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28 février 2008

Gérard Lanvin en plein travail avec Mandor!

Bon, avec les photos, j'y vais parcimonieusement...
C'était hier après-midi.
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Alter ego ou haltères égaux?

27 février 2008

Professeur de radio...

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Hier, je ne devais faire qu'une journée... finalement, je suis enfermé là jusqu'à vendredi.

Bon, j'en dis un peu plus sur mes activités pour ce film dont je ne révèle pas grand chose dans mes précédentes notes (voir rubrique: Mandor au cinoche).

Si je suis figurant dans cette production, j'ai surtout été engagé pour "conseiller" Gérard Lanvin dans certaines scènes.

Je l'ai déjà précisé, je relativise beaucoup ce titre, hein, qu'on ne se méprenne pas.

Je ne me considère pas comme un "coach"... je suis juste un type présent pour "rassurer", dire deux trois trucs et lui donner la réplique dans certaines scènes.

Précision importante: Gérard Lanvin joue le rôle d'un journaliste baroudeur.

Lorsqu'il lit des papiers ou parle devant un micro, je suis là pour lui préciser quelques petites choses sur le ton journalistique, un certain rythme à trouver... des bricoles au regard du talent qu'il a.

Vous le savez, Lanvin est un comédien avec une forte personnalité et beaucoup d'expériences. Il prend ce qu'il juge intéressant mais garde ses idées de base sur le rôle.

Hier, j'étais sidéré par la façon qu'il a d'ingurgiter les informations que le réalisateur et moi lui donnions et de la manière qu'il a de les appliquer, tout en gardant son style.

Je ne sais pas trop si j'ai le droit de parler de tout ça, mais, après tout, je ne révèle aucun secret tendancieux...

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Mandor, entre ombre et lumière, donc. 

(Pas impossible, que des clichés plus explicites de cette "aventure" déboulent bientôt!)

J'aime beaucoup cette expérience.

Comme l'indique la feuille de service d'aujourd'hui.

Mandor devient "conseiller radio".

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Un beau "nouveau" métier dont je ne suis pas peu fier!

 

26 février 2008

Juliette... le joyau de la chanson française!

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6 albums studios et 4 albums en public… 20 ans de carrière. Je ne comprends même pas comment j’ai fait pour ne la rencontrer pour la première fois que le 5 février dernier.

Ce n’est pas normal.

J’aime la chanson française, donc j’aime Juliette.

C’est forcé !

Et, là, je déboule dans son chez elle parisien, des questions à profusion dans ma besace.

Je suis un peu essoufflé quand j’arrive, car elle habite dans en endroit de la capitale où se garer est mission impossible. J’ai tourné, je ne sais pas combien de fois dans son quartier très "commerçant". Genre livraison constante. Genre arrêt au milieu de la rue. Genre l’aiguille de la montre tourne à une vitesse folle, je vais être en retard. Et là, miracle! Une place se libère, juste devant chez elle. Je suis à l’heure pile poil (et il faut que je vérifie ce que faisait ma femme à cette heure là...).

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C’est Cathy Baumerder, son attachée de presse depuis 18 ans, qui m’ouvre la porte.

Juliette me lance : « c’est carrément ma directrice de cabinet… depuis le temps ! ».

Premiers mots de Juliette, une vanne… ça promet.

La chanteuse est attablée.

-Je viens d’arriver, excusez-moi, je finis de manger. Installez-vous, là. Ça ne vous dérange pas ? 

Non.

-Ni que je fume pendant l’entretien ?

Non. Moi, je m’adapte à tout et là, je dirais que c’est plutôt confortable comme situation.

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Juliette est une des personnalités les plus marquantes de la chanson française. Depuis son premier album officiel en 1991 (je ne compte pas l’auto produit de1987) « Qué tal ? », elle impose sa voix forte et sa gouaille, avec des musiques oscillant entre mélodies traditionnelles, orchestration classique, ambiance jazzy, fanfare et un peu techno jazz…

Cela fait donc deux décennies que cette épicurienne régale son public de morceaux savoureux. Après Ma vie, mon œuvre, la compilation célébrant ses 20 ans de carrière, puis Mutatis Mutandis, Juliette est de retour depuis quelques jours avec Bijoux et babioles.

-Ces deux jolis mots font référence à une de mes chansons de l’album, La boite en fer blanc. Mais surtout, ils me semblent bien qualifier mon regard sur mes chansons, sur la chanson en général, et plus encore, sur le « métier », le spectacle, le divertissement : des bijoux et des babioles. Je revendique les uns et les autres, faire du toc n’empêche pas qu’on le fasse sérieusement, avec application et amour. Et tailler des pierres précieuses peut se faire en rigolant, non ?

Si.

Une de mes chansons préférées de son album est A voix basse. Les personnages des livres prennent vie… mais aussi, les verbes irréguliers, un article du code pénal…etc.

Bref, la littérature dépasse la fiction.

-C’est un hommage évident à la littérature. Je lis beaucoup de choses fort différentes. Je suis très curieuse et j’ai des périodes ou je suis insatiable. D’autres moins. Ça dépend le temps que j’ai. En tout cas, j’ai toujours un bouquin sur moi. Là, je viens de finir une trilogie absolument passionnante signée Franck Talis… Ça se passe à Vienne en 1900. Le détective se sert de la psychanalyse pour résoudre ses enquêtes. Sinon, j’aime aussi beaucoup Fred Vargas

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Nous parlons littérature un moment, puis, je lui demande si l’activité d’écrivain la tente.

-Ce n’est pas le même travail. Je ne dis pas que ça ne me tente pas, mais c’est encore une chose ou il va falloir que je trouve du temps. Moi, quand j’écris des chansons, il faut que je ne fasse que ça. Je ne sais pas si écrire des romans ou des nouvelles peut se caler pendant ma tournée… Je n’ai jamais essayé, mais peut-être vais-je m’y mettre. En fait, il me manque le vrai moteur qui fait qu’il y a urgence à raconter une histoire longue.

Je lui parle alors de sa réputation qui l’agace (je le sais) de chanteuse intello. Personnellement, je trouve que plus les années passent, plus elle devient populaire…

-Je ne veux pas faire de déclaration démagogique, donc, mettez de gros guillemets à ce que je vais vous dire. On évolue aussi avec le retour du public. Ce que les gens me renvoient à pour conséquence que je ne chanterai plus certaines chansons, notamment de ma période « underground ». (Rires) J’essaie d’enlever tout ce qui peut faire élitiste parce qu’au fond, ce n’est pas moi. J’ai quelques références culturelles bien ancrées en moi, mais je n’aime ni l’étalage, ni la cuistrerie. Je n’hésite pas à dire que depuis quelques albums, je veux changer mon image…

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Elle y parvient.

A présent, penchons-nous un peu et voyons ce que la dame nous propose dans sa boite magique.

