Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Habiba Mahany: kiffez son livre! | Page d'accueil | Alexandre Kinn... sur la bonne roots! »

26 mars 2008

David Lafore... trash dandy!

455058365.jpg

 J’avais tout entendu sur lui… pas que des compliments. Rien à dire sur son côté artistique, mais humainement, c’était une autre histoire.

Un bon ami chanteur ne l’aimait pas du tout, pour son comportement hautain envers lui et les autres artistes (me disait-il). Insidieusement, j’avais donc de mauvais préjugés sur David Lafore.

Bon, en même temps, je me surprenais à écouter maintes fois ses deux albums et notamment le dernier né David Lafore Cinq Têtes II. Pour être franc, j’étais même plutôt très amateur de ses chansons. En écoutant ses textes, je me disais qu’il pouvait effectivement être comme mon pote me l’avait décrit (non, z’êtes fou, pas de nom… mais je l’ai mandorisé il n’y a pas si longtemps…). Ironique, sarcastique, distancier, nonchalant, impudique sont des mots qui conviennent assez à son répertoire et à sa façon de l‘interpréter. Mais, il faut ajouter, poétique, drôle, fin et réaliste.

1520415842.jpg

Quand son attachée de presse m’a proposé de le rencontrer avant son passage à L’Européen (ce soir), j’ai couru sur l’occasion.

(Juste un détail… la veille pour le lendemain, ça me fait un peu cravacher quand même…)

Nous nous sommes donné rendez-vous hier dans un bar à proximité du cimetière du Père Lachaise.

Je n’étais pas entièrement rassuré au regard de mes fameux « préjugés ». Mais je vois débouler un type discret, souriant, au regard malicieux.

Il s’installe après une chaleureuse poignée de main. Il commande un Perrier.

(Pfff… n’importe quoi !)

Il est venu avec une mini guitare. Il me la montre et en joue un peu. Pas très bien accordée, certes, mais je n’ose l’interrompre. Il s’amuse. Je me dis que cette interview va être épique.

Et puis non. L’homme répond calmement, sans précipitations. Avec gentillesse même.

C'est le pied.

530184756.jpg
Si, c'est lui... photo envoyée par son attachée de presse...

Je commence à disserter sur le fait que le « discours » de ses chansons n’est pas direct et qu’il faut plusieurs écoutes pour en apprécier, à sa juste valeur, sa substantifique moelle. J’ai dû mal m’expliquer parce qu’il me répond honnêtement un truc qui me déconcerte.

-C’est certainement un problème de réalisation, d’arrangement et de voix. Je sais que j’ai une part de ma création artistique pas assez mûre. Dans mes deux albums, je pense qu’il y a des chansons assez réussies, mais sans plus.

Mais que me raconte-t-il ? Je lui explique mieux le fond de ma pensée. Comme quoi, je suis tout à fait de l’avis opposé. Son disque est même réjouissant. On oscille en permanence entre douceur et tension, sexe et mélancolie, pessimisme et je-m'en-foutisme… C’est à la fois pop, sexy et ambitieux. Rien a voir avec un disque raté. Il faut juste s’accaparer son univers, c’est tout.

Il ne désarme pas.

-Mais, enfin, je sais désormais ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire…

475372074.jpg

Dans la presse, il est constamment comparé à des géants tels que Boris Vian, Jacques Dutronc et Serge Gainsbourg. Si ces comparaisons sont flatteuses, ne préfèrerait-il pas que l’on dise que David Lafore fait du Lafore. ?

(Encore une question à la con, je le conçois.)

(Je rappelle que j’organise des stages d’interviews…)

-Non, parce que je vois pourquoi c’est fait. Ça me convient même tout à fait. C’est une technique de journalistes pour informer sur ce qui n’est pas connu des autres. Je le fais moi aussi quand je veux présenter quelqu’un à une personne qui ne voit pas de qui je parle.

Il réfléchit et ajoute :

-Tu sais, j’en ai mangé du Gainsbourg par exemple. Il est normal que quelque chose en ressorte. D’ailleurs, je suis certain d’avoir déjà écrit des chansons aussi belles que les siennes. Sur mon dernier album, je peux citer : Laisse-moi mourir un peu. (Vous pouvez l’écouter sur son MySpace !)

Avec David Lafore, je ne sais jamais s’il plaisante et quand.

Mais, après tout, ça n’a aucune d’importance.

 

 

Je lui lis un bout de son dossier de presse : « Immédiate ou mystérieuse, son écriture à la fois douce et écorchée s’équilibre d’elle-même avec des petits coups d’humour pince-sans-rire. Et s’il manie le sarcasme, il ne recule pas non plus devant l’émotion à fleur de peau et la simplicité des sentiments. »

Le crooner à la voix blanche ne répond pas. Quoi répondre ? Rien.

Question suivante.

Je lui parle de la scène.

Il aime ça. Il s’y amuse, improvise beaucoup, taquine parfois son public. Il explique qu’il n’y va pas pour faire un acte de prestation académique. Entendez par là qu’il aime les imprévues, qu’il n’hésite pas à recommencer une chanson si elle a mal démarrée et qu’il sait même parfois jouer des silences... « Il faut se dégager de toutes ces choses qui font partie du paraître plutôt que de l’être ». Pas mieux.

-Sur scène, il faut créer une ambiance hitchcockienne. Avec un petit coquin sur scène, il peut tout se passer…

J’arrête assez vite l’interview… j’ai envie d’être tranquillos. Ne pas jouer au journaliste. Parler littérature, par exemple. Sa passion des mots, sa façon de les travailler de manière ludique. David Lafore écrit aussi des nouvelles, mais estime ne pas en avoir assez pour en faire un livre.

Évoquer le métier de comédien. Il souhaite s’engager dans cette voie sérieusement, plus particulièrement au théâtre… « Le cinéma, c’est trop long ». Il me dit aussi qu’un « chanteur c’est aussi un comédien… ».

J’écoute cet espèce de Buster Keaton avec passion. Parfois, il susurre ces phrases, je peine à l’entendre. Il se met soudain à chanter une chanson italienne.

1125858264.JPG

Bref, cet artiste mérite qu’on s’y intéresse.

Pas qu’un peu.

Ce soir, à L’Européen.

Vous m’en direz des nouvelles (peut-être).

 

Commentaires

Ben si, justement, je suis inculte et persiste et signe, encore un inconnu (nain connu, tient, on dirait du Richard ;o)) que je ne connais pas. Ouh la, j'me fatigue moi aussi. J'vais m'coucher tient. Bonne nuit ;o)

Écrit par : Nath | 26 mars 2008

Vu, entendu et adoru au festival de par chez moi.
A consommer sans modération.
des bizettes

Écrit par : Mélina LOUPIA | 26 mars 2008

que Lafore soit avec vous...et avec vote inscrit...amen..
(il faut à tout pris que je dégage du temps pour prendre des vacances moi...)

Écrit par : richard | 26 mars 2008

@Nath: Bonne nuit, alors!
@Mélina Loupia: Super! Validé par Mélina!
@Richard: Oui, en effet.
;o)

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 27 mars 2008

je pige pas vraiment la première phrase de cette note. pour avoir approché le monsieur d'assez près, j'ai ressenti beaucoup d'humilité dans le personnage. mais bon, les chanteurs entre eux...
le dernier bar (dans le 20eme) où je suis allé l'écouter à reçu l'honneur de la visite de sieur fersen parmi les quelques dizaines (maximum) de spectateurs présents ce soir là

Écrit par : phil | 29 mars 2008

Les commentaires sont fermés.