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26 février 2008

Juliette... le joyau de la chanson française!

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6 albums studios et 4 albums en public… 20 ans de carrière. Je ne comprends même pas comment j’ai fait pour ne la rencontrer pour la première fois que le 5 février dernier.

Ce n’est pas normal.

J’aime la chanson française, donc j’aime Juliette.

C’est forcé !

Et, là, je déboule dans son chez elle parisien, des questions à profusion dans ma besace.

Je suis un peu essoufflé quand j’arrive, car elle habite dans en endroit de la capitale où se garer est mission impossible. J’ai tourné, je ne sais pas combien de fois dans son quartier très "commerçant". Genre livraison constante. Genre arrêt au milieu de la rue. Genre l’aiguille de la montre tourne à une vitesse folle, je vais être en retard. Et là, miracle! Une place se libère, juste devant chez elle. Je suis à l’heure pile poil (et il faut que je vérifie ce que faisait ma femme à cette heure là...).

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C’est Cathy Baumerder, son attachée de presse depuis 18 ans, qui m’ouvre la porte.

Juliette me lance : « c’est carrément ma directrice de cabinet… depuis le temps ! ».

Premiers mots de Juliette, une vanne… ça promet.

La chanteuse est attablée.

-Je viens d’arriver, excusez-moi, je finis de manger. Installez-vous, là. Ça ne vous dérange pas ? 

Non.

-Ni que je fume pendant l’entretien ?

Non. Moi, je m’adapte à tout et là, je dirais que c’est plutôt confortable comme situation.

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Juliette est une des personnalités les plus marquantes de la chanson française. Depuis son premier album officiel en 1991 (je ne compte pas l’auto produit de1987) « Qué tal ? », elle impose sa voix forte et sa gouaille, avec des musiques oscillant entre mélodies traditionnelles, orchestration classique, ambiance jazzy, fanfare et un peu techno jazz…

Cela fait donc deux décennies que cette épicurienne régale son public de morceaux savoureux. Après Ma vie, mon œuvre, la compilation célébrant ses 20 ans de carrière, puis Mutatis Mutandis, Juliette est de retour depuis quelques jours avec Bijoux et babioles.

-Ces deux jolis mots font référence à une de mes chansons de l’album, La boite en fer blanc. Mais surtout, ils me semblent bien qualifier mon regard sur mes chansons, sur la chanson en général, et plus encore, sur le « métier », le spectacle, le divertissement : des bijoux et des babioles. Je revendique les uns et les autres, faire du toc n’empêche pas qu’on le fasse sérieusement, avec application et amour. Et tailler des pierres précieuses peut se faire en rigolant, non ?

Si.

Une de mes chansons préférées de son album est A voix basse. Les personnages des livres prennent vie… mais aussi, les verbes irréguliers, un article du code pénal…etc.

Bref, la littérature dépasse la fiction.

-C’est un hommage évident à la littérature. Je lis beaucoup de choses fort différentes. Je suis très curieuse et j’ai des périodes ou je suis insatiable. D’autres moins. Ça dépend le temps que j’ai. En tout cas, j’ai toujours un bouquin sur moi. Là, je viens de finir une trilogie absolument passionnante signée Franck Talis… Ça se passe à Vienne en 1900. Le détective se sert de la psychanalyse pour résoudre ses enquêtes. Sinon, j’aime aussi beaucoup Fred Vargas

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Nous parlons littérature un moment, puis, je lui demande si l’activité d’écrivain la tente.

-Ce n’est pas le même travail. Je ne dis pas que ça ne me tente pas, mais c’est encore une chose ou il va falloir que je trouve du temps. Moi, quand j’écris des chansons, il faut que je ne fasse que ça. Je ne sais pas si écrire des romans ou des nouvelles peut se caler pendant ma tournée… Je n’ai jamais essayé, mais peut-être vais-je m’y mettre. En fait, il me manque le vrai moteur qui fait qu’il y a urgence à raconter une histoire longue.

Je lui parle alors de sa réputation qui l’agace (je le sais) de chanteuse intello. Personnellement, je trouve que plus les années passent, plus elle devient populaire…

-Je ne veux pas faire de déclaration démagogique, donc, mettez de gros guillemets à ce que je vais vous dire. On évolue aussi avec le retour du public. Ce que les gens me renvoient à pour conséquence que je ne chanterai plus certaines chansons, notamment de ma période « underground ». (Rires) J’essaie d’enlever tout ce qui peut faire élitiste parce qu’au fond, ce n’est pas moi. J’ai quelques références culturelles bien ancrées en moi, mais je n’aime ni l’étalage, ni la cuistrerie. Je n’hésite pas à dire que depuis quelques albums, je veux changer mon image…

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Elle y parvient.

A présent, penchons-nous un peu et voyons ce que la dame nous propose dans sa boite magique.