-Dans mon coffret à breloques il y a donc de tout : perle (re)pêchée en eaux troubles (Tyrolienne Haineuse de Pierre Dac écrite pendant la seconde guerre mondiale), émeraude latine (Fina Estampa de Chabuca Granda, immense auteure-compositrice péruvienne), petite broche fantaisie offerte par François Morel (Lapins !) qui vienne se mêler à mes propres créations…

Juliette oscille toujours entre le rire et les larmes, mais l’émotion est toujours là.

-Je fais très attention au dosage d’un album. Dans tous mes disques il y a toujours cette cohabitation. Je suis comme ça dans la vraie vie.

Et puis parfois, on croit qu’elle se moque, mais pas du tout. Casseroles et faussets, par exemple, au début, je pensais que c’était un règlement de compte avec ses collègues chanteuses un peu trop présentes dans les médias.

-Pas du tout. Enfin, si un peu. Mais, la conclusion de cette chanson est : « Chantez, chantons, c’est important, sans complexe et n’importe comment, ça ne sera pas pire que ce qu’on entend à la radio… parfois. » C’est juste une petite pique, car je suis un brin taquine. Je sais parfaitement, qu’en fait, la justesse dans la voix n’est pas tout.

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Madame Juliette est une patronne qui sait ardemment faire vivre son péplum musical.

Et moi, je dois laisser la place à une très jolie jeune fille qui vient d’arriver.

Pour en savoir plus sur cet album, lisez donc son (excellent) article à elle.

Je dis juste à Juliette que le temps passé avec elle était trop court.

-On se reverra, c’est sûr… qu’elle m’affirme.

-J’espère… que je me réponds.

Dernière précision : en vrai, cet album est un bijou… je n’ai pas repéré beaucoup de babioles !

La pub de l'album...

Et vous la voulez la critique de Télérama?

25 février 2008

Julien Jouanneau... un pigiste plein d'avenir!

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Julien Jouanneau, vous le connaissez peut-être sous le nom de Juju le pigiste. J’en ai déjà parlé ici, parce que je trouve ce jeune homme tout à fait intéressant et il a la faculté de me faire souvent sourire dans ses écrits.

(Même s’il m’énerve).

Lorsque je l’avais mandorisé, il avait émis la vague idée de faire éditer quelques-unes de ses chroniques publiées sur son blog, pour en faire un livre.

(Arf… proprement ridicule !)

À ce moment-là, je l’ai regardé avec beaucoup d’affection, en me disant : « oui, c’est ça bonhomme, moi, j’essaie de publier quelques-unes des miennes et je n’y parviens pas, alors pourquoi, toi, petit jeune, tu réussirais là ou j’ai lamentablement échoué? »

La réponse est simple. Parce qu’il a tenté, le salaud !

Confessions d’un pigiste, ça s’appelle.

Un livre drôle, au récit enlevé et palpitant.

Rien que ça !

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Photo: Benjamin Boccas (http://www.benjaminboccas.com/)

En plus, il m’annonce gaillardement (aucun respect pour les vieux schnocks !) que c’est en lisant cette note chez moi qu’il a eu l’idée de contacter Les éditions du Cygne.

(Le cuistre !)

L’est gonflé le Juju.

Dois-je lui rappeler que c’est moi l’ancien. Je devrais avoir une priorité à la publication.

Bon, pour lui montrer à quel point je suis grand seigneur, je lui propose une autre mandorisation.

(J’suis con, moi, parfois…)

Il me donne rendez-vous dans un bar de la rue Caulincourt, au Rêve.

Je connais bien cet établissement, Nicolas Rey m’y avait emmené après une mémorable interview très avinée… nous nous étions finis à la bière en regardant les filles passer.

Bref, rien que de pénétrer dans cet endroit, mon mal de tête est revenu.

Julien arrive à l’heure. Son petit sourire insolent et sa tête de Tintin qui aurait mangé du Brad Pitt m’incitent à repartir aussi sec. C’est qu’en plus, il a un physique de télé… il fait ça rien que pour me rendre jaloux. J’en suis sûr.

Il verra bien, lui, quand il aura 40 balais !

Oui, Juju, frime tant que tu peux encore avec ta ligne parfaite !

Pfff…

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Bref, ce qui est d’autant plus ennuyant, c’est que l’histoire de Damien Mordred (un clone de Juju), un jeune ambitieux (un clone de Juju) diplômé de « la prestigieuse Académie du journalisme », qui rentre provisoirement à Voilà Dimanche ! m’a conquis. J’aurais aimé pourtant en dire un maximum de mal.

Impossible n’est pas François, mais dans le cas présent si.

(Pour ceux qui débarquent, Mandor s’appelle en vrai François, d’où ce jeu de mots qui, je le présume, vous fait vous tordre de rire, HA  HA HA ! vous exclamez vous sans aucune retenue. Vous n’en pouvez plus! Si, je vous vois, là, à chercher votre respiration tellement vous trouvez mon humour hilarantissime.)

Ahem…

Donc, Voilà Dimanche !, c’est « LE journal people, actualités, économie, politique qui bâtit ou démolit les gens, les mord ou les caresse, les crucifie ou les ressuscite. Son directeur de la rédaction, le charismatique, tout-puissant et mystérieux Horenkryg, convoque le jeune journaliste pour une mission exclusive : il a trente jours pour rédiger l’article du siècle. En échange duquel il obtiendra le Graal journalistique : un poste permanent. »

Message personnel : Juju, tu ne veux quand même pas que je fasse d’effort pour que je raconte l’histoire. Des extraits de la quatrième de couv’, c’est largement suffisant, déjà que j’ai lu et apprécié ton livre, ne m’en demande pas trop, hein !

Je continue : « C’est le début d’un compte à rebours haletant et d’une quête singulière, cocasse, inspirée d’histoires vraies, entre désillusions et révélations, dans le monde extra (et ordinaire) du journalisme... »

Bon, puisqu’il faut que je fasse ma part de boulot, quand même, je sors mon Sanyo.

Oui, , j'ai une vieillerie de magnéto, ça tout le monde le sait, mais regardez le répertoire de Juju...

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Je lui demande si Damien Mordred, c’est un peu lui.

Message de nouveau personnel : Oui, tiens! Apprends un peu ton métier Juju et vois ce qu’est un journaliste d’investigation. Prends exemple sur moi. Une question comme ça, il fallait quand même y penser.

-A 80%, tout est basé sur des histoires réelles vécues au début de ma carrière. J’ai juste caricaturé et amplifié certaines situations. Damien Mordred est comme moi, nous sommes les Jean-Claude Dusse du journalisme. Moi, en vrai, je ne peux pas faire un reportage sans qu’il se passe quelque chose sortant de l’ordinaire.

Alors là, je dis HALTE! Une page culturelle s’impose (et qu’on ne vienne pas me dire qu’ici, on ne s’élève pas intellectuellement vers le haut).

