.JPG

Une scène avec la demoiselle (qui fait semblant de ne pas être attiré par mon physique de sportif accompli, la joueuse...).

scen.JPG
scene 2.JPG

Je vous passe les détails, parce que, franchement, quand on ne vit pas le truc, j’ai bien conscience que ce ne doit pas être hyper intéressant à lire… (Mais, bon, vous me connaissez… je raconte quand même, de surcroît, en me mettant en avant. C’est ma marque de fabrique.)

Sans plaisanter, je suis parfois un peu gêné parce que je suis quasiment de tous les plans de la rédac. Je pense avoir repéré deux-trois personnes qui ne comprennent pas pourquoi.

Hier j’ai encore eu une scène en duo avec Anne Marivin (c’était d’ailleurs la dernière de cette comédienne pour ce film. Elle était similaire  à celle de mercredi. J’attends les photos)… En sortant, j’ai eu le droit à une réflexion du genre : « Il est amoureux de toi le réalisateur, ou quoi ? ». Je me suis senti obligé d’expliquer (comme un connard qui ressent toujours le besoin de se justifier!!!), que pour jouer le rôle d’un journaliste radio qui désannonce une autre journaliste, au regard de mon expérience professionnelle, je pensais être qualifié comme personne pour tenir se rôle… (C’est un peu comme si on me filmait en train de boire des coups avec des membres de la FAPM … la scène, je n’en doute pas, serait fortement réaliste puisque fréquente, donc naturelle…)

Je précise un truc : nous sommes 8 journalistes professionnels à tourner dans ces séquences. Tous vraiment très sympathiques (mais vraiment) et qui vivent cette expérience avec un recul et un émerveillement qui font que nous sommes enthousiastes et volontaires.

Et pas blasés.

Ces gens-là m’ont réconcilié avec ma « corporation ». (Je le répète souvent, je ne suis pas très fan des gens qui font ce métier. Mais, là, chapeau !)

Bon, je vous laisse… je dois repartir à Bry-Sur-Marne (la belle !). On nous a rajouté une journée supplémentaire pour tourner des plans qui devraient figurer dans le générique du film.

(Paraît que dans le cinéma, il vaut mieux parler au conditionnel...)

Avant cela, je vous présente mon rédacteur en chef « fictif », Serge Hazanavicius (là, juste après son ultime scène).

haza.JPG

Tout ça se termine ce soir (pour moi)… il va falloir que je me rappelle que cette expérience était provisoire et que je me ressaisisse…

Non, Mandor, tu n’es pas comédien. Tu es journaliste.

Je vais vous dire la vérité, je me suis pris à rêver du contraire.

Mon copain d’enfance est réalisateur et aussi producteur de films… je crois que je vais le harceler pour tourner dans ses productions…

Franck, je vais devenir lourdingue avec ça, je te promets…

12 mars 2008

Enfin... une scène!

Hier, la journée avait pourtant mal commencée...

Le matin, beaucoup de scènes tournées de loin, répétitives, sans intérêts pour le grand acteur que je suis.

Aheum...

Après la pause déjeuner, les figurants, enfermés dans une salle en attendant qu'on les "utilise", n'ont rien eu à faire jusqu'à 18h45.

Heureusement, Laurent Bourdon (l'auteur d'un magnifique Dictionnaire Hitchcock chez Larousse et animateur radio pendant longtemps sur France Inter) et moi étions tout de même conviés sur le plateau afin de vérifier si les scènes de radios, de papiers lus, de lancements de sujets à l'antenne étaient crédibles... Nous avons donné quelques conseils.

Laurent Bourdon, c'est lui (vu de mon bureau de cinéma dans une rédaction de cinéma parfaitement réaliste). Un type avec qui je passe le plus clair de mon temps sur ce tournage.

laurent.JPG

Mais, quand même, le temps nous a paru long. Au moment de tourner la dernière scène, vers 18h45 (donc), le réalisateur du film, Frédéric Auburtin me fait chercher par une de ses assistantes.

-Viens Mandor, Fred veut te voir!

Mazette, qu'ai-je fait? Je rappelle que je suis parano, je me demande donc ce que l'on va me reprocher.

-Tiens, assis toi là, à côté d'Anne (Marivin). Tu vas faire ton métier de présentateur de journaux, mais juste, on va te filmer.

Tu feras ci, tu feras ça...

Dominique, le chef opérateur son (dont j'ai déjà causé ici), a immortalisé ce moment.

auburtin3.JPG
moi.JPG
auburtinné.JPG
auburtin 1.JPG

Il m'explique mon rôle. Euh, en fait, j'ai fait ça toute ma vie, mais rarement filmé pendant une minute aux côtés d'une jeune fille qui tient l'un des rôles principaux d'un film qui bat tous les records de fréquentation en France. J'ai lu hier que "Bienvenue chez les ch'tis" avait déjà séduit 8 223 801 spectateurs. Anne Marivin, c'est la jolie postière convoitée par Dany Boon...

Marivin.JPG
L'aventure se poursuit jusqu'à demain...

11 mars 2008

Dernière semaine de tournage...

Bon, cette semaine, blog en service minimum...

Depuis hier et ce jusqu'à jeudi inclus, je participe de nouveau au film dont je parle depuis quelques jours dans la rubrique "Mandor au cinoche".

Je prête, ma voix, mes conseils et un peu mon physique d'athlète (quoi?) à une comédie qui risque bien d'être populaire.

Etant "convoqué" à 8h30 du matin à Bry Sur Marne pour revenir chez moi à 20h dans le Val d'Oise, ayant une femme et une fille à aimer, des articles à écrire, et des yeux pour dormir, vous comprendrez que je ne prendrai que peu de temps à consacrer à ce blog.

Je pourrais le laisser au placard une semaine, le monde ne s'arrêterait pas de tourner.

Soit.

Mais, je n'ai pas encore commencé ma cure de désintoxication à "l'écriture quotidienne du blog".

 Je vous conseille donc de revenir à partir de ce week-end, parce qu'il n'est pas exclu qu'ici, les sujets ne soient pas très variés.

Par exemple aujourd'hui... hop là, deux photos prises hier...

Là, un peu paparazziesque. (Euh... je suis au milieu! Un cliché pris à travers une vitre par un photographe non professionnel! Je ne le remercie pas.)

emilie.JPG

Et là, plus posé. (L'action de cette semaine se déroule dans une radio fictive. Je joue le rôle d'un journaliste. Un rôle de composition, évidemment.)

r2&.JPG

Sinon, j'ai passé hier une partie de l'après-midi installé derrière un bureau en faisant semblant de taper sur un clavier, l'air concentré, pendant que Jugnot et Lanvin passent devant moi.

Attendez-vous à ce que Mandor devienne la nouvelle Marion Cotillard de l'année prochaine grâce à cette scène.

(Non, je ne vais pas me faire opérer. Pfff....)