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12 février 2008

Cyril Montana... histoire d'une enfance!

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J’avais déjà beaucoup apprécié Carla on my mind, le second roman de Cyril Montana. Mais alors, celui-ci, La faute à Mick Jagger, en le lisant, m’a bouleversé. Parce que si je n’ai pas eu une enfance comme la sienne, (je pense que, personnellement, je ne m’en serais jamais remis), ça m’a renvoyé à des trucs enfouis en moi.

Vous savez, des souvenirs que l’on refoule toute sa vie…

Bon, là, je vais plus vite que la musique. De quoi parle ce roman quasi autobiographique (l’auteur ne s’en cache pas) ?

Le pitch est le suivant : Les aventures du petit Simon qui essaie de devenir adulte. Pas facile quand on grandit avec des parents tout pleins de Love et de L.S.D., qui vous oublient un peu au passage.

7b8658a065b939048e313c197319b608.jpgBon, en approfondissant un peu, sachez que Simon (le narrateur) est fils de babas cool complètement irresponsables, barrés, avant-gardistes et jusqu'au-boutistes. Dans cette période (mai 68) où les gens faisaient des enfants sans réfléchir, il est complètement délaissé par eux. C’est sa gentille grand-mère ou la méchante Nina qui s’occuperont de lui. Parmi les épreuves subies, sa mère sera internée de force et il assistera son père pour passer de vie à trépas. De quoi ne pas traverser l’enfance en toute quiétude, c’est le moins que l’on puisse dire.

Je ne souhaite pas en dire plus, il faut impérativement découvrir cette vie malmenée.

Cyril Montana alterne son écriture grâce à un procédé habile de présent et de flash-back. Souvenirs d’enfance et conséquences dans une vie d’adulte, ce roman ne peut pas laisser indifférent, car il a le don de faire réfléchir sur le rapport de l’amour dans la période cruciale de l’enfance.

Il est question de l’importance magistrale qu’à ce rapport pour la vie future d’adulte.

J’ai donc souhaité rencontrer cet auteur.

Autrefois plus discret, aujourd’hui, il accepte volontiers les interviews (au passage, merci Claire, pour ton efficacité… hein ? Qui est Claire ?).
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Il me donne rendez-vous dans les locaux de l’agence Première Heure, pour laquelle il travaille. (Parce que romancier, vous le savez, ne nourrit pas son homme…). C’est un jour de pluie et de froid glacial. J’arrive tremblotant et fiévreux. Une jolie hôtesse (toutes les hôtesses sont jolies, j’ai remarqué) me fait patienter sur un canapé bizarre. Très haut. J’ai les jambes qui pendent dans le vide, comme un gamin. C’est très bien, ça me met dans l’ambiance du sujet.

Cyril Montana arrive très vite. On cherche un bureau tranquille que nous finissons par trouver. Tout de suite, je me sens bien avec ce garçon. Je lui dis combien son roman m’a marqué et touché. Il semblerait que ça ne le laisse pas insensible.

Je lui demande comment on peut s’en sortir en ayant vécu pareille enfance.

- Tous ces évènements-là m’ont touché, mais sans me détruire. Il y a deux périodes. Comment on peut s’en sortir pendant l’enfance et après, dans sa vie d’adulte ?Pour moi, ça a été la résilience et 12 ans d’analyse.

Ah oui, quand même ! 12 ans d’analyse… qu’est-ce que ça lui a apporté très exactement ?

-Le fait de pouvoir aborder mon passé de façon tout a fait naturelle, sans que cela ait un écho douloureux en moi. L’analyse te permet, sur la problématique d’une enfance difficile comme ça, de recadrer les responsabilités. Quand tu es enfant, tu n’es en aucun cas responsable de ce qui t’arrive. L’idée est de comprendre et non pas de juger. Quand on lit bien mon roman, on constate qu’il n’est pas virulent contre mes parents. Juste aujourd’hui, j’ai plein de compassions pour eux.

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Simon, le narrateur est un hyper sensible, claustrophobe, angoissé donc réceptif aux angoisses des autres. Cyril Montana aussi ?

-En analyse, on ne règle pas la sensibilité. On apprend à se connaître et à se protéger, c’est déjà énorme ! Tant que vous n’avez pas conscience des dégâts que vous avez reçus, vous n’êtes pas capable de vous pencher sur vous-même et de réparer vos blessures, vos fêlures, vos souffrances…

Je regarde Cyril Montana parler. Il a un beau visage, pas du tout marqué par son passé. Et pourtant, il m’explique que son adolescence n’a pas été de tout repos.

-J’ai pris énormément de drogues, comme mes parents justement. J’ai eu un éducateur au cul pendant 2 ans, j’ai été viré de je ne sais combien de collèges. Je vous assure, on explose à l’adolescence quand on a eu une enfance pareille.