Je dois clarifier la situation, car il y a dans cette phrase de Julien Jouanneau 3 personnages qu’il faut que je vous présente mieux..

1) Mordred :

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Dans la légende arthurienne, Mordred est le fils du Roi Arthur et de sa demi-sœur, Margawse, sœur de Morgane. Dans certains textes, il est le fils de Morgane la fée. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla…Il devint un temps chevalier d'Arthur et participa à quelques joutes et tournois, qu'il perdit la plupart du temps. Il ne respectait d'ailleurs que très rarement les règles de courtoisie qui régissaient les tournois, ne faisant qu'augmenter sa réputation de chevalier traître et perfide. Il était fort libertin, et ne se privait pas de courtiser toutes les dames, même celles déjà mariées. Il était détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois. Il tua Sir Lamorak, traîtreusement, alors que celui-ci se préparait à partir pour la Quête du Graal. Mordred blessa mortellement son père, le roi Arthur, lors de la bataille finale au Mont Badonicus pour le trône d'Albion. Celui-ci parviendra lui aussi à porter un coup fatal à son fils qui mourut après avoir dit ses "adieux" à sa mère.

(Wikipédia, on a beau dire que ce n’est pas fiable, n’empêche que je m’en sers pas mal et fort discrètement…)

2) Jean-Claude Dusse :

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C’est un héros des temps modernes, véritable icône des années 80, il représente le looser, le vrai, comme on n'en fait plus !! Pourtant, c'est le maître en la matière : ses râteaux mémorables, ses répliques dignes d'Audiard, ses coups de guigne à rendre fou de jalousie le pire des Pierre Richard, j'en passe... Bref, le personnage le plus marrant des Bronzés.

(AlloCiné, on a beau dire qu’il y a vraiment trop de publicités, n’empêche que je m’en sers pas mal et fort discrètement…)

3) Julien JOUANNEAU :

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Il est né en 1980 à Sarrebourg. Diplômé de Sciences-Po Lyon, il est journaliste-pigiste (carte de presse 106785 !) pour plusieurs titres nationaux, après avoir collaboré avec Studio Magazine et Le Progrès. Passionné de cinéma et amoureux de son métier, il poursuit sa carrière coûte que coûte.

(La quatrième de couverture, on a beau dire que parfois elle est sans intérêt, n’empêche que dans le cas présent, je l’ai utilisé deux fois…)

Ça va, vous êtes toujours là ?

J’imagine que vous êtes scié de lire une telle chronique littéraire.

Si approfondie.

Notez que le maître veut en mettre plein la vue à l’élève.

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Je ne veux pas vous ennuyer plus longtemps avec ce monsieur Jouanneau, mais sachez que ses trois rêves les plus fous seraient que son livre devienne un film, d’écrire un scénario pour le cinéma, de devenir chroniqueur dans une émission de télé et de signer (enfin) un CDI dans un journal.

Je crois savoir que l'urgence est le dernier souhait.

Et vous, professionnels qui me lisez avec avidité chaque jour, vous seriez bien inspiré de lire le site officiel de Julien Jouanneau.

Parce que j’ai beau me moquer, il le vaut bien.

(Si vous voulez le croiser, il organise une séance de dédicaces demain mardi à partir de 19 h 30 au Rêve, 89 rue Caulaincourt, Paris 18eme, M°  Lamark Caulaincourt… Bon, moi demain, je tourne de nouvelles scènes du film. Si je suis libéré à temps, je passerai faire un coucou à cet énervant énergumène.)

24 février 2008

Barbet Schroeder et Fernando Vallejo...

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Vendredi soir, je n’ai pas vu la cérémonie des César. Dommage, j’adore ça. Mais, bon, j’avais une réunion de la plus haute importance avec la FAPM (prochaine note).

Quoi qu'il en soit, j’ai appris que le César du meilleur film documentaire a été attribué à Barbet Schroeder pour son film sur Jacques Vergés, L’avocat de la terreur. J’en suis fort aise.

Donc, ce matin, pour le Tout Petit Déjà dominical, en consultant mes nombreuses et inécoulables archives, j’ai eu l’idée de ressortir les photos de ma rencontre avec ce réalisateur. Dois-je vous faire l'affront de vous rappeler qu'on lui doit aussi l'adaptation du livre de Charles Bukowski, Barfly et de bien d'autres chef d'oeuvres?

Ce jour-là, il n’était pas tout seul.

Le 13 septembre 2000, j’ai rendez-vous avec lui et l’enfant terrible des lettres colombiennes, Fernando Vallejo. A l’époque, j'animais et produisais  pour la web tv cinema-tv.com (du groupe Progress-tv), deux émissions dont Le film à la page, qui avait pour mission de mettre en avant des invités qui mettaient un point d’honneur à créer un lien entre le cinéma et la littérature (et vice versa).

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Ce qui était opportun dans le cas présent puisque Barbet Schroeder adaptait un livre de Fernando Vallejo, La Vierge des tueurs. C’est dans le bureau d’Éric Rohmer au Film du Losange que ces deux « monstres vivants » de leur art respectif me reçoivent… (en exclu par-dessus le marché !)

Bon, je ne vais pas revenir sur l’émission en elle-même, car une journaliste l’avait très bien décrite sur un site de l’époque, Canal Zap dont le but était de repérer les meilleurs moments du web… (il y a 7 ans déjà, soit dit en passant... là, délibérément, je m'adresse à ceux qui sont persuadés être des pionniers du net.)

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Je me souviens d’être arrivé pas tranquille du tout et d’avoir perdu toute crainte dès le top départ de la caméra… Oui, la caméra me transforme, je l’ai déjà dit ici. Je n’ai plus peur de rien quand j’interviewe quelqu’un. Je suis protégé par mes connaissances sur le sujet. Je bosse comme un dingue pour ne pas me faire piéger. J’ai des fiches, certes, mais qui sont là, surtout pour me rassurer. Je les consulte en cas d’invités peu bavards, sinon, le travail consiste principalement à rebondir aux réponses des interlocuteurs, tout en les emmenant là où je le souhaite. En fait, c’est un exercice que j’adore pratiquer. Ca m’amuse.
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Excusez-moi pour ces précisions, mais on me demande souvent comment je travaille avant une interview. Je viens d’y répondre. À cela, j’ajoute que mes nombreuses années d’expérience m’ont permis d’appréhender toutes les situations délicates.

Genre, invité de mauvaise humeur et franchement désagréable: ne pas se laisser faire et être intransigeant sur le respect que doit avoir un artiste pour un journaliste, plus simplement, un être humain envers un autre être humain (je raconterai comment j’ai quitté un déjeuner avec Obispo).

Genre invité timide à l’extrême : arrêter le magnéto ostensiblement, discuter comme ça… de tout et de rien, puis rebrancher le magnéto discrètement et revenir ensuite sur le sujet principal. (J’ai fait ça plein de fois. Ça marche !)

