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03 mars 2008

Rodolphe Burger... l'homme blues!

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Oui, ben hein, permettez-moi parfois d’être encore impressionné. Rencontrer un type comme Rodolphe Burger, c’est impressionnant, voilà. Sa stature d’ours mal léché, ses yeux bleus perçants, sa carrure imposante et surtout son indéniable putain de talent…

 

J’ai beau avoir 25 ans d’interviews dans la tronche, parfois, je balise encore un peu. Pour moi, c’est comme si je rencontrais Gainsbourg (trop tard !), un type comme ça. Je demande, comme un débutant, à Xavier (un de ses attachés de presse) : « Mais, il est sympa le Burger ? ». Il me rassure : « oui, il est adorable. » Ah bon ?

On se fait des idées sur les gens. J’ai du mal à comprendre, avec l’expérience que j’ai, pourquoi je continue à faire des plans sur la comète sur telle ou telle personne.

Bref, ce vendredi 15 février, j’ai rendez-vous chez EMI avec l’ex leader du groupe Kat Onoma. Oui, presque une légende, quoi ! (Ceux qui connaissent le bonhomme comprendront de quoi je parle.)

L’œuvre de monsieur Burger est impossible à catégoriser. « Entre rock mutant, boucles de mélancolie obsessionnelles, jungle de samples, électronique acide ou lunaire et poésie contemporaine… » dixit sa biographie officielle.

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Allez, je résume son parcours :

Prof de philo au début des années 80 tout en appartenant au groupe Dernière Bande, puis le fameux Kat Onoma.

De 1986 à 2004, ce combo strasbourgeois, dont il est le leader, a enregistré 7 albums. 7 joyaux, implacables, sans concessions, avec « une musique racée, obsédante ». J’habitais à Lingolsheim près de Strasbourg dans les années 90, c’est dire si je les ai vus sur scène à cette époque. Je ne comprenais pas tout, mais leur musique avait le don de me transporter dans un autre monde. Kat Onoma sur scène, je vous jure, c’était un choc.

Et donc, là, j’ai devant moi ce grand type qui m’impressionnait terriblement dans mes jeunes années. En vrai, un type un peu timide, qui parle tout doucement (j’ai mis le volume de mon Sanyo pour décrypter l’interview, c’est dire…), qui laisse un temps entre ma question et sa réponse (pour ne jamais dire de conneries, sans doute), qui te regarde avec bienveillance.

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Je lui demande s’il sait pourquoi il n’est pas reconnu à sa juste valeur… (je veux dire par là, si vous demandez à n’importe qui, croisé dans la rue, s’il connaît Rodolphe Burger, pas sûr qu’il répondra oui.)

-Ça, je m’en fous un peu. Mais, j’aurais aimé avoir un plus large public. J’ai eu souvent un sentiment d’injustice. Je ne veux ni avoir l’air prétentieux, ni avoir l’air de me plaindre, parce que c’était une belle histoire. Kat Onoma est devenu culte, mais n’a jamais eu beaucoup de succès. On n’a pas aidé par l’époque. Dans les années 80, on était pris entre deux feux. On ne correspondait pas aux exigences du « mainstream » en France. Notre musique n’était pas politiquement correcte par rapport à la domination du modèle de la chanson française ou des groupes « alternatifs » du moment. Kat Onoma n’a jamais été branché, donc la presse branchée nous a parfaitement ignoré.

Je lui objecte qu’ils avaient beaucoup de presses, et souvent dithyrambiques.

-Non, vraiment, pas tant que ça. Tu habitais la région, alors forcément, tu as lu beaucoup d’articles sur nous dans la presse locale, mais je t’assure, on est passé à côté de beaucoup de choses. Nous, on n’avait pas envie d’être un groupe underground. Communiquer et avoir du succès ne nous aurait pas gênés… je suis sûr, qu’aujourd’hui, Kat Onoma serait plus en phase avec l’époque.

Il me raconte aussi que son groupe, c’était une croisade. Rien n’était simple…

-Chaque album était une montagne à gravir. On a été souvent paralysé par des histoires de contrats, de labels et d’autres choses emmerdantes qui ne facilitent pas la vie d’artiste. Finalement, je n’ai qu’un regret avec ce groupe, c’est de ne pas avoir eu la possibilité de plus jouer à l’étranger et de ne pas avoir été diffusé en Angleterre, par exemple. À l’époque, là-bas, c’était une tare d’être français. Depuis que Daft Punk est passé par là, ça a modifié la donne. On n’est plus regardé avec autant de condescendances.

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Parallèlement à Kat Onoma, Rodolphe Burger s’est lancé dans une carrière solo (qui lui a permis de décrocher le Grand Prix de 411311115.jpgl’académie Charles Cros) et surtout, depuis le milieu des années 90, il réalise des projets avec d’autres artistes. Françoise Hardy (sur Le Danger, Clair-Obscur et Parenthèses), et Alain Bashung (sur Fantaisie Militaire)… mais son grand succès récent reste sa collaboration avec Jacques Higelin. C’est lui l’artisan de son somptueux dernier album Amor Doloroso (enregistré dans sa ferme vosgienne).