-Dans mon coffret à breloques il y a donc de tout : perle (re)pêchée en eaux troubles (Tyrolienne Haineuse de Pierre Dac écrite pendant la seconde guerre mondiale), émeraude latine (Fina Estampa de Chabuca Granda, immense auteure-compositrice péruvienne), petite broche fantaisie offerte par François Morel (Lapins !) qui vienne se mêler à mes propres créations…

Juliette oscille toujours entre le rire et les larmes, mais l’émotion est toujours là.

-Je fais très attention au dosage d’un album. Dans tous mes disques il y a toujours cette cohabitation. Je suis comme ça dans la vraie vie.

Et puis parfois, on croit qu’elle se moque, mais pas du tout. Casseroles et faussets, par exemple, au début, je pensais que c’était un règlement de compte avec ses collègues chanteuses un peu trop présentes dans les médias.

-Pas du tout. Enfin, si un peu. Mais, la conclusion de cette chanson est : « Chantez, chantons, c’est important, sans complexe et n’importe comment, ça ne sera pas pire que ce qu’on entend à la radio… parfois. » C’est juste une petite pique, car je suis un brin taquine. Je sais parfaitement, qu’en fait, la justesse dans la voix n’est pas tout.

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Madame Juliette est une patronne qui sait ardemment faire vivre son péplum musical.

Et moi, je dois laisser la place à une très jolie jeune fille qui vient d’arriver.

Pour en savoir plus sur cet album, lisez donc son (excellent) article à elle.

Je dis juste à Juliette que le temps passé avec elle était trop court.

-On se reverra, c’est sûr… qu’elle m’affirme.

-J’espère… que je me réponds.

Dernière précision : en vrai, cet album est un bijou… je n’ai pas repéré beaucoup de babioles !

La pub de l'album...

Et vous la voulez la critique de Télérama?

Commentaires

Qu'est-ce que tu mets comme temps pour la faire ta note sur Juliette, mais que t'arrive-t-il ? Tu ronfles ?


...désolé...

Écrit par : La Louve | 26 février 2008

J'aime beaucoup cette artiste, trop rare sur nos écrans, dans nos bacs et sur les ondes. Une personnalité entière et drôle. Une sacrée femme !

Écrit par : Nath | 26 février 2008

@La louve: Woaw! tu connais cette chanson... la classe!
@Nath: enfin, depuis quelques années, elle n'est plus si rare... elle est l'une des meilleures ventes françaises de la semaine et on l'entend sur toutes les radios. Juliette n'est plus franchement "underground", je trouve.

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 26 février 2008

J'ame bien le shoot photos qu'elle a fait pour cet album, ça rappelle Roselyne et les lions... Et puis normal que Juliette ait la classe, elle est toulousaine.

(Mandorounet, je suis en train de mater l'itw d'Henri Loevenbruck que tu viens de mettre sur DailyMotion huhu)

Écrit par : Dahlia | 27 février 2008

Bon mon attente n a pas ete decue.

Merci infiniment Mandor pour ce long texte. D autant plus qu au travers de vos questions j ai pu apprendre un certain nombre de choses ( malgre les papiers deja ecrits sur son dernier album)
En plus j aime le cote non blase que vous avez pour realiser vos ecrits. Vous savez rester accessibles a vos lecteurs et ne presentez pas vos avis comme si vous portiez une verite incontournable.

Sinon je ne pensais pas que Juliette pouvait etre a l ecoute de son public et que ceci l avait rendue moins underground.

C est vrai que ses productions d il y a quelques annees me laissaient un peu sur ma faim. Meme si sa creativite n etait pas en cause, je trouvais ca un peu hermetique parfois, sans doute ideal pour ses inconditionnels ( la clandestinite leur va si bien), mais laissant de cote le grand public.
Eh maintenant elle sait convaincre tout le monde. Je ne vais jamais la voir sur les grandes scenes parisiennes, mais en banlieue ou du fait de tarifs souvent accessibles on y rencontre vraiment un public divers, qui ne cherche qu a etre convaincu sans faux semblants
Je crois n avoir jamais entendu une telle unanimite a la fin d un de ses spectacle . Elle donne du vrai bonheur en prenant comme principe que le public est intelligent et avec ses magnifiques musiciens ca tient toujours la route.
Bon c est pas que j ai hate de quitter le Bresil, mais mi mars la decouvrir dans son nouveau spectacle me ravit tout de meme.
Dommage que pour ceci, le 14 je dois me passer de Jane Birkin qui se produit a Sao Paulo. J aurais bien connaitre les reactions des paulistanos presents. Certains de mes amis m en feront le commentaire.


Atelogo

Écrit par : zanzibar | 27 février 2008

@Dahlia: Oh la chauvine!
Sinon, sais-tu que c'est toi qui m'a appris ce matin que serial buzzer avait déjà mis en ligne le podcast? Elle ne devait être montée que la semaine prochaine... donc, du coup, je la diffuse demain.
Voilà.
@zanzibar: J'attendais votre réaction avec impatience... je savais que vous attendiez cette note. Ouf, alors, si vous avez apprécié.
(Oui, l'avis de mon lectorat m'importe beaucoup, surtout lorsqu'ils sont spécialistes de la chanson comme vous.)

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 27 février 2008

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