Genre invité mégalo : Là, j’avoue, je joue le jeu à donf’, mais pas sûr qu’après, mon article soit en sa faveur…

Bon, j’arrête là.

 

Avec Schroeder et Vallejo, rien de tout ça. Interview idéale.

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Je crois que le respect et la gentillesse paient.

L’expérience et le travail aussi

Ainsi soit-il !

23 février 2008

Thomas Pitiot... ce soir, un griot entre en scène!

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Lui aussi, je le suis depuis quelques années. Bon, ce n’est pas la première fois que je dis cela d’un artiste, mais en fait, je me rends compte que j’observe de près la carrière de beaucoup. Les passionnés n’ont pas le sens de la mesure, vous savez.

9260ddafe5d56a7e842fcac3d9d0b584.jpgLa première fois que j’ai entendu Thomas Pitiot, c’est grâce à un disque enregistré en public que j’avais reçu en 2004, Le Baron Perché (juste avant, il y avait eu un premier vrai album: Le Tramway du bonheur). Un brûlot anti Antoine-Ernest Seillière, anti Universal, anti plein de trucs ! Un petit disque au tirage limité dont l’esprit contestataire m’a à la fois amusé et aussi agacé. J’aime bien ressentir ces deux sentiments ambivalents. Pour moi, ça veut dire qu’il y a quelque chose derrière.

Puis, l’année suivante, Yonel Cohen-Hadria, ami et co-fondateur avec Thomas de T’INQUIETE Productions, que je rencontre lors d’un concert, m’offre le nouveau disque de Pitiot, La Terre à Toto.c7072bc1bb2e69fc17ddaa7013c08cbb.jpg

Et là, je me dis que voilà un artiste hors normes, pas lisse, engagé et convaincant.

Je le rencontre donc très vite. J’organise en déjeuner avec lui et un autre chanteur. François Tichot, que j’apprécie beaucoup humainement et artistiquement (il sort un nouvel album ces jours-ci, à découvrir ici). Il m’arrive de faire des interviews avec deux artistes, histoire de confronter deux points de vue sur le même métier.

Un court extrait de cette rencontre (publié dans mon journal en mars 2005)…

« Thomas Pitiot est le Didier Daeninckx de la chanson française. Comme cet auteur de polar, il est du 93 et dénonce l’injustice sociale. Pitiot, dans son deuxième album, chante aussi la banlieue pas toujours rose sur une musique arc-en-ciel et voyageuse. Tichot, lui, avec sa voix gouailleuse et l’accordéon de sa belle (Caroline Varlet) raconte la vie des petites gens, d’hier et d’aujourd’hui. Il est humaniste, touchant, parfois drôle, toujours pertinent. Un grand de la chanson. Pitiot et Tichot croquent les damnés de l’amer, les forçats de la vie. Ces deux-là s’auto produisent… pas pour les mêmes raisons.

Thomas Pitiot : Moi, j’ai créé avec trois amis ma maison de production. J’ai des moyens de promos limités, mais j’ai aussi la volonté de pouvoir maîtriser de ce que je fais et de ne pas être uniquement un produit. Ainsi, je garde l’inspiration. Les gens qui sont uniquement dans leur bulle artistique sont déconnectés de la réalité.

Tichot : Franchement, si je m’auto produit, c’est parce qu’aucune maison de disque n’a répondu favorablement à mes maquettes. J’en ai envoyé très peu, mais je pense qu’il faut être à Paris pour se faire repérer, notamment sur scène. Je ne suis pas contre le fait de signer avec une major, je demande juste à ce qu’on ne m’incite pas à changer.

 

Mandor : Vous vous considérez comme « chanteur engagé » ?

 

Tichot : J’estime que je suis un chanteur dans la citoyenneté et dans l’action auprès des autres. Je ne défends surtout pas la couleur d’un parti, mais la rencontre, l’expression et l’échange avec les gens.

 

Thomas Pitiot : Moi, j’ai une fibre politique et militante. Je suis communiste. J’ai une réflexion sur « comment on va changer les autres ? » et « comment on va s’organiser ? ». Je suis dans la lutte des classes. L’injustice sociale et le rapport à la domination me sont insupportables. »

Les voici le 9 mars 2005, sur le quai de Jemmapes, à l'issue d'un bon repas.

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Je reviendrai sur Tichot prochainement… mais, aujourd’hui, c’est la sortie du troisième album de Thomas qui nous intéresse: Griot. « Plus qu’un voyage touristique en terre africaine, ce disque est une réflexion sur notre rapport au monde et à notre entourage proche. »

Pour en parler, il me demande de venir le rejoindre à Bobigny, à Canal 93 où il est en résidence pour préparer son nouveau spectacle. C’était le 16 janvier dernier… Lorsque j’arrive, il est en répétition. Il me salue, mais continue à travailler avec ses musiciens. Ce que j’entends me plait. Ça promet !

Il me rejoint et m’emmène dans sa loge. Il semble heureux, parfaitement dans son élément. Cet homme de 32 ans, libre, toujours en colère est juste un peu crevé.  Il m’explique qu’en ce moment, le rythme est soutenu, mais que le disque est à l’image de ce qu’il voulait qu’il soit... donc fatigué, oui, mais heureux.

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-Griot est dans la lignée de mes deux premiers opus. Il est plus assumé en terme d’africanité et il est surtout plus maîtrisé. J’ai le renfort de musiciens africains qui jouent des instruments traditionnels comme personne. Ce disque correspond à ce que j’ai vécu ces dernières années. Beaucoup de voyages en Afrique, beaucoup de projets avec des musiciens sénégalais, maliens… c’est le fruit de ses trois dernières années de rencontres et de voyages.

« Son disque est coloré, parfumé et syncopé comme un jour de marché à Bamako, à Banjul, à Ziguinchor ou à Aubervilliers. Cette Afrique noire éclaire Thomas Pitiot, nous illumine ». Pourquoi est-il si fasciné par l’Afrique ?

-Depuis 2001, chaque année je vais là-bas. Ma relation à ce pays est complexe, mais elle est liée aussi à ma place et à mon regard sur la diversité du département que j’habite depuis toujours, la Seine-Saint -Denis. En France, nous sommes dans une société consumériste et individualiste. C’est quelque chose que je combats depuis toujours.

Un peu gêné, je lui demande s’il sait que tout n’est pas rose, non plus là-bas...

-Je ne suis pas aveugle. Évidemment que je le sais. Il y a des choses qui me dérangent en Afrique. Des formes de hiérarchies, de relations de castes, de pressions familiales ou religieuses qui ne me conviennent pas… En tout cas, il n’en reste pas moins qu’il y a une forme d’attention à l’autre, à la famille, à la communauté et au voisinage qui est très généreuse et que nous, nous avons perdu. En Afrique, ils ont quelque chose qui les font avancer collectivement.

