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22 février 2008

Louis Lanher... mégal'auteur?

 

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Avec un titre comme celui-ci, Louis Lanher n’avait pas intérêt à se planter. Il fallait que ce soit au moins très second degré et un peu drôle. J’espérais beaucoup de cet ouvrage parce que j’aime bien la personnalité de ce garçon.

(Dont j’ai déjà parlé récemment ici).

Je ne voulais pas être déçu.

Le romancier me donne rendez-vous dans un bar de la rue de Passy.

Bon, j’arrête le suspense tout de suite. Quand je rencontre quelqu’un, c’est que j’ai aimé ce qu’il a « produit ». Et là, je dois dire que je me suis franchement bien amusé à lire Ma vie avec Louis Lanher. Ce livre est nettement mieux écrit que les deux précédents et surtout, n’est pas du tout prétentieux.

742f64c552e3c77c9a0b22d310598c94.jpg-Je prends moins de poses que dans les précédents. Avec Un pur roman, je vivais dans l’idée que j’allais peut-être devenir un type extrêmement branché et à la mode, qui allait baiser toutes les filles, prendre plein de drogues… je me suis projeté là dedans. Quatre ans après,je suis revenu de ça. Je me suis rendu compte à quel point on pouvait être antipathique quand on rêvait de ce genre de vie. Et puis, à 31 ans, j’ai compris qu’un écrivain ne faisait plus fantasmer les filles.

Louis Lanher explique en préambule de son nouveau livre qu’il est bien le seul à pouvoir se permettre de publier son autobiographie. « Je réunis les deux conditions indispensables à l’exercice : un nom qui claque et une vie palpitante ».

-Beaucoup de romanciers qui n’écrivent qu’un livre auraient dû l’appeler« Ma vie avec moi-même », mais ils n’ont pas osé l’écrire sur la couverture. Moi, j’ai préféré assumer le truc jusqu’au bout. Sinon, en vrai, il faut saisir le second degré, de la couverture à la dernière page.

Oui, c’est un peu essentiel pour savourer ce recueil de nouvelles. Pensez, un type qui explique par le menu qu’il est l’un des deux romanciers français les plus importants de sa génération avec Houellebecq…

-Il y a une grosse dissociation entre ce que pensent les jeunes romanciers d’eux-mêmes, dans l’intimité et ce qu’ils vont affirmer en public. Avec mes affirmations, je fais juste preuve d’un petit peu moins de fausse modestie que la majorité des auteurs. Il ne faut pas se leurrer, si j’accepte d’écrire des livres et si je pousse le vice jusqu’à ce qu’ils soient publiés, c’est que je m’aime bien un minimum. La fausse pudeur affichée par mes collègues m’irrite un peu.

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La première nouvelle s’intitule : un voyou sarkozyste en milieu artistique. Il y avoue son penchant pour celui qui, à l’époque où il a écrit son livre, n’était pas encore Président de la République.

-J’ai toujours travaillé dans des médias qui étaient de gauche ou très de gauche… Quand je faisais mes chroniques culturo-humoristiques à Radio Nova et I télé, par exemple, je me voyais mal avouer que j’étais de droite. Si tu disais que tu allais voter Sarkozy, tu passais pour un homme moins intelligent que les autres, intolérant, beauf et j’en passe. J’ai écrit cette nouvelle par réaction à ma solitude d’électeur de droite dans des médias de gauche.

Depuis, je crois qu’il n’est plus aussi convaincu.

230cd51711f392fd8d6a18be2cf377c2.jpgCe que j’aime dans les écrits de Louis Lanher, c’est qu’il ne se refuse rien. Il se montre sous son moins beau jour, de surcroît, en accentuant les traits peu avouables… et toujours avec un recul qui rend les situations vécues très drôles. (Suis-je clair ? Pas sûr !)

-Dans le fond, je dis le contraire de ce que je voudrais qu’on entende de moi. Ce comportement doit certainement se psychanalyser… Si j’étais parfaitement honnête, j’aurais envie que tout le monde m’aime, qu’on m’offre une porte ouverte dans toutes les familles… En même temps, pour y arriver, je dis un peu le contraire en me foutant de la gueule de tout le monde.

Vous l’avez compris : Lanher est un grand malade. Grand malade, certes, mais sympathique et parfaitement lucide sur son cas.

-Je crois qu’inconsciemment, j’ai envie de voir jusqu’où je peux dire des horreurs, pour savoir jusqu’où on peut m’aimer… c’est un peu mon mécanisme. Par exemple, les femmes, c’est le cœur de ma vie, et bien, dans ce livre, je n’arrête pas de me moquer d’elles.

Oui, il prétend que vous n’êtes pas très futées et que vos magazines féminins non plus…

Allons, mesdemoiselles, ne vous arrêtez pas à cela. Parce qu’il y a beaucoup de tendresse dans les écrits du bon Louis. Il aime exagérer, appuyer le trait, c’est tout.

Le Lanher est un sacré farceur doublé d’un écrivain sans fioritures qui tranche dans le vif.

Je vous livre la phrase qui, au fond, explique l’œuvre, la vie et les actes du Louis Lanher d’aujourd’hui : « Elevé par une mère fusionnelle, sans père pour marquer la frontière entre nos deux êtres. Mon enfance se résumait à moi. »

Tout vient de l’enfance…

J’ai pris ce qu’il me semble être la sage décision de ne pas en raconter plus sur le livre. D’abord, parce  qu’il n’est pas très long et puis parce que, si je dis qu’il est beaucoup question de masturbation, je crains de fausser le sujet (même si sa prose est jouissive!). Parce qu’en vrai, il est question de notre société et de la place d’un homme « à la pointe de la pensée progressiste » qui y cherche sa place.

Un peu comme nous tous.
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P.S : Louis Lanher, en ce moment, est « le fils du patron », dans le Morning d’M6.

Re P.S : J’adore ce type, en fait.

(Mais vous connaissez mon objectivité légendaire, ce n’est pas pour cela que j’en dis du bien sur mon blog. Hein, je suis journaliste professionnel, je rappelle. Aheum !)

Commentaires

beau travail comme d'hab, du bel ouvrage qui donne envie.

Écrit par : Stephane Nolhart | 23 février 2008

Amusant. Ta note, le jour où je passe la soirée avec lui à la Mouv' session ! Un garçon charmant, sympathique, pas prise de tête j'me la joue j'suis un auteur j'fais d'la télé et j'me la pète... et en plus très drôle !
Je lui ai parlé de ta note, il était très content :o)

Écrit par : MikaMicky | 23 février 2008

@Stéphane Nolhart: Ton tien prochain dont tu parles sur ton blog chaque jour, je l'attends aussi...
;o)
@MikaMicky: J'en suis fort aise. Marrant ce "téléscopage", en tout cas.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 25 février 2008

Les commentaires sont fermés.