-J’ai longtemps hésité parce que l’enjeu était énorme. Je ne le connaissais pas et c’est lui qui est venu me trouver pour me proposer d’être son partenaire pour son disque. Il m’a fait comprendre qu’il avait un peu perdu les clefs…

Comprendre que le sieur Higelin n’était pas satisfait de ses précédents récents albums.

 

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Avec ce troisième album solo, Rodolphe Burger nous offre l’un des plus beaux disques de ces dix dernières années. Je n’ai pas peur de dire cela. Minimaliste, sophistiqué, et blues à mourir… plus accessible que certaines de ses autres productions.

-Avec No Sport, j’ai fait table rase du passé. J’ai tout remis en question. Ce que je voulais raconter, faire, avec qui je voulais travailler… Je souhaitais faire du neuf en allant dans des endroits encore non explorés par moi. J’étais terrorisé de me répéter. C’est mon premier disque en français, je me suis mis à écrire à la première personne, il y a très peu d’artifices dans les arrangements, j’utilise moins de « machines ». Je me suis vraiment avancé, dénudé, exposé…

Pour en savoir plus, lisez la critique des Inrocks. Pour une fois, je suis d’accord avec eux.

Bon, je ne vais pas en faire des tonnes, hein, après, on va encore dire que je suis trop long quand j’aime bien quelqu’un…

C’est vrai.

Mais, je fais ce que je veux.

Si j’ai encore envie de préciser qu’il n’aime pas qu’on lui rappelle que les artistes avec lesquels il bosse avec son label perso Dernière Bande (créé en 2002), c'est-à-dire : Jeanne Balibar, le mythique guitariste free James Blood Ulmer, Erik Marchand, Bashung et sa compagne Chloé Mons, Yves Dormoy et l’écrivain Olivier Cadiot, je le précise. Na !

-Moi, je n’ai pas de famille. Si j’en ai une, elle très largement recomposée.

Et toc Mandor ! Prends ça dans ta face.

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Je ne vous quitterai pas sans ajouter que Rodolphe Burger est aussi le créateur du festival Trans-genres C’est dans la vallée. 7 ans que ça bouge dans sa petite ville d’origine, Sainte-Marie-aux-Mines.

Chapeau bas, Monsieur Burger!

Pour finir, voici un avant goût de ce qui vous attend dans ce disque...

 

 

Et quelques autres teasings...

Et puis, tenez ici, voyez ce qu'a réalisé mon pote Frédéric Vignale qui était juste avant moi et qui m'a passé le relais une demie heure et retard! (oui, je ne suis qu'un cafteur!)

Commentaires

J'ai le disque dans la voiture depuis vendredi... merci à ma chérie de me l'avoir acheté !
Sinon, je l'ai vu il y a 2 ou 3 mois au coté de Rachid Taha à l'Olympia... C'était un vrai moment de bonheur !

Écrit par : Largentula | 03 mars 2008

Oh la la la mais ça m'a l'air super bien ça. Je sens que mon petit homme a moi il va aimer. Un cadeau à offrir. Merci Mandor.

Écrit par : Nath | 03 mars 2008

Comme d'habitude le reportage de François est très juste et fidèle à ce qu'est Rodolphe Burger, un grand type blond génial et impressionnant en interview mais charmant, timide et humble.

Ayez la curiosité de découvrir son dernier album, il ets tout à fait exceptionnel, les grands de la chanson française doivent beaucoup à Burger !!

Écrit par : fv | 03 mars 2008

@Largentula: Ta chérie à sacrément bon goût... mais, ça tu le savais, puisqu'elle est avec toi.
;o)
De rien.
@Nath: Un cadeau original pour une femme originale. C'est parfait!
@fv: Et Frédéric, la prochaine fois, que tu es avant moi, tu me laisses passer d'abord? Moi, je suis l'exactitude personnifiée.
(Tu me dis si je suis lourd, là...)
;o)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 04 mars 2008

Ouais, chapeau bas !

Écrit par : denis_m | 05 mars 2008

Good job Mister mandor ! Ca m'a donné envie de mettre quelques morceaux du monsieur sur mon blog, et c'est sacrément cool.

Tiens je vais mettre du Christophe aussi... C'est bon aussi, christophe !

Écrit par : merlinbreizh | 06 mars 2008

@denis_m: Merci. Tu sais, parfois je me sens isolé quand je présente quelqu'un d'aussi "grand" et que personne ne le connait!
@merlinbreizh: Je suis allé voir ton blog. Nous faisons dans la complémentarité à présent... woaw! pourtant tout avait mal commencé entre nous...
;o)
Quânt à Christophe, je suis fan absolu du monsieur (jamais interviewé par Mandor, malheureusement!)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 07 mars 2008

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