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« Thomas Pitiot est un griot blanc. Il se bat, sème de la prise de conscience sans être donneur de leçons ».

Se considère-t-il comme un griot blanc ?

-Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas un africain blanc. Griot, ce n’est pas pour me travestir. Dans la chanson qui ouvre l’album, je chante que « les griots du monde entier ont le même sang. » Tu sais, un musicien, un conteur, celui qui célèbre des cérémonies, celui qui transmet la mémoire à un statut un peu particulier. Il est à la fois marginalisé, souvent précarisé, mais aussi celui qui a la possibilité d’exprimer la parole critique…

Et donc, il tente de réveiller nos consciences endolories… par la chanson et par ses engagements dans le milieu associatifs local… animations, aide aux devoirs, fêtes de quartier, militantisme avec chaque fois des passerelles vers la musique. C'est aussi lui qui est à l'origine (avec Yonel Cohen-Hadria) du Festival Aubercail, le festival des mots dits à Aubervilliers.

-Je pense être en phase avec ce que je vis, ce que je défends, ce que j’exprime dans mes chansons. Mais, je suis persuadé que la chanson ne suffit pas. On peut être vite être pris au piège par le travail. Le travail, quelque part, c’est aliénant. Si on reste dans un processus, ses tournées, sa promo…etc. finalement, on est beaucoup sur soi et peu enclin à s’occuper des autres.

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« Thomas Pitiot est un homme en colère et il est inutile de qualifier sa colère. Un homme libre, un homme qui chante n’a-t-il pas le droit d’être en révolte quand son époque enterre les valeurs de d’humanité ? »

Si.

-Ce qui me rend triste aujourd’hui, c’est que je me rends compte que la société est tellement atomisé que nous ne sommes pas en capacité de nous organiser pour résister. Aussi bien les partis de gauche que les syndicats. Entre ceux qui sont complètement mangés, voir récupérés par la stratégie de Sarkozy et puis ceux qui luttent encore pour des régimes de clocher ou de pouvoir et qui sont incapables de s’organiser pour résister collectivement, je trouve ça triste.

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Donc, l’artiste continue le combat. A l’instar d’un Ferré, en son temps.

« Ses chansons sont des chants miroirs d’Afrique, chants combats et chants poèmes humanistes. »  Il évoque les déracinés, la difficulté de l’intégration « quand beaucoup font peu l’effort de la favoriser ». Il fustige « ceux qui font des compromissions pour réussir leur carrière »,  pointe du doigt les marchands d’armes,  « se penche avec discernement sur la colère et la révolte explosive de certains jeunes des cités ».
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Les portes ouvertes, ils ne les enfoncent pas, il se contente de lorgner à travers le trou de serrure de l’état du monde et de nous raconter avec ses mots chocs, ses mots percutants qui tourneboulent… et c’est déjà beaucoup. Parce que son œil est incisif et implacable.

Bien sûr, parfois, je suis agacé par ses messages, mais au fond, ils sont si essentiels à rappeler qu’on finit par adhérer aux propos du chanteur poète.

S’il m’irrite parfois, peut-être est-ce parce qu’il secoue un peu trop ma conscience... et que je n’aime pas ça. Mais peut-être faut-il l’écouter ?

Oui, en fait, j’en suis sûr. Il y a des vérités qui sont bonnes à réécouter souvent.

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Et puis, il y a son duo avec Loïc Lantoine.

Et puis, il y a son duo avec son papa, Gérard Pitiot.

Et puis, il y a une reprise d’une chanson de François Béranger.

Et puis, il y a aussi beaucoup de talent derrière tout ça.

Et puis, il est depuis hier et encore ce soir au Café de la Danse.

Ne pas manquer le dernier des rebelles…

(Les phrases placées entre guillemet, sont tirées d’un texte d’Albert Labbouz évoquant cet album. J’adhère complètement aux propos tenus. Je voulais ainsi que vous fassiez la connaissance de ce monsieur. Ça se passe ici.)

22 février 2008

Louis Lanher... mégal'auteur?

 

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Avec un titre comme celui-ci, Louis Lanher n’avait pas intérêt à se planter. Il fallait que ce soit au moins très second degré et un peu drôle. J’espérais beaucoup de cet ouvrage parce que j’aime bien la personnalité de ce garçon.

(Dont j’ai déjà parlé récemment ici).

Je ne voulais pas être déçu.

Le romancier me donne rendez-vous dans un bar de la rue de Passy.

Bon, j’arrête le suspense tout de suite. Quand je rencontre quelqu’un, c’est que j’ai aimé ce qu’il a « produit ». Et là, je dois dire que je me suis franchement bien amusé à lire Ma vie avec Louis Lanher. Ce livre est nettement mieux écrit que les deux précédents et surtout, n’est pas du tout prétentieux.

742f64c552e3c77c9a0b22d310598c94.jpg-Je prends moins de poses que dans les précédents. Avec Un pur roman, je vivais dans l’idée que j’allais peut-être devenir un type extrêmement branché et à la mode, qui allait baiser toutes les filles, prendre plein de drogues… je me suis projeté là dedans. Quatre ans après,je suis revenu de ça. Je me suis rendu compte à quel point on pouvait être antipathique quand on rêvait de ce genre de vie. Et puis, à 31 ans, j’ai compris qu’un écrivain ne faisait plus fantasmer les filles.

Louis Lanher explique en préambule de son nouveau livre qu’il est bien le seul à pouvoir se permettre de publier son autobiographie. « Je réunis les deux conditions indispensables à l’exercice : un nom qui claque et une vie palpitante ».

-Beaucoup de romanciers qui n’écrivent qu’un livre auraient dû l’appeler« Ma vie avec moi-même », mais ils n’ont pas osé l’écrire sur la couverture. Moi, j’ai préféré assumer le truc jusqu’au bout. Sinon, en vrai, il faut saisir le second degré, de la couverture à la dernière page.

Oui, c’est un peu essentiel pour savourer ce recueil de nouvelles. Pensez, un type qui explique par le menu qu’il est l’un des deux romanciers français les plus importants de sa génération avec Houellebecq…

-Il y a une grosse dissociation entre ce que pensent les jeunes romanciers d’eux-mêmes, dans l’intimité et ce qu’ils vont affirmer en public. Avec mes affirmations, je fais juste preuve d’un petit peu moins de fausse modestie que la majorité des auteurs. Il ne faut pas se leurrer, si j’accepte d’écrire des livres et si je pousse le vice jusqu’à ce qu’ils soient publiés, c’est que je m’aime bien un minimum. La fausse pudeur affichée par mes collègues m’irrite un peu.

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La première nouvelle s’intitule : un voyou sarkozyste en milieu artistique. Il y avoue son penchant pour celui qui, à l’époque où il a écrit son livre, n’était pas encore Président de la République.