489eb3de0f9277eb49ccb5d0c13b7f3e.jpgDans la marge, le Montana, comme Simon dans le livre…

-Il est volontairement au RMI, il passe son temps à frauder dans les trains, à se défoncer la gueule, à aller avec des filles à droite à gauche, il a du mal à prendre des décisions. Simon n’a pas résolu son problème.

Je lui réponds que c’est parce que lui, n’a pas encore fait 12 ans d’analyse.

Certes, je ne connais rien de la vie actuelle et personnelle de cet auteur (à part qu’il vit avec une chanteuse populaire), mais en apparence, il s’en sort bien. Je trouve.

Lui même est papa. Je lui demande comment il voit son rôle de père.

-À l’écoute permanente de mes enfants. Je les accompagnerai dans ce qu’ils voudront devenir. Que mon enfant devienne plombier, président de la République , avocat, médecin, je n’en ai rien à cirer. Ça ne m’intéresse pas. Par contre, je lui donnerai les clefs pour qu’il essaie ce qu’il veut. J’ai une volonté d’amour, d’écoute et de bienveillance.

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Il m'apprend ensuite qu'il a un coach littéraire. Que c'est plutôt rare, mais qu'il assume sans complexe la chose.

 

-Au début, je travaille tout seul de longs mois. Au bout de 100 pages, si je suis content de la construction et que je sais où je vais aller, j'appelle Sara Oudin. Nous discutons, elle me demande ce que je veux faire passer comme message, elle me donne des lectures en rapport avec mon roman... là, par exemple, elle m'a fait lire Boris Cyrulnik.

 

Après l’interview, je l’interroge sur ses activités au sein de cette agence qui produit des films publicitaires.

 

-Avec mon associé Stéphane Quester, je fais du hors média avec notre label Les Résidents. On monte des concepts délirants pour des marques. On a organisé, par exemple, le 1er Championnat de France de repassage pour Philips.

Je lui demande, un peu en plaisantant, s’il n’est pas tenté de faire du buzz marketing pour faire connaître son livre.

-Non. Je suis lucide, ça ne marche pas comme ça. Et puis, j’ai lu dans un magazine une interview d’une éditrice qui disait que la seule chose qui fait vendre un livre, c’est le bouche à oreille…

Puisse cette note participer à ce bouche à oreille.

Ce livre est « chamboulant » !

Commentaires

Chamboulant ou chambouleversant, voire chambouleversifiant ?
Quelque adjectif qu'il soit, ta note donne envie de tourner les pages de "la faute à l'ex de Carla" !

Écrit par : Olivier Goujon | 12 février 2008

Première Heure est une boîte de prod de films publicitaires "à la mode" (et depuis assez longtemps !), c'est étrange, ce n'est pas du tout le genre d'endroit où on imaginerait que quelqu'un avec cette enfance irait se confronter à l'existence !

Le cliché de la pub, de la coke, des filles, de l'argent easy, et des concepts fumeux, est à la fois complètement faux, et un peu vrai tout de même. La Com a d'ailleurs été un refuge dans les années 70/80 pour beaucoup d'anciens 68art (avec un peu de talents).

Puisqu'on trouve de nombreux médecins chez les enfants ayant eu des parents très malades, il n'est peut-être pas si étonnant que l'on retrouve ce jeune homme dans la pub. Bon, ça me fait un livre de + à voler ! Tsss...

Écrit par : merlin | 12 février 2008

Waouh...créer un championnat de France de repassage !!!
Et ben...même après 12 ans d'analyse, tout n'est pas réglé alors ?! :o)

Écrit par : MikaMicky | 13 février 2008

Nous sommes de la même génération mais pas éduqués dans la même ambiance. C'est la faute à Bruce Springsteen chez moi ;-). J'ai envie de lire ce livre. Merci, Mandor, d'en avoir parlé.

Écrit par : marsha FAPM | 13 février 2008

@Olivier Goujon: Oh là là! Elle n'a pas fini d'être "chambrée" cette première dame de France...
@merlin: merci pour cettre brillante analyse sociétale.
Sinon, je peux te le prêter, le livre. Plutôt que de te rendre hors la loi...
;o)
@MikaMicky: Rien n'est jamais réglé de toute façon... d'autant plus que la fantaisie, tu le sais toi, n'est pas une maladie.
@Marsha FAPM: Si tu passes à la maison, à toi aussi, je te prête le livre...
(comment ça, pas paossible tout de suite???)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 14 février 2008

Grrr ! Ne me cherche pas, ou bien je fais mon Mry !!

Écrit par : merlin | 15 février 2008

Les commentaires sont fermés.