-J’ai toujours travaillé dans des médias qui étaient de gauche ou très de gauche… Quand je faisais mes chroniques culturo-humoristiques à Radio Nova et I télé, par exemple, je me voyais mal avouer que j’étais de droite. Si tu disais que tu allais voter Sarkozy, tu passais pour un homme moins intelligent que les autres, intolérant, beauf et j’en passe. J’ai écrit cette nouvelle par réaction à ma solitude d’électeur de droite dans des médias de gauche.

Depuis, je crois qu’il n’est plus aussi convaincu.

230cd51711f392fd8d6a18be2cf377c2.jpgCe que j’aime dans les écrits de Louis Lanher, c’est qu’il ne se refuse rien. Il se montre sous son moins beau jour, de surcroît, en accentuant les traits peu avouables… et toujours avec un recul qui rend les situations vécues très drôles. (Suis-je clair ? Pas sûr !)

-Dans le fond, je dis le contraire de ce que je voudrais qu’on entende de moi. Ce comportement doit certainement se psychanalyser… Si j’étais parfaitement honnête, j’aurais envie que tout le monde m’aime, qu’on m’offre une porte ouverte dans toutes les familles… En même temps, pour y arriver, je dis un peu le contraire en me foutant de la gueule de tout le monde.

Vous l’avez compris : Lanher est un grand malade. Grand malade, certes, mais sympathique et parfaitement lucide sur son cas.

-Je crois qu’inconsciemment, j’ai envie de voir jusqu’où je peux dire des horreurs, pour savoir jusqu’où on peut m’aimer… c’est un peu mon mécanisme. Par exemple, les femmes, c’est le cœur de ma vie, et bien, dans ce livre, je n’arrête pas de me moquer d’elles.

Oui, il prétend que vous n’êtes pas très futées et que vos magazines féminins non plus…

Allons, mesdemoiselles, ne vous arrêtez pas à cela. Parce qu’il y a beaucoup de tendresse dans les écrits du bon Louis. Il aime exagérer, appuyer le trait, c’est tout.

Le Lanher est un sacré farceur doublé d’un écrivain sans fioritures qui tranche dans le vif.

Je vous livre la phrase qui, au fond, explique l’œuvre, la vie et les actes du Louis Lanher d’aujourd’hui : « Elevé par une mère fusionnelle, sans père pour marquer la frontière entre nos deux êtres. Mon enfance se résumait à moi. »

Tout vient de l’enfance…

J’ai pris ce qu’il me semble être la sage décision de ne pas en raconter plus sur le livre. D’abord, parce  qu’il n’est pas très long et puis parce que, si je dis qu’il est beaucoup question de masturbation, je crains de fausser le sujet (même si sa prose est jouissive!). Parce qu’en vrai, il est question de notre société et de la place d’un homme « à la pointe de la pensée progressiste » qui y cherche sa place.

Un peu comme nous tous.
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P.S : Louis Lanher, en ce moment, est « le fils du patron », dans le Morning d’M6.

Re P.S : J’adore ce type, en fait.

(Mais vous connaissez mon objectivité légendaire, ce n’est pas pour cela que j’en dis du bien sur mon blog. Hein, je suis journaliste professionnel, je rappelle. Aheum !)

21 février 2008

Agnès Bihl... en tête!

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Ce petit bout de femme, ça faisait un moment que je la lorgnais discrètement.

Pensez… la chouchoute de Charles Aznavour, elle devait avoir un truc en plus que les autres. Aznavour, l’est pas du genre à mettre en avant quiconque. 40 ans qu’il n’avait pas de première partie.

Et là, badaboum ! « Bonjour mam’zelle Bihl, voulez-vous chanter avant moi lors de ma tournée et au Palais des Congrès ? ».

Le truc de fou pour une jeune artiste. Et moi, je vous le dis sincèrement, je m’incline devant elle. Du coup.

Merde, Charles Aznavour, quand même !

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ffacf3e443065257b467aa34ef3dbacc.jpgLe deuxième album d’Agnès Bihl, Merci maman, merci papa a remporté un succès d’estime du public, mais a aligné prix sur prix des professionnels (Grand Prix de l’Académie Charles Cros, Prix Sacem-Francis Lemarque, Prix Félix Leclerc, Prix Jean-Pierre Carrefour… non, là, je déconne). S’en est suivi une tournée de plus de cent dates.

« Agnès Bihl revient avec un disque, Demandez le programme, qui s’inscrit dans la réalité de la chanson française actuelle ». (Cette phrase, je l’ai piqué sur son site. Je trouve qu’elle ne veut pas dire grand-chose, mais, elle sonne bien. Hop ! Je la pompe !).

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La semaine dernière (le 12 février dernier), je suis convié à rejoindre la belle dans sa loge de l’Européen. Je suis venu en courant. (C’est une image).

Elle m’accueille, un sourire jusque-là. (Cette expression, à l’écrit, est tout à fait intéressante).

-Vous fumez, ça ne vous dérange pas si je fume, parce que là, j’ai bien envie de fumer ? me demande-t-elle sans que j’ai le temps de répondre que ça ne me dérange pas.

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Elle est pétillante. C’est banal comme réflexion que je me fais à moi-même tout seul, parce que c’est quand même un peu l’image qu’elle donne.

Je m’installe dans la petite (toute petite) pièce qui fait office de loge. Je lui dis que je suis fan d’Allain Leprest. C’est vrai, mais si je me permets de lui raconter ma vie, c’est que j’aimerais savoir si c’est vraiment en le voyant à La Folie en Tête, cette minuscule salle parisienne, qu’elle a eu envie de chanter.

(Rappelez-moi de faire une note sur la rencontre plus qu’alcoolisée entre Leprest, Romain Didier et Mandor…)

-En fait, c’est en voyant Allain que j’ai eu le déclic pour écrire moi-même mes textes. J’ai commencé en chantant des reprises de vieilles chansons de Paris. Du Brassens, du Ferré, du Barbara, du Renaud… lui, Leprest, il m’a fait comprendre qu’il fallait que je chante ce que je pense au plus profond de moi-même.

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Bon, en tout cas, elle excelle en la matière… et je suis ravi qu’enfin, une artiste de son acabit soit reconnue à sa juste valeur.

-Mais , ça n’a rien d’un conte de fée, croyez-moi! Ça fait 10 ans que je fais ce métier-là. D’ailleurs, je ne suis toujours pas très connue.

(Rires)

-Il est encore tout à fait le temps de me découvrir. Moi, je franchis les étapes petit à petit. Je viens de la scène et je vous assure que c’est un travail de fourmi.

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Je ne peux m’empêcher de lui parler d’Aznavour… ce dernier monstre sacré. Vraiment le dernier car, le matin même, Henri Salvador mourrait. Agnès Bihl me dit être peinée puis on revient à l’homme aux 3000 chansons.

-Il y a deux choses qui intéressent Charles. Ce sont les textes et la présence sur scène. Ce sont ces deux côtés là qui ont fait qu’il m’a pris sous son aile. Il m’a dit : « comme quoi… les grandes dames se camouflent toujours chez les petites bonnes femmes. Émanant d’Aznavour, c’est un sacré compliment.

 

 

 

 

Je lui dis, en cherchant les mots pour ne pas être maladroit, que je trouve qu’elle travaille à l’ancienne. Elle rit.

 

-C’est vrai. Je vais même jusqu’à dire que je suis une avant-ringardiste… J’adore la mythologie d’avant. Notez que, quand je fais le métier d’auteur, je ne me sens pas artiste. Non, je me sens plutôt artisan. J’ai l’impression d’assembler de la matière, travailler des matériaux, pour réussir à retranscrire précisément une émotion, un tableau, une colère, un coup de gueule ou un rire…

Elle s’arrête, puis me dit :

-Quand j’étais jeune, je voulais être danseuse de french cancan, c’est vous dire si je suis parfaitement intégrée dans mon époque. On est bien au XIXe siècle, là ?

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La dame à de l’humour. C’est d’ailleurs étonnant de constater qu’elle ressemble à ses chansons.

-J’aime bien passer du rire aux larmes. Je suis quelqu’un d’un peu cyclothymique. Je ne passe jamais une journée avec la même humeur. J’aime bien alterner des moments profonds et des moments moins graves. Pour tout dire, je me plais à faire rire les gens… ça donne une bouffée d’air. Je ne suis pas neurasthénique. 

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La chanteuse bouge beaucoup. Elle est accroupie sur sa chaise, puis s’assoie, puis se lève, puis s’accroupie de nouveau… puis se relève. Une boule d’énergie. Elle veut me prouver ses dires.

-J’écris constamment. D’ailleurs, j’ai toujours mon carnet sur moi.

Elle fouille dans son sac et me montre les premières pages.

-Il y a des phrases regardez ! Mais, approchez ! Un début de chanson là, vous voyez ? Ici, c’est une nouvelle chanson que je viens de finir… je l’ai essayé hier soir, sur scène.

Je plaisante : « c’est donc directement du producteur au consommateur ! ».

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Bouillonnante est le mot qui colle bien à ce qu’elle est sur le moment. Je tente une question sur la chanson française. Qu’en pense-t-elle et est-elle en danger ? Enfin, bref, une question très conne.

 

-Il y a suffisamment de combats dans mes chansons, d’indignations aussi, pour qu’en plus, je me fasse porte-drapeau d’un genre qui se porte très bien. La chanson française n’a jamais été malade que je sache.

Preuve en est : les compositeurs qui ont participé à l’album d’Agnès Bihl. Que du bon ! Tom Poisson, Alexis HK, Aldebert

-Il y a un absent dans cet album et je le regrette… je rêve d’avoir un titre d’Yves Jamait ou de chanter avec lui.

Tiens ! Excellente idée !

Ces deux-là ont la même sensibilité et un amour commun pour la scène et le public. Une façon entière de se livrer aux personnes présentes dans la salle.

-Quand je suis sur scène, je me sens artiste. La véritable générosité n’est pas seulement de savoir donner au public, c’est aussi de recevoir l’émotion, les rires, les applaudissements et les regards du public. Il doit y avoir du dialogue et une fusion…

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La môme Bihl boit de l’Euphon en sirop. Je lui demande pourquoi elle se drogue. Elle se marre.

-Je sors d’une énorme grippe, du coup, le boulot est de faire en sorte que ça ne s’entende pas. Lors des deux premières à l’Européen, j’avais 40 de fièvre…

J’adore la voix d’Agnès Bihl. Un peu haut perchée, un peu voilée, un peu éraillée, un peu vacillante par moments. Sur le fil du rasoir, constamment. Non, elle ne va pas décrocher… Elle chante des mots d'urgence, des mots utiles, si peu futiles... délibérément, je ne vous en dis pas plus sur les thèmes de ses textes. Il faut les découvrir. Un grand choc.

-Je vais vous dire, la vraie violence, c’est le tabou… la vraie violence, c’est de faire comme si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je suis persuadé que l’on peut tout dire, ça dépend comment on s’y prend. On peut tout chanter, même crûment, si on reste pudique. Brassens disait : « Je préfère montrer mon cul plutôt que montrer mon cœur. »

Là, je sens que c’est l’idéal mot de la fin.

Quoi ajouter de plus ? Rien.

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Si.

Agnès Bihl est en concert à l’Européen jusqu’au 23 février.

Et puis, 15 tableaux signés Agnès Bihl sont exposés dans cet établissent. Leur univers rappelle celui de ses chansons : impertinence, jeux de mots révélateurs et indignation face à l’absurdité. J’ai parsemé cette note des 4 premières cartes postales issues de cette exposition. Disponible sur l’ensemble des concerts !

Allez, encore des petits bouts d'elle...

 

 

 

 

 

Son MySpace.

17 février 2008

Daniel Fernandez... musicien du monde à l'Européen!

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Ce n’est pas bien de ma part.

J’avais promis à l’attachée de presse de Daniel Fernandez de publier ma note sur lui quelques jours avant son concert à l’Européen.

C’est demain !

Je n’ai pas tenu ma promesse.

Parce qu’actualités chaudes, parce qu’activités imprévues aussi.

Donc, pardon Sissi !
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Photo: Patrice andrée

Je suis embêté, car, en plus, je l’ai presque harcelé pour qu’elle m’obtienne ce rendez-vous bien avant sa scène parisienne. J’ai donc rencontré Daniel Fernandez le mercredi 30 janvier dernier.

Au Chao Ba.

Le Dijonnais passait en coup de vent dans la capitale, il a pris un moment pour que l’on se rencontre. Je le vois assis dehors (pour raison nicotinienne) en compagnie de l’un de ses deux acolytes de disque et de scène, Olivier Guerbeur (qui est aussi son producteur). Nous entamons la conversation là, mais au bout d’un quart d’heure, me voyant carrément vibrer, ils me proposent de rentrer au chaud. Dès que j’ai très froid, je vibre… une tremblote impressionnante.

Daniel Fernandez est né en 1970. Il me raconte avoir grandi dans une cité, non loin de Dijon.

-Je suis né de parents espagnols. On se débrouillait comme on pouvait pour vivre le mieux possible. Mon père et ma mère ne parlaient pas bien le français… il a fallu que je me débrouille tout seul pour m’intégrer. Comme je venais d’ailleurs, je me retrouvais qu’avec des enfants dans la même situation que moi. Alors, plus tard, quand je me suis retrouvé à faire de la musique, inutile de préciser que je n’avais pas la culture rock ou chanson française qu’avaient les autres jeunes.

Très vite, en effet, Daniel Fernandez a joué dans des groupes… il en a aussi créé bon nombre.

-Évidemment, avec mes origines, je ne pouvais qu’aller vers de la musique métissée. Je ne conçois la musique qu’ainsi. La mixité.

Il sort un premier album en 2003, Son de peau. Une bonne carte de visite qui permet à Daniel Fernandez de se faire repérer. Les radios du groupe Radio France commence à le diffuser régulièrement.

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Il fait alors beaucoup de scènes, beaucoup de festivals… en France et aussi au Maroc. Il assure la soirée de clôture des « Nuits de la Méditerranée  » à Tanger. Il reviendra en 2005 grâce à l’institut français du Nord. Avec Olivier Guerbeur, ils partent s’exiler 6 semaines dans cette ville marocaine, où ils travaillent avec des musiciens arabo-andalous du conservatoire de Tanger. Le fruit de cette collaboration aboutira à une création musicale originale, fondée sur l’échange culturel…

Selon, le nouvel album de Daniel Fernandez est un disque rare.  « Une mer de sable, un univers coloré, un ailleurs de chaleur qui traite de l’origine, qu’on soit d’ici ou de là-bas, tel qu’il est écrit, « selon les jets du hasard… » ».

Quand on écoute cet album, on voyage.

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En fermant les yeux, on voit des paysages andalous, des plaines africaines et la pampa sud-américaine. On entend au loin, puis plus près, des chants africains en wolof et toutes sortes de rythmes diablement envoûtantes. Guitares, percussions, accordéon, tama, cajon… Dépaysement total.

 e7ccbae1f039e60bcc939cd05759014e.jpg-Cet album a été pensé à Tanger, cette ville réellement magique. Il y a une mixité culturelle foisonnante. Les Espagnols, les Africains, les Arabes sont mélangés. Je ne pouvais trouver mieux pour créer mes nouvelles chansons.

L’écriture du sieur Fernandez est à la fois poétique et limpide. Il s’étonne qu’on lui affirme qu’il a un style.

 -J’ai carrément des complexes au niveau de la langue française. J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. Je suis incapable d’écrire une lettre « officielle ». J’ai mis beaucoup de temps à me considérer comme auteur…

J’aime cet artiste. Il est pétri de talents, il n’en a pas encore conscience et il est gêné par sa médiatisation naissante.

 

-Déjà, de voir mon nom sur une affiche, je le vis moyennement. Je me moque d’être mis en avant. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux juste faire mon métier dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à créer sans inquiétudes matérielles.
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Selon réunis encore une fois ses habituels complices, Olivier Guerbeur et Christian Léchenet, mais aussi des guests.

Parmi lesquels, Yves Jamait qui chante en duo le saisissant Vida Mia Sin Ti, Jean Fauque pour l’écriture de la chanson Mama (loin d’être la meilleure du disque) et Juan Carmona, l’un des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca pour Blanco y negro.

Demain soir, lundi 18 février, Daniel Fernandez se produit à l’Européen.

Avec en première partie, un dénommé Al.

Je ne connais pas.

Je sais aussi qu’Yves Jamait participera au concert. Il vient chanter avec son pote (et pas qu'une courte apparition...)

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Moi, j’emmène un pote à moi.

Parce qu’il aime Jamait et que je veux lui faire découvrir Fernandez.

Et voir ses yeux illuminer de bonheur.

Ouais, carrément !

Allez-y vous aussi.

Et pis après, on ira tous boire un coup.

(Je ne plaisante pas.)

Pour refaire le monde, après l’avoir traversé.

C’est beau la vie, la nuit !

(Je ne suis pas un peu lyrique, là, vers la fin ?)

Son site internet (avec son clip Le tango des enfants).

Son MySpace.

J’allais oublier. Le talentueux Daniel Fernandez... un vrai gentil, humble, généreux et humain.

C’est tout ?

Oui.

Philippe Pascale... duo éphémère!

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A chaque fois que je parle de rockeurs, ici, je me fais allumer gentiment par mes potes « puristes » en la matière…

Pfff… ça du rock ? Des usurpateurs, oui !

Bon, je schématise un peu, mais que Fishturn, e-cedric et autres Boronali ne se sentent pas visés, hein (ce serait pourtant fort justifié !).

 

958a5280fa47011ca49f12648ced866f.jpgDans le Tout Petit Déjà de cette semaine, je reviens sur ma rencontre avec Philippe Pascal.

Oui, le Philippe Pascal, ex-leader et figure emblématique des groupes Marquis de Sade et Marc Seberg.

Ça vous en bouche un coin, hein ?

Allez, dites-le !6a2a71c9afb0c92dafc48e3a0de11344.jpg

Quoi ? Vous ne connaissez pas ce monstre de la scène rennaise? Z’êtes trop jeune ou alors, vous n’avez jamais aimé la new wave crépusculaire française (j’adore ma définition… quelqu’un peut trouver mieux ?).

C’était le 12 avril 1994. J’étais l’un des « Monsieur Loyal » de la FNAC de Strasbourg. Ce jour là, je recevais le duo Philippe Pascale.

Il y avait donc Philippe Pascal et sa compagne d’alors, Pascale Le Berre (ex clavier de Marc Seberg).

2b9a0b24bd194effea5a725450bad758.jpgAprès le split de Marc Seberg, Philippe et Pascale partent au Maroc. Une opportunité de faire un festival les pousse à répéter avec des musiciens locaux. Ils jouent alors devant 6000 personnes le 1er décembre 1990 à Casablanca. Ce concert est un concert de soutien à  l’Association marocaine de Lutte contre le Sida. En 1994, le premier album de Philippe Pascale sort sous le même nom. Ils font quelques concerts, mais le disque ne marche pas.

Un clip de cette période.

 

La maison de disque Virgin, arrête très vite les frais.

Amen !

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Je vous avoir eu les chocottes avant d’entamer cette rencontre en public.

Cet auteur baudelairien au physique expressionniste m’impressionnait. Je ne sais pas, j’avais un a priori. Un type dont les mots ont toujours été d’un romantisme automnal, servi par un lyrisme vibrant, un comportement scénique outrancier, ne pouvait être que difficile à gérer.

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Mais, non. Philippe Pascal était juste un peu las. Peu motivé pour défendre son duo, mais il a joué le jeu. Répondu poliment et interprété quelques chansons de son album assis, peinard. Il n’a pas sué, ce jour-là…

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Aujourd'hui, Philippe Pascal continue sa vie musicale avec un autre groupe. Les Blue Train Choir.

A découvrir ici.

Mais j’ai regretté le temps de Marquis de Sade.

Tenez, un extrait de Chorus datnt de l'année 1979, où on les voit en concert…

Mais avant, une chronique disque amusante à regarder avec le recul.

Vous reconnaîtrez Antoine Decaunes et Jacky.

Vous voulez un peu de Marc Seberg pour égayer votre dimanche.

Soit.

Voilà!

Merci de ne pas sauter par la fenêtre après écoute.